Quand on fait tout à l’envers…
À 24 ans, je peux déjà dire que j’ai un CV respectable.
À 19 ans, j’étais déjà entrée dans le cycle du travail à temps plein à essayer tant bien que mal à continuer d’étudier. Bon, ça a donné plus de mauvais résultats que de bons, comme on pourrait s’y attendre.
À 21 ans, je me magasinais un emploi étudiant et je suis tombée sur une offre d’emploi à temps plein dans la grande tour qui me semblait fort prometteur et j’ai sauté dessus sans hésiter même si je n’avais pas les qualifications demandées. J’ai passé les tests haut la main et j’ai eu l’emploi tant convoité. Depuis, j’ai fait mes classes et j’ai eu quelques promotions.
Puis je me suis ramassée dans le secteur des communications sans faire quoi que ce soit réellement lié au domaine et je me suis mise à rêver. Je convoitais des postes et on me disait que j’avais le talent et toutes les chances du monde de mon bord mais dans les faits, j’avais un handicap certain.
Le domaine des communications est un peu élitiste et ne vous méprenez pas, je l’écris sur le ton du constat. Sans diplôme universitaire dans cette discipline ou dans un autre champ connexe semble insécuriser les recruteurs potentiels même si votre expérience professionnelle ou personnelle pourrait démontrer une capacité à relever le défi.
Une partie de moi regrettait déjà de ne pas avoir connu l’université comme j’en ai tant entendu parler. Parce que c’est vrai qu’il existe les cours du soir mais le concept de vie étudiante est complètement abstrait quand on choisit cette option et moi, c’est quelque chose qui me dérange. J’aimerais moi aussi pouvoir dire que j’ai des amis fantastiques que j’ai rencontré à l’université avec qui j’ai fait les 400 coups.
J’ai aussi l’impression que je ne suis pas à un âge où il est normal de cogner des clous dès 21h30. Je me sens trop adulte quand je n’ai plus envie de faire quoi que ce soit le vendredi soir car j’ai ma semaine dans le corps et que je somnole devant ma télé à partir de 20h.
Je mène une bonne vie mais j’ai l’impression que c’est trop tôt. Que je suis en train de passer à côté de quelque chose.
Je retourne sérieusement à l’école à l’automne et c’est là que ça se complique. J’avais toujours cru que de tout avoir fait à l’envers pouvait être une force et un avantage certain.
Je suis non-négociable en ce qui concerne mes horaires de cours. J’ai un cours de soir et deux cours de jour qui sont prévus à mon horaire d’automne et j’y tiens. Ça ne bougera pas. Parce que si je commence à faire des concessions là -dessus, c’est complètement foutu. Si je continue pendant une année de plus à avoir un salaire régulier à temps plein, je ne voudrai jamais retourner à l’école. Car on s’habitue vite au confort matériel, mental et financier que cela procure.
J’ai postulé sur une typique job étudiante à l’interne qui me branchait au plus haut point. Je savais que c’était à temps partiel et c’est en plein ce qu’il me fallait. Un horaire à temps partiel sur mesure pour l’étudiante que j’étais et tout en flexibilité.
J’ai eu des nouvelles hier et pour résumer, ma candidature n’a pas été retenue car j’étais trop qualifiée pour le poste.
Je respecte entièrement la décision mais je dois dire que ça m’a ébranlée.
Je suis tout à fait prête psychologiquement à gagner moins cher, à avoir des horaires moins intéressants et à occuper un typique emploi d’étudiante universitaire. Si je peux avoir quelque chose de stimulant, dans mes cordes avec un horaire sur mesure, ça serait génial mais je suis prête à faire énormément de concessions.
J’ai envie de vivre une vraie vie d’étudiante typique avec tout ce qui vient avec. Je le répète : Je suis prête à faire face à la musique.
Mais là j’ai peur de recevoir d’autres réponses comme celle-là : « Désolée mais nous avons jugé que tu étais trop qualifiée pour ce poste. »
C’est flatteur mais je ne pensais pas que j’en étais déjà rendue là .
Je ne veux pas avoir l’air de me plaindre parce que je suis tout à fait consciente qu’il y a des situations pires que la mienne. Ne vous méprenez pas.
N’empêche, j’aimerais bien être capable de me trouver un emploi d’étudiante pendant l’université.
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Évidemment, c’est toujours quand je prends des grosses décisions comme celles-là que toutes les jobs de ma vie décident d’apparaître dans mon écran-radar. Je postule quand même en espérant qu’on accommodera mon horaire. Sait-on jamais!
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Ceci étant dit, je ne peux pas dire que je regrette mon parcours car c’est seulement cette année que je commence à avoir une idée plus précise de ce en quoi j’ai envie d’étudier et ce en quoi j’ai envie de travailler. À suivre…



À priori, je me disais que ça serait facile. Parler de moi pendant 75 minutes m’apparaissait comme quelque chose de presque banal alors que la réalité fût quelque peu différente. Ça doit avoir l’air un peu narcissique dit comme ça mais il faut surtout le voir dans le sens que « mon moi » est nécessairement un des sujets que je connais et que je maîtrise le mieux alors je me disais que ça coulerait tout seul.
J’ai tellement hâte de les rassurer. De leur dire qu’on va essayer de leur faire peur et qu’il ne faut pas se faire avoir.





