Catégorie : culture

Deux mots sur deux comédies musicales

Par Noisette Sociale, 9 juillet 2010 10:52

Déclaration d’intérêt : Je hais les comédies musicales.

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Hier soir, je regardais la télé et on m’a resservi la pub qui est supposée vendre la comédie musicale de la Mélodie du bonheur. Pour être honnête avec vous, il n’y a absolument rien qui pourrait me convaincre d’aller voir ça mais il y a certainement des arguments qui peuvent me conforter dans ma décision. Comme par exemple, de choisir Claude Dubois, alias un des hommes les plus détestés du Québec (selon mon palmarès personnel) pour nous convaincre d’aller voir ce spectacle.

À chaque fois que je vois la pub, je me demande si là aussi, il est passé devant tout le monde ?

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Cats_for_Flyer_MusicalUn peu plus tard, j’ai vu une pub qui annonçait que la comédie musicale « Cats » revenait pour une énième fois à Montréal cet été.

Anecdote : Le père de mon premier vrai chum (on remonte à mes 15 ans) était complètement fou de cette comédie musicale et selon lui, il était absolument impératif que tous et chacun la voit au moins une fois dans sa vie.  Il était ferme là-dessus : Il était inadmissible que l’on puisse mourir sans avoir vu ça.

C’est ainsi qu’il y a 8 ou 9 ans, le spectacle était en ville et son père avait décidé d’acheter une dizaine de billets pour sa blonde, ses enfants et la blonde de tous et chacun.

Quand j’ai su qu’il m’avait acheté un billet, j’ai cherché par tous les moyens de lui dire poliment à quel point ce n’était pas nécessaire mais devant le froncement de sourcils exagéré de mon chum de l’époque, j’avais fini par faussement admettre que je mourais d’envie d’aller voir ça avec eux.

Je n’ai pas besoin de vous raconter mon appréciation du spectacle en long et en large. De vous dire que je me suis endormie en plein milieu pourra certainement vous donner une idée.

Je peux cependant vous dire que ma somnolence aura été remarquée par le paternel et que cela causa un haut incident diplomatique que mon charisme légendaire n’aura jamais tout à fait réussi à amoindrir. Il faut dire que je le comprends un peu aujourd’hui car je sais maintenant combien coûtent de bons billets à la Place des Arts.

De voir la pub hier m’a fait sourire au souvenir de cette histoire et comme son père avait l’habitude d’y aller à chaque fois, je me suis demandé s’il était toujours aussi passionné et s’il avait déjà sa paire pour la représentation de cette année…

Merci, Alain Lefèvre

Par Noisette Sociale, 30 juin 2010 12:39

Ce matin, une copine a posté un lien sur Facebook qui menait au plus récent article de Richard Martineau intitulé « La deuxième mort d’André Mathieu« .

Extrait (en parlant d’Alain Lefèvre) :

« Mais il y a deux semaines, quand je l’ai rencontré chez des amis communs, Alain avait l’air abattu.

«Ils m’ont eu, m’a-t-il lancé, la voix éteinte. J’arrête de parler d’André Mathieu, je tourne la page, ils ont gagné…»

Quelques jours plus tard, il répétait la même chose à Michelle Coudé-Lord : «C’est fini, je ne suis plus capable…»

Après des années à porter l’oeuvre d’André Mathieu à bout de bras, des années à travailler d’arrache-pied pour tirer ce compositeur de l’oubli et lui redonner la place qu’il mérite, nous le redonner À NOUS, Lefèvre déclare forfait.

Il est écoeuré de se faire dire qu’il se fait du capital sur le dos de Mathieu, qu’il radote, qu’il nage en plein délire, qu’il tente de faire passer un pianiste mineur (pour ne pas dire minable) pour un génie incompris… »

Inutile de vous dire que j’ai eu le coeur serré en lisant ce passage en particulier et que la révolte s’est installée tranquillement dans tout mon être.

escalier-piano-66J’ai déjà mentionné (ici et ici) tout l’amour que j’éprouve envers le compositeur André Mathieu et j’aimerais redire ici que cet amour, je le dois tout d’abord à Alain Lefèvre qui s’est battu pendant très longtemps pour nous le faire connaître à sa juste valeur.

Sans le combat d’Alain Lefèvre, l’oeuvre d’André Mathieu ne se promènerait pas un peu partout à travers le monde actuellement, je n’aurais jamais pris connaissance de son existence et probablement que plusieurs d’entre vous non plus.

Vous savez ce qui joue en boucle dans mon iPod ces jours-ci? La bande sonore du film l’Enfant prodige qui porte justement sur la vie d’André Mathieu.

Je prends la peine de le répéter encore aujourd’hui parce que c’est important. Parce que je suis extrêmement reconnaissante. Parce que je pense que c’est plus que pertinent de nous rappeler que la musique classique, ça fait aussi partie de notre culture et de notre Histoire.

Je suis fâchée aujourd’hui parce que le traitement qu’on réserve actuellement à Alain Lefèvre, tel que rapporté par Richard Martineau, c’est non seulement ingrat mais c’est méprisable au plus haut point.

J’ose espérer qu’un jour, nous aurons du respect pour ceux qui se battent quotidiennement pour nous rendre moins ignorants.

Merci Alain Lefèvre. Je souhaite sincèrement que ce découragement sera passager et que la cause triomphera des mauvais esprits.

p.s. : Sur une note plus joyeuse, Alain, si vous tombez sur ce billet par la magie de Google, sachez que ce serait un grand honneur de pouvoir vous dire un « merci » des plus sincères en personne pour tout ce que vous avez fait. L’impact est plus grand que vous ne pourriez le croire.

p.s.2 : Ben quoi? Une fille s’essaie. ;)

Queen KA et son Délîrïüm

Par Noisette Sociale, 26 mai 2010 11:39

Quand la fée Valérie m’a lancé une invitation pour la première de Délîrïüm, j’ai tout de suite accepté. D’abord parce que je me sentais privilégiée, ensuite parce que ça m’intriguait et surtout parce que c’était aux Écuries.

J’avais demandé à l’Ami de m’accompagner et quand il m’a demandé c’était quel genre de truc, je lui ai répondu que je ne savais pas trop mais qu’il y aurait une fille à poil à la fin du spectacle. (On s’est rendu compte que je m’étais trompée de soirée.) [Et c'est à ce moment-ci que les gens qui me connaissent bien dans la vraie vie sont morts de rire.]

En réalité, on s’en allait voir du slam adapté pour le théâtre.

À notre arrivée, nous recevons un accueil chaleureux de la fée mentionnée plus haut et elle me lance :

« Le slam, tu connais ça? »

Et moi de répondre :

« Bah, de définition. »

Bref, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et j’étais contente parce que mes attentes ne pouvaient justement pas être déçues. Je pouvais à peu près juste être surprise et je suis entrée dans la salle avec l’esprit plus ouvert que jamais.

Nous avons choisi une table et il y avait des morceaux de sucre à la crème qui me faisaient de l’oeil. Ils n’auront pas survécu à mon regard.

[Intermède où je me flatte doucement la panse, les yeux au ciel, envoûtée par ce souvenir gastronomique.]

Puis ça commence.

Elle entre sur scène. Déjà, je la trouve sublime. (Oui, c’est très subjectif.)

Elle se lance dans une diatribe sur la maternité. C’était tellement bien fait que j’ai été conquise immédiatement.

Queen KA et son acolyte Blaise Borboën-Léonard forment un duo remarquable. Elle à l’avant-scène et lui derrière qui s’occupe de toute l’ambiance sonore et musicale. On sentait très bien la chimie et chaque changement d’ambiance et de ton coulaient parfaitement, malgré les transitions parfois radicales.

Délîrïüm, pour moi, c’est un pamphlet contre l’injustice sociale. Contre les yeux fermés en permanence. Contre les comportements irresponsables.

Chaque mot était judicieusement choisi et rendu avec ferveur. On mêlait poésie et manifeste.

Délîrïüm, ça bouge sans arrêt, ça jette par terre et ça bouscule.

Malgré le fait que je partageais de façon enthousiaste l’entièreté du discours social, je me suis sentie drôlement remuée à certains moments. Et ça faisait du bien!

L’interprétation était à mon avis sans faille mais j’avais peur que la formule ne s’étire trop. Puis finalement, la longueur était juste parfaite et la fin bien choisie.

Le seul bémol, c’est que l’artiste aurait gagné à être sur une scène plutôt qu’au  niveau du sol. Étant assise en arrière avec les gens devant moi, j’ai malheureusement perdu beaucoup de mouvements alors qu’elle performait couchée ou assise.

J’ai adoré mon expérience et je vous recommande chaudement d’aller voir cette artiste hors du commun avec un charisme fou qui vous incite à entrer dans son univers de fort agréable façon.

Queen Ka, un nom que je retiens.

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Délîrïüm sera présenté aux Écuries les 26, 30, 31 mai et 6, 7 juin 2010

Je veux plus de concerts à la SRC!

Par Noisette Sociale, 11 mai 2010 12:11

Hier soir, à 21h, Radio-Canada diffusait un spectacle de l‘OSM avec Alain Lefèvre où on interprétait le 4e concerto d’André Mathieu.

C’était sublime.

J’étais bien calée dans mon « la-z-boy » et à certains moments, j’avais les yeux grands ouverts et à d’autres, je fermais les yeux et je me berçais doucement au rythme de la musique. J’ai même surpris une larme rebelle vers la fin.

C’était beau. C’était magnifique. C’était parfait.

Je me sentais choyée de pouvoir assister à ce grand moment musical sans avoir à bouger de mon salon.

J’avais regardé le magnifique documentaire réalisé par Manon Brisebois la semaine précédente à la même heure qui portait un peu sur le film de Luc Dionne, un peu sur Alain Lefèvre qui s’est battu pendant si longtemps pour faire reconnaître ce grand compositeur québécois qu’est André Mathieu, et beaucoup sur André Mathieu lui-même.

Au cours de la fin de semaine, je m’étais précipitée chez un disquaire pour me procurer la bande sonore du film et un autre CD d’Alain Lefèvre qui interprétait d’autres oeuvres d’André Mathieu.

Je suis tombée en amour.

Tout ça grâce à Radio-Canada qui a décidé de consacrer deux heures de sa programmation, réparties en deux semaines différentes, à André Mathieu.

Hier soir, à la fin du concert, je criais dans mon salon : « Mais encore! J’en veux d’autres! Je veux d’autres concerts classiques! C’est fabuleux! Pourquoi on ne voit pas ça plus souvent? C’est comme ça qu’on rend accessible de telles oeuvres! »

Oui, je sais, il y avait trop de points d’exclamation dans mon propos. ;)

Le Détracteur m’a répondu que c’était à ça que ça servait, avant, les Beaux Dimanches. Qu’il regardait souvent ça en famille à l’époque et qu’il avait découvert plein de trucs grâce à ça.

Moi, je n’ai pas connu les Beaux Dimanches. C’est pas le genre de truc que mes parents aimaient regarder à la télé.

Et là, trop enthousiaste, je lui demandais : « Des trucs comme quoi? Des concerts classiques? De l’opéra? Du théâtre? »

Et il me répondait : « Oui, oui, tout ça et encore plus! »

Mais mais mais mais mais…

POURQUOI AVOIR COUPÉ ÇA? BORDEL!

On ne pense jamais à moi quand on revoit les stratégies de programmation. C’est pas pour être paranoïaque là mais… ;)

Moi ça ne me dérange pas. Si ce n’est pas le dimanche, ça pourra être le lundi. Je suis très accommodante.

J’exige d’autres moments télévisuels magiques comme celui que j’ai vécu hier soir.

En attendant, je vais aller voir combien ça me coûterait, un abonnement à l’OSM.

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Pour ceux qui voudraient entendre le sublime concerto qui a été diffusé hier soir, suivez le lien. :)

La critique

Par Noisette Sociale, 24 avril 2010 21:51

Vous savez, il arrive qu’on m’invite à des spectacles en tant que blogueuse et il me fait toujours plaisir de faire un compte-rendu en échange de l’invitation.

Hier, j’assistais à la première d’un spectacle que je ne nommerai pas et pour vous donner une idée, j’ai quitté à l’entracte tellement j’en avais assez. Je trouvais que la personne derrière le spectacle (et non celle qui s’occupait du lieu) avait très mal vendu son idée. Il y avait de la fausse représentation. Je m’attendais à une chose X et j’ai eu quelque chose Y que j’ai trouvé bien ordinaire. Je me sentais dans un spectacle de cégep… et encore.

Par contre, la personne qui portait son spectacle à bout de bras me semblait sympathique. Dans un autre contexte, on aurait probablement un tas de choses en commun.

En sortant de la salle, je me suis dit que je serais incapable de faire un billet pour descendre ce qu’elle avait fait, même en essayant de mal référencer le billet. Je n’en avais pas le courage, ni la volonté. Je me disais qu’il valait mieux ne pas en parler plutôt que de faire de la mauvaise publicité inutile.

Je sais que je n’ai pas autant de poids qu’une grande critique du milieu mais ça ne m’empêche pas de me questionner sur l’impact que peuvent avoir des critiques incendiaires, à long terme, pour un artiste.

J’ai commencé à me dire qu’un premier spectacle mauvais n’est pas nécessairement garant de la suite.

Puis je me suis demandé candidement quel devrait être le premier rôle d’un critique. Pas que je prétende en être une moi-même mais juste en général.

Dans un monde idéal et utopique – soit là où j’aime souvent me retrouver dans ma tête – un critique porterait un autre nom. Le critique aurait comme rôle premier de faire découvrir ce qui se fait de bon dans le domaine culturel. Sa mission consisterait à couvrir des événements de la culture émergente et de partager ses coups de coeur.

Dans mon monde idéal, toujours, le critique ne serait plus complaisant envers les artistes déjà établis. Si le dernier album d’un chanteur X était mauvais, il n’en parlerait tout simplement pas. Dans le cas contraire, il partagerait le plaisir qu’il a eu à l’écouter.

À mon avis, la critique négative sert d’abord et avant tout à une chose : À faire sourire et parfois jubiler le lecteur lorsqu’il est d’accord avec la critique, particulièrement si elle est incendiaire. Je ne le dis pas sur un ton moralisateur ; j’énonce uniquement ce qui me semble être une réalité humaine.

J’ai envie de faire un parallèle avec un blogue qui est revenu à la vie récemment, soit « Les blogs québécois« . Pour ceux qui ne connaîtraient pas, il s’agit d’un blogue où l’auteur – Christian – se propose pour analyser des blogues qui ont une bonne visibilité sur la blogosphère québécoise. Il leur donne une note et indique à la fin s’il juge que le blogue est recommandable ou non. Quand un blogue lui plaît, c’est assez intéressant et ça donne le goût de le découvrir. Par contre, lorsque ça lui déplaît, la critique est souvent acerbe et l’auteur a  tendance à sombrer gratuitement dans l’attaque personnelle.

Comme on peut s’y attendre, les commentaires sont plus nombreux sur les billets qui font des critiques plus acerbes. Ils sont faits le plus souvent aussi sous le couvert de l’anonymat et on pourrait supposer qu’il s’agit de blogueurs qui sont trop peureux pour s’afficher sous leur pseudonyme habituel. L’exercice pourrait être intéressant et noble sans ces aspects. Je prends Christian comme exemple car il a frappé assez fort récemment mais ce n’est pas le premier qui se lance dans la critique de blogues et ça ne sera probablement pas le dernier non plus. On ne changera pas la nature humaine.

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Je ne sais pas trop comment conclure ce billet. Je voulais simplement dire que personnellement, je préfère offrir du contenu constructif. Certains pourront dire que je n’ai pas donné ma place à une certaine époque – et ils auront raison – mais les mentalités évoluent en même temps que les personnes et j’avais simplement envie de dire que dans un monde idéal, on passerait plus de temps à faire découvrir ce qui se fait de bien plutôt que de s’amuser à détruire des oeuvres ou des personnes.

Je me permettrai tout de même de mettre la politique dans une classe à part. ;)

Le phénomène du junket

Par Noisette Sociale, 9 février 2010 12:23

Pourquoi les navets cinématographiques sont-ils encensés par la critique?

Pourquoi un album de reprises insipide reçoit-il de bons commentaires?

Pourquoi les blogueurs invités à une certaine soirée ont tous trouvé que la Molson M était une grande bière?

La réponse est bien simple :  C’est le phénomène du junket.

Mon cours de journalisme d’hier soir devait porter sur la rédaction de critique culturelle mais finalement, on a eu droit à un exposé fort intéressant, vindicatif et drôle où on nous a dit que les critiques culturels étaient tous une bande de vendus.

Je savais que le phénomène existait mais de pouvoir mettre un mot ou une expression dessus est toujours un réel plaisir pour moi et je me devais de partager ça avec vous.

Qu’est-ce que le junket?

Je n’ai pas trouvé de définition exacte donc je vais y aller avec ma propre interprétation. Un junket, c’est lorsqu’on invite un critique culturel à un événement et qu’on s’assure de bien le gâter. Pour une première de film à l’étranger, par exemple, on lui offrira le billet d’avion, l’hôtel, les repas et des soirées mondaines à profusion où il sera traité aux petits oignons. Le critique, pas plus fou qu’un autre, rédigera donc une chronique positive question de continuer à être invité dans ce type d’événement.

Un critique qui rédigerait une chronique négative suite à un junket sera mis sur une liste noire, ce qui rendra son métier beaucoup plus difficile et moins mondain.

Et moi, dans tout ça?

Il est clair que je crèverais de faim comme chroniqueuse culturelle. J’aurais de la difficulté à apposer ma signature au bas d’un article où j’aurais encensé quelque chose que j’ai trouvé foncièrement mauvais.

Je pense que le junket est à l’origine de la perte de crédibilité grandissante qui touche les critiques en général. C’est normal quand on sait que ceux qui donnent vraiment leur opinion sont ceux qui se font tasser.

Sur ce blogue, j’ai fait des tentatives de critiques sur des pièces de théâtre ou des spectacles de danse où j’ai été conviée. (Je dis tentative parce que je sais que ce n’est pas parfait.) On m’offre parfois des billets gratuitement en échange d’un texte ici. Je pense je sais que j’ai toujours été intègre. Quand je n’ai pas apprécié, je l’ai dit. Je trouve simplement que ce n’est pas nécessaire non plus d’utiliser des qualificatifs trop négatifs pour rien. Le « public » est capable de se faire une opinion par lui-même.

Ceci étant dit, ça me fera tout de même plaisir si vous voulez m’inviter dans un junket. J’aime bien les crudités, les sandwiches pas de croûte, les petites bouchées et l’alcool gratuit. Votre produit est mieux d’être intéressant, par exemple. ;)

De Mötley et de Super Bowl

Par Noisette Sociale, 8 février 2010 13:36

Tu sais que tu t’en vas voir un show rock quand tu arrives sur place et que, pendant que tu attends plus ou moins patiemment en file à l’extérieur pour entrer (je me demande d’ailleurs si les fouilles corporelles sont aussi poussées et méthodiques quand il s’agit d’un concert pop), tu vois plusieurs personnes qui sirotent une grosse canette de bière camouflée dans un sac de papier.

Tu sais que tu t’en vas voir un show de Mötley Crüe quand tu croises dans le centre Bell:

  • trop de filles de tous les âges et de toutes les proportions qui portent des leggings à motif léopard
  • des manteaux en jeans à profusion avec une grosse patch dans le dos
  • un gars qui porte la grosse barbe, un chapeau de police et une perruque fuchsia pas mal intense (J’ai même vu des gens lui demander d’être pris en photo avec, ce qui était pas mal épique)

Vendredi soir, c’était un moment que j’attendais depuis des mois, billets achetés en pré-vente oblige. Je n’ai pas été déçue.

Airbourne a ouvert la soirée en force avec 30 minutes de riffs intenses. J’ai toujours critiqué la formation à l’effet qu’elle faisait plus que s’inspirer d’AC/DC pour leurs morceaux mais il faut croire qu’ils ont du talent parce que j’ai quand même acheté leur album il y a un an de ça et je n’ai pas pu m’empêcher de me tortiller comme une folle pendant leur performance. Pour citer une vieille connaissance : « Le chanteur, c’t'un malade mentaaaaaaaaaaaaaaaaal. » Effectivement. C’était définitivement un cas de « spring dans l’cul ».

deadofwintertourJe ne saurais trop vous parler du Joe Perry Project qui a suivi parce que ça ne m’intéressait pas outre mesure et c’est le moment que j’avais prévu pour aller m’acheter un t-shirt officiel de tournée, boire une bière diluée à 10$ et aller visiter les salles de bains du centre Bell. J’ai quand même entendu à partir du couloir quelques chansons et ce n’était rien pour m’impressionner. Ils ont terminé leur show avec une toune quelconque d’Aerosmith.

Ayant fait le plein de bière et d’énergie, j’étais prête pour mon groupe fétiche. Ils ont entamé leur prestation avec « Live Wire », une de mes favorites. Bah, ils ont joué toutes mes favorites en réalité. Dr Feelgood, Saints of Los Angeles, Looks that kill, Wild side, Shout at the devil, Don’t go away mad, Primal Scream, etc.

Ils ont fait aussi « Motherfucker of the year », tirée du dernier album. Le dude à côté de moi ne la connaissait visiblement pas et pendant un moment, j’ai été fâchée de constater que je n’étais pas à côté d’un vrai fan. Ce commentaire à part, je n’ai pas trouvé que c’était un choix très judicieux car il y a des pièces plus fortes que celle-là sur le dernier album.

Girls, girls, girls, je ne comprendrai jamais l’engouement… mais j’y ai pris tout de même plaisir.

Il y a eu un rappel de deux chansons. La première était « Home Sweet Home ». Je n’ai pas trop compris non plus mais j’imagine que ça devait être concept étant donné qu’ils terminaient la tournée à Montréal. À part pour le concept, je trouvais ça moyen comme choix de toune de rappel.

Autres observations en vrac :

- Tommy Lee qui sort de son drum pour aller parler à la foule, c’est toujours un succès instantané. Les cris de fillettes étaient au rendez-vous (et je passe par-dessus mon orgueil pour vous avouer que j’en étais aussi) et pendant son cabotinage, il a passé une bouteille de Jagermeister pour les gens au parterre. Classique. J’ai noté l’absence de la traditionnelle « titty cam ». C’était bien correct comme ça aussi.

- Nikki Sixx n’a vraiment pas besoin de faire grand chose pour nous faire crier comme des fillettes. Il n’avait qu’à lever les bras dans les airs pour que le public féminin soit conquis. J’étais d’ailleurs très heureuse de l’avoir pendant presque toute la durée du spectacle sur mon côté de la scène.

- Ça n’aurait pas été un show de Mötley s’il n’y avait pas eu toutes ces explosions et ce feu pendant les chansons. C’était complètement malade mental. Même si je sursautais à chaque souffle d’explosion. ;)

- Je ne peux pas parler pour l’ensemble des fans mais personnellement, j’ai un rapport très mitigé avec le chanteur Vince Neil. Je le trouve bon sur les albums mais je trouve qu’autrement, le personnage est pathétique. Il a fait chanter la foule trop souvent à mon goût, n’a plus de voix, n’est pas capable de faire les aigües, a un look ridicule… mais en même temps, ça ne serait tellement pas pareil si on le remplaçait. Sa performance n’a pourtant pas entaché le reste parce que j’ai toujours eu l’impression que sa fonction principale était qu’on se foute de sa gueule. (C’est pas très gentil mais c’est ça quand même.)

- Mick Mars a toujours un rôle aussi ingrat. Il a beau faire des solos de guitare de la mort, ce n’est pas lui que les gens viennent voir en majorité.

- Mention spéciale à la prière de Nikki Sixx pour souhaiter que les membres ne s’entretuent pas d’ici à la prochaine tournée parce que ça serait dont plaisant qu’ils puissent faire une tournée l’an prochain pour fêter les 30 ans du groupe.

En conclusion, j’ai passé une excellente soirée et je plane encore sur l’adrénaline de vendredi soir. Juste à raconter ça à mes collègues de travail, je me sens en feu. Il faudra par contre que j’apprenne à ne pas répéter dix fois d’affilée, droguée par l’enthousiasme : « C’était ben trop écoeurant… Je te jure, c’était é-coeu-rant. »

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Il y avait aussi le Super Bowl hier soir et je ne me suis pas permis de manquer ça, même si je ne connaissais aucune des équipes en compétition. J’ai décidé de prendre pour les Saints, me disant que le Médiateur Farceur avait probablement une bonne raison de prendre pour eux… et j’ai été bien contente de gagner. HA HA HA

Là, ce sont les vrais fans de football qui doivent me faire de gros yeux mais que voulez-vous, c’est comme ça.

Le Super Bowl, c’est quelque chose de sacré pour moi parce que ça réfère à mon enfance où j’en profitais pour passer toute une journée de complicité avec mon paternel, entourée de bols de chips, d’ailes de poulet, de sous-marins, de chocolat, de bonbons, de boissons gazeuses et de pop corn. (Oh non, mon père, même seul, ne prenait pas ça à la légère!)

Le football est d’ailleurs le seul sport qui ne m’emmerde pas (à l’exception du kin-ball mais ça, je préfère y jouer) et que je pourrais regarder religieusement si seulement je suivais le calendrier de la saison et les horaires des matches télévisés.

Mention spéciale à l’échappée spectaculaire du joueur des Saints (dont j’ignore le nom, évidemment) qui avait le champ libre pour traverser tout le terrain et faire un touché hier soir… J’en avais encore des frissons en prenant ma douche ce matin.

Gestes impies à l’Espace libre

Par Noisette Sociale, 11 janvier 2010 12:45

gestes-afficheVendredi soir, j’avais été invitée par la fée Bianka à assister à la première de Gestes Impies, une création du théâtre de la Pire Espèce, à l‘Espace Libre.

Fabuleux, étonnant, extraordinaire, original, drôle, fantastique, imaginaire, prodigieux, magique, coloré, intense, superbe, génial, éclaté… et j’en passe. Je manque d’adjectifs et de superlatifs pour vous transmettre tout ce qu’a pu me procurer cette pièce d’une durée de 1h50 vendredi soir.

Vendredi soir, j’étais fatiguée… J’avais eu une semaine intense et bien franchement, ça ne me tentait plus vraiment de tenir mon engagement qui était d’assister à cette première. J’y suis allée parce que je suis une femme de parole et puis finalement… je n’ai pas du tout regretté! Je me suis pointée à l’Espace Libre en bâillant effrontément et quelques secondes après le début de la pièce, j’étais déjà bien réveillée pour ne rien manquer de l’univers qui m’était offert.

Il faut quand même le faire. J’avais l’impression d’être dans un rêve abstrait où les scènes se bousculaient sans trop faire de sens, du moins pour moi… et pourtant, j’étais scotchée à mon siège et j’en redemandais.

La performance des acteurs était tout simplement à couper le souffle. Et on parle vraiment de performance ici car les textes étaient aussi forts que les mouvements… parce qu’il faut dire que ça bouge beaucoup dans ce spectacle.

Les costumes étaient fabuleux… enfin, tout de cette pièce était divin.

Je pense que je peux dire sans exagérer que c’est la meilleure pièce à laquelle j’ai eu la chance d’assister depuis que je m’intéresse au théâtre. Ce que j’ai vu, ça ne se raconte pas, ça se vit.

Je vous recommande vivement de vous procurer des billets pour Gestes Impies. C’est carrément impossible que vous n’aimiez pas ça. Même le Détracteur ne tarit pas d’éloges à son endroit.

Je me ferai un devoir de suivre les projets de la troupe de la Pire Espèce. Ils ont du talent à revendre.

Gestes Impies, jusqu’au 23 janvier à l’Espace Libre.

P.S. : C’est vraiment à ne pas manquer!

Le rapport à la lecture

Par Noisette Sociale, 26 novembre 2009 20:01

Je suis tombée sur deux excellents articles aujourd’hui qui m’ont vivement interpellée.

Ça a commencé avec Steve Proulx avec « Tout le monde le lit » qui faisait écho à un vieux billet du blogue de la librairie Monet, intitulé « L’économie du consensus« . Allez y jeter un oeil, ça vaut la peine!

Par rapport au livre, Steve Proulx s’interroge :

Le public a sous les yeux des milliers de titres, sur tous les sujets. Des ouvrages d’hier, d’aujourd’hui, des pas chers, des hors de prix. Tout est là. Il n’y a qu’à choisir.

Or, tout le monde lit à peu près la même chose. Le dernier Denis Monette pour les femmes de plus de 50 ans. Le journal d’Aurélie Laflamme pour les adolescentes.

[...]

L’engouement démesuré pour un livre en particulier camoufle quelque chose.Quoi, au juste? Je l’ignore. Peut-être une sorte d’insécurité face à l’objet? Au lieu de risquer d’être surpris (ou déçu), parce que nous ne sommes pas tous des boulimiques de lecture, on préfère s’en remettre au verdict populaire.

Le point soulevé à la fin de la citation est franchement pertinent.

La problématique doit à mon avis être étudiée sous plusieurs angles mais j’ai envie d’en voir deux : celui de la pantouflardise et celui de la rentabilité. Et comme par hasard, les deux sont souvent complémentaires.

livresDe nos jour, malheureusement, j’ai souvent l’impression que tout est calculé en terme de rentabilité. On dirait que les gens ont peur de perdre du temps ou de l’argent sur un livre qui n’en « vaudrait pas la peine ». Pour eux, c’est donc plus simple de se fier au verdict populaire. L’investissement apparaît alors moins « risqué ».

La pantouflardise reflète à mon avis le concept de manque de curiosité et de s’en tenir à ce que l’on connaît déjà. Les valeurs sûres.

C’est déplorable. Jusqu’à un certain point.

Tout le monde a le droit d’avoir des auteurs préférés et de vouloir lire le dernier ouvrage de chacun.Tout le monde a le droit aussi de vouloir lire la saveur du mois… Moi-même, j’ai succombé à Harry Potter et à Millenium – pas à Twilight par contre… je l’ai eu sous la main mais la première page était tellement mal écrite que j’ai laissé tomber – et je ne pense pas que ça fait de moi une lectrice infréquentable pour autant. Le problème, c’est quand on se limite uniquement à ça.

Ça devrait être un plaisir pour tout le monde d’entrer dans une bibliothèque ou dans une librairie et de piger un bouquin au hasard, justement pour se sortir de nos habitudes.

Je me rappelle d’une période de ma vie, plus précisément à la fin de l’adolescence, où je lisais uniquement des romans prétendument historiques mais qui étaient souvent plus romancés qu’autre chose. C’était abrutissant à la fin… À un moment donné, j’ai eu envie de découvrir autre chose et c’est là que j’ai senti que j’élargissais vraiment mes horizons.

J’adore quand des blogueurs font des billets comme « Et si je n’avais qu’un livre à lire » parce que souvent, les lecteurs sont très généreux et ils suggèrent toujours un bon bassin de bouquins ou d’auteurs que je ne connaissais pas. Je conserve toujours ces liens à quelque part (Delicious par les temps qui courent) et je m’y réfère à l’occasion pour me donner des idées.

Piquer une jasette avec un libraire, ça peut être vachement enrichissant aussi… à condition de tomber sur quelqu’un qui respecte vraiment sa fonction.

Je ne sais pas pourquoi autant de gens restent aussi hésitants. Mais je suis cependant convaincue qu’il n’existe aucune bonne raison pour justifier un manque d’audace ou de curiosité.

J’aime lire.

Rarement, j’ai été déçue par les livres… (À l’exception de l’époque où j’ai été abonnée à Québec Loisirs. Le choix est vraiment limité et mauvais…) Alors pourquoi avoir peur?

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J’invite les commentateurs potentiels à partager une suggestion de lecture s’ils le désirent. C’est toujours bienvenu.

Pour ma part… le livre que j’ai lu le plus souvent dans ma vie, c’est « Hygiène de l’assassin » d’Amélie Nothomb. Je sais que c’est loin d’être obscur mais c’est quand même ça. ;)

*EDIT 27 novembre 8h18* : J’allais oublier ma nouvelle bible! « Ã‰loge de la lenteur » de Carl Honoré. Merci à une lectrice de me l’avoir rappelé.

*EDIT 30 novembre 17h01* : Je m’en veux de ne pas vous avoir parlé de Guy de Maupassant qui a été pour moi une révélation au secondaire et qui restera probablement toujours parmi mes auteurs français préférés. Je vous suggère l’ensemble de son oeuvre.

Également, comme Lutopium le mentionnait, « Le petit cours d’autodéfense intellectuelle » de Normand Baillargeon est aussi un incontournable.

Critique éclair (1)

Par Noisette Sociale, 15 août 2009 08:57

Dédé à travers les brumes… DedeATraversLesBrumesG

C’était interminable.

Oh que je me retiens pour ne pas écrire PLATITUDE en lettres majuscules.

On a dû prendre 4 ou 5 pauses pendant le film. À chaque fois qu’on reprenait le visionnement, un ou l’autre de nous deux nous justifiait ainsi : « Ben là, on a payé pour… ça serait bien de le voir jusqu’à la fin. »

Avoir vu ça au cinéma, je serais morte.

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Non mais sans farce, je suis déçue et quelque peu interloquée. Tout le monde s’entend tellement pour dire que ce film est un chef d’oeuvre grandiose que je me demande si c’est sincère. D’un coup que tout le monde dirait pareil de peur de mal paraître…

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Mention spéciale tout de même à Sébastien Ricard pour ses talents d’acteur… mais entre vous et moi, je l’apprécie bien plus quand il chante avec ses copains de Loco Locass.

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