Catégorie : culture

Le phénomène du junket

Par Noisette Sociale, 9 février 2010 12:23

Pourquoi les navets cinématographiques sont-ils encensés par la critique?

Pourquoi un album de reprises insipide reçoit-il de bons commentaires?

Pourquoi les blogueurs invités à une certaine soirée ont tous trouvé que la Molson M était une grande bière?

La réponse est bien simple :  C’est le phénomène du junket.

Mon cours de journalisme d’hier soir devait porter sur la rédaction de critique culturelle mais finalement, on a eu droit à un exposé fort intéressant, vindicatif et drôle où on nous a dit que les critiques culturels étaient tous une bande de vendus.

Je savais que le phénomène existait mais de pouvoir mettre un mot ou une expression dessus est toujours un réel plaisir pour moi et je me devais de partager ça avec vous.

Qu’est-ce que le junket?

Je n’ai pas trouvé de définition exacte donc je vais y aller avec ma propre interprétation. Un junket, c’est lorsqu’on invite un critique culturel à un événement et qu’on s’assure de bien le gâter. Pour une première de film à l’étranger, par exemple, on lui offrira le billet d’avion, l’hôtel, les repas et des soirées mondaines à profusion où il sera traité aux petits oignons. Le critique, pas plus fou qu’un autre, rédigera donc une chronique positive question de continuer à être invité dans ce type d’événement.

Un critique qui rédigerait une chronique négative suite à un junket sera mis sur une liste noire, ce qui rendra son métier beaucoup plus difficile et moins mondain.

Et moi, dans tout ça?

Il est clair que je crèverais de faim comme chroniqueuse culturelle. J’aurais de la difficulté à apposer ma signature au bas d’un article où j’aurais encensé quelque chose que j’ai trouvé foncièrement mauvais.

Je pense que le junket est à l’origine de la perte de crédibilité grandissante qui touche les critiques en général. C’est normal quand on sait que ceux qui donnent vraiment leur opinion sont ceux qui se font tasser.

Sur ce blogue, j’ai fait des tentatives de critiques sur des pièces de théâtre ou des spectacles de danse où j’ai été conviée. (Je dis tentative parce que je sais que ce n’est pas parfait.) On m’offre parfois des billets gratuitement en échange d’un texte ici. Je pense je sais que j’ai toujours été intègre. Quand je n’ai pas apprécié, je l’ai dit. Je trouve simplement que ce n’est pas nécessaire non plus d’utiliser des qualificatifs trop négatifs pour rien. Le « public » est capable de se faire une opinion par lui-même.

Ceci étant dit, ça me fera tout de même plaisir si vous voulez m’inviter dans un junket. J’aime bien les crudités, les sandwiches pas de croûte, les petites bouchées et l’alcool gratuit. Votre produit est mieux d’être intéressant, par exemple. ;)

De Mötley et de Super Bowl

Par Noisette Sociale, 8 février 2010 13:36

Tu sais que tu t’en vas voir un show rock quand tu arrives sur place et que, pendant que tu attends plus ou moins patiemment en file à l’extérieur pour entrer (je me demande d’ailleurs si les fouilles corporelles sont aussi poussées et méthodiques quand il s’agit d’un concert pop), tu vois plusieurs personnes qui sirotent une grosse canette de bière camouflée dans un sac de papier.

Tu sais que tu t’en vas voir un show de Mötley Crüe quand tu croises dans le centre Bell:

  • trop de filles de tous les âges et de toutes les proportions qui portent des leggings à motif léopard
  • des manteaux en jeans à profusion avec une grosse patch dans le dos
  • un gars qui porte la grosse barbe, un chapeau de police et une perruque fuchsia pas mal intense (J’ai même vu des gens lui demander d’être pris en photo avec, ce qui était pas mal épique)

Vendredi soir, c’était un moment que j’attendais depuis des mois, billets achetés en pré-vente oblige. Je n’ai pas été déçue.

Airbourne a ouvert la soirée en force avec 30 minutes de riffs intenses. J’ai toujours critiqué la formation à l’effet qu’elle faisait plus que s’inspirer d’AC/DC pour leurs morceaux mais il faut croire qu’ils ont du talent parce que j’ai quand même acheté leur album il y a un an de ça et je n’ai pas pu m’empêcher de me tortiller comme une folle pendant leur performance. Pour citer une vieille connaissance : « Le chanteur, c’t'un malade mentaaaaaaaaaaaaaaaaal. » Effectivement. C’était définitivement un cas de « spring dans l’cul ».

deadofwintertourJe ne saurais trop vous parler du Joe Perry Project qui a suivi parce que ça ne m’intéressait pas outre mesure et c’est le moment que j’avais prévu pour aller m’acheter un t-shirt officiel de tournée, boire une bière diluée à 10$ et aller visiter les salles de bains du centre Bell. J’ai quand même entendu à partir du couloir quelques chansons et ce n’était rien pour m’impressionner. Ils ont terminé leur show avec une toune quelconque d’Aerosmith.

Ayant fait le plein de bière et d’énergie, j’étais prête pour mon groupe fétiche. Ils ont entamé leur prestation avec « Live Wire », une de mes favorites. Bah, ils ont joué toutes mes favorites en réalité. Dr Feelgood, Saints of Los Angeles, Looks that kill, Wild side, Shout at the devil, Don’t go away mad, Primal Scream, etc.

Ils ont fait aussi « Motherfucker of the year », tirée du dernier album. Le dude à côté de moi ne la connaissait visiblement pas et pendant un moment, j’ai été fâchée de constater que je n’étais pas à côté d’un vrai fan. Ce commentaire à part, je n’ai pas trouvé que c’était un choix très judicieux car il y a des pièces plus fortes que celle-là sur le dernier album.

Girls, girls, girls, je ne comprendrai jamais l’engouement… mais j’y ai pris tout de même plaisir.

Il y a eu un rappel de deux chansons. La première était « Home Sweet Home ». Je n’ai pas trop compris non plus mais j’imagine que ça devait être concept étant donné qu’ils terminaient la tournée à Montréal. À part pour le concept, je trouvais ça moyen comme choix de toune de rappel.

Autres observations en vrac :

- Tommy Lee qui sort de son drum pour aller parler à la foule, c’est toujours un succès instantané. Les cris de fillettes étaient au rendez-vous (et je passe par-dessus mon orgueil pour vous avouer que j’en étais aussi) et pendant son cabotinage, il a passé une bouteille de Jagermeister pour les gens au parterre. Classique. J’ai noté l’absence de la traditionnelle « titty cam ». C’était bien correct comme ça aussi.

- Nikki Sixx n’a vraiment pas besoin de faire grand chose pour nous faire crier comme des fillettes. Il n’avait qu’à lever les bras dans les airs pour que le public féminin soit conquis. J’étais d’ailleurs très heureuse de l’avoir pendant presque toute la durée du spectacle sur mon côté de la scène.

- Ça n’aurait pas été un show de Mötley s’il n’y avait pas eu toutes ces explosions et ce feu pendant les chansons. C’était complètement malade mental. Même si je sursautais à chaque souffle d’explosion. ;)

- Je ne peux pas parler pour l’ensemble des fans mais personnellement, j’ai un rapport très mitigé avec le chanteur Vince Neil. Je le trouve bon sur les albums mais je trouve qu’autrement, le personnage est pathétique. Il a fait chanter la foule trop souvent à mon goût, n’a plus de voix, n’est pas capable de faire les aigües, a un look ridicule… mais en même temps, ça ne serait tellement pas pareil si on le remplaçait. Sa performance n’a pourtant pas entaché le reste parce que j’ai toujours eu l’impression que sa fonction principale était qu’on se foute de sa gueule. (C’est pas très gentil mais c’est ça quand même.)

- Mick Mars a toujours un rôle aussi ingrat. Il a beau faire des solos de guitare de la mort, ce n’est pas lui que les gens viennent voir en majorité.

- Mention spéciale à la prière de Nikki Sixx pour souhaiter que les membres ne s’entretuent pas d’ici à la prochaine tournée parce que ça serait dont plaisant qu’ils puissent faire une tournée l’an prochain pour fêter les 30 ans du groupe.

En conclusion, j’ai passé une excellente soirée et je plane encore sur l’adrénaline de vendredi soir. Juste à raconter ça à mes collègues de travail, je me sens en feu. Il faudra par contre que j’apprenne à ne pas répéter dix fois d’affilée, droguée par l’enthousiasme : « C’était ben trop écoeurant… Je te jure, c’était é-coeu-rant. »

___________________________________________________________

Il y avait aussi le Super Bowl hier soir et je ne me suis pas permis de manquer ça, même si je ne connaissais aucune des équipes en compétition. J’ai décidé de prendre pour les Saints, me disant que le Médiateur Farceur avait probablement une bonne raison de prendre pour eux… et j’ai été bien contente de gagner. HA HA HA

Là, ce sont les vrais fans de football qui doivent me faire de gros yeux mais que voulez-vous, c’est comme ça.

Le Super Bowl, c’est quelque chose de sacré pour moi parce que ça réfère à mon enfance où j’en profitais pour passer toute une journée de complicité avec mon paternel, entourée de bols de chips, d’ailes de poulet, de sous-marins, de chocolat, de bonbons, de boissons gazeuses et de pop corn. (Oh non, mon père, même seul, ne prenait pas ça à la légère!)

Le football est d’ailleurs le seul sport qui ne m’emmerde pas (à l’exception du kin-ball mais ça, je préfère y jouer) et que je pourrais regarder religieusement si seulement je suivais le calendrier de la saison et les horaires des matches télévisés.

Mention spéciale à l’échappée spectaculaire du joueur des Saints (dont j’ignore le nom, évidemment) qui avait le champ libre pour traverser tout le terrain et faire un touché hier soir… J’en avais encore des frissons en prenant ma douche ce matin.

Gestes impies à l’Espace libre

Par Noisette Sociale, 11 janvier 2010 12:45

gestes-afficheVendredi soir, j’avais été invitée par la fée Bianka à assister à la première de Gestes Impies, une création du théâtre de la Pire Espèce, à l‘Espace Libre.

Fabuleux, étonnant, extraordinaire, original, drôle, fantastique, imaginaire, prodigieux, magique, coloré, intense, superbe, génial, éclaté… et j’en passe. Je manque d’adjectifs et de superlatifs pour vous transmettre tout ce qu’a pu me procurer cette pièce d’une durée de 1h50 vendredi soir.

Vendredi soir, j’étais fatiguée… J’avais eu une semaine intense et bien franchement, ça ne me tentait plus vraiment de tenir mon engagement qui était d’assister à cette première. J’y suis allée parce que je suis une femme de parole et puis finalement… je n’ai pas du tout regretté! Je me suis pointée à l’Espace Libre en bâillant effrontément et quelques secondes après le début de la pièce, j’étais déjà bien réveillée pour ne rien manquer de l’univers qui m’était offert.

Il faut quand même le faire. J’avais l’impression d’être dans un rêve abstrait où les scènes se bousculaient sans trop faire de sens, du moins pour moi… et pourtant, j’étais scotchée à mon siège et j’en redemandais.

La performance des acteurs était tout simplement à couper le souffle. Et on parle vraiment de performance ici car les textes étaient aussi forts que les mouvements… parce qu’il faut dire que ça bouge beaucoup dans ce spectacle.

Les costumes étaient fabuleux… enfin, tout de cette pièce était divin.

Je pense que je peux dire sans exagérer que c’est la meilleure pièce à laquelle j’ai eu la chance d’assister depuis que je m’intéresse au théâtre. Ce que j’ai vu, ça ne se raconte pas, ça se vit.

Je vous recommande vivement de vous procurer des billets pour Gestes Impies. C’est carrément impossible que vous n’aimiez pas ça. Même le Détracteur ne tarit pas d’éloges à son endroit.

Je me ferai un devoir de suivre les projets de la troupe de la Pire Espèce. Ils ont du talent à revendre.

Gestes Impies, jusqu’au 23 janvier à l’Espace Libre.

P.S. : C’est vraiment à ne pas manquer!

Le rapport à la lecture

Par Noisette Sociale, 26 novembre 2009 20:01

Je suis tombée sur deux excellents articles aujourd’hui qui m’ont vivement interpellée.

Ça a commencé avec Steve Proulx avec « Tout le monde le lit » qui faisait écho à un vieux billet du blogue de la librairie Monet, intitulé « L’économie du consensus« . Allez y jeter un oeil, ça vaut la peine!

Par rapport au livre, Steve Proulx s’interroge :

Le public a sous les yeux des milliers de titres, sur tous les sujets. Des ouvrages d’hier, d’aujourd’hui, des pas chers, des hors de prix. Tout est là. Il n’y a qu’à choisir.

Or, tout le monde lit à peu près la même chose. Le dernier Denis Monette pour les femmes de plus de 50 ans. Le journal d’Aurélie Laflamme pour les adolescentes.

[...]

L’engouement démesuré pour un livre en particulier camoufle quelque chose.Quoi, au juste? Je l’ignore. Peut-être une sorte d’insécurité face à l’objet? Au lieu de risquer d’être surpris (ou déçu), parce que nous ne sommes pas tous des boulimiques de lecture, on préfère s’en remettre au verdict populaire.

Le point soulevé à la fin de la citation est franchement pertinent.

La problématique doit à mon avis être étudiée sous plusieurs angles mais j’ai envie d’en voir deux : celui de la pantouflardise et celui de la rentabilité. Et comme par hasard, les deux sont souvent complémentaires.

livresDe nos jour, malheureusement, j’ai souvent l’impression que tout est calculé en terme de rentabilité. On dirait que les gens ont peur de perdre du temps ou de l’argent sur un livre qui n’en « vaudrait pas la peine ». Pour eux, c’est donc plus simple de se fier au verdict populaire. L’investissement apparaît alors moins « risqué ».

La pantouflardise reflète à mon avis le concept de manque de curiosité et de s’en tenir à ce que l’on connaît déjà. Les valeurs sûres.

C’est déplorable. Jusqu’à un certain point.

Tout le monde a le droit d’avoir des auteurs préférés et de vouloir lire le dernier ouvrage de chacun.Tout le monde a le droit aussi de vouloir lire la saveur du mois… Moi-même, j’ai succombé à Harry Potter et à Millenium – pas à Twilight par contre… je l’ai eu sous la main mais la première page était tellement mal écrite que j’ai laissé tomber – et je ne pense pas que ça fait de moi une lectrice infréquentable pour autant. Le problème, c’est quand on se limite uniquement à ça.

Ça devrait être un plaisir pour tout le monde d’entrer dans une bibliothèque ou dans une librairie et de piger un bouquin au hasard, justement pour se sortir de nos habitudes.

Je me rappelle d’une période de ma vie, plus précisément à la fin de l’adolescence, où je lisais uniquement des romans prétendument historiques mais qui étaient souvent plus romancés qu’autre chose. C’était abrutissant à la fin… À un moment donné, j’ai eu envie de découvrir autre chose et c’est là que j’ai senti que j’élargissais vraiment mes horizons.

J’adore quand des blogueurs font des billets comme « Et si je n’avais qu’un livre à lire » parce que souvent, les lecteurs sont très généreux et ils suggèrent toujours un bon bassin de bouquins ou d’auteurs que je ne connaissais pas. Je conserve toujours ces liens à quelque part (Delicious par les temps qui courent) et je m’y réfère à l’occasion pour me donner des idées.

Piquer une jasette avec un libraire, ça peut être vachement enrichissant aussi… à condition de tomber sur quelqu’un qui respecte vraiment sa fonction.

Je ne sais pas pourquoi autant de gens restent aussi hésitants. Mais je suis cependant convaincue qu’il n’existe aucune bonne raison pour justifier un manque d’audace ou de curiosité.

J’aime lire.

Rarement, j’ai été déçue par les livres… (À l’exception de l’époque où j’ai été abonnée à Québec Loisirs. Le choix est vraiment limité et mauvais…) Alors pourquoi avoir peur?

______________________________________

J’invite les commentateurs potentiels à partager une suggestion de lecture s’ils le désirent. C’est toujours bienvenu.

Pour ma part… le livre que j’ai lu le plus souvent dans ma vie, c’est « Hygiène de l’assassin » d’Amélie Nothomb. Je sais que c’est loin d’être obscur mais c’est quand même ça. ;)

*EDIT 27 novembre 8h18* : J’allais oublier ma nouvelle bible! « Ã‰loge de la lenteur » de Carl Honoré. Merci à une lectrice de me l’avoir rappelé.

*EDIT 30 novembre 17h01* : Je m’en veux de ne pas vous avoir parlé de Guy de Maupassant qui a été pour moi une révélation au secondaire et qui restera probablement toujours parmi mes auteurs français préférés. Je vous suggère l’ensemble de son oeuvre.

Également, comme Lutopium le mentionnait, « Le petit cours d’autodéfense intellectuelle » de Normand Baillargeon est aussi un incontournable.

Critique éclair (1)

Par Noisette Sociale, 15 août 2009 08:57

Dédé à travers les brumes… DedeATraversLesBrumesG

C’était interminable.

Oh que je me retiens pour ne pas écrire PLATITUDE en lettres majuscules.

On a dû prendre 4 ou 5 pauses pendant le film. À chaque fois qu’on reprenait le visionnement, un ou l’autre de nous deux nous justifiait ainsi : « Ben là, on a payé pour… ça serait bien de le voir jusqu’à la fin. »

Avoir vu ça au cinéma, je serais morte.

—————————————————————————-

Non mais sans farce, je suis déçue et quelque peu interloquée. Tout le monde s’entend tellement pour dire que ce film est un chef d’oeuvre grandiose que je me demande si c’est sincère. D’un coup que tout le monde dirait pareil de peur de mal paraître…

—————————————————————————

Mention spéciale tout de même à Sébastien Ricard pour ses talents d’acteur… mais entre vous et moi, je l’apprécie bien plus quand il chante avec ses copains de Loco Locass.

But

Par Noisette Sociale, 11 août 2009 08:54

Étudier.

Fouiller la matière le plus possible.

Dans le plus de domaines possible.

Pour être enfin libre.

Versailles et le visual kei

Par Noisette Sociale, 6 août 2009 11:43

Versailles

Mardi soir, mon frère a eu la bonne idée de venir chez moi pour me changer les idées un peu. (Il a en effet monologué pendant plus de deux heures mais je ne lui en tiens pas rigueur parce que je n’avais franchement rien à dire au départ et puis, il m’a appris un paquet de choses très intéressantes.)

Je disais donc. Mon frère m’a fait découvrir un univers qui m’était tout à fait inconnu jusqu’alors et m’a donné le goût d’en savoir d’avantage.

Il faut savoir que je magasine les passe-temps, voire même les passions, avec autant d’ouverture d’esprit que possible. Jadis, j’avais une fermeture d’esprit à faire enrager n’importe quelle bonne âme et le bon sens a fini par me faire entendre raison.

Mon frère est débarqué chez moi avec un paquet de CDs et de DVDs dont je n’ai pas pu évidemment profiter en entier.

Il commence à me montrer le livret d’un album d’un groupe de musique répondant au nom de Versailles. C’est eux que vous voyez sur la photo qui orne ce billet. Il me lance avec un regard taquin : « Check les belles filles! »

Il y avait anguille sous roche, je le sentais.

Moi: « Hum hum. »

Lui : « Pwahahahahaha. Ben non, c’est des gars. Ils font partie d’un mouvement qui s’appelle le visual kei, au Japon. »

J’ai tout de suite vu un lien avec Mötley Crüe, mon groupe fétiche, au grand dam de mon frère qui les exècre au possible. N’empêche qu’en faisant des recherches, j’ai appris que le groupe X-Japan était généralement reconnu comme étant à la base du mouvement et eux même se sont effectivement inspirés de groupes comme Mötley Crüe pour le visuel et même, au niveau de la musique. J’adore.

Par contre, Mötley Crüe ne ressemblait pas vraiment à des filles, ça tenait plutôt de la caricature. J’ai commencé à m’interroger à savoir pourquoi un groupe comme Versailles, constitué de gars, pouvait vouloir tant transpirer la féminité. Pas que ça me dérangeait, au contraire, c’est le genre de choses qui m’accrochent quasi-instantanément…

Et là, il a commencé à m’expliquer qu’au Japon et dans la culture visual kei en particulier, on met beaucoup d’emphase sur la beauté, l’élégance, la grâce, l’harmonie… et par ricochet, la féminité. Et que si on pousse le tout à l’extrême, ça peut donner des choses comme ça :

Versailles2

En tout cas, je ne m’éterniserai pas sur le sujet parce que ça serait inutile mais j’avais envie de partager avec vous une très belle découverte. Le visual kei me touche autant au niveau visuel qu’au niveau de la musique, avec ses influences un peu punk, un peu métal, un peu glam, un peu rock…

Dans le cas de Versailles, je vais certainement pousser plus loin parce que c’est vraiment très bon pour ce que j’en ai entendu. Si vous voulez avoir une bonne idée de ce qu’ils font, je vous propose le clip suivant. Du bon speed metal avec des passes de mélodique avec une belle voix.  Seulement, je vous suggère de l’avancer à 1 min. 31 sec., question de vous éviter la longue intro en japonais.

En terminant, plus je m’informe sur le sujet et plus je découvre des bands, plus je me dis que je vais être effectivement dûe pour aller faire un tour au quartier chinois avec mon frérot.

Enjoy!

Dark Matters… – La danse contemporaine et moi

Par Noisette Sociale, 1 mai 2009 11:16

Mercredi soir, je me suis rendue en compagnie du Médiateur Farceur à un spectacle de danse contemporaine, encore une fois suite à une invitation de Bianka.

Il s’agissait de Dark Matters. Une oeuvre de Crystal Pite.

La pièce débute avec ce qui m’apparaissait être un espèce de Gepetto assis à une table où il traîne du matériel de toute sorte. Il se concentre sur son travail et là, il y a une marionnette en bois que j’ai tout de suite un peu associé à Pinnochio qui vient de le déranger. La marionnette est manipulée par cinq danseurs. Elle l’agace, fait tomber ses choses, s’accroche à lui, se bat avec lui…

Bref, en mon sens, ça commençait bien mal. Pour citer l’Ami lors de l’entracte :  « Ouin, t’aimes VRAIMENT pas ça les marionnettes, hein? » Non, en effet. Même si la chose était très bien exécutée, vous ne pouvez même pas vous imaginer à quel point ça ne me touche pas.

La première partie du spectacle était très bonne comparativement à la deuxième. Il y avait ce qu’on pourrait appeler « des bonnes passes ». Il y a justement une passe où les danseurs s’adonnent à une espèce de scène d’arts martiaux un peu exagérément mais c’était extrêmement intéressant à regarder. Dommage que ça n’aie duré qu’environ 5 minutes.

Quand le décor s’effondre à un certain moment, aussi, j’ai trouvé que c’était très fort.

Pour le reste, je dirais qu’il n’y avait pas assez de danse et pas assez de musique non plus. Malgré l’incroyable talent des danseurs, ça je ne peux le nier, qui étaient en contrôle et d’une flexibilité absolue… je n’ai pas pu m’empêcher de bailler pendant toute la deuxième partie. On racontait une histoire qui était visiblement trop abstraite pour moi.

En sortant de la pièce, la petite Mimi qui accompagnait la chère Nicole s’est fait un devoir de tout nous expliquer et à ce moment-là, j’ai tout compris ce que j’avais vu. Je vous suggère fortement d’ailleurs d’aller là lire par là-bas.

—————————————————————————————————–

C’est le troisième spectacle de danse contemporaine que je voyais et à la lumière de ceux-ci, je pense que je peux dire que c’est un univers qui ne me convient pas. Il y a certainement énormément de talent dans le milieu mais je me rends compte que ce n’est pas un art qui me touche.

Un spectacle de danse dans un autre style particulier pourrait peut-être plus venir me chercher.

Donc, ci haut, je vous ai laissé mes impressions personnelles sur ce que j’ai vu mais je vous dirais humblement que je ne suis pas une référence.

Mimi, qui était visiblement une passionnée de la danse (elle pratique également la danse de style hip hop) a adoré. Je voyais des étoiles dans ses yeux quand elle nous donnait ses impression sur le spectacle. C’était beau à voir.

Pour les passionnés, donc, Dark Matters sera présentée à l’Agora de la danse jusqu’au 9 mai, à 20h.

Je voudrais crever…

Par Noisette Sociale, 21 avril 2009 14:48

Je ne vous ai pas parlé encore de la pièce que j’ai eu la chance de voir samedi dernier, toujours grâce à cette chère Bianka.

Le titre de mon article, rassurez-vous, n’est que la retranscription du titre de la pièce en question.

En résumé…

« Cinq amis dans la vingtaine.
Solange, qui revient de voyage et qui n’attend que le prochain départ : ailleurs, l’air est différent.
Paul, qui pleure sa rupture amoureuse : sept ans avec la même, ça bouleverse.
Luce et Sylvain, qui viennent de s’acheter une maison : c’est beaucoup d’organisation.
Et Mateo, leur ami de toujours, qui se meurt.
Dans sa chambre d’hôpital, tout prend l’allure de la fin du monde… ou alors est-ce le début de l’âge adulte? »

Vite comme ça, ça a quasiment l’air déprimant. Mais en réalité, c’est une tout autre histoire!

J’étais un peu sceptique avant de me rendre à la pièce car j’avais lu quelque part que la mise-en-scène qui n’arrêtait pas de bouger, ça devenait un peu étourdissant à la longue. C’est drôle parce que sur place, c’est un des éléments que j’ai le plus aimé!

Une table au centre avec des chaises autour qui deviennent soudainement un lit d’hôpital et des chaises d’hôpital. Ça bouge sans cesse.

Les acteurs qui chantent magnifiquement également entre les scènes pour illustrer des émotions différentes, des bribes de vie.

Bianka m’avait dit que la pièce avait eu pour elle l’effet d’une claque en plein visage. Pour moi aussi.

Car autour de Mateo, l’ami qui va mourir bientôt, ses amis réfléchissent à voix haute et font des constats dérangeants.

Ce qui m’a le plus marquée dans tout ça, c’était les personnages du couple, Luce et Sylvain. Eux qui viennent de s’acheter une belle grosse maison probablement en banlieue. Qui prévoient déjà l’achat d’une piscine. Qui se plaignent de l’organisation que ça prend, une nouvelle maison. Les rénovations qu’il faut faire. Luce se plaint de ses petits tracas de nouvelle propriétaire de maison à côté d’un Mateo pour qui la vie va se terminer bientôt.

Oh, je sais, comme ça, ça semble un peu cliché. On se fait tellement souvent rabattre les oreilles comme quoi le matériel n’est pas important. Qu’il n’y a pas que la petite vie rangée de banlieue qui a de la valeur. Je sais tout ça. Sauf que je ne sais pas, ça vaut la peine de se le refaire mettre en face des yeux une fois de temps en temps. Juste pour s’en rappeler. Et ce, sans dénigrer nécessairement la vie de banlieue!

Non, plutôt l’idéal matérialiste. En tout cas, moi, ça m’a fait ça. Je regardais la pièce et en même temps, je pensais au ridicule de la chose quand je vous ai annoncé toute fière que j’avais acheté ma télé HD. Comme si c’était un accomplissement en soi!

Et puis, cet hommage à la vie.

Je me suis tellement attachée au personnage de Mateo. Ce doux Mateo. Lui qui demandait à son ami Sylvain ce que c’était que d’être en amour. Il voulait se le faire expliquer le plus clairement possible afin d’au moins le savoir un peu avant de mourir.

Je me suis imaginée à un certain moment que c’était l’Ami qui était à la place de Mateo. Et je me suis retenue grandement de pleurer. C’est de réfléchir au vide que va laisser la mort d’un ami cher qui m’a touchée au plus haut point.

Vraiment, ça vaut le détour.

La pièce est bien faite et j’ai adoré la disposition de la salle et de la scène. Puis pour une fois que les bancs n’étaient pas si inconfortables. ;)

À voir au théâtre Aux Z Écuries jusqu’au 2 mai.

D’autres points de vue ici, ici et là.

La fête sauvage, quel beau moment d’hilarité!

Par Noisette Sociale, 1 avril 2009 11:51

Pas étonnant que La fête sauvage fût déjà finaliste pour le « Masque du texte original » lors de la 14e soirée des Masques. Pas étonnant non plus que Mathieu Gosselin, l’auteur de la pièce, fût également finaliste pour le « Masque de la révélation ». Quelle oeuvre rafraîchissante!

Encore une fois, je dois une soirée magique à cette chère Bianka. Aller voir du bon théâtre en échange d’un texte ici, je trouve que c’est une très bonne entente. D’ailleurs, après avoir vu une pièce comme celle que j’ai vue hier, il aurait été difficile de ne pas vous en parler!

Pour résumer grossièrement la chose, disons d’abord que j’ai ri. Je pense que c’est la fois où j’ai ri le plus fort à l’intérieur d’une salle de spectacle. Plus fort que les fois où j’ai assisté à des spectacles d’humoristes que j’appréciais. Franchement, pour la suite des choses, ça va être dur à battre.

J’imagine que vous voulez connaître l’histoire. Je trouve que ça serait dommage de réduire cette pièce uniquement à une histoire.

Je me rappelle du fiancé hier soir, quand il est venu nous cueillir, moi et ma mère qui l’attendions dans un café. À la question: « Et puis, ça raconte quoi? », il a eu droit à de grands éclats de rire.

Ça ne vous satisfait pas la curiosité, ça, hein? Bon, d’accord.

En fait, La fête Sauvage, c’est une histoire d’amitié.  Martine a choisi le dimanche de son anniversaire pour enterrer les cendres de son amoureux qui s’est donné la mort deux mois plus tôt. Ballons, guirlandes, chapeaux, enfants qui courent ; une vraie fête s’organise avec tout ce qu’elle contient de charge libératrice. C’est une histoire sur le deuil et la façon de le vivre. C’est une pièce sensible, avec un humour bien dosé.

C’est effectivement une belle histoire d’amitié avec selon moi, une bonne dose d’absurde. Il y a des moments très touchants… et juste après, on va rire aux larmes. La pièce est très bien rythmée.

lafetesauvage2J’ai personnellement été très impressionné par le talent des comédiens. Ils étaient tous excellents dans leur rôle, on y croyait vraiment. Je les admirais particulièrement dans tous leurs moments où ils devaient rester complètement immobiles, parfois dans des positions inconfortables. Sandrine Bisson, Sébastien Dodge, Rose-Maïté Erkokeka, Renaud Lacelle-Bourdon, Anne-Marie Levasseur, Lise Martin, Simon Rousseau, vous méritiez tous d’être nommés et je vous lève mon chapeau.

La pièce se découpe en trois « cliques » de personnages.

Il y a un couple, marié depuis sept ans. Tout le long, je me suis demandée ce qu’ils faisaient ensemble au départ et ils étaient tristes et drôles à observer à la fois. Un gars un peu (beaucoup) bêta d’un bord, qui s’exprime en monosyllabes. Le cliché du gars un peu con qui donne plus d’attention à sa 12 qu’à sa femme, la 12 pouvant être à la fois une carabine et une caisse de bières. Et puis sa femme, un peu naïve, qui se bat pour avoir un peu d’attention de la part de son mari, qui a envie de faire des projets de voyage…

Il y a la gang de filles. Une veuve, enceinte jusqu’aux yeux, dont le mari s’est pendu il y a deux mois dont les cendres reposent dans le frigo entre deux morceaux de viande. Une autre, un peu fofolle, enceinte également qui aime les drinks de fille et qui ne rate pas une occasion de parler de sexe. Et l’autre, celle qui m’a fait le plus rire. Autoritaire, quasiment insupportable, qui ne veut pas que la fête déroge du plan qu’elle s’était fait au départ. C’est particulièrement drôle quand elle s’adresse au 4e mur, toutes les choses qu’elle peut dire à ses enfants.

Et il y a les deux cabochons. Deux ivrognes et deux drogués qui n’ont pas peur des mélanges. Un qui aime la philosophie de bas étage et l’autre qui désespère de son cas. Le pendu, Frank, c’était leur inséparable. Ils vivent leur deuil d’une façon bien particulière…

La pièce sera présentée au théâtre de la Licorne du 31 mars au 25 avril 2009. Saisissez votre chance, ça vaut vraiment la peine! 1h30 de divertissement garanti qui vous fera oublier facilement l’inconfort de votre siège.

À voir absolument.

p.s. : Pour celles qui aiment les potins, j’ai croisé Macha Limonchik dans l’entrée et j’étais assise derrière Pierre Lebeau.

Thème Panorama par Themocracy