Catégorie : télévision

De Mötley et de Super Bowl

Par Noisette Sociale, 8 février 2010 13:36

Tu sais que tu t’en vas voir un show rock quand tu arrives sur place et que, pendant que tu attends plus ou moins patiemment en file à l’extérieur pour entrer (je me demande d’ailleurs si les fouilles corporelles sont aussi poussées et méthodiques quand il s’agit d’un concert pop), tu vois plusieurs personnes qui sirotent une grosse canette de bière camouflée dans un sac de papier.

Tu sais que tu t’en vas voir un show de Mötley Crüe quand tu croises dans le centre Bell:

  • trop de filles de tous les âges et de toutes les proportions qui portent des leggings à motif léopard
  • des manteaux en jeans à profusion avec une grosse patch dans le dos
  • un gars qui porte la grosse barbe, un chapeau de police et une perruque fuchsia pas mal intense (J’ai même vu des gens lui demander d’être pris en photo avec, ce qui était pas mal épique)

Vendredi soir, c’était un moment que j’attendais depuis des mois, billets achetés en pré-vente oblige. Je n’ai pas été déçue.

Airbourne a ouvert la soirée en force avec 30 minutes de riffs intenses. J’ai toujours critiqué la formation à l’effet qu’elle faisait plus que s’inspirer d’AC/DC pour leurs morceaux mais il faut croire qu’ils ont du talent parce que j’ai quand même acheté leur album il y a un an de ça et je n’ai pas pu m’empêcher de me tortiller comme une folle pendant leur performance. Pour citer une vieille connaissance : « Le chanteur, c’t'un malade mentaaaaaaaaaaaaaaaaal. » Effectivement. C’était définitivement un cas de « spring dans l’cul ».

deadofwintertourJe ne saurais trop vous parler du Joe Perry Project qui a suivi parce que ça ne m’intéressait pas outre mesure et c’est le moment que j’avais prévu pour aller m’acheter un t-shirt officiel de tournée, boire une bière diluée à 10$ et aller visiter les salles de bains du centre Bell. J’ai quand même entendu à partir du couloir quelques chansons et ce n’était rien pour m’impressionner. Ils ont terminé leur show avec une toune quelconque d’Aerosmith.

Ayant fait le plein de bière et d’énergie, j’étais prête pour mon groupe fétiche. Ils ont entamé leur prestation avec « Live Wire », une de mes favorites. Bah, ils ont joué toutes mes favorites en réalité. Dr Feelgood, Saints of Los Angeles, Looks that kill, Wild side, Shout at the devil, Don’t go away mad, Primal Scream, etc.

Ils ont fait aussi « Motherfucker of the year », tirée du dernier album. Le dude à côté de moi ne la connaissait visiblement pas et pendant un moment, j’ai été fâchée de constater que je n’étais pas à côté d’un vrai fan. Ce commentaire à part, je n’ai pas trouvé que c’était un choix très judicieux car il y a des pièces plus fortes que celle-là sur le dernier album.

Girls, girls, girls, je ne comprendrai jamais l’engouement… mais j’y ai pris tout de même plaisir.

Il y a eu un rappel de deux chansons. La première était « Home Sweet Home ». Je n’ai pas trop compris non plus mais j’imagine que ça devait être concept étant donné qu’ils terminaient la tournée à Montréal. À part pour le concept, je trouvais ça moyen comme choix de toune de rappel.

Autres observations en vrac :

- Tommy Lee qui sort de son drum pour aller parler à la foule, c’est toujours un succès instantané. Les cris de fillettes étaient au rendez-vous (et je passe par-dessus mon orgueil pour vous avouer que j’en étais aussi) et pendant son cabotinage, il a passé une bouteille de Jagermeister pour les gens au parterre. Classique. J’ai noté l’absence de la traditionnelle « titty cam ». C’était bien correct comme ça aussi.

- Nikki Sixx n’a vraiment pas besoin de faire grand chose pour nous faire crier comme des fillettes. Il n’avait qu’à lever les bras dans les airs pour que le public féminin soit conquis. J’étais d’ailleurs très heureuse de l’avoir pendant presque toute la durée du spectacle sur mon côté de la scène.

- Ça n’aurait pas été un show de Mötley s’il n’y avait pas eu toutes ces explosions et ce feu pendant les chansons. C’était complètement malade mental. Même si je sursautais à chaque souffle d’explosion. ;)

- Je ne peux pas parler pour l’ensemble des fans mais personnellement, j’ai un rapport très mitigé avec le chanteur Vince Neil. Je le trouve bon sur les albums mais je trouve qu’autrement, le personnage est pathétique. Il a fait chanter la foule trop souvent à mon goût, n’a plus de voix, n’est pas capable de faire les aigües, a un look ridicule… mais en même temps, ça ne serait tellement pas pareil si on le remplaçait. Sa performance n’a pourtant pas entaché le reste parce que j’ai toujours eu l’impression que sa fonction principale était qu’on se foute de sa gueule. (C’est pas très gentil mais c’est ça quand même.)

- Mick Mars a toujours un rôle aussi ingrat. Il a beau faire des solos de guitare de la mort, ce n’est pas lui que les gens viennent voir en majorité.

- Mention spéciale à la prière de Nikki Sixx pour souhaiter que les membres ne s’entretuent pas d’ici à la prochaine tournée parce que ça serait dont plaisant qu’ils puissent faire une tournée l’an prochain pour fêter les 30 ans du groupe.

En conclusion, j’ai passé une excellente soirée et je plane encore sur l’adrénaline de vendredi soir. Juste à raconter ça à mes collègues de travail, je me sens en feu. Il faudra par contre que j’apprenne à ne pas répéter dix fois d’affilée, droguée par l’enthousiasme : « C’était ben trop écoeurant… Je te jure, c’était é-coeu-rant. »

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Il y avait aussi le Super Bowl hier soir et je ne me suis pas permis de manquer ça, même si je ne connaissais aucune des équipes en compétition. J’ai décidé de prendre pour les Saints, me disant que le Médiateur Farceur avait probablement une bonne raison de prendre pour eux… et j’ai été bien contente de gagner. HA HA HA

Là, ce sont les vrais fans de football qui doivent me faire de gros yeux mais que voulez-vous, c’est comme ça.

Le Super Bowl, c’est quelque chose de sacré pour moi parce que ça réfère à mon enfance où j’en profitais pour passer toute une journée de complicité avec mon paternel, entourée de bols de chips, d’ailes de poulet, de sous-marins, de chocolat, de bonbons, de boissons gazeuses et de pop corn. (Oh non, mon père, même seul, ne prenait pas ça à la légère!)

Le football est d’ailleurs le seul sport qui ne m’emmerde pas (à l’exception du kin-ball mais ça, je préfère y jouer) et que je pourrais regarder religieusement si seulement je suivais le calendrier de la saison et les horaires des matches télévisés.

Mention spéciale à l’échappée spectaculaire du joueur des Saints (dont j’ignore le nom, évidemment) qui avait le champ libre pour traverser tout le terrain et faire un touché hier soir… J’en avais encore des frissons en prenant ma douche ce matin.

La bisexualité : encore un sujet tabou

Par Noisette Sociale, 18 janvier 2010 13:02

Hier soir, je revenais d’un souper gargantuesque chez un ami et je me préparais déjà à sauter dans mon lit. (Je ferais un très bon vieux mononc’ typique qui s’endort après les repas.) Bon, c’est un peu faux parce que la maniaque de télé que je suis devait absolument vérifier ce qu’il y avait de bon avant d’aller me coucher.

Surprise! TV5 diffusait un petit documentaire qui traitait de la bisexualité. Étant donné que le sujet me touche de près, je ne pouvais pas passer à côté.

C’était extrêmement intéressant… et un peu triste à la fois. On faisait mention de quelques artistes qui se sont affichés ouvertement comme bisexuels, on montrait des entrevues avec des bisexuels « ordinaires » qui nous racontaient comment ils s’étaient rendus compte qu’ils l’étaient et il y avait une section du documentaire où on demandait à des hétéros et à des homosexuels ce qu’ils pensaient des bisexuels. Vous vous doutez bien (ou peut-être pas) que ça ouvrait la porte à un buffet de préjugés les plus gros les uns que les autres.

On relatait également à quel point la bisexualité est quelque chose d’encore tabou dans nos sociétés. Si on commence à accepter assez bien l’homosexualité, il n’en est pas de même pour la bisexualité.

Dans le documentaire et dans la vie en général, j’ai souvent été peinée de voir que les réactions les plus virulentes contre la bisexualité proviennent surtout, et étrangement, des milieux gais.

On nous accuse de ne pas être « branchés », de ne pas s’assumer, d’être sorti du placard à moitié, de ne pas être « fiables », d’être plus « dangereux » parce qu’on avait un éventail de choix trop large pour commettre l’adultère, etc. … Finalement, on s’attire plus de méfiance que de curiosité et/ou de compréhension.

Je me souviens, à la fin de l’adolescence, j’avais envie d’explorer cette partie de moi. Je sentais que j’avais besoin de soutien. J’étais extrêmement mêlée. Je m’étais jointe à un groupe de discussion dans le Village (groupe que je ne nommerai pas car les choses ont peut-être changé) et je me souviens d’un soir en particulier où le sujet de discussion était la bisexualité. J’étais entourée de gais et lesbiennes et ça se défoulait furieusement contre le sujet plutôt que d’en discuter. Inondée de « arf, les maudits bisexuels », je n’ai rien dit de la soirée, à l’exception peut-être d’un rire timide échappé malgré moi.

Je vous en parle aujourd’hui parce que justement, je trouve qu’on n’en parle pas assez et que j’en ai un peu marre de toute cette méfiance et de ces préjugés.

On nous imagine souvent comme des êtres pratiquement sans âme (ça doit venir de notre « bon » fond judéo-chrétien) et qui ne pensent qu’à faire des trips à trois. D’ailleurs, si vous voulez connaître les péripéties d’une bisexuelle sur les sites de rencontre, je vous suggère vivement de cliquer ici.

Dans le cadre de la journée internationale contre l’homophobie, j’avais écrit un texte sur l’Allemande, une fille qui avait fait battre mon coeur et m’avait fait pleurer toutes les larmes de mon corps bien involontairement, à la fin de mon parcours à l’école secondaire.

Dans ce texte-là, je racontais que je ne m’étais pas vraiment posé de question sur mon orientation sexuelle avant de rencontrer l’Allemande. J’y repensais hier et je me suis rendue compte que ce n’était pas tout à fait vrai.

aliciasilverstoneJe repensais entre autres au film de Batman avec le personnage de Mr Freeze (je sais, je sais, je vous vois d’ici lever les yeux au ciel) que mon frère avait reçu, version VHS, en cadeau. À tous les samedis matins (et les premiers temps, les dimanches aussi), il regardait son film et, plus souvent qu’autrement, j’allais le rejoindre.  Je pense que lui aussi savait que ce n’était pas un excellent film. En réalité, il était plutôt hypnotisé par les apparitions à l’écran d’Alicia Silverstone. Il avait même un poster d’elle dans sa chambre et il n’arrêtait pas d’en parler.

Je l’écoutais en riant mais il y a une partie de moi qui était complètement perturbée. Parce que moi aussi, j’écoutais le film surtout pour Alicia Silverstone… et Chris O’Donnell…  et Uma Thurman. Je n’y comprenais plus rien.

Pendant longtemps, je n’ai rien dit, sauf à des gens de confiance. Parce que… J’avais vécu une expérience un peu traumatisante en essayant d’en parler à celle que je considérais comme ma meilleure amie à l’âge de 15 ans. J’ai longtemps pris pour acquis qu’on ne parlait pas de ce genre de chose parce que visiblement, ça dérangeait.

Je sais que ce texte-ci est un peu brouillon mais c’est que j’ai la plume sensible et éparpillée quand je parle de ça. Parce que même aujourd’hui, ce n’est pas facile.

Pourtant, aimer des humains, ça ne devrait pas être trop difficile à comprendre. À accepter.

Je suis Noisette. Je suis bisexuelle. Et je m’accepte.

C’est déjà un bon début, non?

Occupation Double ne forme pas à commenter l’actualité

Par Noisette Sociale, 18 novembre 2009 12:51

dumont360Il m’arrive de regarder l’émission Dumont 360 quand ma journée de travail se termine tôt… ou quand la grippe m’agresse comme c’est le cas depuis le début de la semaine.

Je suis une jeune incorrigible parce que je ne peux m’empêcher, dans certains cas, de regarder des émissions qui me font sacrer et qui me renforcent négativement dans mes positions.

Il y a un segment dans cette émission qui contribue tout particulièrement à ce que je m’arrache les cheveux et c’est celui où Mario et son acolyte Martin Pelletier débattent d’une dizaine de sujets d’actualité à raison de 90 secondes accordées par sujet. Je n’ai pas compris encore s’il fallait prendre les deux commentateurs au sérieux dans cette partie de l’émission ou non mais ce qui est sûr, c’est que ça pue la mauvaise foi à plein nez à chaque fois.

Par exemple, hier soir, ils ont abordé la nomination de Richard Bergeron au conseil exécutif de la ville de Montréal alors qu’il s’occupera d’urbanisme.

Martin Pelletier se lance et dit tout de suite qu’il n’y avait pas grand chose dans la plateforme de Projet Montréal au niveau de l’urbanisme, à l’exception de la rue Ste-Catherine piétonne. Je levais déjà les yeux au ciel et il s’empressa d’ajouter : (Je cite de mémoire.)

« Ce que monsieur Bergeron ne sait pas, c’est que ça fait déjà très longtemps que la rue Ste-Catherine est piétonne. Oui oui. Ça s’appelle le Montréal souterrain. »

Ça faisait déjà un petit bout de temps que je me demandais d’où provenait cet hurluberlu qui gagne maintenant sa croûte à dire des âneries…

Je me suis lancée sur mon MacBook pour faire une recherche Google.

Ah, j’ai appris qu’il faisait aussi des petites chroniques insignifiantes au Show du matin, au même poste. Vous en visionnerez quelques unes si vous avez envie de voir quelque chose de très mauvais.

Je continue de regarder les résultats de recherche… et voilà que tout s’explique.

Monsieur Pelletier a fait ses débuts à la télé comme participant à Occupation Double, une émission qui, je vous le rappelle, regroupe l’ensemble de l’intelligentsia québécoise.

Je trouvais déjà que de passer du spa d’Occupation Double à porteur ou porteuse de valise, c’était un avancement trop important, voilà que certains deviennent simili-chroniqueurs.

À quoi bon les études, travailler fort, se casser la tête pour faire des analyses (ainsi que sa place) quand on a juste à aller faire la guidoune dans une télé-réalité?

Je vous le demande.

*soupirs*

Ginette Reno à TLMEP

Par Noisette Sociale, 9 novembre 2009 09:42

De la grande classe.

Beaucoup de retenue, de pudeur.

Très secrète.

Un exemple d’engagement social.

Un esprit critique à me rendre jalouse.

Mais surtout, de la très grande classe.

NOT!

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Commentaire boni : Je fus tout de même étonnée qu’elle ne mentionne pas durant son entrevue un mot appartenant au champ lexical du verbe « pisser ». Parce qu’à chaque fois que la vois en entrevue, normalement, elle en sort un.

Ça a dû être coupé au montage…

Critique éclair (4)

Par Noisette Sociale, 26 octobre 2009 10:36

Stéphane Rousseau à TLMEP hier : Une ostie de tache de marde.

Il faut que je le dise, en partant, j’ai beaucoup de difficulté avec les artistes qui sont apolitiques. Quand ils en sont fiers, c’est pire que pire.

Hier soir, en début d’émission, Martin Matte essayait de s’exprimer un peu au niveau politique. Moi qui le soupçonne depuis longtemps d’être plutôt fédéraliste et plutôt de droite, j’avais envie de confirmer ou d’infirmer ma théorie.

On l’a jamais su parce que Stéphane Rousseau n’arrêtait pas de faire le con à côté. Il baillait exagérément ou lui coupait sans cesse la parole.

Même Martin Matte, avec un air un peu embarrassé, lui a glissé assez fort pour qu’on l’entende que « tsé Stéphane, c’est parce qu’il y a du monde que ça intéresse, la politique ».

Au cours de l’émission, des sujets touchants à la politique ou aux enjeux sociaux sont revenus sur le tapis. Rousseau faisait le cabochon à chaque fois et souvent, faisait avorter les discussions.

À la fin, je pense que je l’aurais mis dans une valise de char.

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Commentaire boni : Je suis tellement contente que Gilles Taillon soit rendu à la tête de l’ADQ. Le parti était déjà à l’agonie, là c’est sûr que ça va l’achever.

Autre commentaire boni : Gilles Taillon à TLMEP hier : ZZZZZZZZZZzzzzzzzzzzz

Message aux jeunes libéraux

Par Noisette Sociale, 29 septembre 2009 11:39

C’est assez rare que je m’adresse à vous mais hier soir, en regardant Les grands reportages, à RDI, j’ai ressenti l’urgence de vous écrire.

Vous m’accuserez de tous les maux, de démagogue même, peut-être le pire d’entre tous… mais je n’en ai cure.

C’est qu’hier, le grand reportage en question parlait des enfants sorciers, en Afrique subsaharienne. Je ne connaissais pas le phénomène mais une partie de mon moi désabusé n’était pas surprise. C’est que là-bas, la sorcellerie a été remise au goût du jour. Sauf que maintenant, au lieu d’accuser les vieillards, on s’en prend aux enfants. (Remarquez que ce n’était pas vraiment plus intelligent de s’en prendre aux vieillards, comprenez-moi bien.)

Dans les familles qui sont touchées par la maladie ou par un malheur quelconque, on accuse maintenant un enfant d’être à l’origine de ce malheur. Il y a des cas où, dans l’espoir de guérir un aîné, on va maltraiter un jeune. Je n’ai pas envie de faire l’étalage de tous les sévices qui peuvent être faits à ces enfants, c’est que j’ai le coeur sensible et vous aussi, je n’en doute point. D’ailleurs, je n’ai pas eu le courage de visionner le reportage jusqu’à la fin, ma poitrine me faisait mal à force de se resserrer.

On a vu qu’en République Démocratique du Congo (vous ai-je déjà dit à quel point ça me faisait pleurer, ces pays qui osaient inscrire « démocratique » dans leur nom?), il y avait une sorte de village où plus de 40 000 enfants étaient laissés à eux-mêmes, tous accusés de sorcellerie. La rue était leur nouvelle maison.

On a vu aussi des espèces d’églises qui prétendaient administrer des cures miracles pour guérir ces enfants de la sorcellerie. On exigeait plus du double, parfois même du triple, du salaire mensuel d’une famille pour guérir un enfant de ce mal imaginaire. Je pense que vous pouvez deviner comme moi que ces traitements prennent souvent la forme de récits d’horreur, plus souvent qu’autrement.

Vous devez vous demander où je veux en venir avec mes histoires d’enfants sorciers.

Je vous le donne en mille : Les ravages du manque d’éducation à travers le monde.

C’est sûr que je pourrais vous parler de pauvreté, aussi. Mais vous ne trouvez pas que c’est toujours un peu inter-relié?

J’étais fâchée contre vous en fin de semaine. Je regardais tranquillement mon bulletin de nouvelles et j’ai appris que vous militiez farouchement au sein de votre parti pour imposer des nouveaux droits de scolarité au collégial.

Mais pourquoi? Pour rehausser les finances du Québec?

Si on laisse de côté à peu près tous les éléments relatifs à une hausse frais reliés à la scolarité, ça pourrait peut-être faire un peu de sens. Du moins temporairement.

Sauf que voyez-vous, pour moi l’éducation n’est pas quelque chose avec laquelle on peut jongler au gré du vent.

J’aimerais tellement ça pouvoir vous convaincre de l’importance de l’éducation pour une société. J’aimerais ça vous faire voir à quel point une population plus éduquée, ça peut être stimulant pour l’économie d’un État. (Puisque vous aimez beaucoup l’économie.) J’aimerais vous faire un discours sur les bienfaits d’une éducation accessible à tous, peu importe la grosseur du porte-feuille.

Peut-être même qu’on pourrait parler un peu des problèmes, par contre, avec notre système d’éducation. On pourrait peut-être parler du niveau de notre système, de notre peur de faire de la peine à ceux qui échouent. On pourrait aussi parler de notre manie de vouloir diplômer tout le monde. Ça, on pourrait, ça me ferait plaisir.

Sauf que pour l’accessibilité, je resterai intraitable. Je vois les ravages partout dans le monde de la non-accessibilité à une éducation de qualité. Je suis certaine que votre but n’est pas qu’on se retrouve comme en Afrique, avec les problèmes que l’on connaît. J’aurais de la difficulté moi-même à imaginer ça au Québec. N’empêche qu’il faut se rappeler que si on pousse une certaine logique à l’extrême, c’est ça qui pourrait peut-être se produire.

Je ne sais pas comment conclure tout ceci. J’en aurais tellement à dire encore. Mais j’ai envie de vous rappeler, pas juste à vous mais à tous mes concitoyens en général, que l’éducation et l’intellectualisme, ce n’est pas une maladie. C’est plutôt bénéfique pour une société.

Au plaisir.

Flou autour du tunnel Louis-H Lafontaine ou comment ébranler ma confiance envers certains profs du primaire

Par Noisette Sociale, 29 juillet 2009 12:51

Le titre peut vous sembler absurde (et il l’est autant que l’histoire que je m’apprête à vous raconter) mais vous comprendrez quand vous arriverez à la fin de ce texte.

tunnelJ’ai grandi dans l’est de la ville de Montréal et le tunnel Louis-H Lafontaine est fortement lié à plusieurs de nos escapades familiales en voiture. Mon père prenait bien soin de préciser à chaque fois qu’on passait dans le tunnel « qu’on s’en allait sous l’eau ». Idem pour toutes les fois où on passait devant une certaine usine de la rue Notre-Dame. « C’est là que papa travaille. » C’était des faits immuables.

Un jour, j’ai fait mon entrée à l’école primaire et ça a bouleversé ma conception du monde. Les vérités immuables appartenaient désormais à l’école et tout ce que je pouvais apprendre en-dehors était devenu matière à remise en question. (Ce qui, à priori, n’était pas une mauvaise chose.)

J’avais des enseignantes du vieux régime qui étaient toutes à une année ou deux de la retraite. Elles m’ont entre autres appris *tousse* qu’il ne fallait jamais remettre en question *tousse* l’existence de Dieu *tousse tousse tousse et re-tousse* et que mon père était probablement un motard *tousse* parce qu’il faisait partie d’un groupe de heavy metal *étouffements continus*.

Farce à part, vous comprendrez que ce n’est pas avec elles qu’on a appris l’ouverture d’esprit. D’ailleurs, il était de bon ton de mépriser le seul immigrant de la classe parce qu’il appartenait à une confession autre que catholique (protestante, je crois). Je me rappelle encore de la façon dont on se mettait à 28 pour le regarder avec dégoût quand il s’en allait, la mine honteuse, à son cours de morale.

C’est ainsi qu’une bonne journée, pour une raison qui m’échappe, notre enseignante a commencé à nous parler des grandes constructions et du pont Louis-Hippolyte Lafontaine en particulier. Une main s’est levée à cette énonciation pour dire : « Ã‡a madame, c’est le pont qui va en-dessous de l’eau, han? »

Notre chère *tousse* enseignante de lever les yeux au ciel et de répondre de la façon la plus bête du monde : « Ã‡a c’est ce que vos parents vous racontent mais ce n’est pas vrai. Comment voulez-vous qu’un pont aille en-dessous de l’eau? »

Et elle est partie sur une diatribe pour nous raconter que le tunnel Louis-H n’a jamais été un vrai tunnel et que c’était en fait un [terme qui m'échappe] et qu’il fallait vraiment être naïf pour croire qu’un pont puisse aller sous l’eau.

Je me rappelle encore de tous les visages déconfits, dont le mien. Mes yeux devaient laisser voir autant de déconfiture que d’incompréhension. S’ensuivit ensuite la rage et le sentiment de trahison. Mon père, qui pour moi était l’être suprême, avait-il vraiment osé me mentir?

S’ensuivit éventuellement une discussion au souper qui trouva probablement une conclusion du genre : « Je te l’avais dit, ma femme, que sa prof c’est une tabarnak de folle. »

Je n’avais pas vraiment repensé à cette histoire avant lundi soir, le tunnel Louis-H étant loin dans la liste de mes préoccupations quotidiennes.

Lui et moi, on regardait l’émission Chantiers à Historia. Le sujet du jour étant évidemment la construction du fameux tunnel. En visionnant les images où on voyait clairement comment les ouvriers avaient réussi à mettre en place un tunnel sous l’eau, j’ai ressenti un genre de malaise. Le souvenir de cette matinée scolaire m’est instantanément revenu en tête et j’ai glissé à l’amoureux qu’à l’école, étant jeune, j’avais appris que le tunnel n’allait pas sous l’eau. Son exclamation de totale surprise était éloquente.

Ma prof du primaire était vraiment fêlée.

J’espère sincèrement qu’on sélectionne nos professeurs aujourd’hui avec un peu plus de rigueur.

Ces personnages que l’on déteste

Par Noisette Sociale, 27 février 2009 12:32

Aujourd’hui, c’est vendredi alors nul besoin d’être constructive, n’est-ce pas?

Je ne regarde pas énormément de téléromans ou de séries télévisées… mais j’en ai regardé assez dans ma vie pour voir que dans ce type d’émissions, ça prend toujours un personnage qui a été conçu pour être détesté. (Évidemment, je ne m’attends pas à vous avoir appris quelque chose ici.

En général, on dit qu’on aime détester tel ou tel personnage et ça fait partie d’un jeu.

Il y a une série télévisée à laquelle je suis accroc depuis un bout de temps. Assez accroc pour avoir acheté les coffrets des 4 premières saisons. Et j’ai nommé: The L Word (ou Elles, en français). La 5e saison est diffusée en français par les temps qui courent sur ARTV. (Ben oui, on a fait reposer le câble…)

jenny_schecterIl y a un personnage là-dedans… Je ne sais pas s’il a été conçu précisément pour être détesté… parce qu’il paraît qu’il y en a plusieurs qui l’aiment… Mais moi, je ne suis pas capable. Le personnage répond au nom de Jenny. Depuis la première saison que je ne l’aime pas et plus ça avance, plus ça empire…

Je ne suis plus capable. Et là, ça commence à être pénible parce que c’est au point que ça commence à gâcher carrément le plaisir que j’avais à regarder cette émission. Il faut le faire, quand même! Puis pourtant, je ne suis pas du genre à prendre ce genre de choses au sérieux.

Vous autres, est-ce que ça vous est déjà arrivé d’avoir envie d’arrêter d’écouter une émission parce qu’un des personnages vous énervait trop?

shane_mccutcheonMais moi, je pense que je vais prendre mon mal en patience… Parce qu’il y a quand même Shane pour compenser… *air rêveur*

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