En vrac…
1. Le protège-cou au hockey : Hier soir, je regarde les nouvelles. Y’a un joueur dont j’oublie le nom (et le hockey, ça m’intéresse tellement pas que je n’ai pas envie d’aller vérifier pour vous mais y’a sûrement un amateur qui se chargera de le faire dans les commentaires) qui a reçu malencontreusement un coup de lame de patin au cou, lui sectionnant une partie de l’artère carotide. Ça pissait le sang, mes amis! Quand ils ont dit « artère carotide », j’ai tout de suite dit: « Ça y est, il est mort. » MÊME PAS!!!
Alors immédiatement après le topo, on nous offre un mini-reportage sur l’importance du protège-cou et bien sûr, y’en a eu quelques uns pour dire que son port devait devenir obligatoire.
Noisette : (levant les yeux au ciel) « Je suis contre.
Fiancé : – Ben voyons! Pourquoi?
Noisette : – Parce que là , ça va faire! Si après tous les accidents dans le genre qu’il y a eu, les joueurs sont encore trop caves pour comprendre que le port serait nécessaire, bien qu’ils continuent à se faire sectionner l’artère carotide. De toute façon, y’est même pas mort alors oubliez ça pour ce qui est de la possibilité qu’on rende ça obligatoire. »
Et là , Fiancé se met à m’expliquer que dans le temps, quand des Québécois ont commencé à porter un casque avec visière, ils se faisaient traiter de tapettes et c’est pour ça qu’on a fini par rendre ça obligatoire parce que le reste de la ligue hésitait à suivre.
Comme quoi l’argument à l’effet que « tu vas avoir l’air d’une tapette » a encore beaucoup de poids de nos jours. Misère…
Un exemple de plus comme quoi la règlementation se sent obligée d’intervenir pour palier au manque de jugement de ses congénères. On nous infantilise mais parfois, c’est à se demander si on a vraiment le choix.
2. Des suicides au Casino. Bon, là y’en a qui sont contents. Loto-Québec a été forcée de rendre public ses rapports de sécurité. On apprend que quelques 200 suicides (approx.) ont eu lieu dans ses établissements de jeu, commis probablement par des joueurs pathologiques endettés au possible et désespérés au maximum.
Maintenant, nous avons des dates exactes et des chiffres exacts. Puis après? Est-ce quelqu’un a réellement été surpris en apprenant ça? Est-ce que quelqu’un s’est réellement écrié hier soir, dans le confort de son fauteuil : « HEIN??? Y’a du monde qui se sont déjà suicidés au Casino??? »
Là où je décroche, c’est quand on nous sort le discours suivant: « Le jeu, c’est épouvantable. Ça détruit des familles. Y’a du monde qui se suicide. Il faut absolument interdire les salles de loterie-vidéo. Il faut fermer le Casino. Loto-Québec, c’est le mal. Il faut fermer Loto-Québec. »
Et là , comprenez-moi bien. Je ne prêche pas pour ma paroisse. Je suis coupable d’acheter un gratteux grosso-modo une fois par mois. (Pas le premier du mois, quand même. HA HA HA) Peut-être moins. Parce que des fois, quand je vais chercher ma pinte de lait au dépanneur, y’a comme une envie de gratter qui me prend. Ni plus ni moins. Bon.
Il y a de la prévention qui est faite. Il y a des lignes d’aide. De la publicité. Du monde conscient qui essaient de faire comprendre aux inconscients que c’est pas sain d’être joueur compulsif comme mode de vie.
Le vice est partout et est généralement consommé avec modération. Mais comme dans tous les domaines, y’en a qui abusent. Il y a un paquet de ressources de disponibles.
Doit-on priver l’ensemble de la collectivité d’un plaisir coupable sous le prétexte qu’il y en a qui ne savent pas se contrôler?
On peut changer des façons de faire, d’accord. Arrêter d’offrir un paquet de cadeaux aux joueurs compulsifs qui jouent bien au-delà de leurs moyens. Je suis d’accord. Je n’ai rien contre le fait de réinsérer un peu plus d’éthique au Casino.
Mais bannir Loto-Québec? Franchement. Est-ce qu’on peut laisser vivre les gens, juste un petit peu, hein?
Ça me ramène à un autre débat…
3. L’alcool au volant : Ceux qui me lisent depuis un certain temps ou qui me connaissent dans la vraie vie savent à quel point l’alcool au volant est une chose qui me rend excessivement émotive. C’est un peu bizarre parce que je ne connais même pas quelqu’un qui a été personnellement impliqué, d’un côté ou de l’autre, dans un accident tragique relié à la problématique de l’alcool au volant. Comme quoi on n’est pas obligé d’attendre que quelqu’un de notre entourage meure ou soit lourdement handicapé pour se sensibiliser à une cause.
Je me considère pratiquement comme une extrémiste des anti alcool au volant mais il y a quand même des limites. Mon extrémisme se situe surtout au niveau de la prévention qui devrait être plus poussée et des peines qui devraient être beaucoup plus sévères.
Par contre, je suis contre les folles (ce sont surtout des femmes, c’est pas ma faute) qui prônent le retour à la prohibition.
Encore une fois…
Faut-il empêcher tout le monde de boire parce qu’il y a des criminels qui conduisent quand ils sont saoûl?
Ou parce que certains développent des problèmes d’alcoolisme?
J’ai beaucoup de difficulté avec l’État qui jouerait un rôle de moralisateur.
4. La guerre aux drogues. Premièrement, on va défaire un mythe tout de suite. Les premières lois anti-drogues au Canada n’ont pas été votées pour la vertu, contrairement à ce que la majorité pense.
Non, c’est qu’il y eu un temps où l’immigration chinoise était très forte et à l’époque, pour une raison qui m’échappe au moment où j’écris ces lignes, les Canadiens n’aimaient pas trop les Chinois. Puis les travailleurs chinois avaient souvent une vieille habitude ancestrale qui était de fumer de l’opium après une grosse journée d’ouvrage.
Quelqu’un, quelque part, eût donc une idée de génie pour nous débarrasser des méchants Jaunes : « Rendons l’opium illégal! Comme ça, on pourra arrêter plein de Chinois et ça nous donnera une bonne raison pour les renvoyer chez eux. »
Évidemment, je fais de la vulgarisation mais n’empêche que c’est ça pareil. Faites vos recherches, vous verrez par vous-même. (Il faut bien vous faire travailler votre petit hamster par vous-même un peu, hein!)
Je n’ai pas fait de recherches précises pour le reste mais au départ, ces lois avaient une connotation raciste plus que vertueuse.
Maintenant… dans la nourriture, dans les produits domestiques, dans à peu près toutes les autres sphères que le loisir, il est tout à fait normal qu’il y ait un contrôle de qualité qui soit fait et qu’on interdise certaines composantes.
Mais pour le reste… les gens qui consomment savent que ce n’est pas bon pour eux. Et ceux qui ne consomment pas ne le font pas justement car ils savent également que ce n’est pas bon pour eux.
Maintenant, peut-on laisser les gens décider par eux-même ce qui est bon pour eux ?
Je sens que ça va crier car oui, je suis pour la légalisation de TOUTES les drogues. Oui oui, y compris le crystal meth. (Même si c’est selon moi la pire drogue disponible sur le marché noir si on se fie aux ravages que ça fait chez ceux qui en consomment.)
J’ai toujours eu pour mon dire que la guerre au drogues est aux drogues ce que la prohibition a été pour l’alcool dans le temps : Une industrie florissante qui a enrichit au max les pires crapules que vous ne pourriez imaginer.
L’État doit légiférer en terme de sécurité collective. Quand ça dérape et que ça vient à légiférer sur la sécurité individuelle, ça me tue. Il faut punir les comportements qui affectent d’autres personnes sans leur consentement. L’alcool au volant est un exemple. Battre ta mère parce qu’elle ne veut pas te donner de l’argent pour ton crystal meth devrait être puni sévèrement également.
Mais être puni pour avoir simplement consommé? Non, je ne crois pas.
Ce qui nous ramène à mon dernier point qui permettra peut-être à certains de relativiser…
5. Tous les débats entourant l’industrie du tabac. À savoir :
- L’interdiction de fumer dans les endroits fermés en général (édifices publics, bars, restos, etc)
- L’interdiction de fumer à moins de X mètres d’une porte d’entrée d’un établissement public
- La nouvelle règlementation à l’effet de ne plus mettre en évidence les cartons de cigarette dans les présentoirs de dépanneurs
- La loi qui interdit de faire des publicités en faveur de la cigarette
- Les images d’horreur sur les cartons de cigarette
- La nouvelle législation qui sera en vigueur dans une province des Maritimes interdisant du fumer dans une voiture en présence de mineurs
- etc.
Je trouve que ces débats et ces mesures sont toutes pertinentes. On le sait tous que la cigarette n’est pas bonne pour la santé mais ça ne fait pas de tort de le rappeler quand même. Qu’on essaie de rendre peu à peu à la publicité responsable en s’attaquant à la cigarette en premier, je n’y vois pas de mal. Qu’on arrête d’en faire la promotion, c’est correct aussi. Il est inadéquat, en ce qui me concerne, de promouvoir un mode de vie qui est malsain.
L’interdire? Jamais.
Encore une fois, il faut laisser vivre les gens. J’ai eu beau avoir en horreur la fumée de cigarette toute mon enfance jusqu’à aujourd’hui, ce n’est pas parce que je n’aime pas cette odeur que ça me donne le droit de prôner l’interdiction de fumer.
Les caprices ne devraient pas faire office de loi.
Par contre, je ne comprends pas que l’interdiction de fumer dans les endroits publics (intérieurs, on s’entend) ne soit pas arrivée plus tôt. Pour moi, toute l’époque qui a précédé cette application du projet de loi était un flagrant manque de respect envers ceux qui avaient fait le choix santé de ne pas fumer.
Je suis non-fumeuse. Je ne veux pas que les fumeurs m’écoeurent mais je n’ai pas à écoeurer les fumeurs non plus.
Ça revient à ce que je disais un peu plus haut par rapport au bien-être collectif versus le bien-être individuel. Si tes mauvaises habitudes n’affectent que toi-même, c’est à toi de gérer ça comme tu l’entends.
Par contre, quand tes mauvaises habitudes affectent d’autres personnes qui n’ont pas fait le même choix que toi, c’est une autre paire de manche. Ça inclut la fumée secondaire. Tout comme ça inclut : se faire tuer par quelqu’un qui a bu et qui a pris son char. (Doit-on bannir l’alcool? Ou encore l’automobile? NON.)
…………………………………………………………………………………………………….
Donc, je vous pose également la question :
Le rôle du législateur devrait-il être également celui de moralisateur, tel que c’est le cas actuellement?
Ou devrait-il plutôt se concentrer à prévenir et/ou interdire et/ou à punir les comportements qui nuisent ou qui affectent réellement et ce, à différents niveaux, à d’autres personnes innocentes qui n’ont pas à subir ces comportements?
(Si vous me trouvez biaisée, c’est pas ma faute, j’ai fait mon possible. Ça me tient réellement à coeur cette question…)