Vendredi midi, j’ai rédigé un billet qui a suscité, ma foi, pas mal de commentaires!
J’ai eu une fin de semaine occupée, un lundi où j’étais malade… et quand j’ai ouvert le tout mardi matin, j’ai failli faire une syncope. Le nombre de commentaires, leur longueur, leur justesse et parfois aussi leur incohérence, ça m’a impressionnée.
Je me suis dit… « Eh merde, qu’est-ce que je vais faire avec ça? Je ne peux pas répondre à tout le monde! » Je vous remercie cependant grandement d’avoir participé à ce débat plus qu’intéressant à lire. Je vois que ça touche une corde sensible chez certains et parfois même d’une manière que je ne pensais pas provoquer.
Il y a des sujets comme ça qui nous tiennent plus à coeur. Moi, personnellement, tout ce qui touche à la religion, ça me révolte. Ça me met en colère. Je regarde ça difficilement de façon neutre et pragmatique. D’un côté, je respecte les croyances des autres même si je ne les comprends pas… En même temps, à chaque fois qu’un sou s’en va à l’Église, je vois ça comme un financement indirect de la pédophilie. Car nous savons que l’Église ne condamne pas vraiment la pédophilie. Quand un prêtre est reconnu coupable d’un tel acte, on dit que c’est une erreur de parcours. Puis j’aimerais qu’on s’entende sur le fait qu’ils ont été plusieurs dans cette institution à faire de ces « erreurs de parcours ». C’est pourquoi je m’engage à ce que ce billet-ci soit le dernier où je parlerai de ce sujet délicat. Ça me fait trop mal.
Par contre, avant que ça ne dérape trop, je fais quand même la distinction entre les croyances et l’institution. Je connais des gens qui croient en Dieu et qui sont aussi révoltés que moi en ce qui concerne les agissements de l’Église catholique dans l’Histoire. La nuance est importante.
Ceci étant dit…
Quelques questions m’ont été posées directement ou indirectement et je pense que ça serait pertinent que j’y réponde.
Ensuite, je vous promets qu’on reviendra à quelque chose de plus léger
1. « Y a-t-il vraiment des athées qui font baptiser et communier leurs enfants? » Alain B.
Oui. Le nombre de communions doit être bien moins élevé que celui des baptêmes mais oui. Souvent, ces athées ont également été baptisés à la naissance et le font pour perpétrer la tradition ou pour ne pas faire trop de brasse-camarade dans la famille. Je trouve ça extrêmement incohérent. Mais je les soupçonne de ne pas être aussi athées qu’ils ne l’affirment.
2. « Qui est vraiment athée? » Alain B.
Moi.
Cependant, j’ai remarqué que l’athéisme est souvent relié au radicalisme. Pourtant, je ne veux pas imposer mes vues à qui que ce soit. J’ai déjà dit que j’étais agnostique mais tout comme mon meilleur ami, je crois que les agnostiques sont en fait des athées paresseux… ou frileux!. Je ne crois pas en l’existence de Dieu mais je ne peux cependant pas prouver cette inexistence… Tout comme les croyants ne peuvent pas prouver l’existence de Dieu car tout repose sur la foi. Je ne vois pas ce qu’il y a de radical dans mes positions. (Et je sais que ce n’est pas ce que l’auteur de la question insinuait.)
3. « Sais-tu que s’ils [mes futurs enfants présupposés] ne sont pas baptisés, ils ne pourront pas se marier à l’Église? » Angie22
Effectivement, on ne peut pas se marier à l’Église sans avoir été baptisé. Cependant, on peut se faire baptiser à n’importe quel âge.
À mon avis, adhérer à une religion ou à une autre est une décision personnelle qui doit être réfléchie au préalable.
J’ai déjà écrit un long plaidoyer sur ma conviction profonde que le baptême d’un bébé va à l’encontre de la liberté de religion pourtant protégée dans notre Charte des droits et libertés.
Dans ton commentaire, et tu n’as pas été la seule à avoir soulevé ce point, tu dis que tu veux faire baptiser ton bébé pour lui donner le choix plus tard. Enlever le choix pour donner le choix. Je vois une incohérence de taille.
Mais pour répondre brièvement à ta question, si ton enfant désire vraiment se marier à l’Église plus tard, rien ne pourra l’en empêcher s’il c’est ce qu’il veut vraiment.
4. « Et que si ton enfant veut devenir, étant plus vieux, le parrain d’un enfant, il ne pourra pas car il ne sera pas baptisé? » Angie22
Voir ma réponse plus haut.
5. « Les rites sont essentiellement sociaux. Les rejeter provoque généralement un isolement, ce qui n’est pas mauvais si c’est ce qu’on recherche. Un peu comme la fille qui refuse systématiquement d’aller au 5 à 7 du vendredi avec les autres filles du bureau parce qu’elle ne sent pas le besoin de faire partie du groupe – éventuellement, la fille n’est plus invitée et reste en marge. Si ses collègues sont fatiguantes et qu’elle préfère travailler seule, tant mieux pour elle. Mais si ses collègues sont gentilles et qu’elle préfère le travail d’équipe, à la longue, ça peut lui peser de ne pas avoir la même complicité que celles qui vont au 5 à 7 une fois de temps en temps. » ND
Je pense que tu amènes un très bon point, surtout avec la nuance que tu as apporté en abordant ce que tu appelles les rites sociaux. Dans le cas qui nous intéresse, on pourrait peut-être considérer, effectivement, le temps des fêtes comme un rite social. Je ressens également un certain isolement face à ma décision de rejeter l’essentiel de l’esprit des fêtes. On ne me verra pas au party de bureau cette année, tu l’auras bien compris.
En fait, j’aime beaucoup ton explication mais je trouve que l’exemple du 5 à 7 n’était pas le meilleur. Je ne vois absolument pas en quoi le fait de ne pas participer à ces fameux 5 à 7 pourrait avoir des répercussions importantes sur le travail d’équipe. D’ailleurs, toute la pression qu’il y a derrière ces activités, ça me révolte. Y’a des gens qui se font harceler à chaque semaine pour y aller. Pourrait-on avoir le droit, en-dehors des heures de travail, de disposer de notre temps libre comme bon nous semble? Je pense que je passe facilement plus de temps avec mes collègues de travail qu’avec mon fiancé. Et il faudrait que je passe encore plus de temps avec mes collègues?
Si nos collègues sont également nos amis, je n’y vois pas de problème mais en ce qui me concerne, je ne pense pas pouvoir développer une amitié profonde et sincère avec les gens dans mon équipe de travail, bien que je les respecte beaucoup. Trop de choses nous séparent.
Mais sinon, sur le fonds, je comprends assez bien ton point de vue.
6. « Je déteste le baptême…
Lorsqu’un couple fait le choix de se marier à l’église par tradition ou pour faire plaisir à la famille, c’est leur problème et ils font ce qu’ils veulent de leur vie. Mais lorsqu’ils font baptiser leur bébé, le pauvre n’a pas le choix… » Jean-Luc
J’ai recopié ton commentaire tout simplement parce que je l’aime. Certains le trouveront peut-être cru mais ça reflète bien l’essentiel de ma pensée. On pourra arguer que personne n’est jamais mort d’un baptême, et avec raison… mais ma vive objection se trouve au niveau du principe.
7. « Pourquoi diable faut-il être cohérent? (…) Ça vous dérange vraiment, les gens qui ont un sapin de Noël et qui disent n’être pas religieux? » Déréglé temporel
Je n’oblige personne à être cohérent… mais personnellement, j’aime beaucoup la cohérence. Si la cohérence peut être une valeur, on pourra dire que c’est une valeur à laquelle je tiens beaucoup. J’ai de la difficulté à gérer les gens qui disent une chose et font le contraire. Ça me déstabilise. Ça me fait douter. Pour moi, et peut-être que je me trompe, c’est une question de crédibilité.
Pour le sapin de Noël, je n’en aurai pas chez moi personnellement mais ce n’est pas quelque chose qui me choque. Par contre, qu’on ne m’impose pas d’en décorer un
8. « Petite question pour toi Noisette: J’ai toujours considéré les légendes de personnages religieux comme Jésus assez similaires à celle du Père Noël, alors si tu avais des enfants, qu’est-ce que tu ferais avec le Père Noël? Tu perpétues la légende? Tu laisses aller ou tu mettrais ça au clair tout de suite? Moi, je trouve ça dommage de construire une déception à venir… » S. Martel
La question est très hypothétique car je ne sais pas si je veux avoir des enfants.  Il faudra voir à ce moment-là dans quelle proportion les enfants fêteront encore Noël. Avec l’immigration et tout ça, ça risque de changer beaucoup. Peut-être qu’on retrouvera plus de Musulmans que de catholiques dans l’école où ils seront. Ou de gens d’autres religions. Alors le Père Noël, peut-être qu’on n’en parlera plus beaucoup dans la cour d’école.
C’est très dur à évaluer. Je ferai sûrement un compromis avec le Jour de l’an plutôt qu’avec Noël.
Je trouve quand même que tu as raison quand tu dis que c’est dommage de construire une déception à venir. Étrangement, je me souviens que j’ai cru beaucoup moins au Père Noël qu’à la fée des dents. Je ne sais pas pourquoi mais pour moi, la fée des dents, c’était très sérieux. J’ai même eu de violentes disputes de cour d’école par rapport à la fée des dents.
Mais s’ils font des activités à l’école en lien avec ça… Comme la fameuse lettre au Père Noël, si toute la classe participe… C’est délicat.
Par contre, je peux jurer que je mettrai énormément d’emphase dans mon éducation sur l’importance d’avoir un esprit critique
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Chapeau à ceux qui se sont rendus jusqu’ici!
En espérant que tout est plus clair et que la question sera vidée une fois pour toutes.
C’est un sujet qui nous touche tous de différentes façons. Ça peut être très difficile à traiter. Disons que j’aurai fait de mon mieux?