Brève de bonheur (5)

Par Noisette Sociale, 1 septembre 2010 14:55

La petite fille la plus mignonne, craquante, attendrissante – name it! – du monde assise à côté de moi à la pharmacie.

Je lui souris à pleines dents et elle en redemande.

« Souris encore, souris encore!!! »

Je ris à gorge déployée.

Elle pointe mes broches.

« C’est quoi ça? »

Je lui réponds. Elle me sourit et pointe encore.

Trop cute.

Brève de bonheur (4)

Par Noisette Sociale, 27 août 2010 11:32

Aller chez Reitman’s en quête d’une paire de jeans potable pour la rentrée.

Apporter dans la cabine, par réflexe, un jean de taille 22, 20 et 18. Je savais que j’avais fini avec le 22 mais j’ai le don d’être pessimiste. Même si mes jeans taille 20 commencent tous à être lousses pas mal.

Essaie le 18 en premier.

Et on a une grande gagnante! Big big big winner!

Le truc?

Manger mieux. Plus plus plus de légumes. Marcher au lieu de prendre l’autobus quand il fait beau et qu’on a du temps devant soi. Même si c’est loin loin loin.

C’est la troisième place où j’en parle mais je suis vraiment fière de moi.

:D

Brève de bonheur (3)

Par Noisette Sociale, 26 août 2010 15:18

P1010238

Quand il m’a demandé, à cet endroit, la larme à l’oeil et la voix enrouée par l’émotion :

« Jen, aimerais-tu, un jour, vivre ici avec moi? »

Oui oui oui oui oui oui oui oui OUI.

p.s. : J’ai un peu triché avec la photo. C’était pas exactement là mais c’était dans le bas-du-fleuve et ça reste une belle ligne d’horizon. :)

Août slow

Par Noisette Sociale, 25 août 2010 11:53

Ce blogue est plus qu’en mode estival depuis le début du mois d’août et j’espère que je ne vous manque pas trop mais sachez que ça faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi bien… et à ma place.

Ça fait un mois également que je me retiens de vous dire la plus pure vérité parce que je craignais que ça ne soit pas « 2.0 wise » et je le crains encore mais peu importe : Le dernier poste que j’ai occupé a probablement été le moment le plus pénible à subir (et je pèse mes mots) de toute ma vie au niveau professionnel et même personnel. J’étais en train de devenir une personne exécrable et je prononçais plusieurs fois par jour la phrase suivante : « J’ai envie de me pendre. » et sa variante « Je vais me tirer une balle. » Ce poste pourrissait mon existence ainsi que celle de mes proches qui n’en pouvaient plus de me ramasser à la petite cuiller quotidiennement et ça, c’est sans compter que je vivais en même temps une pénible saga familiale qui n’en finissait plus de finir.

Je pense que le burn-out attendait patiemment derrière une grille dont le cadenas tombait en miettes, grugé par la rouille.

Ceci étant dit, j’ai retiré quelques trucs de positifs par rapport à ça.

Je vais vous faire une confidence : Je n’ai pas toujours eu conscience du potentiel que j’avais et je n’ai pas toujours eu d’ambition non plus. Je voyais mon père qui s’est détruit à travailler dans une usine toute sa vie et je m’étais dit que pour moi, la job idéale, ça serait de faire du travail de bureau en ayant de bonnes conditions de travail et en ne faisant rien de trop forçant. Vous pourrez noter qu’il n’y avait aucune notion de créativité, d’accomplissement, de dépassement ou rien de ça. Que de la stabilité dans le bon vieux 9 à 5.

Je ne vais pas commencer à chier sur le 9 à 5 parce que ça serait manquer de respect à un trop grand nombre de travailleurs mais disons simplement que j’ai compris cette année que ce n’était pas pour moi.

Encore une fois, je constate que je suis née à la bonne époque car la notion du travail semble devenir de plus en plus flexible.

Il y a à peine quelques semaines, j’étais tellement brûlée tout le temps que je n’avais pas d’énergie pour rien faire. Je me bourrais de cochonneries, je ne riais pratiquement plus, je ne sortais plus, je ne cuisinais plus, je ne me ramassais plus, je n’écrivais plus et je vivais dans un état d’épuisement perpétuel.

Depuis un mois, je n’ai pas un rond mais je profite de la vie d’une manière que je ne croyais plus possible. Ça fait peut-être encore un peu trop mélodramatique, dit de cette façon-là, mais c’est vraiment ça.

Prenons la journée d’hier : J’appelle en matinée mon meilleur ami pour lui proposer d’aller prendre une longue marche jusqu’à mon café fétiche situé à l’autre bout de mon quartier. On se rejoint à mi-chemin (parce qu’il habite tout près) et on marche, on rit, on se raconte les dernières nouvelles. On s’installe à une table et on y a passé plus de cinq heures à profiter du temps qui passait trop vite. À côté de nous, il y avait cet humoriste de la relève que je voyais pour la 3e fois à cet endroit, en train de travailler sur son prochain spectacle en compagnie de ce que je présumais être son auteur et metteur en scène. Je trouvais ça fascinant de les voir mettre sur pied un one-man show tout neuf et d’entendre leur brainstorm. Je regardais autour de moi et je me demandais qui étaient tous ces gens à l’allure décontract qui pouvaient se permettre d’être dans ce sympathique café un mardi après-midi. Je les imaginais tour à tour créatifs à la pige, profs de cégep, animateurs de radio communautaire, comédiens, artistes multidisciplinaires.

Je sais que ça ne sera pas éternellement pas comme ça et que je ne suis pas à l’abri des divers soucis du quotidien mais j’ai quand même l’impression qu’on m’a donné la chance de repartir en neuf sur des bonnes bases.

À 24 ans et des poussières, je me connais mieux, je sais mieux ce que j’attends de la vie et je sais mieux ce que j’aime et ce qui me rend malheureuse et ce temps d’arrêt qui m’est offert est un moment qui compte énormément et qui sera décisif, je pense, pour la suite des choses et pour l’avenir.

D’ici là, je profite du temps qui s’échappe pour être, tout simplement… en attendant d’être une étudiante universitaire dévouée qui sera probablement impliquée dans plus d’un projet.

La session commence dans deux semaines avec plein de belles promesses. J’ai hâte.

En attendant, j’espère que vous aussi, vous allez bien. :)

Brève de bonheur (2)

Par Noisette Sociale, 24 août 2010 14:12

Un jeune homme barbu qui sait jouer toutes les tounes de Mario Bros à l’accordéon un lundi soir au métro Sherbrooke.

Je ne sais pas pour vous mais moi, ça me met toujours de bonne humeur. :)

Brève de bonheur (1)

Par Noisette Sociale, 18 août 2010 09:47

Alors que le doute avait commencé à s’installer sournoisement…

« Commence-t-elle déjà à m’oublier? »

Et recevoir, quelques instants plus tard, une carte postale remplie de promesses de bisous en provenance de l’autre côté de l’Atlantique…

Les chômeurs, ces malappris!

Par Noisette Sociale, 9 août 2010 15:23

Je suis de nouveau chômeuse. La dernière fois, ça avait duré deux semaines et j’avais été rappelée mais là, je pense que c’est pour de vrai. Mon aventure dans la grande tour est terminée pour de bon et ce, depuis vendredi le 30 juillet dernier à 17h02.

Quand on passe dans la joyeuse catégorie des « sans emploi », le regard des autres sur nous est assez différent.

J’avais un ami – qui mérite aujourd’hui le plus grand mépris mais tout de même – qui avait un emploi saisonnier et qui connaissait les joies du chômage. Son emploi saisonnier était en réalité un emploi d’été conçu pour des étudiants mais comme il n’avait pas de fierté… (Ça y est, je me défoule.) Bref, il savait déjà depuis longtemps à quel point le regard se durcit, parfois presque imperceptiblement, quand on annonce qu’on est sans emploi, ou à la recherche de. Lui, il était rendu au point où il ne voulait plus rencontrer de nouvelles personnes car il anticipait trop la question : « Que fais-tu dans la vie? »

En tout, je cumule maintenant trois semaines de chômeuse et je comprends déjà un peu le sentiment.

L’autre jour, j’appelle chez Desjardins parce que j’avais pris une assurance carte de crédit au même moment où j’avais signé ma demande pour avoir une Visa. Cette assurance, au coût de 7$ par mois, me promettait de payer mon solde en cas de perte d’emploi, à condition bien sûr que je ne perde pas mon emploi pour cause de mauvais comportement. Donc, je tombe sur une gentille téléphoniste dont le ton s’est tout de suite durci quand elle a su la raison de mon appel.

Honnêtement, après avoir dit que j’appelais concernant cette assurance parce que j’avais perdu mon emploi, je me sentais comme un chien errant. Un ton dur, bête et saccadé pour m’expliquer que dans 30 jours, j’aurais bien des paperasses à remplir et à faire remplir à mon ex-employeur, merci bonsoir.

L’autre jour, j’étais à la caisse d’un magasin à grande surface qui faisait un genre de mini-sondage sur la clientèle. La jeune demoiselle me demande : « Quel est votre métier? » Et moi de répondre : « Euuuuuuuuhhh… chômeuse? » Regard. Malaise. Petite toux. Me donne ma facture. Merci bonsoir.

La tendance est insidieuse. L’autre soir. Une soirée pas pire humide. Petite discussion dans la chambre à coucher à savoir si on laissait la fenêtre ouverte, si on mettait le ventilateur, le dés-humidificateur ou l’air climatisé. Pour avoir le dernier mot, mon chum me lance : « Ben, vu que MOI je travaille demain, me semble que je devrais avoir le dernier mot. »

Ce n’était pas dit méchamment, même qu’il avait un petit sourire en coin et un regard moqueur mais ça m’a donné un coup. Je me suis dit : « Eh merde, on en est déjà là. »

Heureusement, je ne me suis jamais définie par mon travail alors mon malaise devrait passer. ;)

Vie de meuf

Par Noisette Sociale, 5 août 2010 11:06

On connaissait déjà Vie de Merde.

Aujourd’hui, je vous présente Vie de Meuf qui est une initiative du réseau Osez le féminisme. J’ai découvert ça il y a une semaine ou deux et je suis estomaquée depuis, à raison de plusieurs fois par jour, par les anecdotes que je peux y lire.

Voici un échantillon pour vous donner une petite idée :

Petite mais très sportive, j’ ai 17 ans quand je décide de postuler au job d’été de rêve : balader des touristes dans des barques. J’arrive à l’Office du tourisme avec ma lettre de motivation. On me rit au nez  » Mais attendez, nous on veut de solides gaillards  » Mon frère, véritable loque de canapé toujours scotché devant son PC a quant à lui décroché le même poste cette année, sans même avoir besoin de se déplacer.#viedemeuf

Aujourd’hui, dernier jour de stage en traduction. Je fais donc le bilan avec mon boss. Nous discutons de mon projet professionnel. Et là il me dit : « C’est mieux d’être traducteur free lance avant d’être chef de projet pour se lancer. Et puis bon, pour vous, en tant que femme, je veux dire, c’est plus simple, on travaille chez soi, on s’occupe de ses enfants, En attendant que votre mari rentre à la maison le soir, vous pouvez s’occuper en faisant des traductions ! »
Je ne vais pas trop regretter ma boîte… #viedemeuf

J’apprends durant mon stage que je dois participer à une réunion importante et je passe 2 jours à étudier le dossier à fond. Confiante, je m’y rends accompagnée d’un autre stagiaire à qui j’ai proposé de venir pour écouter. Sauf que pendant une heure, ce n’est pas à moi mais à lui que tout le monde s’adresse, malgré son embarras et son insistance pour dire qu’il n’y connaissait rien! #viedemeuf

Je suis médecin, je remplace un confrère en cabinet médical.
Appel d’un patient : « Quoi ? Le Docteur F. est parti en vacances !
Sans attendre le résultat de mes examens ! Et en plus, sa remplaçante est une femme ! »
Je jette un Å“il à son dossier : il est élu municipal sur la liste socialiste… #viedemeuf

Ayant fini première commerciale le mois dernier, loin devant mes collègues en majorité masculins, je reçois un appel d’un d’entre eux :  » Mais comment t’as fait ? J’veux dire, t’es qu’une fille! #viedemeuf

Le jour de ma soutenance de mémoire de master, je portais une chemise et un pantalon. La première phrase d’un des professeur qui composait mon jury a été « Vous auriez quand même pu vous habiller plus sexy! » #viedemeuf

Je pourrais continuer longtemps comme ça. Il m’a été difficile de faire une sélection car toutes les anecdotes sont plus scandaleuses les unes que les autres.

Mon premier commentaire sur le site était un peu naïf. Je ne me rappelle plus sur quel billet je l’ai fait et puis il y a dû en avoir au moins 200 autres depuis mais en gros, je m’étonnais de la grosse disparité qu’il semblait y avoir entre la France et le Québec. Parce que c’est bien connu que le machisme est encore mieux toléré là-bas qu’ici.

N’empêche, je serais curieuse de faire l’expérience ici. Si on ouvrait un site de ce genre, je me demande si on récolterait autant de témoignages par jour. Parce que bien que je crois personnellement (sans preuve empirique, remarquez) que le problème est moins présent ici, force est d’admettre que la misogynie est loin d’être enrayée sur notre territoire. D’ailleurs, il ne faut pas chercher bien loin la raison première qui me motive à poursuivre des études au sein du certificat en études féministes : J’ai moi-même été élevée en partie par un misogyne alpha qui mériterait un doctorat honorifique dans ce domaine.

Pensez-vous que le phénomène est aussi présent ici?

Peut-être est-il plus sectorisé?

Suis-je naïve?

[Cette réflexion sera appelée à être poursuivie plus tard.]

Constat éclair (33)

Par Noisette Sociale, 3 août 2010 11:24

De dire à quelqu’un : « Tu sais, j’étais/j’agissais/je pensais un peu comme toi avant et avec le temps, j’ai appris/je me suis rendu compte que… »

Même quand c’est dit avec la meilleure intention du monde, on dirait que ça a rarement beaucoup de crédibilité.

Celui qui avait un ami qui rendait l’âme à chaque dimanche

Par Noisette Sociale, 30 juillet 2010 11:28

Le mensonge n’est pas quelque chose que je sais maîtriser et puis de toute manière, je ne comprends pas pourquoi quelqu’un voudrait se perfectionner dans cet art méprisable.

Il m’arrive toutefois de prétendre que je vais bien alors que je vais mal quand une connaissance me demande le fameux : « Ã‡a va? » en coup de vent dans un corridor… et même là, j’échoue toujours lamentablement.

Avec les années, je suis devenue beaucoup plus zen face au mensonge et quand on m’en sert un, je ne pète plus de crise existentielle parce que ça me demande beaucoup trop d’énergie et qu’après tout, ça n’en vaut vraiment pas la peine. Je me contenterai généralement de rayer mentalement cette personne de ma liste de connaissances ou d’amis en espérant qu’elle n’aura pas le culot d’insister en plus.

Tout ça pour dire que je pensais à un ancien ami ce matin, collègue retraité – il se reconnaîtra peut-être s’il passe encore par ici et alors il saura pourquoi j’ai arrêté de retourner ses appels – et j’étais en train de me dire que ceux qui ne savent pas mentir devraient vraiment essayer d’arrêter. Autant par respect pour les autres que pour eux-mêmes parce qu’un menteur démasqué a souvent l’air con.

Le cas auquel je pense est assez particulier car c’est lui qui me téléphonait et insistait pour établir une rencontre… pour toujours se défiler à la dernière minute.

Souvent, c’est le contraire qui se produit. Tu l’appelles ou tu lui écris pour proposer un rendez-vous et après de multiples excuses bidons pour annuler, tu finis par comprendre le message.

Au début, il était assez bon car ses excuses de dernière minute étaient assez variées et plausibles et comme je l’aimais beaucoup, je voulais bien croire que nous n’avions vraiment pas de bol quand il était question de nous rencontrer.

Je pense qu’il a fini par manquer d’inspiration car les quatre dernières fois, il avait un ami qui était décédé subitement le dimanche précédent et au moment où on devait se voir, il devait se rendre aux funérailles.

La première fois, j’étais sincèrement atterrée pour lui et je lui ai transmis mes plus sincères sympathies.

La deuxième fois, j’étais encore plus atterrée et j’ai pensé que c’était définitivement son année de merde.

La troisième fois, j’ai – enfin!!! – commencé à soupçonner quelque chose et je lui ai dit sur un ton neutre que c’était pas mal plate et que bien sûr, on pourrait remettre ça à la semaine prochaine.

La quatrième fois, je n’ai pratiquement pas eu de réaction et j’ai décidé de l’ignorer définitivement par la suite. Je pense aussi que je me suis dit en ricanant mentalement que si ça continuait comme ça, j’allais être la prochaine.

Il a rappelé une fois ou deux et comme je ne retournais pas ses appels, je pense qu’il a judicieusement décidé de laisser tomber.

Il y a des choses que je ne comprendrai jamais. Pourquoi tant insister pour me donner des rendez-vous si c’est toujours pour annuler ensuite la journée même?

Est-ce qu’à 58 ans, on peut encore jouer à des jeux comme ça?

Ou est-ce que c’est ça, être un menteur compulsif? Mais dans quel but?

Je ne fais que demander…

Thème Panorama par Themocracy