Catégorie : Enjeux et débats

Un vrac pour faire changement

Par Noisette Sociale, 25 février 2010 12:47

J’avais quelques petites réflexions/observations à faire alors je vous offre un vrac en ce beau jeudi sous le thème de la sloche montréalaise.

La vie de bohème

Hier, je lisais un article plutôt intéressant sur le nouveau RueMasson.com et je suis retombée dans une lubie.  L’article traite en effet des endroits où il fait bon travailler avec son ordinateur portable. Du coup, j’ai eu envie pendant une journée de renoncer à tout pour devenir travailleuse autonome, ne serait-ce que pour goûter les joies de passer des après-midis complets dans un sympathique café qui prendrait éventuellement la forme de mon bureau.

Évidemment, dans ma tête, les gens se battaient pour me donner des contrats et tout ça. Je suis revenue dans la réalité quand mon fiancé découragé m’a posé la question qui tue : « Ben, tu ferais des contrats de quoi? »

Je ne le sais pas mais en attendant, je peux bien être ouverte aux suggestions. ;)

Le combat qui ne me tentait pas

J’avais un cours le jeudi soir qui se voulait un cours d’introduction aux études littéraires. Le dernier auquel j’ai assisté était horriblement ennuyeux et un tantinet prétentieux. Si vous saviez à quel point les études littéraires semblent constituer une discipline qui se veut plus théorique que théorique… Personnellement, j’en suis venue à trouver ça ridicule.

J’ai aussi envie de mentionner qu’on a insisté beaucoup sur le fait que les auteurs proviennent généralement de la bourgeoisie ou de la petite bourgeoisie et que l’exception qui confirme la règle était très rare. Idem pour ceux qui sont en études littéraires d’ailleurs.

Je n’avais pas envie de mener le combat cet hiver de « la fille qui vient d’un milieu pauvre, qui leur prouve qu’il y a bel et bien une exception qui confirme la règle et qui triomphe à la fin en devenant la révélation de l’année ».  J’exagère peut-être un peu mais c’est quand même ça.  J’ai annulé.

La vie d’universitaire, prise deux

Je suis allée à l’UQÀM hier après-midi pour remettre ma demande d’admission au registrariat. Je n’ai pas pris de chance : je m’essaie pour trois programmes.

  1. Bacc. en communications, profil stratégies de production culturelle et médiatique
  2. Certificat en création littéraire
  3. Certificat en études féministes

Je trouve que mon choix de programmes représente bien ma personnalité. Évidemment, mon premier choix ultime est le bacc. qui est extrêmement contingenté. Comme je n’ai pas de DEC et un dossier scolaire entaché, je tente d’entrer sous la base expérience avec deux lettres d’attestation d’emploi (et de potentiel extraordinaire, hé hé)  étant donné que je travaille déjà en communications.  Je me croise tellement les doigts pour que ça marche que ça fait mal.

Le monde est trop petit

J’ai croisé l’ex-Amie lors de mon périple à l’UQÀM hier. Le coup que ça m’a fait dans la poitrine, je ne l’avais vraiment pas vu venir. J’imagine que c’était une étape de deuil supplémentaire à passer.

L’incohérence de Pauline Marois

Je sais que je suis très en retard et que vous devez être écoeurés d’en entendre parler alors je me limiterai à une opinion-éclair : Je ne comprends pas comment elle peut être contre les signes ostentatoires portés par des employés de l’État alors qu’elle refuse d’être  pour enlever le crucifix à l’Assemblée nationale. Le message que ça envoie, à mon avis, c’est que la religion des autres n’est pas bonne alors que la sienne l’est.

Puis vous connaissez déjà ma position sur la religion en général alors je ne m’étendrai pas là-dessus inutilement.

Ceci étant dit, je ne déteste pas le retour du discours identitaire au PQ mais ça en prendra plus que ça pour me ramener au bercail.

En terminant

Les mangoustes, c’est presque aussi grim que les carcajous.

Karim le chauffeur de taxi montréalais

Par Noisette Sociale, 27 janvier 2010 12:15

taxi-image1Ça fait environ deux ans que je fais appel occasionnellement aux services des chauffeurs de taxi à Montréal… Et ça fait environ deux ans également que je n’ai aucune chance avec les chauffeurs de taxi en question.

Je suis athée de mon état et bien que j’y fasse allusion parfois, ici ou ailleurs, c’est rarement un sujet que je vais choisir pour débuter une conversation. Allez savoir pourquoi, pour les chauffeurs sur lesquels je suis tombée par le passé, c’est comme si c’était écrit dans mon front parce que tous, sans exception, ont essayé de m’évangéliser sur le champ.

Ils étaient soit Témoins de Jéhovah ou membres de l’Église évangélique, la croix bien pendue au miroir et me sermonnaient sur ma non-croyance. Il y en a même un qui a déjà poussé l’audace jusqu’à me dire que j’allais clairement finir en enfer et je me demande encore aujourd’hui si je n’aurais pas dû porter plainte à la compagnie plutôt que de me contenter de rire aux éclats.

Je ne m’éterniserai pas sur le sujet de la foi chez les autres et de l’absence de celle-ci chez moi parce que ça pourrait rapidement devenir délicat et ce n’était pas mon intention aujourd’hui. J’ai plutôt envie de vous raconter une rencontre rafraîchissante avec Karim, le chauffeur de taxi exceptionnel.

Je quittais de gentilles personnes hier soir pour me diriger à la maison. En entrant dans le taxi, le chauffeur me demande si je reviens de chez des amis ou si je vais chez des amis. Je lui dis que je m’en vais chez moi et que ma journée avait déjà été assez remplie à mon goût. On fait connaissance un peu et comme à chaque fois que j’en ai l’occasion, je demande s’il connaît le sympathique Pierre-Léon que j’avais justement rencontré brièvement dans la soirée. Oui, il avait entendu parler et de fil en aiguille, on commence à parler de livres et de blogues.

Je lui révèle que je tiens moi-même un blogue. Il me demande de quoi je parle sur celui-ci. Je ne sais jamais quoi répondre à cette question-là mais je lui dis que grosso-modo, je touche un peu à tout : réflexions personnelles, politique, enjeux sociaux, etc.

« Ah! Tu dois parler des accommodements raisonnables, alors!

- Hum, non, pas vraiment. Mais… »

Le débat était lancé.

Les immigrants s’intègrent-ils bien à notre culture? Et pourquoi la langue française se porte si mal à Montréal?

Le temps à passé trop vite. Nous étions en train d’élaborer l’ébauche d’une réponse.

(Évidemment, je ne vous laisserai pas comme ça. À propos du français à Montréal, j’ai soutenu que le principal problème était les Montréalais francophones eux-mêmes car souvent trop contents de « pratiquer » leur anglais lorsque mis devant un anglophone. J’ai dit penser également que l’être humain étant un être généralement paresseux, il ne verra pas la nécessité d’apprendre une autre langue si on l’accommode sans cesse dans sa langue à lui. Que s’il existait des personnes de 80 ans à Westmount qui n’ont jamais été capables de prononcer un mot de français malgré le fait qu’ils ont toujours vécu à Montréal, c’est parce qu’on leur avait en quelque sorte permis de vivre en anglais.

Nous étions d’accord là-dessus et j’étais contente d’avoir trouvé un compatriote qui insistait pour se faire servir en français dans certains commerces montréalais, quitte à s’en aller si ça ne fonctionnait pas. Pour paraphraser Louis-José Houde, on essaie toujours de rappeler à certains où ils sont, c’est-à-dire dans un État francophone.)

Outre le débat qui était très intéressant, il y avait la présence d’une complicité instantanée, une espèce de chimie que j’ai connue trop peu souvent. J’ai su que c’était réciproque quand, avant de sortir de la voiture, il s’est tourné pour me serrer la main chaleureusement et pour me dire à quel point il était heureux d’avoir fait ma rencontre. Et moi donc!

On s’est promis de se retrouver pour débattre de ça ou de tout autre sujet d’actualité quand l’occasion se représenterait. On a échangé nos coordonnées et il m’a promis de venir faire un tour ici.  J’espère que j’ai bien rendu l’événement.

Tout ça pour dire qu’il y a des rencontres inattendues qui sont rafraîchissantes et qui font vraiment plaisir. En sortant de sa voiture, j’avais l’impression d’avoir fait le plein d’énergie pour une semaine.

Et la prochaine fois que j’aurai besoin d’un taxi, je saurai qui appeler en premier.

Merci Karim. :)

La bisexualité : encore un sujet tabou

Par Noisette Sociale, 18 janvier 2010 13:02

Hier soir, je revenais d’un souper gargantuesque chez un ami et je me préparais déjà à sauter dans mon lit. (Je ferais un très bon vieux mononc’ typique qui s’endort après les repas.) Bon, c’est un peu faux parce que la maniaque de télé que je suis devait absolument vérifier ce qu’il y avait de bon avant d’aller me coucher.

Surprise! TV5 diffusait un petit documentaire qui traitait de la bisexualité. Étant donné que le sujet me touche de près, je ne pouvais pas passer à côté.

C’était extrêmement intéressant… et un peu triste à la fois. On faisait mention de quelques artistes qui se sont affichés ouvertement comme bisexuels, on montrait des entrevues avec des bisexuels « ordinaires » qui nous racontaient comment ils s’étaient rendus compte qu’ils l’étaient et il y avait une section du documentaire où on demandait à des hétéros et à des homosexuels ce qu’ils pensaient des bisexuels. Vous vous doutez bien (ou peut-être pas) que ça ouvrait la porte à un buffet de préjugés les plus gros les uns que les autres.

On relatait également à quel point la bisexualité est quelque chose d’encore tabou dans nos sociétés. Si on commence à accepter assez bien l’homosexualité, il n’en est pas de même pour la bisexualité.

Dans le documentaire et dans la vie en général, j’ai souvent été peinée de voir que les réactions les plus virulentes contre la bisexualité proviennent surtout, et étrangement, des milieux gais.

On nous accuse de ne pas être « branchés », de ne pas s’assumer, d’être sorti du placard à moitié, de ne pas être « fiables », d’être plus « dangereux » parce qu’on avait un éventail de choix trop large pour commettre l’adultère, etc. … Finalement, on s’attire plus de méfiance que de curiosité et/ou de compréhension.

Je me souviens, à la fin de l’adolescence, j’avais envie d’explorer cette partie de moi. Je sentais que j’avais besoin de soutien. J’étais extrêmement mêlée. Je m’étais jointe à un groupe de discussion dans le Village (groupe que je ne nommerai pas car les choses ont peut-être changé) et je me souviens d’un soir en particulier où le sujet de discussion était la bisexualité. J’étais entourée de gais et lesbiennes et ça se défoulait furieusement contre le sujet plutôt que d’en discuter. Inondée de « arf, les maudits bisexuels », je n’ai rien dit de la soirée, à l’exception peut-être d’un rire timide échappé malgré moi.

Je vous en parle aujourd’hui parce que justement, je trouve qu’on n’en parle pas assez et que j’en ai un peu marre de toute cette méfiance et de ces préjugés.

On nous imagine souvent comme des êtres pratiquement sans âme (ça doit venir de notre « bon » fond judéo-chrétien) et qui ne pensent qu’à faire des trips à trois. D’ailleurs, si vous voulez connaître les péripéties d’une bisexuelle sur les sites de rencontre, je vous suggère vivement de cliquer ici.

Dans le cadre de la journée internationale contre l’homophobie, j’avais écrit un texte sur l’Allemande, une fille qui avait fait battre mon coeur et m’avait fait pleurer toutes les larmes de mon corps bien involontairement, à la fin de mon parcours à l’école secondaire.

Dans ce texte-là, je racontais que je ne m’étais pas vraiment posé de question sur mon orientation sexuelle avant de rencontrer l’Allemande. J’y repensais hier et je me suis rendue compte que ce n’était pas tout à fait vrai.

aliciasilverstoneJe repensais entre autres au film de Batman avec le personnage de Mr Freeze (je sais, je sais, je vous vois d’ici lever les yeux au ciel) que mon frère avait reçu, version VHS, en cadeau. À tous les samedis matins (et les premiers temps, les dimanches aussi), il regardait son film et, plus souvent qu’autrement, j’allais le rejoindre.  Je pense que lui aussi savait que ce n’était pas un excellent film. En réalité, il était plutôt hypnotisé par les apparitions à l’écran d’Alicia Silverstone. Il avait même un poster d’elle dans sa chambre et il n’arrêtait pas d’en parler.

Je l’écoutais en riant mais il y a une partie de moi qui était complètement perturbée. Parce que moi aussi, j’écoutais le film surtout pour Alicia Silverstone… et Chris O’Donnell…  et Uma Thurman. Je n’y comprenais plus rien.

Pendant longtemps, je n’ai rien dit, sauf à des gens de confiance. Parce que… J’avais vécu une expérience un peu traumatisante en essayant d’en parler à celle que je considérais comme ma meilleure amie à l’âge de 15 ans. J’ai longtemps pris pour acquis qu’on ne parlait pas de ce genre de chose parce que visiblement, ça dérangeait.

Je sais que ce texte-ci est un peu brouillon mais c’est que j’ai la plume sensible et éparpillée quand je parle de ça. Parce que même aujourd’hui, ce n’est pas facile.

Pourtant, aimer des humains, ça ne devrait pas être trop difficile à comprendre. À accepter.

Je suis Noisette. Je suis bisexuelle. Et je m’accepte.

C’est déjà un bon début, non?

L’humour et moi… plus un mot ou deux sur les taches… et sur l’implication des parents en éducation

Par Noisette Sociale, 15 janvier 2010 13:00

Je pense que j’ai la chance d’être dotée de plusieurs talents mais définitivement, il semblerait que lorsqu’on parle d’humour, je ne l’ai pas du tout.

Ce n’est pas la première fois que j’écris des phrases un peu baveuses sur cet espace et que des gens se sentent visés négativement. C’est dommage parce qu’il faudrait me voir quand j’écris ces lignes, je ris comme une fillette en tapant des mains. (Je tape des mains par après, évidemment, sinon, je ne pourrais pas écrire.) Je ne peux pas vous en vouloir de ne pas me trouver drôle mais je dois admettre que ça me déstabilise toujours un peu. ;)

Hier, en disant que si les parents arrêtaient de payer les études à leurs enfants, qu’il y aurait moins de taches de marde dans nos cégeps et nos universités, je me trouvais très drôle.  Pour certains, je n’ai pas suscité l’ombre d’un sourire et c’est bien correct.

C’est un peu comme la fois où j’avais écrit qu’en réalité, les agnostiques étaient des athées paresseux. Moi je me trouvais très drôle (encore)  mais j’ai réalisé par la suite que ça pouvait être insultant. (Ok, malgré tout, je me trouve encore drôle.)

Bon, le but de ce billet n’est pas de vous faire pleurer sur mon pauvre talent d’humoriste mais je tenais quand même à vous partager ma réflexion par rapport aux taches de marde dans les cours et le lien que ça peut avoir avec les parents qui paient les études aux enfants parce que finalement, c’était plus délicat que je le pensais à prime abord.

Premièrement, il faut savoir que je ne suis pas de droite. (D’un coup que quelqu’un aurait des doutes.) Je suis plutôt assez à gauche et pas loin du stéréotype de la gogauche arborant un foulard palestinien. (Plus dans ma mentalité que dans mon style vestimentaire, remarquez.) Cependant, je me considère assez lucide et il y a quelque chose qui m’a dérangé dans certains (peu de) commentaires.

Au Québec, je ne crois pas que l’aide des parents soit absolument indispensable pour faire des études post-secondaires. Évidemment, je ne condamne pas les parents qui s’impliquent dans les études de leurs enfants. Au niveau post-secondaire, je n’ai pas eu cette « chance » mais en même temps, j’ai toujours été d’accord avec la décision de mes parents de ne pas s’impliquer à ce niveau-là. De toute manière, ils n’en avaient pas les moyens et puis j’ai toujours jugé que c’était mon choix personnel de poursuivre des études post-secondaires et que par conséquent, ce n’était pas à eux de payer pour ça. Là-dessus, je ne force d’ailleurs personne à suivre mon raisonnement.

Je mets en doute les propos de ceux qui prétendent que sans l’aide de leurs parents, ils n’auraient pas pu étudier ici.

On s’entend que le cégep coûte en moyenne 108$ par session et que l’université, autour de 1500$ si je ne me trompe pas.

money_treeOn est loin des dizaines de milliers de dollars que ça peut coûter dans les établissements américains. Si vous étiez Américains, je pourrais vous croire. D’ailleurs, je ne pense pas que je pourrais me permettre ça non plus. (En fait, j’en suis convaincue.)

Dans un monde idéal, l’éducation au Québec serait encore plus accessible. Je pense qu’à 1500$, c’est encore un montant qu’on peut amasser à condition d’avoir un peu de motivation. Ce qui ne veut pas dire que je trouve que 1500$ est un montant qui me ravit.

Tout ça pour en arriver à vous glisser un mot sur le phénomène que j’ai comme étudiante dans mon cours d’études littéraires. Amélie, qui est dans le même cours que moi, en a déjà glissé un mot sur son blogue.

1er cours : Elle est arrivée visiblement intoxiquée… Je crois que la cocaïne était en cause mais je n’ai évidemment pas pu confirmer. Elle était bruyante… Elle a répondu plusieurs fois à son téléphone cellulaire, elle parlait fort et elle se vantait à ses amis qu’à la session passée, elle dormait dans tous ses cours. Elle tournait frénétiquement les pages de son cahier, griffonnait un peu et effaçait par la suite en faisant le plus de bruit possible. Elle se tortillait sur sa chaise en murmurant (plutôt fort en fait) sans arrêt qu’elle avait envie de pisser. Quand elle ne faisait pas ça, elle fouillait agressivement dans un sac de chips, mâchait bruyamment et lâchait un rot de temps à autres. Sincèrement, ce personnage-là, je n’aurais pas pu l’inventer.

2e cours : Elle dormait et se réveillait par intermittences. À chaque réveil, elle interrompait la prof pour lui demander de répéter ce qu’elle venait d’expliquer. C’était vraiment pas croyable.

Je racontais ça à mes collègues de travail et nous avons tous conclu que ce qui était sûr, c’est que lorsque tu paies toi-même pour tes études, il y a plus de chances que tu prennes le tout au sérieux et que par conséquent, tu n’agisses pas comme l’exemple décrit ci-haut.

D’où mon petit constat baveux d’hier après-midi. Mais je ne voulais surtout pas dire que tous ceux qui se font payer leurs études sont nécessairement des taches de marde!

N’empêche que je peux me permettre de dire que je trouve généralement qu’on développe plus rapidement une certaine forme de maturité quand on a à se débrouiller par soi-même dans la vie que lorsqu’on habite longtemps chez ses parents. Vous pourrez m’obstiner longtemps là-dessus et je ne dérogerai pas.

C’est pour ça que je crois que, d’une certaine façon, les parents moins impliqués rendent autant service que les autres sauf que c’est à un niveau différent.  Je ne suis donc pas d’accord avec la mentalité populaire qui consiste à croire que les parents qui paient les études sont des « bons » et les autres, des « pas bons ».

Voilà pour les clarifications.

Si vous trouvez qu’il y a encore matière à débattre, ne vous gênez surtout pas dans les commentaires.

p.s. : Sinon, j’adore vraiment l’université. Je vous en reparle bientôt! :D

En 2010…

Par Noisette Sociale, 5 janvier 2010 12:35

On a beau être le 5 janvier, il n’est jamais trop tard pour prendre de bonnes résolutions.

J’ai tout réussi pour celles de 2009 mais la barre n’était pas très haute… enfin, encore là, tout est relatif.

Débutons tout d’abord par la résolution que je n’ose pas prendre, soit celle d’avoir une vie sociale plus active. Sincèrement, je ne vois pas comment je pourrais y arriver en travaillant à temps plein et en suivant des cours du soir. Je trouvais déjà qu’avec le travail à temps plein, je n’arrivais pas assez à me retrouver avec moi-même alors… (D’ailleurs, ça je pense que ça va être le drame de toute ma vie jusqu’à la retraite.)

Par contre, je m’engage à faire un plus gros effort à ce niveau-là. Parce qu’il y a du monde que j’aime et que j’ai envie de voir. Je ne sais juste pas comment le gérer.

(Là, j’en viens à me demander si les deux derniers paragraphes ne s’annulent pas…)

Ensuite.

Continuer et/ou maintenir ma perte de poids

Tout le monde me fait remarquer à quel point je maigris depuis quelques mois. C’est génial. Il est certain que je marche plus qu’avant, que je mange mieux et que je mange moins. Par contre, la raison principale est liée de très près à mon avis à mon arrêt du depo provera il y a plus d’un an maintenant. Mon corps commence vraiment à purger cette cochonnerie et ça paraît.

D’ailleurs, par rapport à la perte de poids, je m’engage :

  1. À persister à ne pas me procurer de pèse-personne. Je n’ai jamais vu quelqu’un avoir un rapport sain avec cette machine-là et je n’en ai rien à cirer de savoir combien j’ai perdu depuis un an. J’ai juste besoin de savoir que ma silhouette me convient et quelle taille de vêtements je porte.
  2. À n’adhérer à aucune secte que ce soit. Vous avez bien lu. Je m’adresse à toutes les filles qui s’abonnent à Weight Watcher’s et compagnie : Quand vous me parlez de ça, vous me faites peur. Vous devenez des obsessives-compulsives de la minceur et on en vient à penser que vous faites partie en réalité d’une secte obscure. Libérez-vous!

Écrire

Écrire plus, ici comme ailleurs. J’ai longtemps utilisé cet espace comme un espèce de lieu thérapeutique mais étant donné que je ne suis plus anonyme, il y a plusieurs détails et réflexions que je préférerai garder pour moi.

Je me suis achetée un beau cahier à reliure (trop cher, évidemment) pour me remettre à la rédaction manuscrite. Je le traîne partout avec moi mais je dois vous avouer que jusqu’à présent, il est resté vide. J’ai envie de m’y remettre pour de vrai. Il me manque au moins 4 ans de ma vie en manuscrit et je trouve ça d’une tristesse quand j’ai envie de me replonger dans mes souvenirs. Il n’y a rien de mieux que de tenir un journal personnel pour suivre son évolution. (Ou sa régression, dans certains cas.)

Prendre mes études au sérieux et réussir avec brio

C’est ma dernière chance.

Au cégep, j’ai accumulé plusieurs échecs dans mon parcours en raison d’abandons tardifs. Ma dernière session en informatique n’aura pas fait exception. Je détestais ça à mourir et j’ai manqué de motivation (et de temps) pour faire mes travaux de fin de session et là, je ne parle même pas du cours que j’ai juste arrêté de fréquenter après la date limite d’abandon.

Je ne m’en vante pas, en fait, j’ai extrêmement honte de ça et je me dis qu’en l’écrivant publiquement, ça va peut-être m’aider à ne pas recommencer cette connerie.

Je considère le fait de ne pas avoir de DEC (il ne me manquerait que 4 cours pour avoir celui de sciences humaines, en plus) comme un échec mais en même temps, ce diplôme a tout fait pour que je le méprise alors mon sentiment varie à chaque fois que je m’attarde à ça.

Je me suis inscrite à deux cours à l’UQÀM en tant qu’étudiante libre pour cette session-ci. « Initiation à l’écriture journalistique » et « Questions de méthodes en études littéraires« . Je pense que je devrais aimer ça mais de toute manière, je devrai donner un coup car je ne peux pas me permettre que mon dossier scolaire universitaire ne soit pas excellent.

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Ce plan me semble réaliste tout autant qu’ambitieux.

J’ai bien l’intention de ne pas me décevoir.

Occupation Double ne forme pas à commenter l’actualité

Par Noisette Sociale, 18 novembre 2009 12:51

dumont360Il m’arrive de regarder l’émission Dumont 360 quand ma journée de travail se termine tôt… ou quand la grippe m’agresse comme c’est le cas depuis le début de la semaine.

Je suis une jeune incorrigible parce que je ne peux m’empêcher, dans certains cas, de regarder des émissions qui me font sacrer et qui me renforcent négativement dans mes positions.

Il y a un segment dans cette émission qui contribue tout particulièrement à ce que je m’arrache les cheveux et c’est celui où Mario et son acolyte Martin Pelletier débattent d’une dizaine de sujets d’actualité à raison de 90 secondes accordées par sujet. Je n’ai pas compris encore s’il fallait prendre les deux commentateurs au sérieux dans cette partie de l’émission ou non mais ce qui est sûr, c’est que ça pue la mauvaise foi à plein nez à chaque fois.

Par exemple, hier soir, ils ont abordé la nomination de Richard Bergeron au conseil exécutif de la ville de Montréal alors qu’il s’occupera d’urbanisme.

Martin Pelletier se lance et dit tout de suite qu’il n’y avait pas grand chose dans la plateforme de Projet Montréal au niveau de l’urbanisme, à l’exception de la rue Ste-Catherine piétonne. Je levais déjà les yeux au ciel et il s’empressa d’ajouter : (Je cite de mémoire.)

« Ce que monsieur Bergeron ne sait pas, c’est que ça fait déjà très longtemps que la rue Ste-Catherine est piétonne. Oui oui. Ça s’appelle le Montréal souterrain. »

Ça faisait déjà un petit bout de temps que je me demandais d’où provenait cet hurluberlu qui gagne maintenant sa croûte à dire des âneries…

Je me suis lancée sur mon MacBook pour faire une recherche Google.

Ah, j’ai appris qu’il faisait aussi des petites chroniques insignifiantes au Show du matin, au même poste. Vous en visionnerez quelques unes si vous avez envie de voir quelque chose de très mauvais.

Je continue de regarder les résultats de recherche… et voilà que tout s’explique.

Monsieur Pelletier a fait ses débuts à la télé comme participant à Occupation Double, une émission qui, je vous le rappelle, regroupe l’ensemble de l’intelligentsia québécoise.

Je trouvais déjà que de passer du spa d’Occupation Double à porteur ou porteuse de valise, c’était un avancement trop important, voilà que certains deviennent simili-chroniqueurs.

À quoi bon les études, travailler fort, se casser la tête pour faire des analyses (ainsi que sa place) quand on a juste à aller faire la guidoune dans une télé-réalité?

Je vous le demande.

*soupirs*

Message aux jeunes libéraux

Par Noisette Sociale, 29 septembre 2009 11:39

C’est assez rare que je m’adresse à vous mais hier soir, en regardant Les grands reportages, à RDI, j’ai ressenti l’urgence de vous écrire.

Vous m’accuserez de tous les maux, de démagogue même, peut-être le pire d’entre tous… mais je n’en ai cure.

C’est qu’hier, le grand reportage en question parlait des enfants sorciers, en Afrique subsaharienne. Je ne connaissais pas le phénomène mais une partie de mon moi désabusé n’était pas surprise. C’est que là-bas, la sorcellerie a été remise au goût du jour. Sauf que maintenant, au lieu d’accuser les vieillards, on s’en prend aux enfants. (Remarquez que ce n’était pas vraiment plus intelligent de s’en prendre aux vieillards, comprenez-moi bien.)

Dans les familles qui sont touchées par la maladie ou par un malheur quelconque, on accuse maintenant un enfant d’être à l’origine de ce malheur. Il y a des cas où, dans l’espoir de guérir un aîné, on va maltraiter un jeune. Je n’ai pas envie de faire l’étalage de tous les sévices qui peuvent être faits à ces enfants, c’est que j’ai le coeur sensible et vous aussi, je n’en doute point. D’ailleurs, je n’ai pas eu le courage de visionner le reportage jusqu’à la fin, ma poitrine me faisait mal à force de se resserrer.

On a vu qu’en République Démocratique du Congo (vous ai-je déjà dit à quel point ça me faisait pleurer, ces pays qui osaient inscrire « démocratique » dans leur nom?), il y avait une sorte de village où plus de 40 000 enfants étaient laissés à eux-mêmes, tous accusés de sorcellerie. La rue était leur nouvelle maison.

On a vu aussi des espèces d’églises qui prétendaient administrer des cures miracles pour guérir ces enfants de la sorcellerie. On exigeait plus du double, parfois même du triple, du salaire mensuel d’une famille pour guérir un enfant de ce mal imaginaire. Je pense que vous pouvez deviner comme moi que ces traitements prennent souvent la forme de récits d’horreur, plus souvent qu’autrement.

Vous devez vous demander où je veux en venir avec mes histoires d’enfants sorciers.

Je vous le donne en mille : Les ravages du manque d’éducation à travers le monde.

C’est sûr que je pourrais vous parler de pauvreté, aussi. Mais vous ne trouvez pas que c’est toujours un peu inter-relié?

J’étais fâchée contre vous en fin de semaine. Je regardais tranquillement mon bulletin de nouvelles et j’ai appris que vous militiez farouchement au sein de votre parti pour imposer des nouveaux droits de scolarité au collégial.

Mais pourquoi? Pour rehausser les finances du Québec?

Si on laisse de côté à peu près tous les éléments relatifs à une hausse frais reliés à la scolarité, ça pourrait peut-être faire un peu de sens. Du moins temporairement.

Sauf que voyez-vous, pour moi l’éducation n’est pas quelque chose avec laquelle on peut jongler au gré du vent.

J’aimerais tellement ça pouvoir vous convaincre de l’importance de l’éducation pour une société. J’aimerais ça vous faire voir à quel point une population plus éduquée, ça peut être stimulant pour l’économie d’un État. (Puisque vous aimez beaucoup l’économie.) J’aimerais vous faire un discours sur les bienfaits d’une éducation accessible à tous, peu importe la grosseur du porte-feuille.

Peut-être même qu’on pourrait parler un peu des problèmes, par contre, avec notre système d’éducation. On pourrait peut-être parler du niveau de notre système, de notre peur de faire de la peine à ceux qui échouent. On pourrait aussi parler de notre manie de vouloir diplômer tout le monde. Ça, on pourrait, ça me ferait plaisir.

Sauf que pour l’accessibilité, je resterai intraitable. Je vois les ravages partout dans le monde de la non-accessibilité à une éducation de qualité. Je suis certaine que votre but n’est pas qu’on se retrouve comme en Afrique, avec les problèmes que l’on connaît. J’aurais de la difficulté moi-même à imaginer ça au Québec. N’empêche qu’il faut se rappeler que si on pousse une certaine logique à l’extrême, c’est ça qui pourrait peut-être se produire.

Je ne sais pas comment conclure tout ceci. J’en aurais tellement à dire encore. Mais j’ai envie de vous rappeler, pas juste à vous mais à tous mes concitoyens en général, que l’éducation et l’intellectualisme, ce n’est pas une maladie. C’est plutôt bénéfique pour une société.

Au plaisir.

Sortir de la torpeur… ou l’importance des études

Par Noisette Sociale, 5 septembre 2009 23:35

Je pense que je peux officiellement dire que je me sors d’une torpeur de plus ou moins deux ans… Comme par hasard, ça faisait plus ou moins deux ans que je n’étais plus aux études, que ce soit à temps plein ou à temps partiel.

Je marche beaucoup ces temps-ci, entre autre du cégep à la maison et vice-versa. (Je suis à dix rues de mon institution d’enseignement, je serais folle de prendre l’autobus.) Non seulement ces marches me font beaucoup de bien mais elles me permettent de réfléchir lentement et efficacement. En voici un échantillon…

Un peu avant mon retour aux études, je déclarais à gauche et à droite, à quiconque voulait bien m’écouter, que c’était maintenant clair dans ma tête : J’allais probablement étudier jusqu’à la fin de mes jours. Mon entourage proche a compris (surtout ces deux-là) mais la majeure partie des autres, beaucoup moins. Je n’ai pas assez de doigts et d’orteils pour comptabiliser toutes les réactions d’incompréhension, de découragement et du type : « Pfffft, tu vas voir, tu vas te tanner. »

diplomePuis j’ai fait quelques lectures et vu quelques reportages/documentaires/enquêtes et j’ai vu que mon « Ã©trangeté » était bien relative. J’en suis arrivée à la conclusion suivante : Au Québec, mon intention de m’instruire toute ma vie est vu comme quelque chose de généralement bizarre… Par contre, dans un pays comme la Suède, j’entre plutôt dans la normalité. Du coup, je me sens moins tiraillée… du moins, pour ce qui a trait à cet aspect-là. ;)

Je pense que ces deux dernières années, j’ai vécu beaucoup de frustrations. Des frustrations de fille qui avait plein d’ambition mais qui ne savait pas quoi faire avec. Je me suis laissée arrêter par certains concepts qui entraient en contradiction avec mon mode de pensée.Voyons un exemple.

Au Québec, je pense qu’on a une vision erronée de ce que devraient être les études. Nous considérons généralement les études comme quelque chose de strictement utilitaire. Je n’ai pas envie ce soir de faire une recherche approfondie sur le sujet mais je crois que je peux affirmer sans me tromper que plus de 50% des gens qui font des études post-secondaires le font strictement dans le but de pouvoir exercer une fonction X qui exige le diplôme Y. La curiosité, la volonté d’apprendre de nouvelles choses ou de faire de soi un meilleur citoyen est franchement secondaire et parfois inexistant. On le fait parce que c’est nécessaire, point. À mon avis, la formation offerte dans nos institutions d’enseignement reflète bien cette réalité.

Oh, bien sûr, au cégep, les cours de formation générale survivent tant bien que mal… et ils sont généralement vus comme des indésirables, une corvée emmerdante qui n’a pour but que de nous ralentir dans notre parcours. Bref, des cours qui ne servent à rien.

Je ne dis pas que j’ai apprécié faire tous mes cours de formation générale mais même dans les cas où ils m’ont fait pédaler plus que je ne l’aurais souhaité, je trouvais quand même le moyen de leur voir une utilité sincère… et je trouve encore que nous n’en avons pas assez.

homer-doh-squareAu début de ce blogue, j’ai déjà mentionné que j’avais suivi un cours de politique qui était obligatoire dans le cadre du programme de sciences humaines. On parle donc d’un cours de formation spécifique. Je n’exagère pas en affirmant qu’au moins la moitié de la classe ne pouvait pas nommer le premier-ministre en place au niveau fédéral comme au niveau provincial. Même qu’il y en avait certains qui croyaient que le Sénat avait été démantelé il y a longtemps au Parlement du Canada. (Il y en a même un qui croyait que l’opposition officielle avait été abolie également.) On parle tout de même d’étudiants qui ont choisi le programme de sciences humaines. Je n’ose pas imaginer ce à quoi ça peut ressembler dans d’autres programmes. Au niveau de la citoyenneté, c’est carrément désolant et même inquiétant… Je me demande comment ces gens-là vont faire leur choix quand viendra le moment de voter et ce, s’ils utilisent leur droit de vote, bien entendu.

Pour revenir à mon cas, il est évident que je me suis inscrite dans le programme d’informatique avec l’intention de pouvoir pratiquer un métier intéressant dans ce domaine quand j’aurai terminé. Mais je ne vois pas l’obtention de mon DEC comme une finalité, bien au contraire!

Non seulement il faudra que je me tienne sans cesse au courant des dernières pratiques dans mon domaine mais il faudra que je prenne des cours pour me perfectionner. Ce n’est pas obligatoire à proprement dit mais à mon avis, c’est préférable. Par contre, je ne me limiterai pas au seul domaine de l’informatique car ça serait carrément contre-nature en ce qui me concerne. J’ai d’ailleurs fait sourciller beaucoup de mes confrères estudiantins quand j’ai évoqué le souhait d’étudier entre autres en littérature à ma sortie du collège…

Je sais que je vous bombarde un peu ce soir, de manière plus ou moins structurée mais je ressentais tellement le besoin de partager tout ça avec vous!

Étudier, ça fait en sorte que je me sens plus vivante, plus alerte, plus enthousiaste, plus motivée en général. J’ai même recommencé à me ré-intéresser à ce qui était mon premier amour, soit la politique. J’ai l’impression qu’on m’a implanté un moteur encore plus puissant et efficace que jamais auparavant. Je me suis réabonnée à mon journal fétiche, Le Devoir. Et je compte bien prendre le temps de le lire attentivement, quitte à me lever plus tôt le matin pour le faire.

Ma présence ici se fera probablement plus rare en raison de mes diverses occupations. Mais au moins, durant mes silences, vous saurez que je suis maintenant plus heureuse que jamais. Et j’ai déjà hâte de venir vous reparler de mon bonheur.

La morosité a un petit quelque chose de romantique parfois… mais le bonheur est plutôt vivifiant. J’espère que vous apprécierez autant.

Au plaisir!

Oser pour certains, faire ce qu’on a à faire pour d’autres

Par Noisette Sociale, 19 août 2009 15:25

C’est fou comme le temps passe vite!

cahiersAu début du mois d’avril, je recevais la confirmation que j’avais été acceptée dans mon programme au cégep.  Je ne me pouvais plus. J’avais tellement hâte de recommencer l’école que j’étais devenue momentanément une petite fillette insupportable. Je suis passée par toutes les gammes d’émotions allant de l’euphorie à la déprime… J’avais besoin de ça dans ma vie. J’y avais assez réfléchi, j’étais sûre de mon choix…

Et voilà que la session commence lundi, le 24 août. Déjà!

Depuis cette fameuse journée d’avril où j’ai reçu une enveloppe brune du collège où j’avais postulé, il y a eu plusieurs réactions face à cette nouvelle dans mon entourage. Je les diviserais en deux grandes catégories : la catégorie « ENFIN! Y’était temps que tu te décides! » et la catégorie « Wow, j’admire vraiment ton courage. »

Évidemment, dans les deux cas, il s’agissait de réactions positives mais je vous avouerai que les réactions de la deuxième catégorie m’ont quelque peu interloquée. Et je le dis en tout respect.

J’ai toujours été une fille fonceuse. Je ne sais pas toujours ce que je veux mais les fois où je le sais, je m’arrange pour obtenir des résultats.

Le jour où j’ai décidé qu’il était temps pour moi de retourner à l’école, j’ai entrepris les démarches pour le faire. C’était aussi simple que ça. J’étais consciente que ça chamboulerait ma vie, principalement au niveau budgétaire mais je savais parfaitement que je l’aurais regretté plus tard si je m’étais laissée freiner par ça.

J’ai toujours eu pour mon dire qu’on n’a aucune raison de s’empêcher de faire ce qu’on a à faire dans la vie, surtout quand on a 23 ans, qu’on a un amoureux extraordinaire, qu’on n’a pas d’hypothèque et qu’on n’a pas d’enfants à charge.

Dans la vie, je suis celle qui bouscule. Celle qui dès qu’elle entend « Ah, j’aurais tellement aimé ça faire ça/Je rêve de faire ça/J’aimerais tellement ça faire comme toi » réplique subito-presto : « Ben pourquoi tu le fais pas? »Et qui se fait toujours répondre des affaires plates.

J’explique souvent à ceux qui veulent bien m’écouter que dans la vie, il faut faire ce qu’on a à faire. Je ne suis pas nécessairement du genre à faire des discours qui incitent les gens à vivre constamment comme si c’était leur dernière journée… parce que je ne serais pas crédible de toute manière. Je trouve ça important de m’accorder du temps pour faire la couch potatoe, je ne prétends pas être une super woman.

Par contre, au niveau des rêves, des ambitions, des projets d’étude et des projets de vie, je suis intraitable. Je pense que quelqu’un qui souhaite vraiment faire quelque chose en particulier devrait le faire. J’ai rencontré beaucoup trop de gens dans ma vie qui étaient amers, qui regrettaient leurs choix, qui s’étaient trompés et qui jugeaient qu’il était trop tard pour tout recommencer que ça m’a confortée dans mon idée.

C’est certain que c’est toujours flatteur de se faire dire par quelqu’un qu’il « admire » notre démarche mais après coup, ça me rend toujours un peu triste.

Je ne vois absolument rien de courageux dans mon retour aux études. C’est simplement que c’est ça que je devais faire à ce moment-ci de ma vie.

… et j’ai tellement hâte!

En espérant en avoir inspiré quelques un(e)s à se sortir de leur torpeur. :)

Je ne connais pas James Blunt mais…

Par Noisette Sociale, 24 juillet 2009 11:14

villagegaiIl y a une femme que je croise souvent à la sortie du métro Beaudry. Peut-être l’avez-vous déjà aperçue…

Elle est peut-être dans la quarantaine, la cinquantaine… ou même dans la soixantaine. Allez savoir. Déjà que je ne suis pas bonne pour estimer l’âge des gens, c’est encore moins évident quand je suis face à des gens qui sont visiblement dans la misère profonde.

Elle est grasse, elle parle mal anglais, elle a l’air sale et ses dents font peur. Je sais que c’est loin d’être élogieux comme description mais il faut que vous sachiez que malgré tout, elle est absolument attachante.

Ça a commencé peu après qu’on ait remis la rue Ste-Catherine piétonne. Je la voyais de loin mais sans plus.

Puis un jour, à ma sortie du Tim Hortons, elle m’attendait. Bon, peut-être qu’elle ne m’attendait pas moi, personnellement, mais vous comprenez ce que je veux dire. Elle avait vraiment l’air d’avoir faim. Si vous l’aviez vue, vous auriez compris que des gens comme ça, ça ne joue pas la comédie. Ses yeux suppliants… C’est tellement venu me chercher.

Je me fais violence normalement pour ne pas leur donner de l’argent ou pire, pour faire semblant de ne pas les voir. Mais dans tous les cas, ça me brise le coeur.

Je n’ai pas pu résister. Je n’avais pas de petite monnaie alors je lui avais donné un billet de 5$. Je savais qu’elle le prendrait pour manger mais je me disais en moi-même que quand même bien qu’elle irait s’acheter de la drogue avec, c’était certainement pas moi qui allait la juger pour ça. (Faudrait d’ailleurs que je vous raconte un jour à quel point ça me fait chier tous ces biens-pensants qui méprisent le pauvre monde qui ont des problèmes de consommation alors que ces biens-pensants n’ont probablement aucune notion de ce que c’est que d’en arracher dans la vie.)

J’ai rarement vu autant de reconnaissance dans les yeux de quelqu’un que cette fois-là. J’avais moi aussi le sourire fendu jusqu’aux oreilles malgré les « God bless you » qui m’inondaient.

Je m’égare.

Tout ça pour dire que ça fait quelques fois que je la vois et que je lui parle plus à chaque fois.

Ce matin, je suis arrivée en retard au boulot parce que j’ai décidé de prendre un peu de temps pour lui parler. C’était peut-être égoïste parce que souvent, on veut leur parler pour leur faire du bien mais dans le fond, on se fait du bien à nous -même. (Quoique en ce moment, j’ai tellement le coeur serré que je ne suis pas sûre que je me suis fait du bien mais ça, j’imagine que c’est aussi une autre histoire.)

Je ne connais pas son nom mais j’ai appris celui de James Blunt. Selon lui, il semblerait que je devais être la dernière personne sur Terre à ne pas connaître son nom mais bien franchement, ça m’importe peu.

Elle m’a demandé si je le connaissais. Je lui ai dit que j’avais déjà entendu son nom quelque part mais que je ne saurais l’associer avec sa musique. Elle avait l’air tellement déçue que j’ai quasiment regretté d’avoir dit la vérité. Elle a commencé à me dire à quel point il faisait de la belle musique, qu’il était beau, grand et sensible. Qu’elle avait l’impression qu’il la comprenait, de la façon qu’il chantait. Que pour elle, c’était le plus grand de tous les artistes… Et on a continué comme ça.

J’ai débuté ce billet en ne connaissant pas James Blunt. Ça doit bien faire une heure que je me promène sur YouTube pour entendre ses différentes chansons. Normalement, je me serais tannée au milieu de la première chanson parce qu’à la base, ce n’est pas mon genre de musique. Mais plus j’écoute et plus je comprends pourquoi il la touche de cette façon-là.

Il y a une sorte de mélancolie dans sa façon de chanter… et je ne sais même pas si c’est vraiment le bon mot pour décrire. À écouter ça dans le contexte décrit ci-haut, ça change une perception. J’ai les yeux humides depuis tantôt, c’est quasiment de la torture. C’est beau et c’est souffrant en même temps.

Mais j’aime la torture si ça peut me permettre de pouvoir lui revenir lundi prochain, si elle est là, pour pouvoir lui dire que maintenant, je connais James Blunt, du moins un peu… et que ça ne sera pas un mensonge pieux.

Sauf qu’entre vous et moi, je préfère qu’elle aime James Blunt plutôt que, mettons… Coeur de Pirate. *frissons d’horreur*

Thème Panorama par Themocracy