Catégorie : éducation

Quand on fait tout à l’envers…

Par Noisette Sociale, 8 juillet 2010 11:33

À 24 ans, je peux déjà dire que j’ai un CV respectable.

À 19 ans, j’étais déjà entrée dans le cycle du travail à temps plein à essayer tant bien que mal à continuer d’étudier. Bon, ça a donné plus de mauvais résultats que de bons, comme on pourrait s’y attendre.

À 21 ans, je me magasinais un emploi étudiant et je suis tombée sur une offre d’emploi à temps plein dans la grande tour qui me semblait fort prometteur et j’ai sauté dessus sans hésiter même si je n’avais pas les qualifications demandées. J’ai passé les tests haut la main et j’ai eu l’emploi tant convoité. Depuis, j’ai fait mes classes et j’ai eu quelques promotions.

Puis je me suis ramassée dans le secteur des communications sans faire quoi que ce soit réellement lié au domaine et je me suis mise à rêver. Je convoitais des postes et on me disait que j’avais le talent et toutes les chances du monde de mon bord mais dans les faits, j’avais un handicap certain.

diplome_universitaire1Le domaine des communications est un peu élitiste et ne vous méprenez pas, je l’écris sur le ton du constat. Sans diplôme universitaire dans cette discipline ou dans un autre champ connexe semble insécuriser les recruteurs potentiels même si votre expérience professionnelle ou personnelle pourrait démontrer une capacité à relever le défi.

Une partie de moi regrettait déjà de ne pas avoir connu l’université comme j’en ai tant entendu parler. Parce que c’est vrai qu’il existe les cours du soir mais le concept de vie étudiante est complètement abstrait quand on choisit cette option et moi, c’est quelque chose qui me dérange. J’aimerais moi aussi pouvoir dire que j’ai des amis fantastiques que j’ai rencontré à l’université avec qui j’ai fait les 400 coups.

J’ai aussi l’impression que je ne suis pas à un âge où il est normal de cogner des clous dès 21h30. Je me sens trop adulte quand je n’ai plus envie de faire quoi que ce soit le vendredi soir car j’ai ma semaine dans le corps et que je somnole devant ma télé à partir de 20h.

Je mène une bonne vie mais j’ai l’impression que c’est trop tôt. Que je suis en train de passer à côté de quelque chose.

Je retourne sérieusement à l’école à l’automne et c’est là que ça se complique. J’avais toujours cru que de tout avoir fait à l’envers pouvait être une force et un avantage certain.

Je suis non-négociable en ce qui concerne mes horaires de cours. J’ai un cours de soir et deux cours de jour qui sont prévus à mon horaire d’automne et j’y tiens. Ça ne bougera pas. Parce que si je commence à faire des concessions là-dessus, c’est complètement foutu. Si je continue pendant une année de plus à avoir un salaire régulier à temps plein, je ne voudrai jamais retourner à l’école. Car on s’habitue vite au confort matériel, mental et financier que cela procure.

J’ai postulé sur une typique job étudiante à l’interne qui me branchait au plus haut point. Je savais que c’était à temps partiel et c’est en plein ce qu’il me fallait. Un horaire à temps partiel sur mesure pour l’étudiante que j’étais et tout en flexibilité.

J’ai eu des nouvelles hier et pour résumer, ma candidature n’a pas été retenue car j’étais trop qualifiée pour le poste.

Je respecte entièrement la décision mais je dois dire que ça m’a ébranlée.

Je suis tout à fait prête psychologiquement à gagner moins cher, à avoir des horaires moins intéressants et à occuper un typique emploi d’étudiante universitaire. Si je peux avoir quelque chose de stimulant, dans mes cordes avec un horaire sur mesure, ça serait génial mais je suis prête à faire énormément de concessions.

J’ai envie de vivre une vraie vie d’étudiante typique avec tout ce qui vient avec. Je le répète : Je suis prête à faire face à la musique.

Mais là j’ai peur de recevoir d’autres réponses comme celle-là : « Désolée mais nous avons jugé que tu étais trop qualifiée pour ce poste. »

C’est flatteur mais je ne pensais pas que j’en étais déjà rendue là.

Je ne veux pas avoir l’air de me plaindre parce que je suis tout à fait consciente qu’il y a des situations pires que la mienne. Ne vous méprenez pas.

N’empêche, j’aimerais bien être capable de me trouver un emploi d’étudiante pendant l’université.

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Évidemment, c’est toujours quand je prends des grosses décisions comme celles-là que toutes les jobs de ma vie décident d’apparaître dans mon écran-radar. Je postule quand même en espérant qu’on accommodera mon horaire. Sait-on jamais! :)

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Ceci étant dit, je ne peux pas dire que je regrette mon parcours car c’est seulement cette année que je commence à avoir une idée plus précise de ce en quoi j’ai envie d’étudier et ce en quoi j’ai envie de travailler. À suivre…

Un vrac pour faire changement

Par Noisette Sociale, 25 février 2010 12:47

J’avais quelques petites réflexions/observations à faire alors je vous offre un vrac en ce beau jeudi sous le thème de la sloche montréalaise.

La vie de bohème

Hier, je lisais un article plutôt intéressant sur le nouveau RueMasson.com et je suis retombée dans une lubie.  L’article traite en effet des endroits où il fait bon travailler avec son ordinateur portable. Du coup, j’ai eu envie pendant une journée de renoncer à tout pour devenir travailleuse autonome, ne serait-ce que pour goûter les joies de passer des après-midis complets dans un sympathique café qui prendrait éventuellement la forme de mon bureau.

Évidemment, dans ma tête, les gens se battaient pour me donner des contrats et tout ça. Je suis revenue dans la réalité quand mon fiancé découragé m’a posé la question qui tue : « Ben, tu ferais des contrats de quoi? »

Je ne le sais pas mais en attendant, je peux bien être ouverte aux suggestions. ;)

Le combat qui ne me tentait pas

J’avais un cours le jeudi soir qui se voulait un cours d’introduction aux études littéraires. Le dernier auquel j’ai assisté était horriblement ennuyeux et un tantinet prétentieux. Si vous saviez à quel point les études littéraires semblent constituer une discipline qui se veut plus théorique que théorique… Personnellement, j’en suis venue à trouver ça ridicule.

J’ai aussi envie de mentionner qu’on a insisté beaucoup sur le fait que les auteurs proviennent généralement de la bourgeoisie ou de la petite bourgeoisie et que l’exception qui confirme la règle était très rare. Idem pour ceux qui sont en études littéraires d’ailleurs.

Je n’avais pas envie de mener le combat cet hiver de « la fille qui vient d’un milieu pauvre, qui leur prouve qu’il y a bel et bien une exception qui confirme la règle et qui triomphe à la fin en devenant la révélation de l’année ».  J’exagère peut-être un peu mais c’est quand même ça.  J’ai annulé.

La vie d’universitaire, prise deux

Je suis allée à l’UQÀM hier après-midi pour remettre ma demande d’admission au registrariat. Je n’ai pas pris de chance : je m’essaie pour trois programmes.

  1. Bacc. en communications, profil stratégies de production culturelle et médiatique
  2. Certificat en création littéraire
  3. Certificat en études féministes

Je trouve que mon choix de programmes représente bien ma personnalité. Évidemment, mon premier choix ultime est le bacc. qui est extrêmement contingenté. Comme je n’ai pas de DEC et un dossier scolaire entaché, je tente d’entrer sous la base expérience avec deux lettres d’attestation d’emploi (et de potentiel extraordinaire, hé hé)  étant donné que je travaille déjà en communications.  Je me croise tellement les doigts pour que ça marche que ça fait mal.

Le monde est trop petit

J’ai croisé l’ex-Amie lors de mon périple à l’UQÀM hier. Le coup que ça m’a fait dans la poitrine, je ne l’avais vraiment pas vu venir. J’imagine que c’était une étape de deuil supplémentaire à passer.

L’incohérence de Pauline Marois

Je sais que je suis très en retard et que vous devez être écoeurés d’en entendre parler alors je me limiterai à une opinion-éclair : Je ne comprends pas comment elle peut être contre les signes ostentatoires portés par des employés de l’État alors qu’elle refuse d’être  pour enlever le crucifix à l’Assemblée nationale. Le message que ça envoie, à mon avis, c’est que la religion des autres n’est pas bonne alors que la sienne l’est.

Puis vous connaissez déjà ma position sur la religion en général alors je ne m’étendrai pas là-dessus inutilement.

Ceci étant dit, je ne déteste pas le retour du discours identitaire au PQ mais ça en prendra plus que ça pour me ramener au bercail.

En terminant

Les mangoustes, c’est presque aussi grim que les carcajous.

L’humour et moi… plus un mot ou deux sur les taches… et sur l’implication des parents en éducation

Par Noisette Sociale, 15 janvier 2010 13:00

Je pense que j’ai la chance d’être dotée de plusieurs talents mais définitivement, il semblerait que lorsqu’on parle d’humour, je ne l’ai pas du tout.

Ce n’est pas la première fois que j’écris des phrases un peu baveuses sur cet espace et que des gens se sentent visés négativement. C’est dommage parce qu’il faudrait me voir quand j’écris ces lignes, je ris comme une fillette en tapant des mains. (Je tape des mains par après, évidemment, sinon, je ne pourrais pas écrire.) Je ne peux pas vous en vouloir de ne pas me trouver drôle mais je dois admettre que ça me déstabilise toujours un peu. ;)

Hier, en disant que si les parents arrêtaient de payer les études à leurs enfants, qu’il y aurait moins de taches de marde dans nos cégeps et nos universités, je me trouvais très drôle.  Pour certains, je n’ai pas suscité l’ombre d’un sourire et c’est bien correct.

C’est un peu comme la fois où j’avais écrit qu’en réalité, les agnostiques étaient des athées paresseux. Moi je me trouvais très drôle (encore)  mais j’ai réalisé par la suite que ça pouvait être insultant. (Ok, malgré tout, je me trouve encore drôle.)

Bon, le but de ce billet n’est pas de vous faire pleurer sur mon pauvre talent d’humoriste mais je tenais quand même à vous partager ma réflexion par rapport aux taches de marde dans les cours et le lien que ça peut avoir avec les parents qui paient les études aux enfants parce que finalement, c’était plus délicat que je le pensais à prime abord.

Premièrement, il faut savoir que je ne suis pas de droite. (D’un coup que quelqu’un aurait des doutes.) Je suis plutôt assez à gauche et pas loin du stéréotype de la gogauche arborant un foulard palestinien. (Plus dans ma mentalité que dans mon style vestimentaire, remarquez.) Cependant, je me considère assez lucide et il y a quelque chose qui m’a dérangé dans certains (peu de) commentaires.

Au Québec, je ne crois pas que l’aide des parents soit absolument indispensable pour faire des études post-secondaires. Évidemment, je ne condamne pas les parents qui s’impliquent dans les études de leurs enfants. Au niveau post-secondaire, je n’ai pas eu cette « chance » mais en même temps, j’ai toujours été d’accord avec la décision de mes parents de ne pas s’impliquer à ce niveau-là. De toute manière, ils n’en avaient pas les moyens et puis j’ai toujours jugé que c’était mon choix personnel de poursuivre des études post-secondaires et que par conséquent, ce n’était pas à eux de payer pour ça. Là-dessus, je ne force d’ailleurs personne à suivre mon raisonnement.

Je mets en doute les propos de ceux qui prétendent que sans l’aide de leurs parents, ils n’auraient pas pu étudier ici.

On s’entend que le cégep coûte en moyenne 108$ par session et que l’université, autour de 1500$ si je ne me trompe pas.

money_treeOn est loin des dizaines de milliers de dollars que ça peut coûter dans les établissements américains. Si vous étiez Américains, je pourrais vous croire. D’ailleurs, je ne pense pas que je pourrais me permettre ça non plus. (En fait, j’en suis convaincue.)

Dans un monde idéal, l’éducation au Québec serait encore plus accessible. Je pense qu’à 1500$, c’est encore un montant qu’on peut amasser à condition d’avoir un peu de motivation. Ce qui ne veut pas dire que je trouve que 1500$ est un montant qui me ravit.

Tout ça pour en arriver à vous glisser un mot sur le phénomène que j’ai comme étudiante dans mon cours d’études littéraires. Amélie, qui est dans le même cours que moi, en a déjà glissé un mot sur son blogue.

1er cours : Elle est arrivée visiblement intoxiquée… Je crois que la cocaïne était en cause mais je n’ai évidemment pas pu confirmer. Elle était bruyante… Elle a répondu plusieurs fois à son téléphone cellulaire, elle parlait fort et elle se vantait à ses amis qu’à la session passée, elle dormait dans tous ses cours. Elle tournait frénétiquement les pages de son cahier, griffonnait un peu et effaçait par la suite en faisant le plus de bruit possible. Elle se tortillait sur sa chaise en murmurant (plutôt fort en fait) sans arrêt qu’elle avait envie de pisser. Quand elle ne faisait pas ça, elle fouillait agressivement dans un sac de chips, mâchait bruyamment et lâchait un rot de temps à autres. Sincèrement, ce personnage-là, je n’aurais pas pu l’inventer.

2e cours : Elle dormait et se réveillait par intermittences. À chaque réveil, elle interrompait la prof pour lui demander de répéter ce qu’elle venait d’expliquer. C’était vraiment pas croyable.

Je racontais ça à mes collègues de travail et nous avons tous conclu que ce qui était sûr, c’est que lorsque tu paies toi-même pour tes études, il y a plus de chances que tu prennes le tout au sérieux et que par conséquent, tu n’agisses pas comme l’exemple décrit ci-haut.

D’où mon petit constat baveux d’hier après-midi. Mais je ne voulais surtout pas dire que tous ceux qui se font payer leurs études sont nécessairement des taches de marde!

N’empêche que je peux me permettre de dire que je trouve généralement qu’on développe plus rapidement une certaine forme de maturité quand on a à se débrouiller par soi-même dans la vie que lorsqu’on habite longtemps chez ses parents. Vous pourrez m’obstiner longtemps là-dessus et je ne dérogerai pas.

C’est pour ça que je crois que, d’une certaine façon, les parents moins impliqués rendent autant service que les autres sauf que c’est à un niveau différent.  Je ne suis donc pas d’accord avec la mentalité populaire qui consiste à croire que les parents qui paient les études sont des « bons » et les autres, des « pas bons ».

Voilà pour les clarifications.

Si vous trouvez qu’il y a encore matière à débattre, ne vous gênez surtout pas dans les commentaires.

p.s. : Sinon, j’adore vraiment l’université. Je vous en reparle bientôt! :D

Constat éclair (13)

Par Noisette Sociale, 14 janvier 2010 15:50

Si les parents arrêtaient de payer les études post-secondaires à leurs enfants, peut-être qu’on aurait beaucoup moins de taches de marde dans nos cégeps et universités…

(Un raisonnement plus détaillé suivra peut-être, éventuellement, à ce sujet. Quand j’aurai un peu de temps libre…)

En 2010…

Par Noisette Sociale, 5 janvier 2010 12:35

On a beau être le 5 janvier, il n’est jamais trop tard pour prendre de bonnes résolutions.

J’ai tout réussi pour celles de 2009 mais la barre n’était pas très haute… enfin, encore là, tout est relatif.

Débutons tout d’abord par la résolution que je n’ose pas prendre, soit celle d’avoir une vie sociale plus active. Sincèrement, je ne vois pas comment je pourrais y arriver en travaillant à temps plein et en suivant des cours du soir. Je trouvais déjà qu’avec le travail à temps plein, je n’arrivais pas assez à me retrouver avec moi-même alors… (D’ailleurs, ça je pense que ça va être le drame de toute ma vie jusqu’à la retraite.)

Par contre, je m’engage à faire un plus gros effort à ce niveau-là. Parce qu’il y a du monde que j’aime et que j’ai envie de voir. Je ne sais juste pas comment le gérer.

(Là, j’en viens à me demander si les deux derniers paragraphes ne s’annulent pas…)

Ensuite.

Continuer et/ou maintenir ma perte de poids

Tout le monde me fait remarquer à quel point je maigris depuis quelques mois. C’est génial. Il est certain que je marche plus qu’avant, que je mange mieux et que je mange moins. Par contre, la raison principale est liée de très près à mon avis à mon arrêt du depo provera il y a plus d’un an maintenant. Mon corps commence vraiment à purger cette cochonnerie et ça paraît.

D’ailleurs, par rapport à la perte de poids, je m’engage :

  1. À persister à ne pas me procurer de pèse-personne. Je n’ai jamais vu quelqu’un avoir un rapport sain avec cette machine-là et je n’en ai rien à cirer de savoir combien j’ai perdu depuis un an. J’ai juste besoin de savoir que ma silhouette me convient et quelle taille de vêtements je porte.
  2. À n’adhérer à aucune secte que ce soit. Vous avez bien lu. Je m’adresse à toutes les filles qui s’abonnent à Weight Watcher’s et compagnie : Quand vous me parlez de ça, vous me faites peur. Vous devenez des obsessives-compulsives de la minceur et on en vient à penser que vous faites partie en réalité d’une secte obscure. Libérez-vous!

Écrire

Écrire plus, ici comme ailleurs. J’ai longtemps utilisé cet espace comme un espèce de lieu thérapeutique mais étant donné que je ne suis plus anonyme, il y a plusieurs détails et réflexions que je préférerai garder pour moi.

Je me suis achetée un beau cahier à reliure (trop cher, évidemment) pour me remettre à la rédaction manuscrite. Je le traîne partout avec moi mais je dois vous avouer que jusqu’à présent, il est resté vide. J’ai envie de m’y remettre pour de vrai. Il me manque au moins 4 ans de ma vie en manuscrit et je trouve ça d’une tristesse quand j’ai envie de me replonger dans mes souvenirs. Il n’y a rien de mieux que de tenir un journal personnel pour suivre son évolution. (Ou sa régression, dans certains cas.)

Prendre mes études au sérieux et réussir avec brio

C’est ma dernière chance.

Au cégep, j’ai accumulé plusieurs échecs dans mon parcours en raison d’abandons tardifs. Ma dernière session en informatique n’aura pas fait exception. Je détestais ça à mourir et j’ai manqué de motivation (et de temps) pour faire mes travaux de fin de session et là, je ne parle même pas du cours que j’ai juste arrêté de fréquenter après la date limite d’abandon.

Je ne m’en vante pas, en fait, j’ai extrêmement honte de ça et je me dis qu’en l’écrivant publiquement, ça va peut-être m’aider à ne pas recommencer cette connerie.

Je considère le fait de ne pas avoir de DEC (il ne me manquerait que 4 cours pour avoir celui de sciences humaines, en plus) comme un échec mais en même temps, ce diplôme a tout fait pour que je le méprise alors mon sentiment varie à chaque fois que je m’attarde à ça.

Je me suis inscrite à deux cours à l’UQÀM en tant qu’étudiante libre pour cette session-ci. « Initiation à l’écriture journalistique » et « Questions de méthodes en études littéraires« . Je pense que je devrais aimer ça mais de toute manière, je devrai donner un coup car je ne peux pas me permettre que mon dossier scolaire universitaire ne soit pas excellent.

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Ce plan me semble réaliste tout autant qu’ambitieux.

J’ai bien l’intention de ne pas me décevoir.

Bilan 2009

Par Noisette Sociale, 1 janvier 2010 15:16

J’avais envie de faire un bilan public (probablement parce que je n’ai pas de pudeur) de ma dernière année qui fût largement merdique… mais pas complètement. Je vais m’en tenir à mon univers personnel parce que si je faisais un bilan politique, je commencerais 2010 en déprimant et en me roulant en petite boule sur mon sofa. Donc voilà, pour ceux que ça intéresse…

Résolutions 2009

Je vais commencer par ça parce que j’en avais fait trois ici et j’ai tout tenu avec brio. Remarquez que ce n’était pas trop difficile mais c’est quand même intéressant de voir les objectifs que je m’étais fixé l’an passé et j’écris ça avec un sourire en coin.

  • J’avais dit vouloir m’occuper de mon espace web, l’embellir, le chérir et le mettre à mon image.  (check)
  • J’avais dit vouloir laisser derrière moi l’univers des drogues dures. (check)
  • J’avais dit vouloir m’occuper de mes dents et suivre un traitement d’orthodontie. (check)

Bravo à moi. Je partais de tellement loin que je juge que c’est quand même un bon pas en avant.

Vie sociale 2009

C’est l’aspect qui aura été le plus difficile pour moi pour cette année. Le mot « trahison » sera revenu malheureusement dans mon vocabulaire. J’ai vécu une rupture excessivement douloureuse d’avec ma meilleure amie des 10 dernières années et je commence à être capable de l’évoquer sans avoir le goût de tout casser, ce qui est en soi une amélioration. Pour ce qui est de la boule de douleur qui se forme dans ma gorge par contre, je sens qu’il me faudra patienter encore un peu.

coeur briséAvant la rupture (que je savais prévisible), j’avais déjà commencé à tout remettre en question et du coup, j’ai eu le réflexe défensif de me méfier de tout le monde.

Il y a des gens qui avaient envie de faire partie de ma vie, je l’ai senti… Des gens qui m’apparaissaient de bonne foi et foncièrement sympathiques mais j’étais tellement blessée que j’ai pratiquement perdu confiance en l’humanité au complet, ce qui fait que je me suis coupée de tout. J’ai joué à l’ermite pratiquement toute l’année et ça a évidemment eu des conséquences au niveau social.

J’ai été profondément négligente et sauvage. J’ai vécu dans ma tête. J’ai eu peur.

J’ai supprimé à peu près tout le monde de mon compte Facebook, ce qui était la façon très 2009 de flusher son entourage.

J’ai commencé à remonter la pente à la fin de l’année mais probablement un peu trop tard pour beaucoup.

Je me suis rendue compte aussi que je ne savais toujours pas comment approcher les gens. J’ai constaté aussi que je faisais des crises de panique quand on me présentait à trop de gens inconnus en même temps. Éternelle méfiance… Il faudra déjouer ça en 2010.

Je note par contre une très belle rencontre avec ze réalisateur et une relation naissante qui durera, je l’espère, longtemps.

Vie familiale 2009

En contre-partie, j’ai renoué positivement avec des personnes de ma famille élargie, surtout avec un oncle en particulier. Il faudra remercier la magie des réseaux sociaux pour ça. Je compte entretenir et chérir ce lien.

Avec mes parents, je pense que je me suis beaucoup rapprochée aussi malgré le fait que je ne les ai pas vus beaucoup durant l’année. J’ai eu beaucoup de contacts aussi avec mon frère et je pense que ça lui fait du bien à lui autant qu’à moi.

Je ne peux pas passer à côté de la grosse annonce de 2009 qui me parvint à la fin novembre, à l’effet que mes parents allaient divorcer. Je n’entrerai pas dans les détails, par égard aux parties concernées, mais je dirais que j’ai accueilli la nouvelle assez positivement malgré toutes les épreuves à prévoir par la suite. Je suis confiante que nous ressortirons tous plus fort de ça en tant que famille mais également en tant qu’individus.

Vie professionnelle 2009

Voilà quelque chose d’extrêmement positif.

Je dirais que chaque dur coup dans ma vie personnelle a été suivi d’un bon coup au niveau de ma vie professionnelle et c’est ce qui doit faire en sorte qu’au bout du compte, je sors de tout ça pas trop amochée.

J’ai enfin eu l’impression que je touchais à quelque chose au niveau de mon avenir. J’ai tâté pas mal mais mon futur se dessine tranquillement.

Bibliotheques_et_Ecriture-Libraries_and_Writing3J’ai découvert que l’écriture et les médias sociaux m’habitaient beaucoup plus que je ne le croyais au départ. J’ai partagé l’adresse de ce blogue avec ma gestionnaire dans un élan un peu fou en me disant que le pire qui pouvait m’arriver était que je me plante de façon lamentable et finalement, il en a découlé plusieurs événements heureux. On m’a dit que j’avais du talent et ça fait partie des cadeaux les plus précieux que j’aurai reçus en 2009.

Je vois à l’horizon des possibilités d’avancement. Je ne m’occupe pas pour l’instant de savoir si ça se fera dans un futur proche ou lointain mais ce que je sais, c’est que je suis encouragée dans tous mes projets. Je suis supportée à tous les niveaux et ça fait du bien. Je l’apprécie énormément.

Je suis très satisfaite de mon cheminement jusqu’à maintenant.

Vie estudiantine 2009

Un échec lamentable.

Ça a bien commencé pour se terminer en queue de poisson mais le bon côté dans tout ça, c’est que ça m’aura franchement éclairé sur mes véritables intérêts. L’informatique n’était pas pour moi et c’est dans le cadre d’un projet scolaire que j’aurai découvert que l’écriture était un aspect majeur de ma vie. Je l’ai toujours su à quelque part mais je pense que j’avais peur de le vivre. Ça reste à éclaircir.

Varia 2009

Ma vie amoureuse a été en montagnes russes, un peu à l’image de la dernière année. On a vécu des crises et des bons moments mais au bout du compte, ça aura été pour le mieux. Encore cette année, on ressort de toutes les épreuves encore plus forts que jamais, autant en duo qu’en solo. Je pense bien que moi et le Détracteur, c’est une structure qui est là pour rester. :-)

J’ai eu de beaux projets en général et celui de la conférence aura été un de ceux qui m’aura tiré le plus de fierté. Je récidiverai d’ailleurs le 13 janvier prochain et j’ai déjà hâte.

Au niveau de la santé, je n’ai jamais été aussi malade que durant cette année-là. J’ai attrapé tous les virus possibles et impossibles, y compris probablement la AH1N1 sans compter la traditionnelle gastro du temps des fêtes. C’était franchement pénible.

Au niveau de ce blogue, je suis sortie de mon anonymat et je pense que ça aura finalement été souhaitable à tous les niveaux. J’ai remarqué une amélioration de la qualité des textes et évidemment, ça ne peut qu’être positif.

Au niveau matériel, il faut souligner notre karma de marde légendaire avec les voitures. Je ne sais pas si l’Amoureux en fera un bilan mais ça vaudrait quasiment le détour. Mention honorable aussi à mon micro-ondes qui a décidé de rendre l’âme le 29 décembre pour bien clore l’année.

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Je pense que j’ai fait le tour.

D’ici là, je nous souhaite une belle année 2010 où tout est possible et encore une fois, je suggère le thème de la solidarité pour la qualifier.

On verra bien l’année prochaine si mon voeu aura été exaucé. ;-)

Retour sur la conférence

Par Noisette Sociale, 8 décembre 2009 18:38

Version courte

À un certain moment, j’ai causé un émoi tel que j’ai tiré quelques larmes à l’enseignante qui m’avait si chaleureusement accueillie dans sa classe. Je pense que je peux alors dire que ce fût une réussite.

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Version longue

Je suis vidée.

La conférence que j’ai donnée cet après-midi s’est très bien déroulée. C’était une expérience franchement enrichissante.

bla bla blaÀ priori, je me disais que ça serait facile. Parler de moi pendant 75 minutes m’apparaissait comme quelque chose de presque banal alors que la réalité fût quelque peu différente. Ça doit avoir l’air un peu narcissique dit comme ça mais il faut surtout le voir dans le sens que « mon moi » est nécessairement un des sujets que je connais et que je maîtrise le mieux alors je me disais que ça coulerait tout seul.

J’avais fait un plan sommaire de ma présentation un peu à la va-vite sur une page de calepin et je l’ai approfondi sur mon heure de lunch hier avec mon ancienne gestionnaire. C’est une femme que je respecte beaucoup et elle a l’habitude de donner des conférences dans les universités. Ses trucs m’ont été très utiles!

Je n’étais pas trop stressée par la chose jusqu’à cette nuit, apparemment, car j’ai eu un sommeil agité et je me suis réveillée avec le coeur qui battait la chamade, typique des matinées annonciatrices d’exposés oraux et autres trucs du genre.

Arrivée à l’école, je ne peux pas vous raconter à quel point je me sentais privilégiée d’y remettre les pieds après 6 ans d’absence. L’enseignante est venue m’accueillir et exceptionnellement, elle avait plein d’élèves en « récupération » dans la période dédiée à cet effet alors que normalement, ça ne se bouscule pas aux portes. Elle m’a suggéré d’aller rejoindre Prof dans le local d’informatique car il ne faisait que de la supervision.

De laisser une ancienne comme moi pouvoir se promener librement dans les corridors de son ancienne école secondaire, je pense qu’il n’y a pas de mot approprié pour décrire ça. Pigez dans le champ lexical de « magie ». ;)

J’ai revu mon plan d’exposé avec Prof et éventuellement, nous avons rejoint sa femme (donc l’enseignante) dans un local pour dîner. J’étais tout à fait calme…

… jusqu’à ce qu’il ne reste que 10 minutes avant le début du cours. Et je ne vous parlerai même pas des secondes qui se sont écoulées alors qu’elle me présentait brièvement au groupe!

« Bonjour!
Je m’appelle Noisette Sociale, j’ai 23 ans. Je suis une ancienne de l’école, je travaille en télé… (silence) et je suis mêlée. »

Gros sourire. Eh voilà. C’était parti.

Je ne vous raconterai pas tout ce que j’ai dit parce que ce billet serait interminable (s’il ne l’est pas déjà) mais j’ai vraiment adoré ça.

Je me dois de vous mentionner par contre le moment émouvant.

Il y avait une partie de mon exposé qui était consacrée aux gens qui ont été importants pour moi dans mon cheminement. J’ai mentionné mes parents, des profs du cégep, mes deux plus récentes patronnes… mais j’ai mis beaucoup d’emphase sur Prof.

Job-super-profJ’ai raconté que j’avais connu un prof au primaire qui enseignait le français aux nouveaux arrivants… mais moi, je le connaissais parce qu’il faisait le surveillant dans la cour d’école. Je n’avais pas beaucoup d’amis et je mangeais régulièrement parfois des volées. Souvent, je ne savais pas à qui parler mais lui, il m’offrait toujours une oreille attentive et du support. Je leur ai dit que ce même prof-là, je l’avais retrouvé au secondaire quand j’y suis entrée et qu’il enseignait désormais l’Histoire en secondaire 2. Je leur ai raconté ces cours où il nous lisait des contes de Maupassant, d’autres où on écoutait de la musique classique ou encore ceux où on travaillait sur des poèmes. En-dehors des heures de classe, il était encore là pour m’écouter quand j’en avais besoin et il m’a beaucoup poussée pour que je devienne celle que je suis aujourd’hui. Puis j’ai dit: « Ce prof-là, c’était Prof. »

Je voyais FemmeDeProf derrière qui avait le visage tout rouge et qui essuyait des larmes avec un mouchoir. Elle a eu droit à un « Awwwwwwwww » généralisé. C’était vraiment un beau moment.

Et puis c’est vrai que ça doit être bien d’entendre parler de son homme comme ça.

Pour faire une longue histoire courte, j’ai beaucoup aimé mon expérience. Je renouvellerai probablement l’expérience en janvier avec son autre groupe et j’espère que cette présentation sera encore meilleure que celle d’aujourd’hui. J’ai noté quelques ajustements à faire et je pense qu’il faudrait que je change l’ordre de quelques éléments dans mon plan pour que ça coule mieux mais pour le reste…

Ah oui puis j’ai trouvé ça très drôle de me faire poser plein de questions par des filles qui m’appelaient « maaaadaaaame » et qui me voyaient vraiment comme une référence crédible. En fait, ce n’est pas juste drôle, c’est surtout très valorisant.

J’ai déjà hâte à la prochaine fois, même si j’ai trouvé ça demandant.

J’espère sincèrement avoir d’autres opportunités comme celle-là. C’est vivifiant et je pense que ça leur a été utile… tout autant qu’à moi!

Sur ce.

:D

Conférencière d’un jour

Par Noisette Sociale, 6 décembre 2009 16:53

Il y a longtemps que je voulais vous en parler parce que ça fait partie des trop rares bonnes nouvelles de cette fin d’année mais le temps m’a manqué.

Il y a environ trois semaines, je suis allée souper avec mon ancien prof d’Histoire de secondaire 2, avec qui j’ai gardé un bon contact, comme je le racontais dans un billet rédigé au mois de mai. Il m’a parlé d’un cours que sa femme donne à la même école. J’ai oublié le nom du cours mais en résumé, ça vise à faire explorer le secteur technique de la CSDM aux élèves de secondaire 4. Je pense que ça s’adresse surtout aux étudiantes (car je le rappelle, j’ai fait mon secondaire à une école non-mixte) qui ont plus de difficulté à l’école.

Il m’expliquait aussi que sa femme voulait surtout montrer aux étudiantes qu’il n’y avait pas un seul parcours de bon et que les possibilités étaient infinies afin de se frayer une place sur le marché du travail. Cette année, elle voulait avoir des conférencières dans ses cours qui auraient fait toutes sortes de parcours et qui pourraient témoigner devant sa classe.

Elle a pensé à moi.

Quand il m’a dit ça, ça n’a pas pris une fraction de seconde que je sautillais déjà comme une fillette.

Moi, aller parler pendant 75 minutes devant une classe d’étudiantes de secondaire 4. Quand on sait à quel point j’aime parler devant une classe et que j’ai surtout longtemps songé à devenir enseignante… J’ai vu ça comme une incroyable opportunité humaine et professionnelle.

Je jubilais et je jubile encore.

coyoteJ’ai tellement hâte de les rassurer. De leur dire qu’on va essayer de leur faire peur et qu’il ne faut pas se faire avoir.

Je me rappelle à quel point on nous faisait peur à cet âge-là. On nous mettait de la pression pour faire le bon choix de cours pour l’année suivante. Il fallait prendre le bon profil avec les bons préalables. Parce que si on se trompait, c’est bien connu, on tombait dans un ravin rempli de lave.

Il faudra que je leur parle de l’importance d’avoir des passions. Il faudra que je leur parle aussi des expériences qu’on acquiert sur le marché du travail et comment les mettre en valeurs. Je devrai leur glisser un mot sur l’importance de croire en ses capacités, toujours.

J’ai un parcours vraiment atypique et je pense que c’est un peu pour ça que la femme de Prof m’a choisie : Je n’étais pas vraiment populaire à l’école. À 16 ans, donc à leur âge, je m’impliquais déjà activement au sein d’un parti politique provincial. J’étais première de classe mais je n’ai pas pris le profil sciences malgré tous les profs qui ont tenté de me dissuader sous le prétexte que j’allais rater ma vie. Je suis entrée au cégep, j’ai lâché. J’y suis retournée, j’ai lâché. J’ai travaillé dans toutes sortes de domaines. J’ai essayé de retourner au cégep en informatique et finalement, je me suis trompée. J’ai maintenant un bon emploi dans un domaine convoité et tout récemment, on m’a fait plein de propositions intéressantes, la plupart reliées à ce blogue, entre autres. Pourtant, je n’ai pas de DEC. J’entre à l’université en janvier comme étudiante libre en ne sachant pas où ça va me mener. C’est encore flou.

Bref, je pense que ça démontre bien que ce n’est pas la fin du monde si on ne choisit pas tout de suite le bon programme pour faire son cégep en 2 ans et son université en 3 ou 4 ans. Tant mieux pour ceux et celles pour qui ça se passe comme ça… ça cause peut-être un peu moins de maux de tête et de réflexions existentielles… ;)

Il y a tellement de choses que je veux leur dire.

Il faut que je leur raconte d’où je viens parce que c’est important.

Vous savez que dans ma classe, à l’école primaire, je suis une des rares qui n’a pas eu d’enfant à 17, 18 ou 19 ans? Ce n’est pas un jugement, c’est juste que ça parle beaucoup…

Je ne viens pas d’un milieu idéal. Mais j’ai eu de très bonnes influences. Dont Prof.

Oui, il faudra que je glisse un mot sur Prof. Parce que ça, c’est important.

Ouf, tellement tellement tellement de choses.

J’espère que ça sera une réussite.

On s’en reparle.

P.S. : Comment on s’habille pour aller parler devant une classe? Jeans, t-shirt de Megadeth avec veston par-dessus? HA HA HA

J’ai retrouvé mon sourire

Par Noisette Sociale, 4 novembre 2009 19:33

Tout à l’heure, mon prof de « Fonctions de travail » m’a kidnappée pour m’amener dans le corridor pour me dire que ce que j’avais accompli pour le projet portes ouvertes avait été le meilleur travail qu’il avait eu la chance de corriger en 15 ans d’enseignement.

Il m’a aussi dit que j’avais une très belle plume et que ma place était dans une université. Le bien que ça m’a fait d’entendre ça…

Je ne reproduirai pas ici la conversation que nous avons eu car il s’agit de quelque chose de trop beau pour que j’aie envie de le partager.

La conclusion de l’entretien par contre fût émouvante et je l’écris ici pour être sûre de ne jamais l’oublier.

Lui :  « Madame, je me sens très choyé de vous avoir eu comme étudiante dans ma classe.

Moi : – Monsieur, sachez que je me sens aussi très choyée de vous avoir eu comme professeur. »

Je pense que j’ai fait le plein de tapes dans le dos pour cette année.

Il me reste maintenant à agir.

Message aux jeunes libéraux

Par Noisette Sociale, 29 septembre 2009 11:39

C’est assez rare que je m’adresse à vous mais hier soir, en regardant Les grands reportages, à RDI, j’ai ressenti l’urgence de vous écrire.

Vous m’accuserez de tous les maux, de démagogue même, peut-être le pire d’entre tous… mais je n’en ai cure.

C’est qu’hier, le grand reportage en question parlait des enfants sorciers, en Afrique subsaharienne. Je ne connaissais pas le phénomène mais une partie de mon moi désabusé n’était pas surprise. C’est que là-bas, la sorcellerie a été remise au goût du jour. Sauf que maintenant, au lieu d’accuser les vieillards, on s’en prend aux enfants. (Remarquez que ce n’était pas vraiment plus intelligent de s’en prendre aux vieillards, comprenez-moi bien.)

Dans les familles qui sont touchées par la maladie ou par un malheur quelconque, on accuse maintenant un enfant d’être à l’origine de ce malheur. Il y a des cas où, dans l’espoir de guérir un aîné, on va maltraiter un jeune. Je n’ai pas envie de faire l’étalage de tous les sévices qui peuvent être faits à ces enfants, c’est que j’ai le coeur sensible et vous aussi, je n’en doute point. D’ailleurs, je n’ai pas eu le courage de visionner le reportage jusqu’à la fin, ma poitrine me faisait mal à force de se resserrer.

On a vu qu’en République Démocratique du Congo (vous ai-je déjà dit à quel point ça me faisait pleurer, ces pays qui osaient inscrire « démocratique » dans leur nom?), il y avait une sorte de village où plus de 40 000 enfants étaient laissés à eux-mêmes, tous accusés de sorcellerie. La rue était leur nouvelle maison.

On a vu aussi des espèces d’églises qui prétendaient administrer des cures miracles pour guérir ces enfants de la sorcellerie. On exigeait plus du double, parfois même du triple, du salaire mensuel d’une famille pour guérir un enfant de ce mal imaginaire. Je pense que vous pouvez deviner comme moi que ces traitements prennent souvent la forme de récits d’horreur, plus souvent qu’autrement.

Vous devez vous demander où je veux en venir avec mes histoires d’enfants sorciers.

Je vous le donne en mille : Les ravages du manque d’éducation à travers le monde.

C’est sûr que je pourrais vous parler de pauvreté, aussi. Mais vous ne trouvez pas que c’est toujours un peu inter-relié?

J’étais fâchée contre vous en fin de semaine. Je regardais tranquillement mon bulletin de nouvelles et j’ai appris que vous militiez farouchement au sein de votre parti pour imposer des nouveaux droits de scolarité au collégial.

Mais pourquoi? Pour rehausser les finances du Québec?

Si on laisse de côté à peu près tous les éléments relatifs à une hausse frais reliés à la scolarité, ça pourrait peut-être faire un peu de sens. Du moins temporairement.

Sauf que voyez-vous, pour moi l’éducation n’est pas quelque chose avec laquelle on peut jongler au gré du vent.

J’aimerais tellement ça pouvoir vous convaincre de l’importance de l’éducation pour une société. J’aimerais ça vous faire voir à quel point une population plus éduquée, ça peut être stimulant pour l’économie d’un État. (Puisque vous aimez beaucoup l’économie.) J’aimerais vous faire un discours sur les bienfaits d’une éducation accessible à tous, peu importe la grosseur du porte-feuille.

Peut-être même qu’on pourrait parler un peu des problèmes, par contre, avec notre système d’éducation. On pourrait peut-être parler du niveau de notre système, de notre peur de faire de la peine à ceux qui échouent. On pourrait aussi parler de notre manie de vouloir diplômer tout le monde. Ça, on pourrait, ça me ferait plaisir.

Sauf que pour l’accessibilité, je resterai intraitable. Je vois les ravages partout dans le monde de la non-accessibilité à une éducation de qualité. Je suis certaine que votre but n’est pas qu’on se retrouve comme en Afrique, avec les problèmes que l’on connaît. J’aurais de la difficulté moi-même à imaginer ça au Québec. N’empêche qu’il faut se rappeler que si on pousse une certaine logique à l’extrême, c’est ça qui pourrait peut-être se produire.

Je ne sais pas comment conclure tout ceci. J’en aurais tellement à dire encore. Mais j’ai envie de vous rappeler, pas juste à vous mais à tous mes concitoyens en général, que l’éducation et l’intellectualisme, ce n’est pas une maladie. C’est plutôt bénéfique pour une société.

Au plaisir.

Thème Panorama par Themocracy