Catégorie : Anecdotes

Brève de bonheur (5)

Par Noisette Sociale, 1 septembre 2010 14:55

La petite fille la plus mignonne, craquante, attendrissante – name it! – du monde assise à côté de moi à la pharmacie.

Je lui souris à pleines dents et elle en redemande.

« Souris encore, souris encore!!! »

Je ris à gorge déployée.

Elle pointe mes broches.

« C’est quoi ça? »

Je lui réponds. Elle me sourit et pointe encore.

Trop cute.

Brève de bonheur (2)

Par Noisette Sociale, 24 août 2010 14:12

Un jeune homme barbu qui sait jouer toutes les tounes de Mario Bros à l’accordéon un lundi soir au métro Sherbrooke.

Je ne sais pas pour vous mais moi, ça me met toujours de bonne humeur. :)

Les chômeurs, ces malappris!

Par Noisette Sociale, 9 août 2010 15:23

Je suis de nouveau chômeuse. La dernière fois, ça avait duré deux semaines et j’avais été rappelée mais là, je pense que c’est pour de vrai. Mon aventure dans la grande tour est terminée pour de bon et ce, depuis vendredi le 30 juillet dernier à 17h02.

Quand on passe dans la joyeuse catégorie des « sans emploi », le regard des autres sur nous est assez différent.

J’avais un ami – qui mérite aujourd’hui le plus grand mépris mais tout de même – qui avait un emploi saisonnier et qui connaissait les joies du chômage. Son emploi saisonnier était en réalité un emploi d’été conçu pour des étudiants mais comme il n’avait pas de fierté… (Ça y est, je me défoule.) Bref, il savait déjà depuis longtemps à quel point le regard se durcit, parfois presque imperceptiblement, quand on annonce qu’on est sans emploi, ou à la recherche de. Lui, il était rendu au point où il ne voulait plus rencontrer de nouvelles personnes car il anticipait trop la question : « Que fais-tu dans la vie? »

En tout, je cumule maintenant trois semaines de chômeuse et je comprends déjà un peu le sentiment.

L’autre jour, j’appelle chez Desjardins parce que j’avais pris une assurance carte de crédit au même moment où j’avais signé ma demande pour avoir une Visa. Cette assurance, au coût de 7$ par mois, me promettait de payer mon solde en cas de perte d’emploi, à condition bien sûr que je ne perde pas mon emploi pour cause de mauvais comportement. Donc, je tombe sur une gentille téléphoniste dont le ton s’est tout de suite durci quand elle a su la raison de mon appel.

Honnêtement, après avoir dit que j’appelais concernant cette assurance parce que j’avais perdu mon emploi, je me sentais comme un chien errant. Un ton dur, bête et saccadé pour m’expliquer que dans 30 jours, j’aurais bien des paperasses à remplir et à faire remplir à mon ex-employeur, merci bonsoir.

L’autre jour, j’étais à la caisse d’un magasin à grande surface qui faisait un genre de mini-sondage sur la clientèle. La jeune demoiselle me demande : « Quel est votre métier? » Et moi de répondre : « Euuuuuuuuhhh… chômeuse? » Regard. Malaise. Petite toux. Me donne ma facture. Merci bonsoir.

La tendance est insidieuse. L’autre soir. Une soirée pas pire humide. Petite discussion dans la chambre à coucher à savoir si on laissait la fenêtre ouverte, si on mettait le ventilateur, le dés-humidificateur ou l’air climatisé. Pour avoir le dernier mot, mon chum me lance : « Ben, vu que MOI je travaille demain, me semble que je devrais avoir le dernier mot. »

Ce n’était pas dit méchamment, même qu’il avait un petit sourire en coin et un regard moqueur mais ça m’a donné un coup. Je me suis dit : « Eh merde, on en est déjà là. »

Heureusement, je ne me suis jamais définie par mon travail alors mon malaise devrait passer. ;)

Celui qui avait un ami qui rendait l’âme à chaque dimanche

Par Noisette Sociale, 30 juillet 2010 11:28

Le mensonge n’est pas quelque chose que je sais maîtriser et puis de toute manière, je ne comprends pas pourquoi quelqu’un voudrait se perfectionner dans cet art méprisable.

Il m’arrive toutefois de prétendre que je vais bien alors que je vais mal quand une connaissance me demande le fameux : « Ã‡a va? » en coup de vent dans un corridor… et même là, j’échoue toujours lamentablement.

Avec les années, je suis devenue beaucoup plus zen face au mensonge et quand on m’en sert un, je ne pète plus de crise existentielle parce que ça me demande beaucoup trop d’énergie et qu’après tout, ça n’en vaut vraiment pas la peine. Je me contenterai généralement de rayer mentalement cette personne de ma liste de connaissances ou d’amis en espérant qu’elle n’aura pas le culot d’insister en plus.

Tout ça pour dire que je pensais à un ancien ami ce matin, collègue retraité – il se reconnaîtra peut-être s’il passe encore par ici et alors il saura pourquoi j’ai arrêté de retourner ses appels – et j’étais en train de me dire que ceux qui ne savent pas mentir devraient vraiment essayer d’arrêter. Autant par respect pour les autres que pour eux-mêmes parce qu’un menteur démasqué a souvent l’air con.

Le cas auquel je pense est assez particulier car c’est lui qui me téléphonait et insistait pour établir une rencontre… pour toujours se défiler à la dernière minute.

Souvent, c’est le contraire qui se produit. Tu l’appelles ou tu lui écris pour proposer un rendez-vous et après de multiples excuses bidons pour annuler, tu finis par comprendre le message.

Au début, il était assez bon car ses excuses de dernière minute étaient assez variées et plausibles et comme je l’aimais beaucoup, je voulais bien croire que nous n’avions vraiment pas de bol quand il était question de nous rencontrer.

Je pense qu’il a fini par manquer d’inspiration car les quatre dernières fois, il avait un ami qui était décédé subitement le dimanche précédent et au moment où on devait se voir, il devait se rendre aux funérailles.

La première fois, j’étais sincèrement atterrée pour lui et je lui ai transmis mes plus sincères sympathies.

La deuxième fois, j’étais encore plus atterrée et j’ai pensé que c’était définitivement son année de merde.

La troisième fois, j’ai – enfin!!! – commencé à soupçonner quelque chose et je lui ai dit sur un ton neutre que c’était pas mal plate et que bien sûr, on pourrait remettre ça à la semaine prochaine.

La quatrième fois, je n’ai pratiquement pas eu de réaction et j’ai décidé de l’ignorer définitivement par la suite. Je pense aussi que je me suis dit en ricanant mentalement que si ça continuait comme ça, j’allais être la prochaine.

Il a rappelé une fois ou deux et comme je ne retournais pas ses appels, je pense qu’il a judicieusement décidé de laisser tomber.

Il y a des choses que je ne comprendrai jamais. Pourquoi tant insister pour me donner des rendez-vous si c’est toujours pour annuler ensuite la journée même?

Est-ce qu’à 58 ans, on peut encore jouer à des jeux comme ça?

Ou est-ce que c’est ça, être un menteur compulsif? Mais dans quel but?

Je ne fais que demander…

In your face

Par Noisette Sociale, 28 juillet 2010 10:56

La scène se déroule à l’intérieur d’un commerce bien connu pour vendre des beignes et du café. Elle met en vedette deux protagonistes principaux,un figurant et une observatrice (moi-même). On va les appeler Quidam, Ned et Ti-Cul.

Ned est, semble-t-il, un individu qui a l’anglais comme langue maternelle. Ça fait plus d’un an que je lui jase de ce que je mets dans mon café à tous les matins (ou presque) et je ne m’en étais jamais douté.

Ti-Cul, c’est le petit nouveau dans l’établissement.

Quidam, c’est le client qui était de mauvaise humeur ce matin.

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J’attendais sagement que l’on prépare mon bagel blé et miel avec beurre et fromage à la crème s’il vous plaît quand j’ai entendu Quidam faire le mariole et insulter mon Ned préféré. Ned l’ignora superbement et l’anecdote aurait pu se terminer ici.

Ti-Cul tente maladroitement une stratégie de complicité et d’intégration vis-à-vis Ned en lui baragouinant quelque chose d’incompréhensible dans la langue de Shakespeare.

Je lève les yeux au ciel et je soupire de façon presque imperceptible.

Et Ned de lui répondre sèchement :

« Pourrais-tu me parler en français s’il te plaît? Parce que je n’ai rien compris de ce que tu m’as dit. »

Et vlan!

J’ai quitté l’établissement quelques instants plus tard avec le sourire aux lèvres en me demandant tout de même : Combien de Ned ça va prendre pour rappeler aux Ti-Culs de ce monde que le français est non seulement la langue officielle du Québec mais également la langue de travail?

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Parce que je sens que je devrai le préciser : Oui je parle anglais. Je suis presque parfaitement bilingue (à l’exception de l’accent) et j’ai eu beaucoup de plaisir à pratiquer ma langue seconde aux États-Unis cet été.  ;)

Jasons maïs

Par Noisette Sociale, 27 juillet 2010 18:32

EPIS DE MAISÇa a commencé par un tweet laissé au hasard par la charmante Lycheeland qui demandait candidement comment on faisait cuire du blé d’inde. (Étant donné que je ne savais pas non plus, la réponse c’est : Tu fais bouillir de l’eau et tu les mets dedans entre 4 et 8 minutes selon la consistance désirée. Merci Hortensia68!)

Le blé d’inde entre pour moi dans la catégorie du comfort food.

Quand mon père arrivait avec ça à la maison, il apportait la bonne humeur en même temps. On se bourrait joyeusement la face là-dedans et inévitablement, ma mère finissait par nous arroser les uns après les autres suite à une mordée un peu trop enthousiaste. Il y avait l’éclaboussure, les regards en coin, complices… et l’éclat de rire généralisé.

C’est à ça que je pensais tout à l’heure alors que je savourais mon blé d’inde en solo avec des morceaux de maïs jusqu’aux oreilles. Je pensais à ça… et je me suis fait le constat que ce n’était définitivement pas un mets à savourer en couple si on voulait faire une bonne impression. ;)

Malgré mes broches, j’ai mangé à même l’épi et je me suis payée un éclat de rire franchement mérité dans la salle de bain en allant sourire à pleines dents devant le miroir AVANT de faire le ménage dans ma coûteuse dentition. C’était vraiment de toute beauté! (Avant que vous ne le demandiez, mon orgueil et moi avons refusé de prendre une photo même si nous avons été tentés pendant un très court instant.)

Pour conclure, le blé d’inde, c’est du bonheur estival pour vraiment pas cher. Profitez-en pendant que ça passe!

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Note à moi-même : Avec l’achat d’épis de maïs est arrivé le constat qu’après cinq ans en appartement, je n’avais toujours pas de salière/poivrière. Le sel et le beurre étant des ingrédients essentiels pour savourer le blé d’inde, j’ai finalement effectué ces achats. Mieux vaut tard que jamais! ;)

Le pire dîner de mon existence

Par Noisette Sociale, 22 juillet 2010 12:16

C’est certainement celui d’aujourd’hui.

Un petit plat congelé d’une marque maison avec une couverture d’agent secret de macaroni au fromage. (Ne me jugez pas sur ma paresse culinaire du jour, svp!)

Il traînait depuis un bout de temps dans le congélateur. Il avait déjà été emmené au boulot, avait dégelé… A été ramené à la maison et recongelé suite à une escapade de dîner-surprise. A traîné encore un peu. A recongelé et décongelé. A finalement été entamé ce midi.

Ça goûte le carton au carton. C’est absolument horrible.

Heureusement, Gentille Patronne avait de mignons petits bonbons à l’effigie de Mario Bros pour faire passer tout ça.

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Ce billet est aussi un prétexte pour récolter des histoires de trucs dégueulasses que vous avez mangé. Question de me consoler un peu. ;)

Deux mots sur deux comédies musicales

Par Noisette Sociale, 9 juillet 2010 10:52

Déclaration d’intérêt : Je hais les comédies musicales.

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Hier soir, je regardais la télé et on m’a resservi la pub qui est supposée vendre la comédie musicale de la Mélodie du bonheur. Pour être honnête avec vous, il n’y a absolument rien qui pourrait me convaincre d’aller voir ça mais il y a certainement des arguments qui peuvent me conforter dans ma décision. Comme par exemple, de choisir Claude Dubois, alias un des hommes les plus détestés du Québec (selon mon palmarès personnel) pour nous convaincre d’aller voir ce spectacle.

À chaque fois que je vois la pub, je me demande si là aussi, il est passé devant tout le monde ?

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Cats_for_Flyer_MusicalUn peu plus tard, j’ai vu une pub qui annonçait que la comédie musicale « Cats » revenait pour une énième fois à Montréal cet été.

Anecdote : Le père de mon premier vrai chum (on remonte à mes 15 ans) était complètement fou de cette comédie musicale et selon lui, il était absolument impératif que tous et chacun la voit au moins une fois dans sa vie.  Il était ferme là-dessus : Il était inadmissible que l’on puisse mourir sans avoir vu ça.

C’est ainsi qu’il y a 8 ou 9 ans, le spectacle était en ville et son père avait décidé d’acheter une dizaine de billets pour sa blonde, ses enfants et la blonde de tous et chacun.

Quand j’ai su qu’il m’avait acheté un billet, j’ai cherché par tous les moyens de lui dire poliment à quel point ce n’était pas nécessaire mais devant le froncement de sourcils exagéré de mon chum de l’époque, j’avais fini par faussement admettre que je mourais d’envie d’aller voir ça avec eux.

Je n’ai pas besoin de vous raconter mon appréciation du spectacle en long et en large. De vous dire que je me suis endormie en plein milieu pourra certainement vous donner une idée.

Je peux cependant vous dire que ma somnolence aura été remarquée par le paternel et que cela causa un haut incident diplomatique que mon charisme légendaire n’aura jamais tout à fait réussi à amoindrir. Il faut dire que je le comprends un peu aujourd’hui car je sais maintenant combien coûtent de bons billets à la Place des Arts.

De voir la pub hier m’a fait sourire au souvenir de cette histoire et comme son père avait l’habitude d’y aller à chaque fois, je me suis demandé s’il était toujours aussi passionné et s’il avait déjà sa paire pour la représentation de cette année…

Ventilateurs et fausse représentation

Par Noisette Sociale, 29 juin 2010 11:47

Je revenais hier d’un autre agréable souper avec ma nouvelle inséparable alors que l’air ambiant était encore gorgé d’humidité. Nous avions passé la soirée dans un restaurant que j’adore sur la rue St-Denis mais qui n’était malheureusement pas doté d’air climatisé. J’avais besoin de fraîcheur et vite!

En arrivant chez moi, j’ai tout de suite constaté que mon air climatisé portatif ne trônait pas dans le salon comme je m’y attendais. Il n’y avait que notre vulgaire petit ventilateur au milieu de la pièce et mon fiancé m’assura sur le champ que ça faisait tout à fait l’affaire.

Quand il est question d’un ventilateur et du lien qu’a cette invention avec le Détracteur, je suis toujours extrêmement sceptique.

Voyez-vous, c’est qu’il y a près de cinq années, j’ai été victime d’une véritable fumisterie.

[Ici, c'est le moment où vous plaquez vos mains sur vos joues et faites un "Oooohhhhhhh" consterné.]

Nous en étions à nos premières semaines de fréquentation. J’habitais un minable 1 1/2 sur Papineau alors qu’il partageait un très ordinaire 4 1/2 à Longueuil.

Je me rappelle de cet été-là. Il faisait beau, chaud et humide.

Malgré le fait que j’habitais dans une toute petite pièce, c’est là qu’on passait le plus clair de notre temps parce que j’avais acheté un petit air climatisé qui reposait dans un trou prévu à cet effet. Tout juste à côté du foyer (qui n’a jamais été allumé, d’ailleurs) qui m’avait convaincue de payer mon loyer trop cher et pas loin sous le fameux puits de lumière qui avait été bouché à l’aide d’une boîte de carton dépliée.

La classe, je sais.

Je ne voulais jamais aller chez lui parce que j’étais (et suis encore) une princesse capricieuse mais surtout parce que c’était situé à Longueuil, qu’il partageait l’appartement avec une fille qui ne me portait visiblement pas dans son coeur et parce que c’est ça qui est ça comme on dit en bon québécois.

ventilateurLors d’une journée particulièrement chaude et humide, alors qu’il était probablement un peu nostalgique d’être dans ses affaires, il insista pour qu’on passe la nuit chez lui, à Longueuil, pour faire changement. Puis après tout, il en avait assez de mon cocron.

Cette journée-là, c’est surtout l’absence d’air climatisé chez lui qui m’inquiétait et pour palier à ça, avec une assurance à toute épreuve digne d’un vendeur de char, il m’affirma la chose suivante :

« Ah mais tu te rappelles, j’habite dans un demi sous-sol alors c’est assez frais et en plus, j’ai un esti de gros ventilateur au plafond et je te jure, il est efficace. Tellement efficace que je dirais même qu’il fait pas mal la même job qu’un air climatisé. »

J’étais aveuglément amoureuse et je l’ai cru.

Vous ne vous étonnerez pas si je vous dis qu’en fin de compte, évidemment, nous avons passé toute la nuit à nous tourner, nous retourner et nous re-retourner dans notre jus sans réussir à dormir plus de quelques minutes à la fois.

Un ventilateur aussi hot qu’un air climatisé… On aura tout entendu!

Mais pour sa défense, en ce qui concerne hier, il avait raison. ;)

Le travail est un sujet tabou

Par Noisette Sociale, 28 juin 2010 11:05

On va se dire les vraies affaires : Vos anecdotes de travail, à moins d’être vraiment absurdes et/ou complètement éclatées, ne m’intéressent pas. Particulièrement si vous travaillez dans un bureau.

Je tiens probablement ça de mon père. Lui, dès qu’on commence à parler du travail, il soupire et il lance : « Osti, on pourrait pas parler d’autre chose? » Lui, ce qui l’intéresse, c’est si on aime ce qu’on fait. Si ce n’est pas le cas, on a juste à changer et voilà un autre problème de réglé.

Je me rappelle, il y a quelques années de ça, quand ma mère a décidé de retourner sur le marché du travail après une pause de près de 20 ans. C’est tombé à peu près en même temps que mon père qui débutait un long congé de maladie qui s’est transformé en invalidité. Elle redécouvrait les joies d’avoir une vie sociale et professionnelle et chacun de nos soupers familiaux était le théâtre de chaque péripétie de la journée de travail passée. Son enthousiasme était plus que compréhensible compte tenu des circonstances mais je pense, sans vouloir être méchante, que c’est cette année-là que le travail a été brûlé pour de bon dans la liste des sujets de conversation qu’on peut avoir avec moi.

Pour ma part, j’essaie d’en parler le moins possible parce que je suppose que ce que je fais entre 9h et 17h et avec qui j’ai ri près de la machine à café vous emmerde tout autant.

Malgré tout, ma tendre moitié persiste à m’entretenir de ce sujet honni.

Je connais tous ses collègues de travail par leur p’tit nom sans même les avoir rencontrés. Je connais les marches à suivre pour à peu près n’importe quelle demande.

Je sais que si je lui demande s’il peut prendre deux journées de congé à quelque part au mois d’août, je n’aurai pas droit à un simple : « Je vais voir si c’est possible. »

J’aurai plutôt droit au long exposé et à l’autre démonstration que malgré le fait qu’il travaille dans le privé, tout est 100 fois plus compliqué qu’au gouvernement.

« Il faudra que je demande à A qui en parlera à B qui en glissera un mot à C. Ensuite, C, D et E vont se rencontrer dans un bureau pour en discuter avant d’envoyer ça par écrit au comité d’approbation et au bout de tout ça, A devrait me revenir avec la réponse. »

Putain de merde.

Pour chaque demande, c’est toujours aussi compliqué sinon plus et ensuite il se demande pourquoi je lève les yeux au ciel dès qu’il débute son baratin.

Je sais que pour la plupart des gens, c’est normal de discuter de sa journée de travail à l’heure du souper. Après tout, on passe généralement près de 40h par semaine au boulot. Probablement bien plus que le temps qu’on passe à la maison si on oublie le temps qu’on y dort.

On devrait faire une révolution et transformer toutes nos heures de travail en visites au musée, dans des expositions, dans des spectacles culturels divers, dans des sorties éducatives, n’importe quoi. Puis je prescrirais la lecture du journal à ceux qui seraient déjà en panne d’inspiration.

Là, on aurait des choses intéressantes à se raconter!

Mort au travail!

:-P

Thème Panorama par Themocracy