Catégorie : Actualités

Un mot sur Shell… et plusieurs autres sur mes principes

Par Noisette Sociale, 21 juillet 2010 11:33

Merci à mon vieil ami Richard pour l’inspiration.

____________________________________

Je n’adhère pas au vieil adage qui encourage la paresse intellectuelle, le manque de réflexion et ce que j’appellerais le syndrome Eichmann (dans les cas extrêmes) qui dit : « Une job, c’t'une job. »

Je suis une jeune femme de principes et je pourrais vous énumérer une longue liste d’entreprises ou de types d’entreprises pour lesquelles je ne travaillerais jamais, question d’être en parfaite cohésion avec moi-même.

Par exemple, on ne me verra jamais faire du lobbyisme pour le pétrole, les marchands de cigarettes ou les armes à feu. Je ne travaillerais pas chez Wal-Mart (comme je n’y mets pas les pieds, jamais) même si j’étais dans la misère et que c’était ma seule porte de sortie. Et même si on m’offrait une fortune pour travailler pour une centrale nucléaire ou pour une raffinerie de pétrole, je passerais mon tour sans hésiter un seul instant.

Je pourrais continuer longtemps comme ça.

Tout ça pour en arriver avec l’annonce de la fermeture de la raffinerie Shell à Montréal-Est et les remous que cette annonce a créé où les répercussions se sont faites sentir jusqu’à la Chambre des Communes.

La FTQ avait lancé un appel au boycott de Shell et c’est dans cette optique que ma mère m’avait demandé, en bonne syndicaliste, il y a deux ou trois semaines:

« Puis, est-ce que vous boycottez les stations Shell? »

Et moi de répondre que non seulement je ne boycottais pas mais qu’en plus, je me réjouissais de cette annonce de fermeture.

Évidemment, il a fallu que je m’explique car je me faisais déjà passer un savon par rapport aux nombreux emplois qui allaient être perdus suite à cette annonce.

Je suis moi-même syndicaliste et je comprends tout à fait la FTQ, car c’est son mandat, de se battre pour préserver ces emplois. Je suis consciente que l’on parle de beaucoup de personnes qui font généralement de bons salaires et qu’une situation de perte d’emploi n’est souvent pas chose facile.

Par contre, je pense qu’il faut voir le problème sous un angle un peu moins émotif et se questionner sur l’impact qu’ont les raffineries de pétrole pour la qualité de vie des citoyens.

Je ne sais pas si vous êtes déjà passés à Montréal-Est où il y a ces raffineries mais sachez que l’air y est irrespirable. Tout est contaminé et le taux des asthmatiques dans l’est de la ville a augmenté de façon alarmante.

Montréal-Est est probablement la ville la plus laide qui puisse exister au Québec en raison de ces raffineries qui enlaidissent le paysage de la rue Sherbrooke à la rue Notre-Dame.

Cette fermeture est, à mon avis, un premier pas dans la bonne direction si on se soucie le moindrement des impacts environnementaux.

La vague de voitures électriques va se déverser bientôt sur le Québec et ailleurs et je suis très heureuse de vous annoncer, pour ceux qui ne le savaient pas déjà, qu’Hydro-Québec prévoit, dès 2011, commencer à installer des bornes électriques dans la province en prévision de ces nouvelles automobiles.

L’avenir est aux voitures électriques et aux énergies alternatives alors on devrait en profiter pour amorcer la mise à jour dès maintenant. La fermeture de la raffinerie aura certainement des impacts économiques mais on sera certainement capables de les contrer avec un peu d’imagination, de créativité et de modernité.

Vivement que l’on démolisse ces horribles installations et je souhaite de tout coeur que les employés mis à pied puissent se replacer ailleurs, de préférence au sein d’une industrie plus propre.

Féministe

Par Noisette Sociale, 3 mai 2010 11:47

C’était il y a un an ou deux, je ne le sais plus exactement. Je suis très mauvaise avec les indices de temps.

Il y avait Laurence qui me passait en entrevue en tant que blogueuse pour son doctorat qui porte sur les blogues personnels féminins québécois.  Elle m’a demandé depuis combien de temps je bloguais, quelles étaient mes motivations, quels étaient mes thèmes centraux, etc. On a couvert un large éventail de sujets dans lesquels je me sentais à l’aise… Arrive alors vers la toute fin une question. Je ne me rappelle plus de la formulation exacte mais c’était quelque chose comme :

« Quelle place occupe le féminisme pour toi en [année]? »

Ou c’était peut-être plus simple encore : « Te considères-tu féministe? Pourquoi? »

Je me souviens que j’ai figé. Littéralement. J’ai dû cafouiller une niaiserie légendaire. Je ne sais pas ce que j’ai répondu exactement mais je me rappelle très bien qu’au fur et à mesure que je répondais, j’avais honte de moi-même, honte de ne m’être jamais posé la question, honte de ne pas avoir développé d’opinion sur le sujet. J’ai eu honte au point de ne pas avoir osé lire cette partie de la transcription d’entrevue qu’elle m’a envoyé par la suite.

Pour une fille qui se prétendait conscientisée, c’était vraiment pas fort.

Heureusement, je ne me suis pas arrêtée au simple fait d’avoir honte et j’ai décidé d’en parler avec des gens autour de moi. Ça n’a pas été long que je me suis rendue compte que j’étais féministe convaincue avant même de le savoir. Que dans le fond, pour moi, ça allait de soi.

jsf_badge_125Je me suis abonnée à l’excellent blogue collectif « Je suis féministe » et je suis une fan finie. Ces filles-là abordent à peu près tous les sujets avec une plume sensible et intelligente.  J’aime particulièrement les billets qui portent sur des anecdotes du quotidien qui nous démontrent à quel point, mine de rien, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour les femmes dans notre société.

J’ai commencé à affirmer haut et fort que j’étais féministe. Je n’ai pas honte du terme, d’ailleurs, je me suis toujours demandé pourquoi ce mot avait trop souvent une connotation négative dans l’imaginaire collectif.

Mon coming-out (un autre!) a bien sûr amené à mon moulin quelques autres sources de découragement. Comme par exemple, quand j’affirme que je suis féministe devant une autre femme et que celle-ci me répond la fameuse phrase toute faite entendue trop souvent et dont je cherche encore l’origine :

« Ouin ben le mouvement féministe a du bon mais il a nui pas mal, aussi, des fois. »

Là, je réponds : « Ah oui? As-tu un exemple de la façon dont ça a nui? »

Silence radio. Parfois, elle tente de se rattraper en disant : « Je n’ai pas d’exemple là, là… mais il me semble que. »

D’accord.

Il y a aussi un type de discours qui m’indifférait alors et que je trouve franchement insignifiant aujourd’hui. Comme par exemple, quand un commentateur sportif est invité à l’émission « Tout le monde en parle » et qu’il dit de façon quasi-larmoyante que les pauvres hommes québécoise ont été castrés par le mouvement féministe et qu’à cause de ça, ils sont complètement perdus aujourd’hui.

Ou plus aberrant encore : Quand on sous-entend que si les garçons ont plus de difficulté à l’école aujourd’hui, c’est à cause des féministes.

Je ne sais pas pourquoi mais au Québec, on a souvent tendance à croire que tous les combats sont contre quelque chose plutôt que pour une chose. Que les souverainistes se battent contre les Anglais plutôt que pour la cause. Ou que les féministes se battent contre les hommes plutôt que pour le droit des femmes à l’égalité.

Quand on dit que les femmes gagnent encore souvent moins cher que les hommes, c’est une réalité.

Quand on dit qu’il y a des employeurs qui hésitent à engager des femmes dans une certaine tranche d’âge de peur qu’elles tombent enceintes, c’est une réalité.

Quand on dit qu’il n’y a aucun droit d’acquis, c’est une réalité. Il n’y a qu’à suivre l’actualité pour voir que le droit à l’avortement est loin d’être quelque chose d’acquis par le temps qui courent pour s’en rendre compte.

Peu de femmes à qui j’ai parlé dernièrement savent que le Québec a été la dernière province canadienne à accorder le droit de vote aux femmes. C’était en 1940…

Je vous annonce fièrement, pendant que nous y sommes, que je débuterai à l’automne un certificat en études féministes. Je pense qu’on aura l’occasion de s’en reparler. J’ai tellement hâte qu’en écrivant ces lignes, j’en ai des frissons. Je sens que c’est le plus beau cadeau que je pouvais m’offrir à cette période de ma vie.

À suivre… ;)

Une commission d’enquête sur la nomination des juges?

Par Noisette Sociale, 13 avril 2010 18:49

J’ai toujours dit que Jean Charest était un homme intelligent.

Ce matin, il réagissait, en conférence de presse, aux propos de Marc Bellemare qui avait fait des révélations-choc à l’excellent journaliste Alain Gravel au sujet du trafic d’influence qui règne au sein du PLQ. Jean Charest a très bien joué son rôle de politicien soit disant intègre en disant que ça le « blessait énormément » et qu’il allait recommander, dès demain, une commission d’enquête publique sur la nomination des juges lors de son conseil des ministres.

Je n’ai rien contre la commission d’enquête mais on sait très bien qu’elle servira à faire un très grand nuage de fumée pour faire oublier tout le reste.

Pourquoi Jean Charest n’était-il pas blessé au point de faire une commission d’enquête publique sur l’industrie de la construction quand il a été accusé à maintes reprises de corruption ? On la réclame encore, celle-là, par ailleurs.

C’est pas insultant d’être associé d’aussi près à la mafia?

J’aimerais aussi que cette commission ne nous fasse pas oublier la médiocrité du ministre Tomassi dans tout le dossier des garderies.

Il faudrait se rappeler également du dernier budget avec la taxe santé. Il y a encore trop peu de signatures d’enregistrées, d’ailleurs, sur la pétition disponible à cet effet sur le site de l’Assemblée Nationale.

Oh oui, je sens que je vais me répéter souvent dans les prochaines semaines, les prochains mois et peut-être même dans les prochaines années. (À moins que Charest n’ait la décence de démissionner d’ici là.)

Je vais me répéter dans l’espoir que pour une fois, le « Je me souviens » inscrit sur nos plaques de char, ça veuille dire quelque chose.

Pétition officielle en ligne pour s’opposer à la taxe santé imposée par le PLQ

Par Noisette Sociale, 8 avril 2010 11:52

Texte de la pétition

CONSIDÉRANT QUE la capacité de payer du contribuable moyen québécois est à sa limite ;

CONSIDÉRANT QUE cette taxe fixe pour tout adulte est injuste et discriminatoire, nonobstant le crédit à la solidarité ;

CONSIDÉRANT QUE le gouvernement libéral s’entête dans sa décision d’imposer unilatéralement cette taxe régressive ;

CONSIDÉRANT QUE la justice et l’équité sont des valeurs chères aux Québécois ;

CONSIDÉRANT QUE ce gouvernement a le pouvoir de retirer cette mesure qui ne représente pas les valeurs québécoises et qui fait l’unanimité contre elle ;

C’est pourquoi les soussignés, citoyens et citoyennes du Québec, demandent à l’Assemblée nationale d’exiger du gouvernement du Québec le retrait de cette mesure qui obligera bientôt chaque adulte québécois à donner 200 $ par année pour financer le système de santé, et ce, peu importe son revenu.

Je vous encourage à aller signer en grand nombre et à passer le mot.

Pour signer, on clique ici.

Réflexion post-budget (2)

Par Noisette Sociale, 7 avril 2010 12:23

C’est Josée Legault qui l’a écrite de très belle façon dans son billet « Un cadeau empoisonné ». J’endosse chaque mot, chaque virgule de sa réflexion.

Extraits :

« La pire insulte à l’intelligence des citoyens est que ce « choix » de laisser moins aux prochaines générations se fait au nom d’un déficit que le gouvernement a créé en bonne partie lui-même. Et cela, on ne le répétera jamais assez car de le savoir permet de mieux comprendre à quel point les Québécois se font raconter des histoires à dormir debout lorsqu’on leur impose des sacrifices au nom de ce même déficit.

Ce trou, il l’a creusé volontairement. Il l’a fait en accordant depuis 2003 plus de 5 milliards de dollars en baisses d’impôt, pour les particuliers seulement. Il l’a fait aussi en refusant d’occuper les deux points de TPS laissés vacants par Ottawa. Pour le Québec, cela aurait ajouté aux services publics plus de 2,5 milliards par année! Si on ajoute les baisses d’impôt aux entreprises, c’est d’au moins 12 milliards de dollars que le gouvernement Charest aura privé l’assiette fiscale du Québec. C’est beaucoup, beaucoup d’argent! »

[...]

« Et pourquoi briser ainsi l’aspect « universel » de notre système de santé? ( »Universel » voulant dire que la collectivité paye pour le système par le biais des impôts pour que tous y aient accès sans égard aux revenus individuels.)

Le ministre des Finances, Raymond Bachand – révélant ainsi son petit côté Marie-Antoinette -, répond au bon peuple que c’est pour briser sa « culture de la gratuité ». Parce que, voyez-vous, selon le ministre, le bon peuple manquerait à ce point de neurones qu’il ignorerait même que les services « coûtent quelque chose »… Une telle condescendance aurait sûrement « coûté » son poste à un ministre sous un René Lévesque ou un Jean Lesage… »

Allez lire son billet au complet, ça vaut la peine.

Encore une fois, c’est ici.

Réflexion post-budget

Par Noisette Sociale, 31 mars 2010 11:17

C’est celle chez qui j’aurais passé tous mes temps libres étant plus jeune si mes parents m’avaient laissé faire. C’est elle également qui avait menacé mes parents de me prendre sous son toit les deux fois qu’ils ont voulu me foutre à la porte. C’est aussi celle qui fait les meilleures crêpes dans une vieille poêle en fonte graissée avec du Crisco. Puis là, je ne vous parle même pas de son sucre à la crème.

Ma grand-mère, je l’aime profondément mais il y a des jours comme aujourd’hui où je lui en veux.

Ma grand-mère a toujours voté pour les libéraux. Comme mon grand-père. Puis quand mon grand-père est mort il y a 20 ans, elle a continué de voter pour les libéraux. Par respect pour sa mémoire, qu’elle dit.

C’est toujours quelque chose qui m’a révolté parce qu’à la base,  je ne pense pas que les féministes de l’époque se sont battues pour obtenir le droit de vote uniquement pour avoir le loisir de voter comme leur mari.

En tant que féministe proclamée, cet aspect-là me choque énormément.

Depuis que je suis politisée, j’ai eu des discussions avec ma grand-mère à propos de plusieurs enjeux sociaux. Mine de rien, je critiquais plusieurs orientations du PLQ et à la fin, on était généralement d’accord.

Et là, je larguais la bombe : « Ben ça grand-maman, tu vois, c’est le PLQ qui propose tout ça. »

Oh. « Oui mais tu sais, ton grand-père, bla bla bla. »

Mon grand-père est mort depuis 20 ans. Puis les orientations du PLQ, en 20 ans, ont changé énormément.  « Oui mais grand-maman, peut-être que grand-papa ne voterait même plus comme ça s’il était vivant aujourd’hui. »

Elle ne prend pas de chance.

Pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui?

Parce que j’ai l’intention de reprendre les armes. J’ai commencé à lire le journal ce matin et juste en voyant ce que notre beau gouvernement libéral nous propose pour régler les problèmes des soins de santé, j’enrage.

Faire payer à tout le monde 200$ par année en plus de 25$ par visite pour les soins de santé, sans prendre en considération les revenus de tous et chacun, c’est absolument scandaleux. Le pauvre paiera le même tarif que le riche.

J’aimerais qu’on m’explique pourquoi la classe moyenne est encore la plus taxée. J’aimerais qu’on m’explique pourquoi je connais des gestionnaires qui font au-delà de 100 000$ par année et qui retirent de l’impôt avec la complicité de leur comptable alors que le citoyen ordinaire doit souvent s’endetter pour rembourser le gouvernement.

J’aimerais qu’on m’explique pourquoi Charest refuse de faire une commission d’enquête sur l’industrie de la construction. En allant chercher l’argent dans les poches de la mafia, peut-être qu’on éviterait de taxer encore les plus démunis?

Et pourquoi, pour rééquilibrer le budget, on ne s’attaque pas plutôt à tout l’argent envolé dans les paradis fiscaux?

J’aimerais également savoir pourquoi on a si peur de taxer les entreprises à leur juste valeur alors qu’on offre parmi les taux d’imposition les plus bas en Amérique du Nord, plus bas encore qu’aux États-Unis!

Ce printemps, je sens que je vais prendre l’air plus souvent qu’à mon tour dans le cadre de diverses manifestations.

Et chers compatriotes… il va falloir qu’on se parle.

——————————————————————-

Pour ceux que le sujet intéresse, voici d’autres suggestions de lecture :

Les vaches à lait

Budget libéral : des ailes pour QS?

À combien se chiffre votre patience?

Budget 2010 : Une déclaration de guerre

Un budget qui va faire mal

Budget 2010 : Prendre du pauvre pour donner au riche

Un vrac pour faire changement

Par Noisette Sociale, 25 février 2010 12:47

J’avais quelques petites réflexions/observations à faire alors je vous offre un vrac en ce beau jeudi sous le thème de la sloche montréalaise.

La vie de bohème

Hier, je lisais un article plutôt intéressant sur le nouveau RueMasson.com et je suis retombée dans une lubie.  L’article traite en effet des endroits où il fait bon travailler avec son ordinateur portable. Du coup, j’ai eu envie pendant une journée de renoncer à tout pour devenir travailleuse autonome, ne serait-ce que pour goûter les joies de passer des après-midis complets dans un sympathique café qui prendrait éventuellement la forme de mon bureau.

Évidemment, dans ma tête, les gens se battaient pour me donner des contrats et tout ça. Je suis revenue dans la réalité quand mon fiancé découragé m’a posé la question qui tue : « Ben, tu ferais des contrats de quoi? »

Je ne le sais pas mais en attendant, je peux bien être ouverte aux suggestions. ;)

Le combat qui ne me tentait pas

J’avais un cours le jeudi soir qui se voulait un cours d’introduction aux études littéraires. Le dernier auquel j’ai assisté était horriblement ennuyeux et un tantinet prétentieux. Si vous saviez à quel point les études littéraires semblent constituer une discipline qui se veut plus théorique que théorique… Personnellement, j’en suis venue à trouver ça ridicule.

J’ai aussi envie de mentionner qu’on a insisté beaucoup sur le fait que les auteurs proviennent généralement de la bourgeoisie ou de la petite bourgeoisie et que l’exception qui confirme la règle était très rare. Idem pour ceux qui sont en études littéraires d’ailleurs.

Je n’avais pas envie de mener le combat cet hiver de « la fille qui vient d’un milieu pauvre, qui leur prouve qu’il y a bel et bien une exception qui confirme la règle et qui triomphe à la fin en devenant la révélation de l’année ».  J’exagère peut-être un peu mais c’est quand même ça.  J’ai annulé.

La vie d’universitaire, prise deux

Je suis allée à l’UQÀM hier après-midi pour remettre ma demande d’admission au registrariat. Je n’ai pas pris de chance : je m’essaie pour trois programmes.

  1. Bacc. en communications, profil stratégies de production culturelle et médiatique
  2. Certificat en création littéraire
  3. Certificat en études féministes

Je trouve que mon choix de programmes représente bien ma personnalité. Évidemment, mon premier choix ultime est le bacc. qui est extrêmement contingenté. Comme je n’ai pas de DEC et un dossier scolaire entaché, je tente d’entrer sous la base expérience avec deux lettres d’attestation d’emploi (et de potentiel extraordinaire, hé hé)  étant donné que je travaille déjà en communications.  Je me croise tellement les doigts pour que ça marche que ça fait mal.

Le monde est trop petit

J’ai croisé l’ex-Amie lors de mon périple à l’UQÀM hier. Le coup que ça m’a fait dans la poitrine, je ne l’avais vraiment pas vu venir. J’imagine que c’était une étape de deuil supplémentaire à passer.

L’incohérence de Pauline Marois

Je sais que je suis très en retard et que vous devez être écoeurés d’en entendre parler alors je me limiterai à une opinion-éclair : Je ne comprends pas comment elle peut être contre les signes ostentatoires portés par des employés de l’État alors qu’elle refuse d’être  pour enlever le crucifix à l’Assemblée nationale. Le message que ça envoie, à mon avis, c’est que la religion des autres n’est pas bonne alors que la sienne l’est.

Puis vous connaissez déjà ma position sur la religion en général alors je ne m’étendrai pas là-dessus inutilement.

Ceci étant dit, je ne déteste pas le retour du discours identitaire au PQ mais ça en prendra plus que ça pour me ramener au bercail.

En terminant

Les mangoustes, c’est presque aussi grim que les carcajous.

Occupation Double ne forme pas à commenter l’actualité

Par Noisette Sociale, 18 novembre 2009 12:51

dumont360Il m’arrive de regarder l’émission Dumont 360 quand ma journée de travail se termine tôt… ou quand la grippe m’agresse comme c’est le cas depuis le début de la semaine.

Je suis une jeune incorrigible parce que je ne peux m’empêcher, dans certains cas, de regarder des émissions qui me font sacrer et qui me renforcent négativement dans mes positions.

Il y a un segment dans cette émission qui contribue tout particulièrement à ce que je m’arrache les cheveux et c’est celui où Mario et son acolyte Martin Pelletier débattent d’une dizaine de sujets d’actualité à raison de 90 secondes accordées par sujet. Je n’ai pas compris encore s’il fallait prendre les deux commentateurs au sérieux dans cette partie de l’émission ou non mais ce qui est sûr, c’est que ça pue la mauvaise foi à plein nez à chaque fois.

Par exemple, hier soir, ils ont abordé la nomination de Richard Bergeron au conseil exécutif de la ville de Montréal alors qu’il s’occupera d’urbanisme.

Martin Pelletier se lance et dit tout de suite qu’il n’y avait pas grand chose dans la plateforme de Projet Montréal au niveau de l’urbanisme, à l’exception de la rue Ste-Catherine piétonne. Je levais déjà les yeux au ciel et il s’empressa d’ajouter : (Je cite de mémoire.)

« Ce que monsieur Bergeron ne sait pas, c’est que ça fait déjà très longtemps que la rue Ste-Catherine est piétonne. Oui oui. Ça s’appelle le Montréal souterrain. »

Ça faisait déjà un petit bout de temps que je me demandais d’où provenait cet hurluberlu qui gagne maintenant sa croûte à dire des âneries…

Je me suis lancée sur mon MacBook pour faire une recherche Google.

Ah, j’ai appris qu’il faisait aussi des petites chroniques insignifiantes au Show du matin, au même poste. Vous en visionnerez quelques unes si vous avez envie de voir quelque chose de très mauvais.

Je continue de regarder les résultats de recherche… et voilà que tout s’explique.

Monsieur Pelletier a fait ses débuts à la télé comme participant à Occupation Double, une émission qui, je vous le rappelle, regroupe l’ensemble de l’intelligentsia québécoise.

Je trouvais déjà que de passer du spa d’Occupation Double à porteur ou porteuse de valise, c’était un avancement trop important, voilà que certains deviennent simili-chroniqueurs.

À quoi bon les études, travailler fort, se casser la tête pour faire des analyses (ainsi que sa place) quand on a juste à aller faire la guidoune dans une télé-réalité?

Je vous le demande.

*soupirs*

Gilles Taillon démissionne

Par Noisette Sociale, 10 novembre 2009 14:12

Article.

Après quoi, 3 semaines?

Je suis morte de rire.

D’après moi, faudra continuer de me rouler par terre jusqu’à la sortie à la fin de ma journée de travail.

——————————————————–

Commentaire boni : Je pense que je vais aller m’acheter une pelle en prévision de l’enterrement de l’ADQ.

Mon souvenir de Falardeau

Par Noisette Sociale, 2 octobre 2009 15:10

(Mise en contexte, juste au cas : Le cercueil de Pierre Falardeau est exposé aujourd’hui jusqu’à 20h à l’église située au coin de la Visitation et René-Lévesque, à Montréal.)

Ami/Collègue me lance tout à l’heure :

Pis? Vas-tu aller voir Falardeau après la job?

Je lui ai répondu non. Face à son air interloqué, je n’ai pas eu le choix de lui expliquer pourquoi… et tant qu’à y être, j’ai bien envie de vous raconter à vous aussi ma seule et unique rencontre avec l’homme.

C’était le 21 juin 2003. Le jour des funérailles de Pierre Bourgault. (Je sais, c’est très ironique.)

J’avais 17 ans. La veille, j’avais encore tous mes idéaux. C’était la première fois que je pleurais autant pour quelqu’un que je n’avais pas connu personnellement. À l’annonce de la mort du polémiste, du professeur, du journaliste, et de l’homme politique (j’en oublie sûrement), mon univers s’était carrément effondré. Je peux dire aujourd’hui qu’il y a une partie de celui-ci qui ne s’est toujours pas rebâti…

Bref.

Je m’étais habillée chic pour l’occasion. Je prenais tout ça très au sérieux. Je voulais faire bonne impression auprès de ma famille souverainiste. Puis après tout, ce n’est pas à tous les jours que j’allais à l’église. ;)

Il y avait un tas de gens qui attendaient pour entrer dans la basilique. Malgré tout, je suis pas mal convaincue que tout le monde qui le voulait avait pu se trouver une place à l’intérieur, suite à l’ouverture des portes.

La cérémonie avait été aussi drôle qu’émouvante. Il faut dire que Bourgault avait eu quelques comiques comme étudiants d’abord et comme amis ensuite.

[Funérailles ... Suite ... Fin]

falardeau_libertéÀ la sortie, j’aperçois Pierre Falardeau. Il avait l’air en tabarnak, était seul et fumait une cigarette.

Qu’à cela ne tienne! Il fallait que j’aille le saluer.

Oh que je n’avais pas choisi mon moment.

J’ai dû lui lancer une ânerie, du genre : « Oh, monsieur Falardeau, bonjour. Je veux vous dire que j’ai beaucoup de respect pour vous. bla bla bla]

Peu importe ce que j’ai pu lui dire, il ne m’a pas laissé ânonner bien longtemps.

T’arrives d’en-dedans? Moé, chus resté dehors, avec le peuple. Vous autres, ma gang de bourgeois, vous me faites chier.

Moi et l’ami qui m’accompagnait avons décidé de laisser faire et en s’éloignant, plutôt désillusionnés, on l’a entendu ajouter :

Mangez de la marde!

J’ai jamais su si c’était dirigé contre nous en particulier ou aux gens qui sortaient de l’église en général mais ça m’avait donné un choc.  On ne comprenait pas trop parce que si c’était vrai qu’il y avait beaucoup de « notables » à l’intérieur de l’église, il n’y avait pas que ça. C’était une entrée libre…

Vous dire à quel point j’étais insultée, moi, encore jeune et naïve… Moi, surtout, qui venait d’un milieu on ne peut plus ouvrier. Je n’aurais même pas été capable de jouer à la bourgeoise si l’envie m’avait prise de le faire.

Je pense que je l’ai détesté pendant un bon moment à cause de ça.

Puis j’ai fini par trouver que c’était quand même épique de s’être fait envoyer chier par Pierre Falardeau.

Sauf que maintenant que je sais ce qu’il pense des gens qui entrent dans l’église pour les funérailles de gens respectés publiquement, je préfère m’abstenir.

Voilà.

Thème Panorama par Themocracy