Les chômeurs, ces malappris!
Je suis de nouveau chômeuse. La dernière fois, ça avait duré deux semaines et j’avais été rappelée mais là , je pense que c’est pour de vrai. Mon aventure dans la grande tour est terminée pour de bon et ce, depuis vendredi le 30 juillet dernier à 17h02.
Quand on passe dans la joyeuse catégorie des « sans emploi », le regard des autres sur nous est assez différent.
J’avais un ami – qui mérite aujourd’hui le plus grand mépris mais tout de même – qui avait un emploi saisonnier et qui connaissait les joies du chômage. Son emploi saisonnier était en réalité un emploi d’été conçu pour des étudiants mais comme il n’avait pas de fierté… (Ça y est, je me défoule.) Bref, il savait déjà depuis longtemps à quel point le regard se durcit, parfois presque imperceptiblement, quand on annonce qu’on est sans emploi, ou à la recherche de. Lui, il était rendu au point où il ne voulait plus rencontrer de nouvelles personnes car il anticipait trop la question : « Que fais-tu dans la vie? »
En tout, je cumule maintenant trois semaines de chômeuse et je comprends déjà un peu le sentiment.
L’autre jour, j’appelle chez Desjardins parce que j’avais pris une assurance carte de crédit au même moment où j’avais signé ma demande pour avoir une Visa. Cette assurance, au coût de 7$ par mois, me promettait de payer mon solde en cas de perte d’emploi, à condition bien sûr que je ne perde pas mon emploi pour cause de mauvais comportement. Donc, je tombe sur une gentille téléphoniste dont le ton s’est tout de suite durci quand elle a su la raison de mon appel.
Honnêtement, après avoir dit que j’appelais concernant cette assurance parce que j’avais perdu mon emploi, je me sentais comme un chien errant. Un ton dur, bête et saccadé pour m’expliquer que dans 30 jours, j’aurais bien des paperasses à remplir et à faire remplir à mon ex-employeur, merci bonsoir.
L’autre jour, j’étais à la caisse d’un magasin à grande surface qui faisait un genre de mini-sondage sur la clientèle. La jeune demoiselle me demande : « Quel est votre métier? » Et moi de répondre : « Euuuuuuuuhhh… chômeuse? » Regard. Malaise. Petite toux. Me donne ma facture. Merci bonsoir.
La tendance est insidieuse. L’autre soir. Une soirée pas pire humide. Petite discussion dans la chambre à coucher à savoir si on laissait la fenêtre ouverte, si on mettait le ventilateur, le dés-humidificateur ou l’air climatisé. Pour avoir le dernier mot, mon chum me lance : « Ben, vu que MOI je travaille demain, me semble que je devrais avoir le dernier mot. »
Ce n’était pas dit méchamment, même qu’il avait un petit sourire en coin et un regard moqueur mais ça m’a donné un coup. Je me suis dit : « Eh merde, on en est déjà là . »
Heureusement, je ne me suis jamais définie par mon travail alors mon malaise devrait passer.









