Éclats et autres libertés

Par Noisette Sociale, 26 novembre 2010 16:50

Hier, j’ai eu la chance d’assister à la première de la pièce « Éclats et autres libertés« , une création du théâtre Le Clou.

J’avais hâte de voir la pièce car parmi les quatre auteurs, il y en avait au moins deux que je connaissais un peu. Il y avait Mathieu Gosselin qui avait travaillé entre autres sur « Gestes impies (et rites sacrés : cérémonies en plusieurs tableaux) » que j’avais adoré puis Étienne Lepage qui avait écrit Kick que j’avais beaucoup apprécié aussi.

Éclats et autres libertés, c’est une pièce colorée, qui hurle, qui dénonce et qui fait rire tout à la fois.

« Il y a Lili-contre-les-conglomérats-capitalistes-post-modernes-basés-sur-le-postulat-idéologique-que-les-lois-économiques-sont-des-lois-naturelles, il y a Anaïs-qui-a-l’impression-que-chaque-parole-qui-sort-de-sa-bouche-en-est-une-prémâchée-par-quelqu’un-d’autre, il y a Philémon-qui-veut-aller-au-delà-de-ses-propres-limites-et-découvrir-une-partie-de-lui-même-qu’il-ne-connaît-pas, il y a enfin Thibault-qui-aimerait-pouvoir-écrire-le-plus-beau-poème-d’amour-qui-n’ait-jamais-été-écrit-et-auquel-tous-les-amants-pourraient-se-référer. » (Source : Théâtre d’Aujourd’hui.)

On s’attache rapidement aux quatre personnages qui apportent des perspectives différentes à un problème plus global.

Le Clou est réputé pour ses créations destinées à un public plus adolescent. Là-dessus c’est réussi parce que tout au long de la pièce, j’ai retrouvé cette révolte adolescente, ce désir de changer le monde, cette façon que j’avais étant plus jeune de voir toujours plus grand, cette espèce de naïveté sincère de révolutionnaire… Et puis toutes les questions qu’on se pose lors de cette époque charnière… et celles aussi qu’on ne se pose pas assez.

Le public-cible saura se reconnaître dans cette oeuvre mais les plus vieux ne seront pas en reste. Je n’ai pas vu les 65 minutes qui se sont écoulées hier soir, même que ça a passé trop vite.

Dans cette pièce, on aborde plusieurs enjeux mais la trame de fond traite de l’importance de cultiver l’autodéfense intellectuelle. D’ailleurs, le livre de Baillargeon fera une apparition à un certain moment et c’est un clin d’oeil qui m’a ravie.

J’ai beaucoup aimé la démarche qui nous incitait à nous poser plusieurs questions sur notre rapport, entre autres, avec le tourbillon incessant d’informations et sur notre difficulté parfois (souvent?) à filtrer parce que c’était aussi revendicateur que ludique. Le spectateur ne sera pas rebuté.

J’ai beaucoup apprécié le décor et les costumes colorés et originaux. Ça m’impressionne toujours de voir ces artisans faire aussi beau avec aussi peu.

Je vous invite fortement à aller voir ce petit bijou de théâtre. Et pourquoi ne pas en profiter pour emmener un ado avec vous? Il se sentira interpellé à coup sûr.

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Éclats et autres libertés : Présenté du 30 novembre au 4 décembre au Théâtre d’Aujourd’hui. 5 jours seulement!

Un autre compte-rendu chez PatWhite

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Note : Les deux photos présentées plus haut sont sous licence. Elles sont affichées ici avec l’autorisation du théâtre Le Clou. Vous pouvez consulter l’album complet sur leur compte Flickr.

Hard Copy d’Isabelle Sorente

Par Noisette Sociale, 25 septembre 2010 14:24

J’avais reçu une invitation de la part d’une fée prénommée Marianne pour aller voir la pièce Hard Copy hier soir à l’Espace 4001.

Voici la description qui m’avait été envoyée par courriel :

« Présentée du 21 septembre au 2 octobre à l’Espace 4001, Hard Copy est interprétée par Romy Daniel, Myriam Fournier, Catherine Legresley et Isabelle Sasseville et trace avec justesse et mordant le portrait de femmes qui doivent concilier tous les rôles sociaux, vivre avec leurs convictions personnelles et lutter contre leurs démons. »

Au théâtre, tout est une question de perception et ce n’est pas exactement comme ça que j’ai senti la pièce.

Pour vous mettre en contexte, on y met en scène quatre femmes qui travaillent dans un bureau. Elles sont toutes habillées pareilles avec talons aiguilles, jupe droite trop serrée et chemisier assorti. On y trace le portrait décapant de ces quatre femmes qui sont complètement aliénées par leur situation avec beaucoup d’emphase sur leur méchanceté et leur superficialité.

Cette pièce aborde selon moi de très nombreux sujets qui sont venues me chercher plus particulièrement. Le premier était à l’évidence le rejet en milieu de travail. Là-dedans, il y a une fille qui est un peu différente des autres et on s’acharne méchamment et sans cesse sur son cas. La méchanceté à son égard n’a pas de limite et à un certain moment, on sent qu’une collègue est mal à l’aise et qu’elle hésite entre défendre la mal aimée ou se rallier aux autres pour ne pas être mise à l’écart elle aussi.

Le thème de la Super Woman est également très présent. Le souci de performance à tous les niveaux est une trame de fond importante dans l’histoire. Performer au travail, performer au lit, performer au gym… On voit que ces femmes se mettent énormément de pression sur les épaules et elles sont prises dans ce cercle infernal qui n’arrête jamais et qui ne permet pas non plus de prendre le temps de remettre le tout en question.

La critique sociale à ce niveau était féroce mais je me suis demandée si le phénomène était aussi présent ici. L’auteure de l’oeuvre est française et l’action se déroule en France et il était intéressant de noter certaines différences culturelles. Pour moi, c’était un avertissement car à regarder certaines personnes autour de moi, on n’est pas loin d’en arriver aussi à ce souci de performance extrême.

J’ai donc beaucoup apprécié les 55 minutes que j’ai passé en compagnie de ces quatre femmes complètement aliénées car le message était fort et trouvait une résonance importante chez moi.

Par contre, il y a un bémol. Je ne sais pas si c’était uniquement hier soir mais je n’ai pas senti de chimie entre les quatre actrices et j’en ai ressenti un malaise à certains moments. On aurait dit aussi parfois qu’elles n’était pas assez rodées car certains passages dans le texte me semblaient appris plus que joués. J’ose espérer que ce problème sera corrigé lors des prochaines représentations.

N’empêche, c’est à voir.

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Hard Copy, du lundi au samedi à 20h jusqu’au 2 octobre à l’Espace 4001 (4001 rue Berri à Montréal). Les billets sont disponibles au coût de 20$ et les places s’envolent rapidement.

Réservations : 514 527-6441

Événement Facebook.

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Ailleurs  :

Le Quatrième : Hard Copy d’Isabelle Sorente – Théâtre Passé Minuit

Hard Copy – Brève scène

Hard Copy – Mon théâtre

Queen KA et son Délîrïüm

Par Noisette Sociale, 26 mai 2010 11:39

Quand la fée Valérie m’a lancé une invitation pour la première de Délîrïüm, j’ai tout de suite accepté. D’abord parce que je me sentais privilégiée, ensuite parce que ça m’intriguait et surtout parce que c’était aux Écuries.

J’avais demandé à l’Ami de m’accompagner et quand il m’a demandé c’était quel genre de truc, je lui ai répondu que je ne savais pas trop mais qu’il y aurait une fille à poil à la fin du spectacle. (On s’est rendu compte que je m’étais trompée de soirée.) [Et c'est à ce moment-ci que les gens qui me connaissent bien dans la vraie vie sont morts de rire.]

En réalité, on s’en allait voir du slam adapté pour le théâtre.

À notre arrivée, nous recevons un accueil chaleureux de la fée mentionnée plus haut et elle me lance :

« Le slam, tu connais ça? »

Et moi de répondre :

« Bah, de définition. »

Bref, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et j’étais contente parce que mes attentes ne pouvaient justement pas être déçues. Je pouvais à peu près juste être surprise et je suis entrée dans la salle avec l’esprit plus ouvert que jamais.

Nous avons choisi une table et il y avait des morceaux de sucre à la crème qui me faisaient de l’oeil. Ils n’auront pas survécu à mon regard.

[Intermède où je me flatte doucement la panse, les yeux au ciel, envoûtée par ce souvenir gastronomique.]

Puis ça commence.

Elle entre sur scène. Déjà, je la trouve sublime. (Oui, c’est très subjectif.)

Elle se lance dans une diatribe sur la maternité. C’était tellement bien fait que j’ai été conquise immédiatement.

Queen KA et son acolyte Blaise Borboën-Léonard forment un duo remarquable. Elle à l’avant-scène et lui derrière qui s’occupe de toute l’ambiance sonore et musicale. On sentait très bien la chimie et chaque changement d’ambiance et de ton coulaient parfaitement, malgré les transitions parfois radicales.

Délîrïüm, pour moi, c’est un pamphlet contre l’injustice sociale. Contre les yeux fermés en permanence. Contre les comportements irresponsables.

Chaque mot était judicieusement choisi et rendu avec ferveur. On mêlait poésie et manifeste.

Délîrïüm, ça bouge sans arrêt, ça jette par terre et ça bouscule.

Malgré le fait que je partageais de façon enthousiaste l’entièreté du discours social, je me suis sentie drôlement remuée à certains moments. Et ça faisait du bien!

L’interprétation était à mon avis sans faille mais j’avais peur que la formule ne s’étire trop. Puis finalement, la longueur était juste parfaite et la fin bien choisie.

Le seul bémol, c’est que l’artiste aurait gagné à être sur une scène plutôt qu’au  niveau du sol. Étant assise en arrière avec les gens devant moi, j’ai malheureusement perdu beaucoup de mouvements alors qu’elle performait couchée ou assise.

J’ai adoré mon expérience et je vous recommande chaudement d’aller voir cette artiste hors du commun avec un charisme fou qui vous incite à entrer dans son univers de fort agréable façon.

Queen Ka, un nom que je retiens.

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Délîrïüm sera présenté aux Écuries les 26, 30, 31 mai et 6, 7 juin 2010

La critique

Par Noisette Sociale, 24 avril 2010 21:51

Vous savez, il arrive qu’on m’invite à des spectacles en tant que blogueuse et il me fait toujours plaisir de faire un compte-rendu en échange de l’invitation.

Hier, j’assistais à la première d’un spectacle que je ne nommerai pas et pour vous donner une idée, j’ai quitté à l’entracte tellement j’en avais assez. Je trouvais que la personne derrière le spectacle (et non celle qui s’occupait du lieu) avait très mal vendu son idée. Il y avait de la fausse représentation. Je m’attendais à une chose X et j’ai eu quelque chose Y que j’ai trouvé bien ordinaire. Je me sentais dans un spectacle de cégep… et encore.

Par contre, la personne qui portait son spectacle à bout de bras me semblait sympathique. Dans un autre contexte, on aurait probablement un tas de choses en commun.

En sortant de la salle, je me suis dit que je serais incapable de faire un billet pour descendre ce qu’elle avait fait, même en essayant de mal référencer le billet. Je n’en avais pas le courage, ni la volonté. Je me disais qu’il valait mieux ne pas en parler plutôt que de faire de la mauvaise publicité inutile.

Je sais que je n’ai pas autant de poids qu’une grande critique du milieu mais ça ne m’empêche pas de me questionner sur l’impact que peuvent avoir des critiques incendiaires, à long terme, pour un artiste.

J’ai commencé à me dire qu’un premier spectacle mauvais n’est pas nécessairement garant de la suite.

Puis je me suis demandé candidement quel devrait être le premier rôle d’un critique. Pas que je prétende en être une moi-même mais juste en général.

Dans un monde idéal et utopique – soit là où j’aime souvent me retrouver dans ma tête – un critique porterait un autre nom. Le critique aurait comme rôle premier de faire découvrir ce qui se fait de bon dans le domaine culturel. Sa mission consisterait à couvrir des événements de la culture émergente et de partager ses coups de coeur.

Dans mon monde idéal, toujours, le critique ne serait plus complaisant envers les artistes déjà établis. Si le dernier album d’un chanteur X était mauvais, il n’en parlerait tout simplement pas. Dans le cas contraire, il partagerait le plaisir qu’il a eu à l’écouter.

À mon avis, la critique négative sert d’abord et avant tout à une chose : À faire sourire et parfois jubiler le lecteur lorsqu’il est d’accord avec la critique, particulièrement si elle est incendiaire. Je ne le dis pas sur un ton moralisateur ; j’énonce uniquement ce qui me semble être une réalité humaine.

J’ai envie de faire un parallèle avec un blogue qui est revenu à la vie récemment, soit « Les blogs québécois« . Pour ceux qui ne connaîtraient pas, il s’agit d’un blogue où l’auteur – Christian – se propose pour analyser des blogues qui ont une bonne visibilité sur la blogosphère québécoise. Il leur donne une note et indique à la fin s’il juge que le blogue est recommandable ou non. Quand un blogue lui plaît, c’est assez intéressant et ça donne le goût de le découvrir. Par contre, lorsque ça lui déplaît, la critique est souvent acerbe et l’auteur a  tendance à sombrer gratuitement dans l’attaque personnelle.

Comme on peut s’y attendre, les commentaires sont plus nombreux sur les billets qui font des critiques plus acerbes. Ils sont faits le plus souvent aussi sous le couvert de l’anonymat et on pourrait supposer qu’il s’agit de blogueurs qui sont trop peureux pour s’afficher sous leur pseudonyme habituel. L’exercice pourrait être intéressant et noble sans ces aspects. Je prends Christian comme exemple car il a frappé assez fort récemment mais ce n’est pas le premier qui se lance dans la critique de blogues et ça ne sera probablement pas le dernier non plus. On ne changera pas la nature humaine.

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Je ne sais pas trop comment conclure ce billet. Je voulais simplement dire que personnellement, je préfère offrir du contenu constructif. Certains pourront dire que je n’ai pas donné ma place à une certaine époque – et ils auront raison – mais les mentalités évoluent en même temps que les personnes et j’avais simplement envie de dire que dans un monde idéal, on passerait plus de temps à faire découvrir ce qui se fait de bien plutôt que de s’amuser à détruire des oeuvres ou des personnes.

Je me permettrai tout de même de mettre la politique dans une classe à part. ;)

Gestes impies à l’Espace libre

Par Noisette Sociale, 11 janvier 2010 12:45

gestes-afficheVendredi soir, j’avais été invitée par la fée Bianka à assister à la première de Gestes Impies, une création du théâtre de la Pire Espèce, à l‘Espace Libre.

Fabuleux, étonnant, extraordinaire, original, drôle, fantastique, imaginaire, prodigieux, magique, coloré, intense, superbe, génial, éclaté… et j’en passe. Je manque d’adjectifs et de superlatifs pour vous transmettre tout ce qu’a pu me procurer cette pièce d’une durée de 1h50 vendredi soir.

Vendredi soir, j’étais fatiguée… J’avais eu une semaine intense et bien franchement, ça ne me tentait plus vraiment de tenir mon engagement qui était d’assister à cette première. J’y suis allée parce que je suis une femme de parole et puis finalement… je n’ai pas du tout regretté! Je me suis pointée à l’Espace Libre en bâillant effrontément et quelques secondes après le début de la pièce, j’étais déjà bien réveillée pour ne rien manquer de l’univers qui m’était offert.

Il faut quand même le faire. J’avais l’impression d’être dans un rêve abstrait où les scènes se bousculaient sans trop faire de sens, du moins pour moi… et pourtant, j’étais scotchée à mon siège et j’en redemandais.

La performance des acteurs était tout simplement à couper le souffle. Et on parle vraiment de performance ici car les textes étaient aussi forts que les mouvements… parce qu’il faut dire que ça bouge beaucoup dans ce spectacle.

Les costumes étaient fabuleux… enfin, tout de cette pièce était divin.

Je pense que je peux dire sans exagérer que c’est la meilleure pièce à laquelle j’ai eu la chance d’assister depuis que je m’intéresse au théâtre. Ce que j’ai vu, ça ne se raconte pas, ça se vit.

Je vous recommande vivement de vous procurer des billets pour Gestes Impies. C’est carrément impossible que vous n’aimiez pas ça. Même le Détracteur ne tarit pas d’éloges à son endroit.

Je me ferai un devoir de suivre les projets de la troupe de la Pire Espèce. Ils ont du talent à revendre.

Gestes Impies, jusqu’au 23 janvier à l’Espace Libre.

P.S. : C’est vraiment à ne pas manquer!

Tout est encore possible, de Lise Vaillancourt

Par Noisette Sociale, 10 novembre 2009 19:10

Vendredi dernier, j’avais été invitée par la fée Bianka au Théâtre d’Aujourd’hui pour voir la pièce « Tout est encore possible » pondue par Lise Vaillancourt.

p_tout_1Je ne vous en ai pas parlé avant parce que le temps m’a manqué un peu, ma fin de semaine fût assez chargée en émotions et… parce que la pièce m’a laissée un peu pantoise.

J’étais enthousiaste à l’idée d’assister à cette pièce parce que, tout d’abord, il y avait l’excellente Louise Bombardier qui figurait parmi les acteurs. J’étais enthousiaste aussi parce que les extraits offerts sur le site web du théâtre d’Aujourd’hui étaient franchement prometteurs.

De quoi ça parlait?

Je ne saurais vous le dire parce que le tout m’a semblé pas mal abstrait. Il fallait trouver un lien entre les quatre personnages… Je vous soumettrai donc le résumé disponible sur le site :

Une femme blanche en mission au Congo se découvre une bosse au sein. Un écrivain noir fait une psychanalyse à Montréal. L’histoire se poursuit avec un jeune homme bleu et sa mère qui lui apparaît en pleine jungle. Chaque personnage se présentera devant nous avec une histoire absolument impossible à croire. En toile de fond, les peines d’amour et l’Afrique. Cette série de récits architecturés sous forme de pièce trouvera son point culminant entre une femme blanche et un homme noir que seule l’écriture peut inventer.

Personnellement, j’ai beaucoup aimé le début et la fin de la pièce. Ce qui s’est trouvé au milieu a eu de la difficulté à garder mon attention mais je dois dire une chose : Les textes sont puissants et les interprètes sont franchement excellents. Je n’ai absolument rien à dire sur le jeu des acteurs.

D’ailleurs, les acteurs, j’étais un peu déçue pour eux car à la toute fin, au moment où les gens applaudissaient, personne ne s’est levé. Je pense que ça a bien montré que malgré tout leur talent, la salle est restée tiède. Les commentaires, du moins, ceux que j’ai entendus en sortant, étaient tièdes également.

En ce qui me concerne, c’est une pièce que j’aurais probablement préféré lire que voir. J’ai définitivement découvert en Lise Vaillancourt une plume qui m’a rendue jalouse. Pourquoi alors je n’ai pas trop aimé la pièce malgré le talent des interprètes? Je me pose encore la question…

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Tout est encore possible, au Théâtre d’Aujourd’hui, jusqu’au 21 novembre 2009.

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Pour lire un autre point de vue sur cette pièce, je vous invite à visiter Les Punaises.

http://lespunaises.wordpress.com/2009/11/08/%C2%ABtout-est-encore-possible%C2%BB-au-theatre-daujourdhui/

Je voudrais crever…

Par Noisette Sociale, 21 avril 2009 14:48

Je ne vous ai pas parlé encore de la pièce que j’ai eu la chance de voir samedi dernier, toujours grâce à cette chère Bianka.

Le titre de mon article, rassurez-vous, n’est que la retranscription du titre de la pièce en question.

En résumé…

« Cinq amis dans la vingtaine.
Solange, qui revient de voyage et qui n’attend que le prochain départ : ailleurs, l’air est différent.
Paul, qui pleure sa rupture amoureuse : sept ans avec la même, ça bouleverse.
Luce et Sylvain, qui viennent de s’acheter une maison : c’est beaucoup d’organisation.
Et Mateo, leur ami de toujours, qui se meurt.
Dans sa chambre d’hôpital, tout prend l’allure de la fin du monde… ou alors est-ce le début de l’âge adulte? »

Vite comme ça, ça a quasiment l’air déprimant. Mais en réalité, c’est une tout autre histoire!

J’étais un peu sceptique avant de me rendre à la pièce car j’avais lu quelque part que la mise-en-scène qui n’arrêtait pas de bouger, ça devenait un peu étourdissant à la longue. C’est drôle parce que sur place, c’est un des éléments que j’ai le plus aimé!

Une table au centre avec des chaises autour qui deviennent soudainement un lit d’hôpital et des chaises d’hôpital. Ça bouge sans cesse.

Les acteurs qui chantent magnifiquement également entre les scènes pour illustrer des émotions différentes, des bribes de vie.

Bianka m’avait dit que la pièce avait eu pour elle l’effet d’une claque en plein visage. Pour moi aussi.

Car autour de Mateo, l’ami qui va mourir bientôt, ses amis réfléchissent à voix haute et font des constats dérangeants.

Ce qui m’a le plus marquée dans tout ça, c’était les personnages du couple, Luce et Sylvain. Eux qui viennent de s’acheter une belle grosse maison probablement en banlieue. Qui prévoient déjà l’achat d’une piscine. Qui se plaignent de l’organisation que ça prend, une nouvelle maison. Les rénovations qu’il faut faire. Luce se plaint de ses petits tracas de nouvelle propriétaire de maison à côté d’un Mateo pour qui la vie va se terminer bientôt.

Oh, je sais, comme ça, ça semble un peu cliché. On se fait tellement souvent rabattre les oreilles comme quoi le matériel n’est pas important. Qu’il n’y a pas que la petite vie rangée de banlieue qui a de la valeur. Je sais tout ça. Sauf que je ne sais pas, ça vaut la peine de se le refaire mettre en face des yeux une fois de temps en temps. Juste pour s’en rappeler. Et ce, sans dénigrer nécessairement la vie de banlieue!

Non, plutôt l’idéal matérialiste. En tout cas, moi, ça m’a fait ça. Je regardais la pièce et en même temps, je pensais au ridicule de la chose quand je vous ai annoncé toute fière que j’avais acheté ma télé HD. Comme si c’était un accomplissement en soi!

Et puis, cet hommage à la vie.

Je me suis tellement attachée au personnage de Mateo. Ce doux Mateo. Lui qui demandait à son ami Sylvain ce que c’était que d’être en amour. Il voulait se le faire expliquer le plus clairement possible afin d’au moins le savoir un peu avant de mourir.

Je me suis imaginée à un certain moment que c’était l’Ami qui était à la place de Mateo. Et je me suis retenue grandement de pleurer. C’est de réfléchir au vide que va laisser la mort d’un ami cher qui m’a touchée au plus haut point.

Vraiment, ça vaut le détour.

La pièce est bien faite et j’ai adoré la disposition de la salle et de la scène. Puis pour une fois que les bancs n’étaient pas si inconfortables. ;)

À voir au théâtre Aux Z Écuries jusqu’au 2 mai.

D’autres points de vue ici, ici et .

La fête sauvage, quel beau moment d’hilarité!

Par Noisette Sociale, 1 avril 2009 11:51

Pas étonnant que La fête sauvage fût déjà finaliste pour le « Masque du texte original » lors de la 14e soirée des Masques. Pas étonnant non plus que Mathieu Gosselin, l’auteur de la pièce, fût également finaliste pour le « Masque de la révélation ». Quelle oeuvre rafraîchissante!

Encore une fois, je dois une soirée magique à cette chère Bianka. Aller voir du bon théâtre en échange d’un texte ici, je trouve que c’est une très bonne entente. D’ailleurs, après avoir vu une pièce comme celle que j’ai vue hier, il aurait été difficile de ne pas vous en parler!

Pour résumer grossièrement la chose, disons d’abord que j’ai ri. Je pense que c’est la fois où j’ai ri le plus fort à l’intérieur d’une salle de spectacle. Plus fort que les fois où j’ai assisté à des spectacles d’humoristes que j’appréciais. Franchement, pour la suite des choses, ça va être dur à battre.

J’imagine que vous voulez connaître l’histoire. Je trouve que ça serait dommage de réduire cette pièce uniquement à une histoire.

Je me rappelle du fiancé hier soir, quand il est venu nous cueillir, moi et ma mère qui l’attendions dans un café. À la question: « Et puis, ça raconte quoi? », il a eu droit à de grands éclats de rire.

Ça ne vous satisfait pas la curiosité, ça, hein? Bon, d’accord.

En fait, La fête Sauvage, c’est une histoire d’amitié.  Martine a choisi le dimanche de son anniversaire pour enterrer les cendres de son amoureux qui s’est donné la mort deux mois plus tôt. Ballons, guirlandes, chapeaux, enfants qui courent ; une vraie fête s’organise avec tout ce qu’elle contient de charge libératrice. C’est une histoire sur le deuil et la façon de le vivre. C’est une pièce sensible, avec un humour bien dosé.

C’est effectivement une belle histoire d’amitié avec selon moi, une bonne dose d’absurde. Il y a des moments très touchants… et juste après, on va rire aux larmes. La pièce est très bien rythmée.

lafetesauvage2J’ai personnellement été très impressionné par le talent des comédiens. Ils étaient tous excellents dans leur rôle, on y croyait vraiment. Je les admirais particulièrement dans tous leurs moments où ils devaient rester complètement immobiles, parfois dans des positions inconfortables. Sandrine Bisson, Sébastien Dodge, Rose-Maïté Erkokeka, Renaud Lacelle-Bourdon, Anne-Marie Levasseur, Lise Martin, Simon Rousseau, vous méritiez tous d’être nommés et je vous lève mon chapeau.

La pièce se découpe en trois « cliques » de personnages.

Il y a un couple, marié depuis sept ans. Tout le long, je me suis demandée ce qu’ils faisaient ensemble au départ et ils étaient tristes et drôles à observer à la fois. Un gars un peu (beaucoup) bêta d’un bord, qui s’exprime en monosyllabes. Le cliché du gars un peu con qui donne plus d’attention à sa 12 qu’à sa femme, la 12 pouvant être à la fois une carabine et une caisse de bières. Et puis sa femme, un peu naïve, qui se bat pour avoir un peu d’attention de la part de son mari, qui a envie de faire des projets de voyage…

Il y a la gang de filles. Une veuve, enceinte jusqu’aux yeux, dont le mari s’est pendu il y a deux mois dont les cendres reposent dans le frigo entre deux morceaux de viande. Une autre, un peu fofolle, enceinte également qui aime les drinks de fille et qui ne rate pas une occasion de parler de sexe. Et l’autre, celle qui m’a fait le plus rire. Autoritaire, quasiment insupportable, qui ne veut pas que la fête déroge du plan qu’elle s’était fait au départ. C’est particulièrement drôle quand elle s’adresse au 4e mur, toutes les choses qu’elle peut dire à ses enfants.

Et il y a les deux cabochons. Deux ivrognes et deux drogués qui n’ont pas peur des mélanges. Un qui aime la philosophie de bas étage et l’autre qui désespère de son cas. Le pendu, Frank, c’était leur inséparable. Ils vivent leur deuil d’une façon bien particulière…

La pièce sera présentée au théâtre de la Licorne du 31 mars au 25 avril 2009. Saisissez votre chance, ça vaut vraiment la peine! 1h30 de divertissement garanti qui vous fera oublier facilement l’inconfort de votre siège.

À voir absolument.

p.s. : Pour celles qui aiment les potins, j’ai croisé Macha Limonchik dans l’entrée et j’étais assise derrière Pierre Lebeau.

Van Dongen, mon nouvel amant imaginaire

Par Noisette Sociale, 27 mars 2009 11:40

Mon titre est un peu exagéré mais c’était pour vous dire à quel point j’ai été charmée par son oeuvre hier soir. Même que je trouve que « charmée », c’est faible. Émue serait plus juste.

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Oh que j’ai eu envie de faire un beau pied-de-nez à mon chum quand je suis revenue de l’exposition. C’est qu’il avait parié que je me tannerais après 10 minutes.

Bon, c’est que je dois vous faire une petite mise en contexte. Moi et le Détracteur avons été voir quelques expositions ensemble. À chaque fois, j’étais emballée par l’idée mais au bout du compte, je me tannais après quelques minutes. Nous avions vu l’exposition Sympathy for the devil au musée d’art contemporain et bien qu’elle était intéressante, je m’étais lassée vite. Il n’y avait pas assez de matériel à mon goût.

Nous avions vu aussi celle sur l’évolution de la mode féminine au musée McCord. Le concept m’avait attirée mais on faisait très rapidement, même trop, le tour des vêtements exposés. Il n’y avait pas assez de textes ou de documents non plus pour nous retenir bien longtemps. Ça avait été une grande déception.

Je ne vous parlerai pas non plus de notre périple à Trois-Rivières où nous avions arrêté au musée pour voir l’exposition sur Passe-Partout. Je dois quand même mentionner qu’il m’avait quasiment traînée de force parce que bien franchement, je n’avais aucunement envie d’y aller et nous en sommes ressortis déçus tous les deux.

On en a vu d’autres aussi dont je ne me souviens pas mais ce que je peux vous confirmer, c’est qu’il ne s’agissait jamais de peinture.

Or, moi j’adore les expositions de tableaux même si bien franchement, je n’y connais pas grand chose.

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van-dongen-kees-1877-1968le-chale-espagnol-le-mendiant-damour-tableau-ou-la-femme-aux-pigeonspompidouPour en revenir à mon sujet de départ, je suis allée voir l’exposition sur Van Dongen hier soir au musée des beaux-arts de Montréal. J’y suis restée presque deux heures tellement elle était garnie et fascinante.

On traverse l’exposition en suivant une ligne de temps, si l’on veut. À ses débuts, l’artiste faisait un peu plus dans ce que j’appellerais la simplicité. (Vous m’excuserez pour les termes, je n’ai malheureusement pas étudié en Histoire de l’art.) Beaucoup de tableaux faits au crayon gras, au crayon, souvent sur du carton. Quelques peintures à l’huile, quand même. D’ailleurs, je trouvais ça fascinant de voir l’évolution du matériel à travers les âges. Voir un petit bout de carton écorné… un petit bout de peinture à l’huile qui s’est décollé dans un coin…

Plus on avance dans le temps, plus le fauvisme de Van Dongen s’exprime. Les couleurs deviennent de plus en plus présentes, de plus en plus vives et illustrent des émotions fortes. Des émotions basées sur l’instinct. Il n’est donc pas étonnant de retrouver des portraits où les prostituées sont présentes.

Honnêtement, j’ai vécu des émotions hier que je n’avais jamais ressenties avant par le simple contact visuel avec une peinture. À un certain moment, j’avais les yeux embués devant tant de beauté. Conquise, j’étais. Moi et la copine qui m’accompagnait nous nous sommes dites à quelques reprises à quel point nous avions de la chance de pouvoir voir « en personne » une oeuvre d’une telle splendeur.

Plus nous avancions dans la salle, plus l’émotion ressentie était forte. Les tableaux étaient de plus en plus gros, de plus en plus colorés. Chaque nouvelle toile observée devenait ma préférée.

J’enrage de ne pas savoir vous décrire mieux que ça ce que j’ai eu la chance de voir hier. Mais pour vous dire à quel point l’artiste a su me toucher, j’avais des frissons d’angoisse dès que quelqu’un osait approcher un doigt ou un crayon de l’oeuvre. Heureusement que personne n’a fait le sacrilège d’en toucher une parce que je pense que j’aurais mordu.

L’exposition sera là jusqu’au 19 avril. Ne manquez pas ça parce que même sans savoir ce que vous manqueriez, je trouverai bien un moyen de vous le faire regretter.

Personnellement, je compte bien y retourner avant la fin. J’avais beau ouvrir les yeux très grands hier en espérant peut-être que ça m’aiderait mieux à tout emmagasiner les images dans mon esprit, ce n’était pas suffisant. J’ai encore soif de ces images. Et je pense bien que la prochaine fois, je vais faire une folie en me procurant le catalogue de l’exposition.

Après tout, on ne tombe pas en amour si souvent que ça dans une vie…

Thme Panorama par Themocracy