Vie de meuf
On connaissait déjà Vie de Merde.
Aujourd’hui, je vous présente Vie de Meuf qui est une initiative du réseau Osez le féminisme. J’ai découvert ça il y a une semaine ou deux et je suis estomaquée depuis, à raison de plusieurs fois par jour, par les anecdotes que je peux y lire.
Voici un échantillon pour vous donner une petite idée :
Petite mais très sportive, j’ ai 17 ans quand je décide de postuler au job d’été de rêve : balader des touristes dans des barques. J’arrive à l’Office du tourisme avec ma lettre de motivation. On me rit au nez » Mais attendez, nous on veut de solides gaillards » Mon frère, véritable loque de canapé toujours scotché devant son PC a quant à lui décroché le même poste cette année, sans même avoir besoin de se déplacer.#viedemeuf
Aujourd’hui, dernier jour de stage en traduction. Je fais donc le bilan avec mon boss. Nous discutons de mon projet professionnel. Et là il me dit : « C’est mieux d’être traducteur free lance avant d’être chef de projet pour se lancer. Et puis bon, pour vous, en tant que femme, je veux dire, c’est plus simple, on travaille chez soi, on s’occupe de ses enfants, En attendant que votre mari rentre à la maison le soir, vous pouvez s’occuper en faisant des traductions ! »
Je ne vais pas trop regretter ma boîte… #viedemeuf
J’apprends durant mon stage que je dois participer à une réunion importante et je passe 2 jours à étudier le dossier à fond. Confiante, je m’y rends accompagnée d’un autre stagiaire à qui j’ai proposé de venir pour écouter. Sauf que pendant une heure, ce n’est pas à moi mais à lui que tout le monde s’adresse, malgré son embarras et son insistance pour dire qu’il n’y connaissait rien! #viedemeuf
Je suis médecin, je remplace un confrère en cabinet médical.
Appel d’un patient : « Quoi ? Le Docteur F. est parti en vacances !
Sans attendre le résultat de mes examens ! Et en plus, sa remplaçante est une femme ! »
Je jette un Å“il à son dossier : il est élu municipal sur la liste socialiste… #viedemeuf
Ayant fini première commerciale le mois dernier, loin devant mes collègues en majorité masculins, je reçois un appel d’un d’entre eux : » Mais comment t’as fait ? J’veux dire, t’es qu’une fille! #viedemeuf
Le jour de ma soutenance de mémoire de master, je portais une chemise et un pantalon. La première phrase d’un des professeur qui composait mon jury a été « Vous auriez quand même pu vous habiller plus sexy! » #viedemeuf
Je pourrais continuer longtemps comme ça. Il m’a été difficile de faire une sélection car toutes les anecdotes sont plus scandaleuses les unes que les autres.
Mon premier commentaire sur le site était un peu naïf. Je ne me rappelle plus sur quel billet je l’ai fait et puis il y a dû en avoir au moins 200 autres depuis mais en gros, je m’étonnais de la grosse disparité qu’il semblait y avoir entre la France et le Québec. Parce que c’est bien connu que le machisme est encore mieux toléré là -bas qu’ici.
N’empêche, je serais curieuse de faire l’expérience ici. Si on ouvrait un site de ce genre, je me demande si on récolterait autant de témoignages par jour. Parce que bien que je crois personnellement (sans preuve empirique, remarquez) que le problème est moins présent ici, force est d’admettre que la misogynie est loin d’être enrayée sur notre territoire. D’ailleurs, il ne faut pas chercher bien loin la raison première qui me motive à poursuivre des études au sein du certificat en études féministes : J’ai moi-même été élevée en partie par un misogyne alpha qui mériterait un doctorat honorifique dans ce domaine.
Pensez-vous que le phénomène est aussi présent ici?
Peut-être est-il plus sectorisé?
Suis-je naïve?
[Cette réflexion sera appelée à être poursuivie plus tard.]

De nos jour, malheureusement, j’ai souvent l’impression que tout est calculé en terme de rentabilité. On dirait que les gens ont peur de perdre du temps ou de l’argent sur un livre qui n’en « vaudrait pas la peine ». Pour eux, c’est donc plus simple de se fier au verdict populaire. L’investissement apparaît alors moins « risqué ».





