Catégorie : Société

Je voudrais crever…

Par Noisette Sociale, 21 avril 2009 14:48

Je ne vous ai pas parlé encore de la pièce que j’ai eu la chance de voir samedi dernier, toujours grâce à cette chère Bianka.

Le titre de mon article, rassurez-vous, n’est que la retranscription du titre de la pièce en question.

En résumé…

« Cinq amis dans la vingtaine.
Solange, qui revient de voyage et qui n’attend que le prochain départ : ailleurs, l’air est différent.
Paul, qui pleure sa rupture amoureuse : sept ans avec la même, ça bouleverse.
Luce et Sylvain, qui viennent de s’acheter une maison : c’est beaucoup d’organisation.
Et Mateo, leur ami de toujours, qui se meurt.
Dans sa chambre d’hôpital, tout prend l’allure de la fin du monde… ou alors est-ce le début de l’âge adulte? »

Vite comme ça, ça a quasiment l’air déprimant. Mais en réalité, c’est une tout autre histoire!

J’étais un peu sceptique avant de me rendre à la pièce car j’avais lu quelque part que la mise-en-scène qui n’arrêtait pas de bouger, ça devenait un peu étourdissant à la longue. C’est drôle parce que sur place, c’est un des éléments que j’ai le plus aimé!

Une table au centre avec des chaises autour qui deviennent soudainement un lit d’hôpital et des chaises d’hôpital. Ça bouge sans cesse.

Les acteurs qui chantent magnifiquement également entre les scènes pour illustrer des émotions différentes, des bribes de vie.

Bianka m’avait dit que la pièce avait eu pour elle l’effet d’une claque en plein visage. Pour moi aussi.

Car autour de Mateo, l’ami qui va mourir bientôt, ses amis réfléchissent à voix haute et font des constats dérangeants.

Ce qui m’a le plus marquée dans tout ça, c’était les personnages du couple, Luce et Sylvain. Eux qui viennent de s’acheter une belle grosse maison probablement en banlieue. Qui prévoient déjà l’achat d’une piscine. Qui se plaignent de l’organisation que ça prend, une nouvelle maison. Les rénovations qu’il faut faire. Luce se plaint de ses petits tracas de nouvelle propriétaire de maison à côté d’un Mateo pour qui la vie va se terminer bientôt.

Oh, je sais, comme ça, ça semble un peu cliché. On se fait tellement souvent rabattre les oreilles comme quoi le matériel n’est pas important. Qu’il n’y a pas que la petite vie rangée de banlieue qui a de la valeur. Je sais tout ça. Sauf que je ne sais pas, ça vaut la peine de se le refaire mettre en face des yeux une fois de temps en temps. Juste pour s’en rappeler. Et ce, sans dénigrer nécessairement la vie de banlieue!

Non, plutôt l’idéal matérialiste. En tout cas, moi, ça m’a fait ça. Je regardais la pièce et en même temps, je pensais au ridicule de la chose quand je vous ai annoncé toute fière que j’avais acheté ma télé HD. Comme si c’était un accomplissement en soi!

Et puis, cet hommage à la vie.

Je me suis tellement attachée au personnage de Mateo. Ce doux Mateo. Lui qui demandait à son ami Sylvain ce que c’était que d’être en amour. Il voulait se le faire expliquer le plus clairement possible afin d’au moins le savoir un peu avant de mourir.

Je me suis imaginée à un certain moment que c’était l’Ami qui était à la place de Mateo. Et je me suis retenue grandement de pleurer. C’est de réfléchir au vide que va laisser la mort d’un ami cher qui m’a touchée au plus haut point.

Vraiment, ça vaut le détour.

La pièce est bien faite et j’ai adoré la disposition de la salle et de la scène. Puis pour une fois que les bancs n’étaient pas si inconfortables. ;)

À voir au théâtre Aux Z Écuries jusqu’au 2 mai.

D’autres points de vue ici, ici et .

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