Catégorie : Enjeux et débats

Vie de meuf

Par Noisette Sociale, 5 août 2010 11:06

On connaissait déjà Vie de Merde.

Aujourd’hui, je vous présente Vie de Meuf qui est une initiative du réseau Osez le féminisme. J’ai découvert ça il y a une semaine ou deux et je suis estomaquée depuis, à raison de plusieurs fois par jour, par les anecdotes que je peux y lire.

Voici un échantillon pour vous donner une petite idée :

Petite mais très sportive, j’ ai 17 ans quand je décide de postuler au job d’été de rêve : balader des touristes dans des barques. J’arrive à l’Office du tourisme avec ma lettre de motivation. On me rit au nez  » Mais attendez, nous on veut de solides gaillards  » Mon frère, véritable loque de canapé toujours scotché devant son PC a quant à lui décroché le même poste cette année, sans même avoir besoin de se déplacer.#viedemeuf

Aujourd’hui, dernier jour de stage en traduction. Je fais donc le bilan avec mon boss. Nous discutons de mon projet professionnel. Et là il me dit : « C’est mieux d’être traducteur free lance avant d’être chef de projet pour se lancer. Et puis bon, pour vous, en tant que femme, je veux dire, c’est plus simple, on travaille chez soi, on s’occupe de ses enfants, En attendant que votre mari rentre à la maison le soir, vous pouvez s’occuper en faisant des traductions ! »
Je ne vais pas trop regretter ma boîte… #viedemeuf

J’apprends durant mon stage que je dois participer à une réunion importante et je passe 2 jours à étudier le dossier à fond. Confiante, je m’y rends accompagnée d’un autre stagiaire à qui j’ai proposé de venir pour écouter. Sauf que pendant une heure, ce n’est pas à moi mais à lui que tout le monde s’adresse, malgré son embarras et son insistance pour dire qu’il n’y connaissait rien! #viedemeuf

Je suis médecin, je remplace un confrère en cabinet médical.
Appel d’un patient : « Quoi ? Le Docteur F. est parti en vacances !
Sans attendre le résultat de mes examens ! Et en plus, sa remplaçante est une femme ! »
Je jette un Å“il à son dossier : il est élu municipal sur la liste socialiste… #viedemeuf

Ayant fini première commerciale le mois dernier, loin devant mes collègues en majorité masculins, je reçois un appel d’un d’entre eux :  » Mais comment t’as fait ? J’veux dire, t’es qu’une fille! #viedemeuf

Le jour de ma soutenance de mémoire de master, je portais une chemise et un pantalon. La première phrase d’un des professeur qui composait mon jury a été « Vous auriez quand même pu vous habiller plus sexy! » #viedemeuf

Je pourrais continuer longtemps comme ça. Il m’a été difficile de faire une sélection car toutes les anecdotes sont plus scandaleuses les unes que les autres.

Mon premier commentaire sur le site était un peu naïf. Je ne me rappelle plus sur quel billet je l’ai fait et puis il y a dû en avoir au moins 200 autres depuis mais en gros, je m’étonnais de la grosse disparité qu’il semblait y avoir entre la France et le Québec. Parce que c’est bien connu que le machisme est encore mieux toléré là-bas qu’ici.

N’empêche, je serais curieuse de faire l’expérience ici. Si on ouvrait un site de ce genre, je me demande si on récolterait autant de témoignages par jour. Parce que bien que je crois personnellement (sans preuve empirique, remarquez) que le problème est moins présent ici, force est d’admettre que la misogynie est loin d’être enrayée sur notre territoire. D’ailleurs, il ne faut pas chercher bien loin la raison première qui me motive à poursuivre des études au sein du certificat en études féministes : J’ai moi-même été élevée en partie par un misogyne alpha qui mériterait un doctorat honorifique dans ce domaine.

Pensez-vous que le phénomène est aussi présent ici?

Peut-être est-il plus sectorisé?

Suis-je naïve?

[Cette réflexion sera appelée à être poursuivie plus tard.]

In your face

Par Noisette Sociale, 28 juillet 2010 10:56

La scène se déroule à l’intérieur d’un commerce bien connu pour vendre des beignes et du café. Elle met en vedette deux protagonistes principaux,un figurant et une observatrice (moi-même). On va les appeler Quidam, Ned et Ti-Cul.

Ned est, semble-t-il, un individu qui a l’anglais comme langue maternelle. Ça fait plus d’un an que je lui jase de ce que je mets dans mon café à tous les matins (ou presque) et je ne m’en étais jamais douté.

Ti-Cul, c’est le petit nouveau dans l’établissement.

Quidam, c’est le client qui était de mauvaise humeur ce matin.

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J’attendais sagement que l’on prépare mon bagel blé et miel avec beurre et fromage à la crème s’il vous plaît quand j’ai entendu Quidam faire le mariole et insulter mon Ned préféré. Ned l’ignora superbement et l’anecdote aurait pu se terminer ici.

Ti-Cul tente maladroitement une stratégie de complicité et d’intégration vis-à-vis Ned en lui baragouinant quelque chose d’incompréhensible dans la langue de Shakespeare.

Je lève les yeux au ciel et je soupire de façon presque imperceptible.

Et Ned de lui répondre sèchement :

« Pourrais-tu me parler en français s’il te plaît? Parce que je n’ai rien compris de ce que tu m’as dit. »

Et vlan!

J’ai quitté l’établissement quelques instants plus tard avec le sourire aux lèvres en me demandant tout de même : Combien de Ned ça va prendre pour rappeler aux Ti-Culs de ce monde que le français est non seulement la langue officielle du Québec mais également la langue de travail?

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Parce que je sens que je devrai le préciser : Oui je parle anglais. Je suis presque parfaitement bilingue (à l’exception de l’accent) et j’ai eu beaucoup de plaisir à pratiquer ma langue seconde aux États-Unis cet été.  ;)

Un mot sur Shell… et plusieurs autres sur mes principes

Par Noisette Sociale, 21 juillet 2010 11:33

Merci à mon vieil ami Richard pour l’inspiration.

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Je n’adhère pas au vieil adage qui encourage la paresse intellectuelle, le manque de réflexion et ce que j’appellerais le syndrome Eichmann (dans les cas extrêmes) qui dit : « Une job, c’t'une job. »

Je suis une jeune femme de principes et je pourrais vous énumérer une longue liste d’entreprises ou de types d’entreprises pour lesquelles je ne travaillerais jamais, question d’être en parfaite cohésion avec moi-même.

Par exemple, on ne me verra jamais faire du lobbyisme pour le pétrole, les marchands de cigarettes ou les armes à feu. Je ne travaillerais pas chez Wal-Mart (comme je n’y mets pas les pieds, jamais) même si j’étais dans la misère et que c’était ma seule porte de sortie. Et même si on m’offrait une fortune pour travailler pour une centrale nucléaire ou pour une raffinerie de pétrole, je passerais mon tour sans hésiter un seul instant.

Je pourrais continuer longtemps comme ça.

Tout ça pour en arriver avec l’annonce de la fermeture de la raffinerie Shell à Montréal-Est et les remous que cette annonce a créé où les répercussions se sont faites sentir jusqu’à la Chambre des Communes.

La FTQ avait lancé un appel au boycott de Shell et c’est dans cette optique que ma mère m’avait demandé, en bonne syndicaliste, il y a deux ou trois semaines:

« Puis, est-ce que vous boycottez les stations Shell? »

Et moi de répondre que non seulement je ne boycottais pas mais qu’en plus, je me réjouissais de cette annonce de fermeture.

Évidemment, il a fallu que je m’explique car je me faisais déjà passer un savon par rapport aux nombreux emplois qui allaient être perdus suite à cette annonce.

Je suis moi-même syndicaliste et je comprends tout à fait la FTQ, car c’est son mandat, de se battre pour préserver ces emplois. Je suis consciente que l’on parle de beaucoup de personnes qui font généralement de bons salaires et qu’une situation de perte d’emploi n’est souvent pas chose facile.

Par contre, je pense qu’il faut voir le problème sous un angle un peu moins émotif et se questionner sur l’impact qu’ont les raffineries de pétrole pour la qualité de vie des citoyens.

Je ne sais pas si vous êtes déjà passés à Montréal-Est où il y a ces raffineries mais sachez que l’air y est irrespirable. Tout est contaminé et le taux des asthmatiques dans l’est de la ville a augmenté de façon alarmante.

Montréal-Est est probablement la ville la plus laide qui puisse exister au Québec en raison de ces raffineries qui enlaidissent le paysage de la rue Sherbrooke à la rue Notre-Dame.

Cette fermeture est, à mon avis, un premier pas dans la bonne direction si on se soucie le moindrement des impacts environnementaux.

La vague de voitures électriques va se déverser bientôt sur le Québec et ailleurs et je suis très heureuse de vous annoncer, pour ceux qui ne le savaient pas déjà, qu’Hydro-Québec prévoit, dès 2011, commencer à installer des bornes électriques dans la province en prévision de ces nouvelles automobiles.

L’avenir est aux voitures électriques et aux énergies alternatives alors on devrait en profiter pour amorcer la mise à jour dès maintenant. La fermeture de la raffinerie aura certainement des impacts économiques mais on sera certainement capables de les contrer avec un peu d’imagination, de créativité et de modernité.

Vivement que l’on démolisse ces horribles installations et je souhaite de tout coeur que les employés mis à pied puissent se replacer ailleurs, de préférence au sein d’une industrie plus propre.

Quelques citations de circonstance

Par Noisette Sociale, 1 juillet 2010 10:32

Si les Québécois connaissaient leur histoire, ils seraient souverains depuis longtemps!

- Marcel Tessier

Quand une société cherche pendant aussi longtemps le moyen de se réaliser et le trouve finalement au-dedans d’elle même, il m’apparaît bien peu probable qu’on puisse la détourner de son but.

- Jacques Parizeau

Pour entrer en relation avec l’autre, il faut d’abord être soi-même.

- Boutros Boutros Ghali

L’indépendance ne nous rendra pas meilleurs ou pires que les autres, elle nous permettra simplement d’être comme les autres peuples et de témoigner de nos valeurs à l’échelle universelle.

- Denis Monière

Tous les colonisés du monde et de l’Histoire se sont fait dire que leur affranchissement les conduirait à la ruine et au marasme social.

- André Langevin

Nous, indépendantistes, nous aspirons à l’internationalisme mais nos adversaires annoncent qu’ils veulent nous provincialiser de plus en plus.

- Pierre Bourgault

Le Québec fait partie du Monde, et le Monde est à l’heure des choix.

- Christian Maltais

Une langue qui ne s’appuie pas sur une base politique territoriale solide est appelée à se folkloriser et à se marginaliser en tant qu’instrument social commun de communication. Il serait peut-être temps que les Québécois francophones décident une fois pour toutes s’ils forment un peuple normal et décident d’agir en tant que tel.

- Rodrigue Tremblay

Dans notre pays, mettre les deux langues sur le même pied équivaut à mettre les deux pieds sur la même langue.

- Joseph Hanse

L’histoire de la Confédération canadienne, c’est la série lamentable de nos déchéances et de nos défaites par la fausse conciliation.

- Henri Bourassa

On ne peut pas être vingt-cinq pour cent de quelqu’un d’autre.

- Gaston Miron

De tous les peuples colonisés, le pire est celui qui achète volontairement les chaînes de sa propre servitude.

- Jean-Louis Pérez

Il est préférable d’être des amis séparés que des conjoints ennemis. Car le fond du problème canado-québécois, c’est bien ça. Ça a toujours été ça. Et ce sera toujours ça. La cohabitation forcée, ce n’est pas la solution, c’est le problème.

- Doris Lussier

Tant que l’indépendance n’est pas faite, elle reste à faire.

- Gaston Miron

L’indépendance, ce n’est pas une récompense, c’est une responsabilité.

- Pierre Bourgault

Justement, la souveraineté du Québec est, de toutes les options, la seule qui n’a pas encore été essayée.

- Joseph Facal

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Vous pourrez retrouver ces citations et bien plus encore dans le livre « Le petit livre des citations indépendantistes » d’Erick Frappier, aux éditions Trois-Pistoles.

Le travail est un sujet tabou

Par Noisette Sociale, 28 juin 2010 11:05

On va se dire les vraies affaires : Vos anecdotes de travail, à moins d’être vraiment absurdes et/ou complètement éclatées, ne m’intéressent pas. Particulièrement si vous travaillez dans un bureau.

Je tiens probablement ça de mon père. Lui, dès qu’on commence à parler du travail, il soupire et il lance : « Osti, on pourrait pas parler d’autre chose? » Lui, ce qui l’intéresse, c’est si on aime ce qu’on fait. Si ce n’est pas le cas, on a juste à changer et voilà un autre problème de réglé.

Je me rappelle, il y a quelques années de ça, quand ma mère a décidé de retourner sur le marché du travail après une pause de près de 20 ans. C’est tombé à peu près en même temps que mon père qui débutait un long congé de maladie qui s’est transformé en invalidité. Elle redécouvrait les joies d’avoir une vie sociale et professionnelle et chacun de nos soupers familiaux était le théâtre de chaque péripétie de la journée de travail passée. Son enthousiasme était plus que compréhensible compte tenu des circonstances mais je pense, sans vouloir être méchante, que c’est cette année-là que le travail a été brûlé pour de bon dans la liste des sujets de conversation qu’on peut avoir avec moi.

Pour ma part, j’essaie d’en parler le moins possible parce que je suppose que ce que je fais entre 9h et 17h et avec qui j’ai ri près de la machine à café vous emmerde tout autant.

Malgré tout, ma tendre moitié persiste à m’entretenir de ce sujet honni.

Je connais tous ses collègues de travail par leur p’tit nom sans même les avoir rencontrés. Je connais les marches à suivre pour à peu près n’importe quelle demande.

Je sais que si je lui demande s’il peut prendre deux journées de congé à quelque part au mois d’août, je n’aurai pas droit à un simple : « Je vais voir si c’est possible. »

J’aurai plutôt droit au long exposé et à l’autre démonstration que malgré le fait qu’il travaille dans le privé, tout est 100 fois plus compliqué qu’au gouvernement.

« Il faudra que je demande à A qui en parlera à B qui en glissera un mot à C. Ensuite, C, D et E vont se rencontrer dans un bureau pour en discuter avant d’envoyer ça par écrit au comité d’approbation et au bout de tout ça, A devrait me revenir avec la réponse. »

Putain de merde.

Pour chaque demande, c’est toujours aussi compliqué sinon plus et ensuite il se demande pourquoi je lève les yeux au ciel dès qu’il débute son baratin.

Je sais que pour la plupart des gens, c’est normal de discuter de sa journée de travail à l’heure du souper. Après tout, on passe généralement près de 40h par semaine au boulot. Probablement bien plus que le temps qu’on passe à la maison si on oublie le temps qu’on y dort.

On devrait faire une révolution et transformer toutes nos heures de travail en visites au musée, dans des expositions, dans des spectacles culturels divers, dans des sorties éducatives, n’importe quoi. Puis je prescrirais la lecture du journal à ceux qui seraient déjà en panne d’inspiration.

Là, on aurait des choses intéressantes à se raconter!

Mort au travail!

:-P

C’est pas pour être parano mais…

Par Noisette Sociale, 14 juin 2010 11:00

La plupart du temps, j’aime vivre à mon époque. J’aime mon MacBook, les nouvelles technologies et toutes les nouvelles façons de communiquer. Le web 2.0. Puis le blogue qui m’a fait découvrir un monde infini de possibilités.

Mais il y a certains petits détails qui me font détester mon époque. Je ne sais pas si ça va s’estomper ou empirer avec le temps.

Anecdote : Hier, en fin d’après-midi, j’étais à la maison. Dans mon salon plus précisément. J’avais enfilé de magnifiques shorts en coton ouaté (pas gris par contre parce qu’il y a quand même des limites!) et une camisole à la coupe qui laissait à désirer. L’Amoureux, me trouvant probablement belle en toutes circonstances, m’offre gentiment d’aller lire sur le balcon qui a pignon sur rue.

Extrait de conversation:

Moi : Ah non, si on va sur le balcon, je vais aller me changer.

Lui : Tu vas quand même pas aller te changer juste pour aller lire sur le balcon??? T’es bien correcte comme ça!

Moi : Je n’ai pas envie de prendre de chance d’être prise en photo par le biais d’un téléphone cellulaire et de me ramasser sur un des trop nombreux sites où tu peux rire du monde mal habillé.

Lui : Ouin…

Je hais notre époque parce qu’elle encourage, peut-être malgré elle, l’imbécilité. Les gens prennent tout en photo avec leur téléphone cellulaire sans penser plus loin que le bout de leur nez. On commercialise la méchanceté.

Je pense entre autres à un blogue qu’on a probablement tous visité un jour ou un autre qui s’appelle « People of Wal-Mart ». (Je ne mets pas le lien parce que.) On y trouve des photos de gens qui ont été prises à leur insu dans un Wal-Mart où ils affichent un look vestimentaire qu’on pourrait qualifier de douteux. Mais de quel droit ?

Je hais notre époque car elle encourage la délation à outrance.

Les populistes de droite (pléonasme!) nous ont tellement entré dans la tête que tous les travailleurs du secteur public sont des paresseux qu’on se lance dans une espèce de chasse à l’homme. On essaie de trouver ceux qui dorment, ceux qui ont l’air de se tourner les pouces et ceux qui jasent un peu trop longtemps près de la machine à café et on les prend en photo à leur insu. Il semblerait qu’il existe un site dédié à ce genre de photographies à Toronto.

Ah oui, vous allez me dire que lorsqu’on est irréprochable en tout temps et en toutes circonstances, on ne devrait rien craindre. Jusqu’à ce que vous sortiez les poubelles en catimini un vendredi matin avec un pyjama aux couleurs discutables.

Je hais notre époque car la notion de respect devient de plus en plus floue.

Je me rappelle d’une époque pas si lointaine où quand je voyais un bonhomme en train d’arroser son asphalte avec des bas dans ses sandales, je me contentais de lever les yeux au ciel. Je ne le prenais pas en photo cachée derrière un arbre.

Je me rappelle d’une époque où quand je voyais des gens se battre en pleine rue, j’appelais les secours. Je ne les filmais pas pour aller mettre le vidéo sur YouTube.

Je me rappelle d’une époque où quand je voyais le changeur du métro somnoler un peu, j’esquissais un sourire et je me mêlais de mes affaires. Je n’envoyais pas sa photo à la STM.

Nous avons des outils absolument fantastiques à notre disposition. Il suffit simplement de réapprendre à les utiliser à bon escient.

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Il se pourrait que vous ayez trouvé un peu de mauvaise foi dans ce texte. ;)

Féministe

Par Noisette Sociale, 3 mai 2010 11:47

C’était il y a un an ou deux, je ne le sais plus exactement. Je suis très mauvaise avec les indices de temps.

Il y avait Laurence qui me passait en entrevue en tant que blogueuse pour son doctorat qui porte sur les blogues personnels féminins québécois.  Elle m’a demandé depuis combien de temps je bloguais, quelles étaient mes motivations, quels étaient mes thèmes centraux, etc. On a couvert un large éventail de sujets dans lesquels je me sentais à l’aise… Arrive alors vers la toute fin une question. Je ne me rappelle plus de la formulation exacte mais c’était quelque chose comme :

« Quelle place occupe le féminisme pour toi en [année]? »

Ou c’était peut-être plus simple encore : « Te considères-tu féministe? Pourquoi? »

Je me souviens que j’ai figé. Littéralement. J’ai dû cafouiller une niaiserie légendaire. Je ne sais pas ce que j’ai répondu exactement mais je me rappelle très bien qu’au fur et à mesure que je répondais, j’avais honte de moi-même, honte de ne m’être jamais posé la question, honte de ne pas avoir développé d’opinion sur le sujet. J’ai eu honte au point de ne pas avoir osé lire cette partie de la transcription d’entrevue qu’elle m’a envoyé par la suite.

Pour une fille qui se prétendait conscientisée, c’était vraiment pas fort.

Heureusement, je ne me suis pas arrêtée au simple fait d’avoir honte et j’ai décidé d’en parler avec des gens autour de moi. Ça n’a pas été long que je me suis rendue compte que j’étais féministe convaincue avant même de le savoir. Que dans le fond, pour moi, ça allait de soi.

jsf_badge_125Je me suis abonnée à l’excellent blogue collectif « Je suis féministe » et je suis une fan finie. Ces filles-là abordent à peu près tous les sujets avec une plume sensible et intelligente.  J’aime particulièrement les billets qui portent sur des anecdotes du quotidien qui nous démontrent à quel point, mine de rien, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour les femmes dans notre société.

J’ai commencé à affirmer haut et fort que j’étais féministe. Je n’ai pas honte du terme, d’ailleurs, je me suis toujours demandé pourquoi ce mot avait trop souvent une connotation négative dans l’imaginaire collectif.

Mon coming-out (un autre!) a bien sûr amené à mon moulin quelques autres sources de découragement. Comme par exemple, quand j’affirme que je suis féministe devant une autre femme et que celle-ci me répond la fameuse phrase toute faite entendue trop souvent et dont je cherche encore l’origine :

« Ouin ben le mouvement féministe a du bon mais il a nui pas mal, aussi, des fois. »

Là, je réponds : « Ah oui? As-tu un exemple de la façon dont ça a nui? »

Silence radio. Parfois, elle tente de se rattraper en disant : « Je n’ai pas d’exemple là, là… mais il me semble que. »

D’accord.

Il y a aussi un type de discours qui m’indifférait alors et que je trouve franchement insignifiant aujourd’hui. Comme par exemple, quand un commentateur sportif est invité à l’émission « Tout le monde en parle » et qu’il dit de façon quasi-larmoyante que les pauvres hommes québécoise ont été castrés par le mouvement féministe et qu’à cause de ça, ils sont complètement perdus aujourd’hui.

Ou plus aberrant encore : Quand on sous-entend que si les garçons ont plus de difficulté à l’école aujourd’hui, c’est à cause des féministes.

Je ne sais pas pourquoi mais au Québec, on a souvent tendance à croire que tous les combats sont contre quelque chose plutôt que pour une chose. Que les souverainistes se battent contre les Anglais plutôt que pour la cause. Ou que les féministes se battent contre les hommes plutôt que pour le droit des femmes à l’égalité.

Quand on dit que les femmes gagnent encore souvent moins cher que les hommes, c’est une réalité.

Quand on dit qu’il y a des employeurs qui hésitent à engager des femmes dans une certaine tranche d’âge de peur qu’elles tombent enceintes, c’est une réalité.

Quand on dit qu’il n’y a aucun droit d’acquis, c’est une réalité. Il n’y a qu’à suivre l’actualité pour voir que le droit à l’avortement est loin d’être quelque chose d’acquis par le temps qui courent pour s’en rendre compte.

Peu de femmes à qui j’ai parlé dernièrement savent que le Québec a été la dernière province canadienne à accorder le droit de vote aux femmes. C’était en 1940…

Je vous annonce fièrement, pendant que nous y sommes, que je débuterai à l’automne un certificat en études féministes. Je pense qu’on aura l’occasion de s’en reparler. J’ai tellement hâte qu’en écrivant ces lignes, j’en ai des frissons. Je sens que c’est le plus beau cadeau que je pouvais m’offrir à cette période de ma vie.

À suivre… ;)

Une commission d’enquête sur la nomination des juges?

Par Noisette Sociale, 13 avril 2010 18:49

J’ai toujours dit que Jean Charest était un homme intelligent.

Ce matin, il réagissait, en conférence de presse, aux propos de Marc Bellemare qui avait fait des révélations-choc à l’excellent journaliste Alain Gravel au sujet du trafic d’influence qui règne au sein du PLQ. Jean Charest a très bien joué son rôle de politicien soit disant intègre en disant que ça le « blessait énormément » et qu’il allait recommander, dès demain, une commission d’enquête publique sur la nomination des juges lors de son conseil des ministres.

Je n’ai rien contre la commission d’enquête mais on sait très bien qu’elle servira à faire un très grand nuage de fumée pour faire oublier tout le reste.

Pourquoi Jean Charest n’était-il pas blessé au point de faire une commission d’enquête publique sur l’industrie de la construction quand il a été accusé à maintes reprises de corruption ? On la réclame encore, celle-là, par ailleurs.

C’est pas insultant d’être associé d’aussi près à la mafia?

J’aimerais aussi que cette commission ne nous fasse pas oublier la médiocrité du ministre Tomassi dans tout le dossier des garderies.

Il faudrait se rappeler également du dernier budget avec la taxe santé. Il y a encore trop peu de signatures d’enregistrées, d’ailleurs, sur la pétition disponible à cet effet sur le site de l’Assemblée Nationale.

Oh oui, je sens que je vais me répéter souvent dans les prochaines semaines, les prochains mois et peut-être même dans les prochaines années. (À moins que Charest n’ait la décence de démissionner d’ici là.)

Je vais me répéter dans l’espoir que pour une fois, le « Je me souviens » inscrit sur nos plaques de char, ça veuille dire quelque chose.

Constat éclair (22)

Par Noisette Sociale, 12 avril 2010 08:57

Hier, nous regardions TLMEP et nous avons observé une ressemblance certaine entre le sympathique Claude Robinson et Hagrid, sympathique personnage de la saga Harry Potter.

Robinson_bhagrid

Plus sérieusement, je vous encourage à soutenir le combat de Claude Robinson contre Cinar en arborant comme moi la vignette sur votre blogue (le code est disponible chez le Détracteur) et en allant faire un don sur le site du monsieur en cliquant ici.

Pétition officielle en ligne pour s’opposer à la taxe santé imposée par le PLQ

Par Noisette Sociale, 8 avril 2010 11:52

Texte de la pétition

CONSIDÉRANT QUE la capacité de payer du contribuable moyen québécois est à sa limite ;

CONSIDÉRANT QUE cette taxe fixe pour tout adulte est injuste et discriminatoire, nonobstant le crédit à la solidarité ;

CONSIDÉRANT QUE le gouvernement libéral s’entête dans sa décision d’imposer unilatéralement cette taxe régressive ;

CONSIDÉRANT QUE la justice et l’équité sont des valeurs chères aux Québécois ;

CONSIDÉRANT QUE ce gouvernement a le pouvoir de retirer cette mesure qui ne représente pas les valeurs québécoises et qui fait l’unanimité contre elle ;

C’est pourquoi les soussignés, citoyens et citoyennes du Québec, demandent à l’Assemblée nationale d’exiger du gouvernement du Québec le retrait de cette mesure qui obligera bientôt chaque adulte québécois à donner 200 $ par année pour financer le système de santé, et ce, peu importe son revenu.

Je vous encourage à aller signer en grand nombre et à passer le mot.

Pour signer, on clique ici.

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