Catégorie : Citations

Karim le chauffeur de taxi montréalais

Par Noisette Sociale, 27 janvier 2010 12:15

taxi-image1Ça fait environ deux ans que je fais appel occasionnellement aux services des chauffeurs de taxi à Montréal… Et ça fait environ deux ans également que je n’ai aucune chance avec les chauffeurs de taxi en question.

Je suis athée de mon état et bien que j’y fasse allusion parfois, ici ou ailleurs, c’est rarement un sujet que je vais choisir pour débuter une conversation. Allez savoir pourquoi, pour les chauffeurs sur lesquels je suis tombée par le passé, c’est comme si c’était écrit dans mon front parce que tous, sans exception, ont essayé de m’évangéliser sur le champ.

Ils étaient soit Témoins de Jéhovah ou membres de l’Église évangélique, la croix bien pendue au miroir et me sermonnaient sur ma non-croyance. Il y en a même un qui a déjà poussé l’audace jusqu’à me dire que j’allais clairement finir en enfer et je me demande encore aujourd’hui si je n’aurais pas dû porter plainte à la compagnie plutôt que de me contenter de rire aux éclats.

Je ne m’éterniserai pas sur le sujet de la foi chez les autres et de l’absence de celle-ci chez moi parce que ça pourrait rapidement devenir délicat et ce n’était pas mon intention aujourd’hui. J’ai plutôt envie de vous raconter une rencontre rafraîchissante avec Karim, le chauffeur de taxi exceptionnel.

Je quittais de gentilles personnes hier soir pour me diriger à la maison. En entrant dans le taxi, le chauffeur me demande si je reviens de chez des amis ou si je vais chez des amis. Je lui dis que je m’en vais chez moi et que ma journée avait déjà été assez remplie à mon goût. On fait connaissance un peu et comme à chaque fois que j’en ai l’occasion, je demande s’il connaît le sympathique Pierre-Léon que j’avais justement rencontré brièvement dans la soirée. Oui, il avait entendu parler et de fil en aiguille, on commence à parler de livres et de blogues.

Je lui révèle que je tiens moi-même un blogue. Il me demande de quoi je parle sur celui-ci. Je ne sais jamais quoi répondre à cette question-là mais je lui dis que grosso-modo, je touche un peu à tout : réflexions personnelles, politique, enjeux sociaux, etc.

« Ah! Tu dois parler des accommodements raisonnables, alors!

- Hum, non, pas vraiment. Mais… »

Le débat était lancé.

Les immigrants s’intègrent-ils bien à notre culture? Et pourquoi la langue française se porte si mal à Montréal?

Le temps à passé trop vite. Nous étions en train d’élaborer l’ébauche d’une réponse.

(Évidemment, je ne vous laisserai pas comme ça. À propos du français à Montréal, j’ai soutenu que le principal problème était les Montréalais francophones eux-mêmes car souvent trop contents de « pratiquer » leur anglais lorsque mis devant un anglophone. J’ai dit penser également que l’être humain étant un être généralement paresseux, il ne verra pas la nécessité d’apprendre une autre langue si on l’accommode sans cesse dans sa langue à lui. Que s’il existait des personnes de 80 ans à Westmount qui n’ont jamais été capables de prononcer un mot de français malgré le fait qu’ils ont toujours vécu à Montréal, c’est parce qu’on leur avait en quelque sorte permis de vivre en anglais.

Nous étions d’accord là-dessus et j’étais contente d’avoir trouvé un compatriote qui insistait pour se faire servir en français dans certains commerces montréalais, quitte à s’en aller si ça ne fonctionnait pas. Pour paraphraser Louis-José Houde, on essaie toujours de rappeler à certains où ils sont, c’est-à-dire dans un État francophone.)

Outre le débat qui était très intéressant, il y avait la présence d’une complicité instantanée, une espèce de chimie que j’ai connue trop peu souvent. J’ai su que c’était réciproque quand, avant de sortir de la voiture, il s’est tourné pour me serrer la main chaleureusement et pour me dire à quel point il était heureux d’avoir fait ma rencontre. Et moi donc!

On s’est promis de se retrouver pour débattre de ça ou de tout autre sujet d’actualité quand l’occasion se représenterait. On a échangé nos coordonnées et il m’a promis de venir faire un tour ici.  J’espère que j’ai bien rendu l’événement.

Tout ça pour dire qu’il y a des rencontres inattendues qui sont rafraîchissantes et qui font vraiment plaisir. En sortant de sa voiture, j’avais l’impression d’avoir fait le plein d’énergie pour une semaine.

Et la prochaine fois que j’aurai besoin d’un taxi, je saurai qui appeler en premier.

Merci Karim. :)

Citation absurde de la soirée

Par Noisette Sociale, 10 novembre 2009 20:09

Agacée d’entendre l’Amoureux sacrer sans arrêt, je lui lance :

« Coudonc, veux-tu bien me dire ce que t’as à sacrer de même? »

Il me répond, exaspéré :

« Ben là, c’est parce que j’essaie de l’assassiner depuis tantôt pis il se laisse pas faire! »

Le Détracteur, jouant à Assassin’s Creed sur Playstation3

Ça ne pouvait pas mieux refléter mes préoccupations du moment…

Par Noisette Sociale, 11 octobre 2009 14:39

Dans la Grèce des dieux, on était plus cruel avec ses amis qu’avec ses ennemis, et peut-être était-ce justice. Un ami trahit; un ennemi s’oppose. La trahison d’un ami bouleverse l’ordre des choses tandis que l’opposition d’un ennemi l’entretient.

Jean Barbe
« Les soupers de fête », Boréal, 1991, p.38

Passe-temps de rockstar

Par Noisette Sociale, 3 octobre 2009 16:30

AVERTISSEMENT : Ce billet pourrait choquer certains lecteurs. Il contient des exemples d’actes répréhensibles à ne pas reproduire à la maison.

Bon, aujourd’hui, c’est nuageux et j’avais envie de rire un peu.

J’ai lancé tout un tas de boutades absurdes au Détracteur depuis le début de la journée et je pense qu’il est tanné de m’entendre dire mes niaiseries alors voici mes suggestions d’activités à faire pour se changer les idées en ces temps sombres.

Extraits choisis du légendaire livre Heroin Diaries de Nikki Sixx, un classique dans ma bibliothèque.

nikki« One of the early things Nikki used to do was set himself on fire during interviews. I remember he dit it in Mötley’s first ever TV appearance. I was always terrified the flames would ignite his hair spray and he’d totally go up, but Nikki never seemed bothered by that : he thought he was invincible. »

Traduction libre : « Une des premières choses que Nikki avait l’habitude de faire était de mettre le feu à lui-même pendant les entrevues. Je me rappelle, il l’a fait pendant la toute première apparition télé de Mötley. J’avais toujours peur que les flammes incrustent son fixatif et s’enflamment complètement mais ça n’avait jamais l’air d’inquiéter Nikki : il se croyait invincible. »

Bryn Bridenthal, p.138

« The was never a July Fourth that I didn’t think of Nikki after one particular year – I think it was 1984. I went over to his house and he was stoned, and he fired a huge bottle rocket out of his garden. It set a forty-foot palm tree on fire and it fell onto a 1965 Mustang convertible that went up in flames. Nikki thought the whole thing was just absolutely hilarious. »

Traduction libre : « Il n’y avait jamais un 4 juillet sans que je pense à Nikki après une année en particulier, je pense que c’était 1984. J’étais allé chez lui et il était gelé, et il avait mis le feu à une énorme bouteille et l’avait lancé dans le jardin. Ça a mis un palmier de 40 pieds de haut en feu et il est tombé sur une Mustang convertible 1965 qui a pris feu. Nikki trouvait tout ça profondément hilarant. »

Bob Michaels p.208

Dans un hôtel…

« Now that was fun! I just went and broke into housekeeping and picked up 20 or so garbage pails. Then I collected loads of chairs. Everybody was asleep or doing stuff in their rooms. I balanced the chairs against the room doors all along my corridor, filled the buckets with all kinds of shit-piss, water, beer, basically anything I could find and put them on the chairs…

I sprayed hairspray on every one’s door, set it on fire, knocked the door and ran. I had my system down pat… hairspray, light, knock, hairspray, light, knock, etc., etc. So then when everybody opened their door, their door was on fire and then this bucket fell on them and soaked them!… ha ha ha… »

Traduction libre : « Ã‡a c’était amusant! Je me suis introduit dans l’entretien ménager et j’ai piqué 20 poubelles ou à peu près. Ensuite, j’ai ramassé un paquet de chaises. Tout le monde dormait ou faisait des trucs dans leur chambre. J’ai balancé les chaises contre les portes de chambre tout le long du corridor, rempli les poubelles avec toutes sortes de pisse, de merde, d’eau, de bière, d’à peu près n’importe quoi que je pouvais trouver et j’ai mis ça sur les chaises…

J’ai aspergé du fixatif sur les portes de tout le monde, ai mis le feu, ai cogné la porte et j’ai couru. J’avais mon petit manège… fixatif, allumage, cogne, fixatif, allumage, cogne, etc., etc. Donc quand les gens ouvraient leur porte, leur porte était en feu et ensuite, il y avait la poubelle qui leur tombait dessus et les inondait… ha ha ha… »

Nikki, p.258

« Doc told me we all had our dicks out on the bar and poured Jack on them and lit them on fire too. What the fuck, I have no pubes left. »

Traduction libre : « Doc m’a dit qu’on avait tous mis nos queues sur le bar et versé du Jack dessus et leur avons mis le feu également. Quossé ça, il ne me reste plus de poils pubiens. »

Nikki, p. 346

« Nikki and Tommy cut my bed in half with a knife so that when I got in it, it collapsed. »

Traduction libre : « Nikki et Tommy ont coupé mon lit en deux avec un couteau donc quand j’ai embarqué dedans, il s’est effondré. »

Doc McGhee p.346

Excusez-la.

Sixx_AM_-_The_Heroin_Diaries_coverNote aux intéressés : Heroin Diaries est en réalité le journal intime que Nikki Sixx tenait en 1986 et 1987. Il est ponctué de commentaires d’amis et connaissances qui côtoyaient Nikki à cette époque et qui faisaient partie des anecdotes racontées. C’est un livre extrêmement bien fait, esthétiquement très intéressant mais dont le contenu écrit est dérangeant par moment. On voit le combat que Nikki menait contre la drogue, contre la cocaïne, l’héroïne et la freebase en particulier. Une partie des profits du livres est versée à un organisme qui s’implique auprès des jeunes sans-abris dans le but de les sortir de la rue.

La misère de l’hypocrite

Par Noisette Sociale, 14 août 2009 12:29

Hier, un peu avant midi, dans l’ascenseur…

Poupoune 1 : (larmoyante) « Ahhhh, ça me tente tellement pas, là.

Poupoune 2 : – Han? De quoi?

Poupoune 1 : – C’est parce que là, une fille m’a demandé pour dîner avec aujourd’hui pis t’sais, tu sais comment que c’est… Si je lui avais dit non, ben elle se serait réessayée pour demain, ou pour lundi, ou pour à quelque part la semaine prochaine. Mais elle me tape tellement sur les nerfs, là!

Poupoune 2 :  – Ah ouin, ha ha.

Poupoune 1 : – Tk. (soupirs) Au moins ça va être fait. Après, je devrais avoir la paix pour au moins un mois. (sourire contrit)

Poupoune 2 : – Ha ha, ouin. »

ratPas facile d’être hypocrite, hein?

Moi, ça me fascine à quel point ces personnes-là trouvent toujours le moyen en plus de se justifier (en manquant généralement de crédibilité) pour leurs actions.

Je ne sais pas pourquoi mais moi, ça ne m’arrive jamais, des affaires comme ça.

Oh bien sûr, il arrive qu’il y ait des dîners de groupe qui sont organisés et souvent, ça ne me tente pas d’y aller parce que j’angoisse quand je suis en groupe ou parce que je ne suis pas trop en moyens… mais je finis toujours par y aller parce que j’apprécie ces personnes. Si je ne les aimais pas, je n’irais tout simplement pas.

Je ne dîne jamais (ou soupe ou déjeune) en tête-à-tête avec quelqu’un qui me tape sur les nerfs ou que je n’apprécie pas vraiment.

Par contre, à chaque fois que j’entends des bouts de conversation dans le genre de ce que j’ai mis un peu plus haut, je deviens insécure.

Systématiquement, je commence à repasser dans ma tête la liste des gens qui composent mon cercle social et à chaque nom, je m’arrête pour me demander si je ne serais pas une tache de marde pour la personne. Je finis toujours par conclure que je pense que je me tiens essentiellement avec des gens authentiques mais… comment en être certaine à 100% ?

Il me semble que ce n’est pas difficile d’être authentique. C’est bien moins de trouble en plus. Comment peut-on se mêler dans ses mensonges quand on n’en commet pas?

J’ai fait exprès aussi de mentionner que c’était des poupounes. Pas que toutes les poupounes soient comme ça mais souvent, les pires hypocrites sont des poupounes. (Jugement de valeur, ici et j’assume.) Ce n’est pas pour rien que je méfie des poupounes, j’ai toujours peur de me faire avoir.

Enfin, des exemples comme celui ci-haut, j’en suis témoin trop souvent et à chaque fois, je suis de plus en plus dégoûtée. Ça m’affecte à un niveau que vous ne pouvez même pas vous imaginer.

Pauvre fille inconnue qui ne se doutait de rien.

J’espère que je ne suis pas une de ces filles-là… qui ne se doutent de rien…

J’ai honte à ma féminité

Par Noisette Sociale, 27 juillet 2009 08:26

Avez-vous vu la dernière pub pour l’insipide émission Le Banquier, à TVA?

Je l’ai vue à plusieurs reprises hier soir alors qu’exceptionnellement, je regardais la télévision généraliste de ce cher Pierre-Karl, dans le cadre du téléthon Juste pour Aider. (C’était quand même pour une bonne cause.)

La pub va comme suit.

*Jingle d’une des pires émissions à être présentée sur nos ondes télévisuelles*

« Avez-vous toujours rêvé…

… d’être une beauté?

… de tenir une valise?

… de répondre  « Bonjour Julie »

… »

Suivi d’une formulation quelconque pour dire que le temps était venu de soumettre sa candidature si on voulait devenir une potiche du Banquier.

In-cro-ya-ble.

Si on prend la première proposition dans son sens général, ça va encore. Je n’ai rien contre les filles qui se soucient de leur apparence.

Par contre, je ne savais pas qu’on pouvait rêver de tenir une valise et de saluer en choeur Julie Snyder. Ça non.

J’ai le goût de pleurer juste à penser qu’il y a des filles qui ont vu ça et qui se sont dit : « Ah ouais, tellement! »

Je ne sais pas quoi dire de plus, c’est tellement gros… et c’est tellement dégradant, moi ça me laisse sans voix.

Et je pleure déjà à l’idée qu’en ayant écrit ce billet, il y a en aura au moins une ou deux pour se dire : « Ah, je ne savais pas que c’était le temps de s’inscrire pour devenir une beauté. Je vais y aller de ce pas. »

*Grmbl grmbl*

Relation privilégiée

Par Noisette Sociale, 19 mai 2009 10:20

Au secondaire, il y a un enseignant qui m’a marquée.

Mes proches le savent. J’ai souvent dit que mon prof d’Histoire de secondaire 2, je lui devais pratiquement tout. Il mériterait un billet à lui seul, d’ailleurs. Ou plutôt un roman.

J’ai développé une complicité comme il s’en voit rarement avec lui. Depuis que je suis sortie du secondaire, j’essaie de lui donner des nouvelles au moins une fois par année. Je le ferais plus souvent mais je ne sais pas… on dirait que même pour moi, cette relation est trop étrange pour être vraie.

Quoiqu’il en soit, il y a environ 3 semaines, j’ai reçu un courriel d’une ancienne camarade de classe qui m’informait qu’il y aurait une soirée spéciale à l’école secondaire dans le cadre du 50e anniversaire. Les élèves de toutes les graduations étaient donc conviées (car il s’agit d’une école de filles) à d’immenses retrouvailles.

Je pense que j’ai mentionné assez souvent ici que j’étais « rejet » alors ce genre d’événement m’émeut très peu. Malgré tout, j’ai fait suivre l’information à une copine et mon courriel est resté sans réponse. Bon.

J’avais donc un bon prétexte pour appeler mon prof de secondaire 2, question de savoir s’il allait être présent. Je suis tombée sur sa boîte vocale et je lui ai laissé un message qui ressemblait à ceci :

« Salut Prof. C’est Noisette. J’espère que tu vas bien. Je t’appelle parce que j’ai reçu un courriel de Camarade X concernant une soirée spéciale à l’école au mois de juin. Je me demandais si tu allais être présent. En fait, ta présence constituerait à peu près la seule et unique motivation pour que je me pointe à un tel événement. J’attends de tes nouvelles. Bonne fin de journée. »

Quelques jours plus tard, je prends à mon tour mes messages sur ma boîte vocale et j’avais un message de Prof.

« Salut Noisette. C’est Prof. Écoute, je n’avais pas prévu aller à la soirée en question… En fait, pour moi aussi, ta présence à cette soirée serait pas mal la seule et unique motivation d’y aller en ce qui me concerne. Rappelle-moi quand tu peux! »

Quand on a enfin réussi à se parler de vive voix, on a débattu quelque peu à savoir si on allait à cette soirée ou non… pour en arriver à la conclusion que ça ne lui tentait pas et moi non plus. Il m’a plutôt proposé qu’on aille souper ensemble cette semaine. Quelle joyeuse bonne idée!

Je me sens vraiment privilégiée d’avoir une telle relation avec Prof. Il faudra bien que je vous raconte bientôt le pourquoi du comment. Après tout, c’est vraiment une belle histoire.

En attendant, disons simplement que j’ai très hâte à mon souper.

Et vous, avez-vous gardé contact avec des profs qui vont ont marqué positivement?

Pensée du jour

Par Noisette Sociale, 29 janvier 2009 12:41

Rien n’est plus méprisable que le respect fondé sur la peur.

Je ne sais pas de qui provient la citation à l’origine mais c’est une femme qui m’est très chère qui me l’a sortie l’autre jour alors que je lui racontais mes rapports assez inégaux avec mon ancien patron.

Ça m’a fait réfléchir… et j »y réfléchis encore…

Je trouve ça très puissant comme phrase.

À classer également dans ma catégorie mentale des « Ã©vidences pas toujours si évidentes que ça ».

Rejet homophobique

Par Noisette Sociale, 3 décembre 2008 13:46

Secondaire 3. Âge approximatif: 15 ans.

À l’époque, ma meilleure amie s’appelait… disons… Moronie.

J’étais mince et jolie. J’avais confiance en moi. J’avais un chum avec qui je faisais plus que lui tenir la main.

Moronie était jalouse de moi car même si elle était jolie elle aussi, elle était grosse et n’avait aucune confiance en elle. Elle voulait avoir tout ce que j’avais. Elle me bousculait sans cesse pour avoir les détails croustillants de ce que je faisais avec mon chum, question de pouvoir vivre ma relation par procuration.

C’était malsain.

Mais à un moment donné, mon impatience aidant, elle a commencé à lâcher le morceau et à porter son attention sur un autre garçon. J’étais soulagée et je l’encourageais fortement dans cette voie.

Moronie n’avait aucune expérience avec les garçons. Elle n’en avait jamais embrassé un. Ce constat l’angoissait de plus en plus à chaque jour qui passait.

Jusqu’au jour où elle me demanda candidement si je pouvais lui donner des « cours » sur comment embrasser un garçon.

Un classique. Pareil comme dans les films d’ados.

kiss1Elle voulait qu’on frenche. Le marché était le suivant: Lorsqu’elle m’embrasserait, elle penserait au garçon qui faisait battre son coeur et moi, en l’embrassant, je penserais à mon chum. Si le baiser devenait plus passionné, ça serait évidemment parce qu’on aura pensé très très fort à notre garçon respectif.

Donc, on a frenché. À plusieurs reprises. C’était rendu à un point que lorsqu’elle m’invitait à dormir chez elle, je savais ce que ça impliquerait. On frencherait.

Après une séance particulièrement intense, je me rendis compte que j’étais troublée. Moi qui avait toujours cru être hétérosexuelle à 100%, j’ai commencé à douter.

De mémoire:

Moi: « Moronie… il faut que je te dise quelque chose…

Moronie: – Ben voyons, qu’est-ce que t’as? T’as ben l’air bizarre…

Moi: – Ben… Je sais pas comment te dire ça… Mais t’sais, quand on s’embrasse… Je pense que j’aime ça. Je veux dire… Je sais que je ne suis pas amoureuse de toi mais là, je me sens perdue… Je…

Moronie: – Heille. T’as pas arrêté de penser à ton chum pendant qu’on s’embrassait?

Moi: – Je ne sais pas trop…

Moronie: – (avec dureté) T’es en train de devenir lesbi.

Moi: – Ben non! Ben… (…) Je le sais pas!

(La notion de bisexualité m’était encore complètement inconnue à cette époque.)

Moronie: – T’es en train de devenir lesbi. C’est dégueulasse. (…) J’en reviens pas. (criant) BEN MOI, JE VEUX PAS DEVENIR LESBI.

Moi: – (criant aussi) BEN LÀ!! ÇA SE TRANSMET PAS DE MÊME!

Moronie: – (criant plus fort) TU M’ÉCOEURES!!!! »

Et Moronie de s’enfuir en courant. (Nous étions à l’extérieur, dans un terrain vague.)

Notre amitié s’est brisée à ce moment-là.

Dans les corridors de l’école secondaire, elle m’évitait comme la peste.

J’ai eu de la chance qu’elle ne transmette pas la « bonne nouvelle » à toutes les filles de l’école.

C’est sûrement pour ça que j’avais fini par oublier ça…

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Quelques années plus tard. Âge approximatif: 19 ans

Pour moi, l’épisode précédent n’était plus qu’un lointain souvenir.

Moi, ma meilleure amie actuelle et une autre copine avions décidé de sortir ce soir-là. Nous nous étions mises belles comme des coeurs.

On s’en allait danser dans un club de ginos parce qu’on avait des passes qui nous garantissaient de l’alcool gratuit à volonté. (C’est d’ailleurs pas mal la seule fois que j’ai fait ça. Et si je me rappelle bien, c’était le club à Jacques Villeneuve, ce qui est d’autant plus pitoyable.)

dancingOn avait beaucoup de plaisir. On dansait un peu n’importe comment, entre nous, pour rire. Nous n’étions carrément pas à notre place mais on voulait en profiter quand même.

Puis là, dans la foule, je reconnais Moronie. Ma meilleure amie la connaissait aussi, elle avait fait le primaire et le secondaire avec elle.

Ne pensant qu’à bien, on se dirige vers elle avec le sourire. On était sincèrement contentes de la croiser là, par hasard.

Elle nous reconnaît. On échange quelques mots. Et moi, dans ma grande naïveté, pour lui montrer que j’avais fait la paix avec l’épisode plus haut, je lui prends la main dans l’intention de la faire tournoyer.

Violent mouvement de recul de sa part.

Puis elle me lance, hargneuse: « Touche-moi pas. Dégage. Je suis pas lesbienne. »

Et elle nous a plantées là. J’étais sous le choc. Je n’en revenais pas. Je ne comprenais pas…

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Il y a quelques semaines. Âge réel: 22 ans.

Ma meilleure amie me dit qu’elle a eu des nouvelles de Moronie. Qu’elles ont parlé de faire un souper où on pourrait réunir notre ancienne gang. (On était 4 à se tenir ensemble au secondaire, avant le premier épisode.) Elle me raconte que Moronie était d’accord avec l’idée mais qu’elle avait spécifié que si ça se faisait, il ne fallait pas que je sois présente. Ben en fait, je pense qu’elle avait plus présenté ça comme: « D’accord. Mais si Noisette vient, moi, je ne viens pas. »

Je doute que c’est parce qu’elle avait honte de ses actes qu’elle a émis une telle condition. Cette fille m’apparaît carrément homophobe.

Mon amie, un peu ébranlée, m’a dit que finalement, ça lui avait donné le goût de laisser tomber.

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Ce matin. Âge réel: 22 ans.

Ma meilleure amie m’annonce en coup de vent, sur MSN, qu’elle a parlé à Moronie récemment et que celle-ci l’avait invitée à souper.

En gros, j’ai répondu: « Eh ben… »

Et elle de me dire qu’elle me raconterait tout ça ce soir (puisqu’on se voit effectivement ce soir).

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Je ne veux pas faire le procès de personne, là.

Mais je pense que j’ai le droit d’être fâchée.

Révoltée.

Ma meilleure amie est loin d’être une mauvaise personne. En fait, je ne vois que de la bonté chez elle. De la gentillesse. Il n’y a aucune once de malice chez cette fille-là. Et encore moins de méchanceté. Je dirais même qu’il y a une certaine candeur chez elle qui me fait toujours sourire.

N’empêche que j’ai hâte qu’elle m’explique.

J’ai vraiment hâte qu’elle m’explique.

Parce qu’avec tout ce flot de souvenirs qui sont remontés dans ma mémoire suite à cette annonce, disons que je suis en train de passer une très mauvaise journée…

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Nous sommes en 2008. Presqu’en 2009.

Je pensais que tout le monde savait maintenant qu’une orientation sexuelle, ça ne s’attrape pas. C’est pas comme la grippe.

Même ma grand-mère de 82 ans, qui va à l’église tous les dimanches, elle sait ça. Puis ma grand-mère, elle n’est pas homophobe.

Mais Moronie, elle, à 22 ans, elle ne sait pas ça.

Moronie faisait pourtant preuve d’ouverture quand il s’agissait d’homosexualité masculine. D’ailleurs, elle rêvait tellement d’avoir un ami gai. Parce qu’avoir un ami gai, c’est cool. C’est hip. C’est fashion.

Tsssssssssssss.

Athéisme, religion, tradition, rites, alouette… suite et fin

Par Noisette Sociale, 26 novembre 2008 13:48

Vendredi midi, j’ai rédigé un billet qui a suscité, ma foi, pas mal de commentaires!

J’ai eu une fin de semaine occupée, un lundi où j’étais malade… et quand j’ai ouvert le tout mardi matin, j’ai failli faire une syncope. Le nombre de commentaires, leur longueur, leur justesse et parfois aussi leur incohérence, ça m’a impressionnée.

Je me suis dit… « Eh merde, qu’est-ce que je vais faire avec ça? Je ne peux pas répondre à tout le monde! » Je vous remercie cependant grandement d’avoir participé à ce débat plus qu’intéressant à lire. Je vois que ça touche une corde sensible chez certains et parfois même d’une manière que je ne pensais pas provoquer. ;)

egliseIl y a des sujets comme ça qui nous tiennent plus à coeur. Moi, personnellement, tout ce qui touche à la religion, ça me révolte. Ça me met en colère. Je regarde ça difficilement de façon neutre et pragmatique. D’un côté, je respecte les croyances des autres même si je ne les comprends pas… En même temps, à chaque fois qu’un sou s’en va à l’Église, je vois ça comme un financement indirect de la pédophilie. Car nous savons que l’Église ne condamne pas vraiment la pédophilie. Quand un prêtre est reconnu coupable d’un tel acte, on dit que c’est une erreur de parcours. Puis j’aimerais qu’on s’entende sur le fait qu’ils ont été plusieurs dans cette institution à faire de ces « erreurs de parcours ». C’est pourquoi je m’engage à ce que ce billet-ci soit le dernier où je parlerai de ce sujet délicat. Ça me fait trop mal.

Par contre, avant que ça ne dérape trop, je fais quand même la distinction entre les croyances et l’institution. Je connais des gens qui croient en Dieu et qui sont aussi révoltés que moi en ce qui concerne les agissements de l’Église catholique dans l’Histoire. La nuance est importante.

Ceci étant dit…

Quelques questions m’ont été posées directement ou indirectement et je pense que ça serait pertinent que j’y réponde.

Ensuite, je vous promets qu’on reviendra à quelque chose de plus léger :)

1. « Y a-t-il vraiment des athées qui font baptiser et communier leurs enfants? » Alain B.

Oui. Le nombre de communions doit être bien moins élevé que celui des baptêmes mais oui. Souvent, ces athées ont également été baptisés à la naissance et le font pour perpétrer la tradition ou pour ne pas faire trop de brasse-camarade dans la famille. Je trouve ça extrêmement incohérent. Mais je les soupçonne de ne pas être aussi athées qu’ils ne l’affirment. ;)

2. « Qui est vraiment athée? » Alain B.

Moi. :-P

Cependant, j’ai remarqué que l’athéisme est souvent relié au radicalisme. Pourtant, je ne veux pas imposer mes vues à qui que ce soit. J’ai déjà dit que j’étais agnostique mais tout comme mon meilleur ami, je crois que les agnostiques sont en fait des athées paresseux… ou frileux!. Je ne crois pas en l’existence de Dieu mais je ne peux cependant pas prouver cette inexistence… Tout comme les croyants ne peuvent pas prouver l’existence de Dieu car tout repose sur la foi. Je ne vois pas ce qu’il y a de radical dans mes positions. (Et je sais que ce n’est pas ce que l’auteur de la question insinuait.)

3. « Sais-tu que s’ils [mes futurs enfants présupposés] ne sont pas baptisés, ils ne pourront pas se marier à l’Église? » Angie22

Effectivement, on ne peut pas se marier à l’Église sans avoir été baptisé. Cependant, on peut se faire baptiser à n’importe quel âge.

À mon avis, adhérer à une religion ou à une autre est une décision personnelle qui doit être réfléchie au préalable.

J’ai déjà écrit un long plaidoyer sur ma conviction profonde que le baptême d’un bébé va à l’encontre de la liberté de religion pourtant protégée dans notre Charte des droits et libertés.

Dans ton commentaire, et tu n’as pas été la seule à avoir soulevé ce point, tu dis que tu veux faire baptiser ton bébé pour lui donner le choix plus tard. Enlever le choix pour donner le choix. Je vois une incohérence de taille.

Mais pour répondre brièvement à ta question, si ton enfant désire vraiment se marier à l’Église plus tard, rien ne pourra l’en empêcher s’il c’est ce qu’il veut vraiment.

4. « Et que si ton enfant veut devenir, étant plus vieux, le parrain d’un enfant, il ne pourra pas car il ne sera pas baptisé? » Angie22

Voir ma réponse plus haut. ;)

5. « Les rites sont essentiellement sociaux. Les rejeter provoque généralement un isolement, ce qui n’est pas mauvais si c’est ce qu’on recherche. Un peu comme la fille qui refuse systématiquement d’aller au 5 à 7 du vendredi avec les autres filles du bureau parce qu’elle ne sent pas le besoin de faire partie du groupe – éventuellement, la fille n’est plus invitée et reste en marge. Si ses collègues sont fatiguantes et qu’elle préfère travailler seule, tant mieux pour elle. Mais si ses collègues sont gentilles et qu’elle préfère le travail d’équipe, à la longue, ça peut lui peser de ne pas avoir la même complicité que celles qui vont au 5 à 7 une fois de temps en temps. » ND

Je pense que tu amènes un très bon point, surtout avec la nuance que tu as apporté en abordant ce que tu appelles les rites sociaux. Dans le cas qui nous intéresse, on pourrait peut-être considérer, effectivement, le temps des fêtes comme un rite social. Je ressens également un certain isolement face à ma décision de rejeter l’essentiel de l’esprit des fêtes. On ne me verra pas au party de bureau cette année, tu l’auras bien compris.

En fait, j’aime beaucoup ton explication mais je trouve que l’exemple du 5 à 7 n’était pas le meilleur. Je ne vois absolument pas en quoi le fait de ne pas participer à ces fameux 5 à 7 pourrait avoir des répercussions importantes sur le travail d’équipe. D’ailleurs, toute la pression qu’il y a derrière ces activités, ça me révolte. Y’a des gens qui se font harceler à chaque semaine pour y aller. Pourrait-on avoir le droit, en-dehors des heures de travail, de disposer de notre temps libre comme bon nous semble? Je pense que je passe facilement plus de temps avec mes collègues de travail qu’avec mon fiancé. Et il faudrait que je passe encore plus de temps avec mes collègues?

Si nos collègues sont également nos amis, je n’y vois pas de problème mais en ce qui me concerne, je ne pense pas pouvoir développer une amitié profonde et sincère avec les gens dans mon équipe de travail, bien que je les respecte beaucoup. Trop de choses nous séparent.

Mais sinon, sur le fonds, je comprends assez bien ton point de vue. ;)

6. « Je déteste le baptême…

Lorsqu’un couple fait le choix de se marier à l’église par tradition ou pour faire plaisir à la famille, c’est leur problème et ils font ce qu’ils veulent de leur vie. Mais lorsqu’ils font baptiser leur bébé, le pauvre n’a pas le choix… » Jean-Luc

J’ai recopié ton commentaire tout simplement parce que je l’aime. Certains le trouveront peut-être cru mais ça reflète bien l’essentiel de ma pensée. On pourra arguer que personne n’est jamais mort d’un baptême, et avec raison… mais ma vive objection se trouve au niveau du principe.

7. « Pourquoi diable faut-il être cohérent? (…) Ça vous dérange vraiment, les gens qui ont un sapin de Noël et qui disent n’être pas religieux? » Déréglé temporel

Je n’oblige personne à être cohérent… mais personnellement, j’aime beaucoup la cohérence. Si la cohérence peut être une valeur, on pourra dire que c’est une valeur à laquelle je tiens beaucoup. J’ai de la difficulté à gérer les gens qui disent une chose et font le contraire. Ça me déstabilise. Ça me fait douter. Pour moi, et peut-être que je me trompe, c’est une question de crédibilité.

Pour le sapin de Noël, je n’en aurai pas chez moi personnellement mais ce n’est pas quelque chose qui me choque. Par contre, qu’on ne m’impose pas d’en décorer un ;)

pere-noel-ski8. « Petite question pour toi Noisette: J’ai toujours considéré les légendes de personnages religieux comme Jésus assez similaires à celle du Père Noël, alors si tu avais des enfants, qu’est-ce que tu ferais avec le Père Noël? Tu perpétues la légende? Tu laisses aller ou tu mettrais ça au clair tout de suite? Moi, je trouve ça dommage de construire une déception à venir… » S. Martel

La question est très hypothétique car je ne sais pas si je veux avoir des enfants.  Il faudra voir à ce moment-là dans quelle proportion les enfants fêteront encore Noël. Avec l’immigration et tout ça, ça risque de changer beaucoup. Peut-être qu’on retrouvera plus de Musulmans que de catholiques dans l’école où ils seront. Ou de gens d’autres religions. Alors le Père Noël, peut-être qu’on n’en parlera plus beaucoup dans la cour d’école.

C’est très dur à évaluer. Je ferai sûrement un compromis avec le Jour de l’an plutôt qu’avec Noël.

Je trouve quand même que tu as raison quand tu dis que c’est dommage de construire une déception à venir. Étrangement, je me souviens que j’ai cru beaucoup moins au Père Noël qu’à la fée des dents. Je ne sais pas pourquoi mais pour moi, la fée des dents, c’était très sérieux. J’ai même eu de violentes disputes de cour d’école par rapport à la fée des dents.

Mais s’ils font des activités à l’école en lien avec ça… Comme la fameuse lettre au Père Noël, si toute la classe participe… C’est délicat.

Par contre, je peux jurer que je mettrai énormément d’emphase dans mon éducation sur l’importance d’avoir un esprit critique ;)

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Chapeau à ceux qui se sont rendus jusqu’ici!

En espérant que tout est plus clair et que la question sera vidée une fois pour toutes.

C’est un sujet qui nous touche tous de différentes façons. Ça peut être très difficile à traiter. Disons que j’aurai fait de mon mieux? ;)

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