Catégorie : théories et réflexions

Août slow

Par Noisette Sociale, 25 août 2010 11:53

Ce blogue est plus qu’en mode estival depuis le début du mois d’août et j’espère que je ne vous manque pas trop mais sachez que ça faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi bien… et à ma place.

Ça fait un mois également que je me retiens de vous dire la plus pure vérité parce que je craignais que ça ne soit pas « 2.0 wise » et je le crains encore mais peu importe : Le dernier poste que j’ai occupé a probablement été le moment le plus pénible à subir (et je pèse mes mots) de toute ma vie au niveau professionnel et même personnel. J’étais en train de devenir une personne exécrable et je prononçais plusieurs fois par jour la phrase suivante : « J’ai envie de me pendre. » et sa variante « Je vais me tirer une balle. » Ce poste pourrissait mon existence ainsi que celle de mes proches qui n’en pouvaient plus de me ramasser à la petite cuiller quotidiennement et ça, c’est sans compter que je vivais en même temps une pénible saga familiale qui n’en finissait plus de finir.

Je pense que le burn-out attendait patiemment derrière une grille dont le cadenas tombait en miettes, grugé par la rouille.

Ceci étant dit, j’ai retiré quelques trucs de positifs par rapport à ça.

Je vais vous faire une confidence : Je n’ai pas toujours eu conscience du potentiel que j’avais et je n’ai pas toujours eu d’ambition non plus. Je voyais mon père qui s’est détruit à travailler dans une usine toute sa vie et je m’étais dit que pour moi, la job idéale, ça serait de faire du travail de bureau en ayant de bonnes conditions de travail et en ne faisant rien de trop forçant. Vous pourrez noter qu’il n’y avait aucune notion de créativité, d’accomplissement, de dépassement ou rien de ça. Que de la stabilité dans le bon vieux 9 à 5.

Je ne vais pas commencer à chier sur le 9 à 5 parce que ça serait manquer de respect à un trop grand nombre de travailleurs mais disons simplement que j’ai compris cette année que ce n’était pas pour moi.

Encore une fois, je constate que je suis née à la bonne époque car la notion du travail semble devenir de plus en plus flexible.

Il y a à peine quelques semaines, j’étais tellement brûlée tout le temps que je n’avais pas d’énergie pour rien faire. Je me bourrais de cochonneries, je ne riais pratiquement plus, je ne sortais plus, je ne cuisinais plus, je ne me ramassais plus, je n’écrivais plus et je vivais dans un état d’épuisement perpétuel.

Depuis un mois, je n’ai pas un rond mais je profite de la vie d’une manière que je ne croyais plus possible. Ça fait peut-être encore un peu trop mélodramatique, dit de cette façon-là, mais c’est vraiment ça.

Prenons la journée d’hier : J’appelle en matinée mon meilleur ami pour lui proposer d’aller prendre une longue marche jusqu’à mon café fétiche situé à l’autre bout de mon quartier. On se rejoint à mi-chemin (parce qu’il habite tout près) et on marche, on rit, on se raconte les dernières nouvelles. On s’installe à une table et on y a passé plus de cinq heures à profiter du temps qui passait trop vite. À côté de nous, il y avait cet humoriste de la relève que je voyais pour la 3e fois à cet endroit, en train de travailler sur son prochain spectacle en compagnie de ce que je présumais être son auteur et metteur en scène. Je trouvais ça fascinant de les voir mettre sur pied un one-man show tout neuf et d’entendre leur brainstorm. Je regardais autour de moi et je me demandais qui étaient tous ces gens à l’allure décontract qui pouvaient se permettre d’être dans ce sympathique café un mardi après-midi. Je les imaginais tour à tour créatifs à la pige, profs de cégep, animateurs de radio communautaire, comédiens, artistes multidisciplinaires.

Je sais que ça ne sera pas éternellement pas comme ça et que je ne suis pas à l’abri des divers soucis du quotidien mais j’ai quand même l’impression qu’on m’a donné la chance de repartir en neuf sur des bonnes bases.

À 24 ans et des poussières, je me connais mieux, je sais mieux ce que j’attends de la vie et je sais mieux ce que j’aime et ce qui me rend malheureuse et ce temps d’arrêt qui m’est offert est un moment qui compte énormément et qui sera décisif, je pense, pour la suite des choses et pour l’avenir.

D’ici là, je profite du temps qui s’échappe pour être, tout simplement… en attendant d’être une étudiante universitaire dévouée qui sera probablement impliquée dans plus d’un projet.

La session commence dans deux semaines avec plein de belles promesses. J’ai hâte.

En attendant, j’espère que vous aussi, vous allez bien. :)

Vie de meuf

Par Noisette Sociale, 5 août 2010 11:06

On connaissait déjà Vie de Merde.

Aujourd’hui, je vous présente Vie de Meuf qui est une initiative du réseau Osez le féminisme. J’ai découvert ça il y a une semaine ou deux et je suis estomaquée depuis, à raison de plusieurs fois par jour, par les anecdotes que je peux y lire.

Voici un échantillon pour vous donner une petite idée :

Petite mais très sportive, j’ ai 17 ans quand je décide de postuler au job d’été de rêve : balader des touristes dans des barques. J’arrive à l’Office du tourisme avec ma lettre de motivation. On me rit au nez  » Mais attendez, nous on veut de solides gaillards  » Mon frère, véritable loque de canapé toujours scotché devant son PC a quant à lui décroché le même poste cette année, sans même avoir besoin de se déplacer.#viedemeuf

Aujourd’hui, dernier jour de stage en traduction. Je fais donc le bilan avec mon boss. Nous discutons de mon projet professionnel. Et là il me dit : « C’est mieux d’être traducteur free lance avant d’être chef de projet pour se lancer. Et puis bon, pour vous, en tant que femme, je veux dire, c’est plus simple, on travaille chez soi, on s’occupe de ses enfants, En attendant que votre mari rentre à la maison le soir, vous pouvez s’occuper en faisant des traductions ! »
Je ne vais pas trop regretter ma boîte… #viedemeuf

J’apprends durant mon stage que je dois participer à une réunion importante et je passe 2 jours à étudier le dossier à fond. Confiante, je m’y rends accompagnée d’un autre stagiaire à qui j’ai proposé de venir pour écouter. Sauf que pendant une heure, ce n’est pas à moi mais à lui que tout le monde s’adresse, malgré son embarras et son insistance pour dire qu’il n’y connaissait rien! #viedemeuf

Je suis médecin, je remplace un confrère en cabinet médical.
Appel d’un patient : « Quoi ? Le Docteur F. est parti en vacances !
Sans attendre le résultat de mes examens ! Et en plus, sa remplaçante est une femme ! »
Je jette un Å“il à son dossier : il est élu municipal sur la liste socialiste… #viedemeuf

Ayant fini première commerciale le mois dernier, loin devant mes collègues en majorité masculins, je reçois un appel d’un d’entre eux :  » Mais comment t’as fait ? J’veux dire, t’es qu’une fille! #viedemeuf

Le jour de ma soutenance de mémoire de master, je portais une chemise et un pantalon. La première phrase d’un des professeur qui composait mon jury a été « Vous auriez quand même pu vous habiller plus sexy! » #viedemeuf

Je pourrais continuer longtemps comme ça. Il m’a été difficile de faire une sélection car toutes les anecdotes sont plus scandaleuses les unes que les autres.

Mon premier commentaire sur le site était un peu naïf. Je ne me rappelle plus sur quel billet je l’ai fait et puis il y a dû en avoir au moins 200 autres depuis mais en gros, je m’étonnais de la grosse disparité qu’il semblait y avoir entre la France et le Québec. Parce que c’est bien connu que le machisme est encore mieux toléré là-bas qu’ici.

N’empêche, je serais curieuse de faire l’expérience ici. Si on ouvrait un site de ce genre, je me demande si on récolterait autant de témoignages par jour. Parce que bien que je crois personnellement (sans preuve empirique, remarquez) que le problème est moins présent ici, force est d’admettre que la misogynie est loin d’être enrayée sur notre territoire. D’ailleurs, il ne faut pas chercher bien loin la raison première qui me motive à poursuivre des études au sein du certificat en études féministes : J’ai moi-même été élevée en partie par un misogyne alpha qui mériterait un doctorat honorifique dans ce domaine.

Pensez-vous que le phénomène est aussi présent ici?

Peut-être est-il plus sectorisé?

Suis-je naïve?

[Cette réflexion sera appelée à être poursuivie plus tard.]

Les écorchés

Par Noisette Sociale, 25 juillet 2010 11:32

Quand ma mère était revenue à la maison en me présentant mon nouveau petit frère, j’avais lancé dédaigneusement : « Gneuh, on avait pas besoin de ça, nous autres. »

Ce qui aurait dû être quelque chose de passager s’est étiré pendant de nombreuses années. À tous les jours, je le regardais et je me disais que lorsque je serais plus grande, j’aurais la décence de n’avoir qu’un seul enfant si j’en avais un parce que je savais trop à quel point un deuxième pouvait gâcher l’existence du premier. J’en voulais à mes parents d’avoir été aussi inconscients.

Je pensais à ça ce matin en mangeant mes Froot Loops de princesse et je me rappelais à quel point moi et mon frère on pouvait se regarder en chiens de faïence le matin en mangeant ces mêmes céréales. C’était un concours à savoir qui jetterait le regard le plus sombre sur l’autre et dans un moment d’inattention, un geste rapide et habile suffisait pour s’emparer de la boîte de céréales et causer de hauts cris et des accusations de trahison.

Ensuite nous allions à la même école primaire où je me faisais allègrement tabasser et au retour à la maison, j’avais tout simplement envie d’avoir la paix mais oh malheur! Nous partagions la même chambre, les mêmes jouets et le même terrain de jeu. (Encore aujourd’hui, je ne souhaite ça à personne.)

Le temps a fini par faire son Å“uvre et à l’adolescence, le rapport a changé drastiquement. Je voyais bien qu’il avait très mal digéré le déménagement et que son univers s’était écroulé. Le changement d’école avait été dramatique et il n’avait jamais tout à fait réussi à remonter la pente. Il subissait une énorme et ridicule pression paternelle pour faire du sport sans quoi de lourds soupçons pesaient sur son orientation sexuelle.

Le climat familial amorçait une réelle descente aux enfers et plus le temps avançait, plus j’aurais voulu être à la fois son père et sa mère. J’aurais tellement voulu lui donner une chance de repartir à neuf dans un environnement sain où on aurait travaillé ensemble à bâtir son estime de soi plutôt qu’à la démolir. J’aurais aimé qu’on travaille ensemble à lui bâtir une personnalité forte où son talent aurait servi à son avenir plutôt que d’être utilisé pour servir les intérêts de quelqu’un d’autre dans l’espoir de voir enfin un peu de respect dans ses yeux.

J’ai toujours dit que j’étais partie de la maison à 19 ans pour sauver ma peau mais ça s’est fait sur un gros fond de culpabilité. Je me rappellerai toujours de son regard quand j’ai franchi la porte avec mon peu d’effets personnels avec la conviction que je mènerais une vie meilleure. C’était le regard de celui qui me demandait de ne pas l’abandonner car il savait trop bien le rôle d’éponge qui l’attendait.

Depuis, les choses ont évolué pour le pire et l’éponge a fini par déborder. Les mécanismes de défense sont propres à chacun et je me demande si c’est un de ces mécanismes qui fait en sorte que maintenant, il ment plus souvent qu’il ne dit la vérité. Du moins quand il s’adresse à moi.

Parfois je me demande si j’ai échoué dans mon rôle de grande soeur. Je me demande ce que j’aurais pu faire de plus pour le sortir de là.

Peut-être que je lui ai mal expliqué pourquoi il fallait absolument qu’il étudie et qu’il se bâtisse le plus rapidement une autonomie mentale, physique et financière pour se sortir de là au plus vite. Peut-être que je lui ai mal expliqué pourquoi il devait penser à lui plutôt qu’à eux parce que sa vie ne faisait que commencer et qu’il fallait sauver sa peau avant de se faire ronger par l’intérieur.

J’ai souvent l’impression qu’il croit que j’ai tout eu plus facile et que je ne sais pas ce qu’il a vécu. J’ai toujours mieux su cacher mon âme d’écorchée parce que j’avais une grande gueule et que je me servais de ma douleur pour défoncer des portes.

J’aimerais lui dire que je comprends beaucoup mieux qu’il ne le pense par où il est passé et que sincèrement, j’espère qu’il n’est pas trop tard pour amorcer un nouveau départ.

À 20 ans, je t’offre un aller simple pour une nouvelle vie. Veux-tu?

Un mot sur Shell… et plusieurs autres sur mes principes

Par Noisette Sociale, 21 juillet 2010 11:33

Merci à mon vieil ami Richard pour l’inspiration.

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Je n’adhère pas au vieil adage qui encourage la paresse intellectuelle, le manque de réflexion et ce que j’appellerais le syndrome Eichmann (dans les cas extrêmes) qui dit : « Une job, c’t'une job. »

Je suis une jeune femme de principes et je pourrais vous énumérer une longue liste d’entreprises ou de types d’entreprises pour lesquelles je ne travaillerais jamais, question d’être en parfaite cohésion avec moi-même.

Par exemple, on ne me verra jamais faire du lobbyisme pour le pétrole, les marchands de cigarettes ou les armes à feu. Je ne travaillerais pas chez Wal-Mart (comme je n’y mets pas les pieds, jamais) même si j’étais dans la misère et que c’était ma seule porte de sortie. Et même si on m’offrait une fortune pour travailler pour une centrale nucléaire ou pour une raffinerie de pétrole, je passerais mon tour sans hésiter un seul instant.

Je pourrais continuer longtemps comme ça.

Tout ça pour en arriver avec l’annonce de la fermeture de la raffinerie Shell à Montréal-Est et les remous que cette annonce a créé où les répercussions se sont faites sentir jusqu’à la Chambre des Communes.

La FTQ avait lancé un appel au boycott de Shell et c’est dans cette optique que ma mère m’avait demandé, en bonne syndicaliste, il y a deux ou trois semaines:

« Puis, est-ce que vous boycottez les stations Shell? »

Et moi de répondre que non seulement je ne boycottais pas mais qu’en plus, je me réjouissais de cette annonce de fermeture.

Évidemment, il a fallu que je m’explique car je me faisais déjà passer un savon par rapport aux nombreux emplois qui allaient être perdus suite à cette annonce.

Je suis moi-même syndicaliste et je comprends tout à fait la FTQ, car c’est son mandat, de se battre pour préserver ces emplois. Je suis consciente que l’on parle de beaucoup de personnes qui font généralement de bons salaires et qu’une situation de perte d’emploi n’est souvent pas chose facile.

Par contre, je pense qu’il faut voir le problème sous un angle un peu moins émotif et se questionner sur l’impact qu’ont les raffineries de pétrole pour la qualité de vie des citoyens.

Je ne sais pas si vous êtes déjà passés à Montréal-Est où il y a ces raffineries mais sachez que l’air y est irrespirable. Tout est contaminé et le taux des asthmatiques dans l’est de la ville a augmenté de façon alarmante.

Montréal-Est est probablement la ville la plus laide qui puisse exister au Québec en raison de ces raffineries qui enlaidissent le paysage de la rue Sherbrooke à la rue Notre-Dame.

Cette fermeture est, à mon avis, un premier pas dans la bonne direction si on se soucie le moindrement des impacts environnementaux.

La vague de voitures électriques va se déverser bientôt sur le Québec et ailleurs et je suis très heureuse de vous annoncer, pour ceux qui ne le savaient pas déjà, qu’Hydro-Québec prévoit, dès 2011, commencer à installer des bornes électriques dans la province en prévision de ces nouvelles automobiles.

L’avenir est aux voitures électriques et aux énergies alternatives alors on devrait en profiter pour amorcer la mise à jour dès maintenant. La fermeture de la raffinerie aura certainement des impacts économiques mais on sera certainement capables de les contrer avec un peu d’imagination, de créativité et de modernité.

Vivement que l’on démolisse ces horribles installations et je souhaite de tout coeur que les employés mis à pied puissent se replacer ailleurs, de préférence au sein d’une industrie plus propre.

Quand on fait tout à l’envers…

Par Noisette Sociale, 8 juillet 2010 11:33

À 24 ans, je peux déjà dire que j’ai un CV respectable.

À 19 ans, j’étais déjà entrée dans le cycle du travail à temps plein à essayer tant bien que mal à continuer d’étudier. Bon, ça a donné plus de mauvais résultats que de bons, comme on pourrait s’y attendre.

À 21 ans, je me magasinais un emploi étudiant et je suis tombée sur une offre d’emploi à temps plein dans la grande tour qui me semblait fort prometteur et j’ai sauté dessus sans hésiter même si je n’avais pas les qualifications demandées. J’ai passé les tests haut la main et j’ai eu l’emploi tant convoité. Depuis, j’ai fait mes classes et j’ai eu quelques promotions.

Puis je me suis ramassée dans le secteur des communications sans faire quoi que ce soit réellement lié au domaine et je me suis mise à rêver. Je convoitais des postes et on me disait que j’avais le talent et toutes les chances du monde de mon bord mais dans les faits, j’avais un handicap certain.

diplome_universitaire1Le domaine des communications est un peu élitiste et ne vous méprenez pas, je l’écris sur le ton du constat. Sans diplôme universitaire dans cette discipline ou dans un autre champ connexe semble insécuriser les recruteurs potentiels même si votre expérience professionnelle ou personnelle pourrait démontrer une capacité à relever le défi.

Une partie de moi regrettait déjà de ne pas avoir connu l’université comme j’en ai tant entendu parler. Parce que c’est vrai qu’il existe les cours du soir mais le concept de vie étudiante est complètement abstrait quand on choisit cette option et moi, c’est quelque chose qui me dérange. J’aimerais moi aussi pouvoir dire que j’ai des amis fantastiques que j’ai rencontré à l’université avec qui j’ai fait les 400 coups.

J’ai aussi l’impression que je ne suis pas à un âge où il est normal de cogner des clous dès 21h30. Je me sens trop adulte quand je n’ai plus envie de faire quoi que ce soit le vendredi soir car j’ai ma semaine dans le corps et que je somnole devant ma télé à partir de 20h.

Je mène une bonne vie mais j’ai l’impression que c’est trop tôt. Que je suis en train de passer à côté de quelque chose.

Je retourne sérieusement à l’école à l’automne et c’est là que ça se complique. J’avais toujours cru que de tout avoir fait à l’envers pouvait être une force et un avantage certain.

Je suis non-négociable en ce qui concerne mes horaires de cours. J’ai un cours de soir et deux cours de jour qui sont prévus à mon horaire d’automne et j’y tiens. Ça ne bougera pas. Parce que si je commence à faire des concessions là-dessus, c’est complètement foutu. Si je continue pendant une année de plus à avoir un salaire régulier à temps plein, je ne voudrai jamais retourner à l’école. Car on s’habitue vite au confort matériel, mental et financier que cela procure.

J’ai postulé sur une typique job étudiante à l’interne qui me branchait au plus haut point. Je savais que c’était à temps partiel et c’est en plein ce qu’il me fallait. Un horaire à temps partiel sur mesure pour l’étudiante que j’étais et tout en flexibilité.

J’ai eu des nouvelles hier et pour résumer, ma candidature n’a pas été retenue car j’étais trop qualifiée pour le poste.

Je respecte entièrement la décision mais je dois dire que ça m’a ébranlée.

Je suis tout à fait prête psychologiquement à gagner moins cher, à avoir des horaires moins intéressants et à occuper un typique emploi d’étudiante universitaire. Si je peux avoir quelque chose de stimulant, dans mes cordes avec un horaire sur mesure, ça serait génial mais je suis prête à faire énormément de concessions.

J’ai envie de vivre une vraie vie d’étudiante typique avec tout ce qui vient avec. Je le répète : Je suis prête à faire face à la musique.

Mais là j’ai peur de recevoir d’autres réponses comme celle-là : « Désolée mais nous avons jugé que tu étais trop qualifiée pour ce poste. »

C’est flatteur mais je ne pensais pas que j’en étais déjà rendue là.

Je ne veux pas avoir l’air de me plaindre parce que je suis tout à fait consciente qu’il y a des situations pires que la mienne. Ne vous méprenez pas.

N’empêche, j’aimerais bien être capable de me trouver un emploi d’étudiante pendant l’université.

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Évidemment, c’est toujours quand je prends des grosses décisions comme celles-là que toutes les jobs de ma vie décident d’apparaître dans mon écran-radar. Je postule quand même en espérant qu’on accommodera mon horaire. Sait-on jamais! :)

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Ceci étant dit, je ne peux pas dire que je regrette mon parcours car c’est seulement cette année que je commence à avoir une idée plus précise de ce en quoi j’ai envie d’étudier et ce en quoi j’ai envie de travailler. À suivre…

20 ans

Par Noisette Sociale, 6 juillet 2010 12:12

Il n’est pas normal, à 20 ans, d’avoir travaillé un gros maximum de trois semaines dans toute sa vie. Surtout si c’était uniquement pour faire taire un peu ses parents et sa soeur qui s’inquiétaient.

À 20 ans, il n’est pas normal de ne pas savoir dans quelle société on évolue. De ne pas savoir quelles sont les règles du jeu. D’être déménagé depuis presque deux mois et de ne pas s’être fait brancher les services de base. Mais j’imagine que ça donne un beau prétexte pour ne pas se trouver un emploi car comment un employeur potentiel pourrait-il te rejoindre?

Ta carte d’assurance-maladie est expirée depuis un an et tu t’es ouvert un compte de banque il y a trois semaines.

Je ne comprends pas.

Je finis toujours par oublier un peu jusqu’à ce que tu décides de sortir d’une boîte à surprise.

Tu dis que tu m’aimes mais les premiers mots qui sortent de ta bouche sont toujours des mensonges. Et les mots qui suivent et les autres d’après aussi.

Tu dis que tu me respectes et que tu me trouves intelligente et pourtant, tu essaies de me faire avaler des histoires qui n’ont aucun sens. Comme si je n’avais pas de vécu. Comme si je ne connaissais pas les règles du jeu. Comme si je n’étais pas dans l’engrenage de la vie depuis déjà quelques années.

Là c’est le moment où tu me rappelles que moi, à 20 ans, j’étais gelée comme une balle. Tu me jettes un regard accusateur. Si seulement tu savais pourquoi…

C’est vrai que l’année de mes 20 ans repose dans un flou chimique mais ça ne m’a pas empêché d’avoir un travail, de payer mon loyer, de débourser de ma poche pour mes sorties et pour mes conneries et d’étudier un peu par la bande. J’avais des rêves. J’avais l’ambition de me sortir de ça. De faire mieux. De devenir une meilleure personne.

Là, c’est le moment où tu me dis que tu n’as jamais rien consommé et que tu n’aimes pas l’alcool.

Tant mieux pour toi mais pourrais-tu me nommer une autre de tes réalisations?

Je suis tannée que tu me parles avec un ton arrogant, avec l’air de celui qui connaît tout alors que tu ne sais rien et que tu me lances nonchalamment qu’on a la même discussion depuis que je suis partie de la maison.

Si au moins tu étais anarchiste. Je questionnerais toujours tes choix mais au moins, il y aurait une idéologie derrière ce comportement. Si au moins tu avais quelque chose à revendiquer…

Je ne vois que de la négligence. Du vide. De l’absence de.

Pourtant, je sais à quel point tu as du potentiel.

Quand je t’ai vu hier, tu portais tes bottes d’hiver car c’est tout ce que tu as pour te chausser. Il faisait 40 degrés à l’ombre. Sais-tu à quel point ça me déprime? Ça n’avait pas l’air de te déranger outre mesure.

Le concept de pseudo simplicité volontaire a ses limites.

Je ne sais pas si c’est bien d’écrire tout ça ici et je ne sais même pas si tu vas le lire avant longtemps. De toute manière, il n’y a rien ici que tu ne sais pas déjà.

J’ai hâte au jour où tu vas arrêter de tous nous prendre pour des cons.

J’ai hâte au jour où tu vas t’éveiller.

J’ai hâte au jour où tu ne diras plus que tu n’as pas le temps de travailler. Ou que tu n’as pas le temps d’aller porter un CV parce que tu dois aller remettre un livre à la bibliothèque. (Celle-là, je l’ai encore au travers de la gorge.)

J’ai hâte de retrouver le gars sincère, authentique, sensible et honnête que tu étais.

Et j’ai hâte de ne plus sombrer dans la déprime après avoir été inondée de tes mensonges.

Je continue d’espérer.

Puis en passant, on n’a 20 ans que pendant une année de notre vie. Mieux vaut en profiter un peu.

Le travail est un sujet tabou

Par Noisette Sociale, 28 juin 2010 11:05

On va se dire les vraies affaires : Vos anecdotes de travail, à moins d’être vraiment absurdes et/ou complètement éclatées, ne m’intéressent pas. Particulièrement si vous travaillez dans un bureau.

Je tiens probablement ça de mon père. Lui, dès qu’on commence à parler du travail, il soupire et il lance : « Osti, on pourrait pas parler d’autre chose? » Lui, ce qui l’intéresse, c’est si on aime ce qu’on fait. Si ce n’est pas le cas, on a juste à changer et voilà un autre problème de réglé.

Je me rappelle, il y a quelques années de ça, quand ma mère a décidé de retourner sur le marché du travail après une pause de près de 20 ans. C’est tombé à peu près en même temps que mon père qui débutait un long congé de maladie qui s’est transformé en invalidité. Elle redécouvrait les joies d’avoir une vie sociale et professionnelle et chacun de nos soupers familiaux était le théâtre de chaque péripétie de la journée de travail passée. Son enthousiasme était plus que compréhensible compte tenu des circonstances mais je pense, sans vouloir être méchante, que c’est cette année-là que le travail a été brûlé pour de bon dans la liste des sujets de conversation qu’on peut avoir avec moi.

Pour ma part, j’essaie d’en parler le moins possible parce que je suppose que ce que je fais entre 9h et 17h et avec qui j’ai ri près de la machine à café vous emmerde tout autant.

Malgré tout, ma tendre moitié persiste à m’entretenir de ce sujet honni.

Je connais tous ses collègues de travail par leur p’tit nom sans même les avoir rencontrés. Je connais les marches à suivre pour à peu près n’importe quelle demande.

Je sais que si je lui demande s’il peut prendre deux journées de congé à quelque part au mois d’août, je n’aurai pas droit à un simple : « Je vais voir si c’est possible. »

J’aurai plutôt droit au long exposé et à l’autre démonstration que malgré le fait qu’il travaille dans le privé, tout est 100 fois plus compliqué qu’au gouvernement.

« Il faudra que je demande à A qui en parlera à B qui en glissera un mot à C. Ensuite, C, D et E vont se rencontrer dans un bureau pour en discuter avant d’envoyer ça par écrit au comité d’approbation et au bout de tout ça, A devrait me revenir avec la réponse. »

Putain de merde.

Pour chaque demande, c’est toujours aussi compliqué sinon plus et ensuite il se demande pourquoi je lève les yeux au ciel dès qu’il débute son baratin.

Je sais que pour la plupart des gens, c’est normal de discuter de sa journée de travail à l’heure du souper. Après tout, on passe généralement près de 40h par semaine au boulot. Probablement bien plus que le temps qu’on passe à la maison si on oublie le temps qu’on y dort.

On devrait faire une révolution et transformer toutes nos heures de travail en visites au musée, dans des expositions, dans des spectacles culturels divers, dans des sorties éducatives, n’importe quoi. Puis je prescrirais la lecture du journal à ceux qui seraient déjà en panne d’inspiration.

Là, on aurait des choses intéressantes à se raconter!

Mort au travail!

:-P

C’est pas pour être parano mais…

Par Noisette Sociale, 14 juin 2010 11:00

La plupart du temps, j’aime vivre à mon époque. J’aime mon MacBook, les nouvelles technologies et toutes les nouvelles façons de communiquer. Le web 2.0. Puis le blogue qui m’a fait découvrir un monde infini de possibilités.

Mais il y a certains petits détails qui me font détester mon époque. Je ne sais pas si ça va s’estomper ou empirer avec le temps.

Anecdote : Hier, en fin d’après-midi, j’étais à la maison. Dans mon salon plus précisément. J’avais enfilé de magnifiques shorts en coton ouaté (pas gris par contre parce qu’il y a quand même des limites!) et une camisole à la coupe qui laissait à désirer. L’Amoureux, me trouvant probablement belle en toutes circonstances, m’offre gentiment d’aller lire sur le balcon qui a pignon sur rue.

Extrait de conversation:

Moi : Ah non, si on va sur le balcon, je vais aller me changer.

Lui : Tu vas quand même pas aller te changer juste pour aller lire sur le balcon??? T’es bien correcte comme ça!

Moi : Je n’ai pas envie de prendre de chance d’être prise en photo par le biais d’un téléphone cellulaire et de me ramasser sur un des trop nombreux sites où tu peux rire du monde mal habillé.

Lui : Ouin…

Je hais notre époque parce qu’elle encourage, peut-être malgré elle, l’imbécilité. Les gens prennent tout en photo avec leur téléphone cellulaire sans penser plus loin que le bout de leur nez. On commercialise la méchanceté.

Je pense entre autres à un blogue qu’on a probablement tous visité un jour ou un autre qui s’appelle « People of Wal-Mart ». (Je ne mets pas le lien parce que.) On y trouve des photos de gens qui ont été prises à leur insu dans un Wal-Mart où ils affichent un look vestimentaire qu’on pourrait qualifier de douteux. Mais de quel droit ?

Je hais notre époque car elle encourage la délation à outrance.

Les populistes de droite (pléonasme!) nous ont tellement entré dans la tête que tous les travailleurs du secteur public sont des paresseux qu’on se lance dans une espèce de chasse à l’homme. On essaie de trouver ceux qui dorment, ceux qui ont l’air de se tourner les pouces et ceux qui jasent un peu trop longtemps près de la machine à café et on les prend en photo à leur insu. Il semblerait qu’il existe un site dédié à ce genre de photographies à Toronto.

Ah oui, vous allez me dire que lorsqu’on est irréprochable en tout temps et en toutes circonstances, on ne devrait rien craindre. Jusqu’à ce que vous sortiez les poubelles en catimini un vendredi matin avec un pyjama aux couleurs discutables.

Je hais notre époque car la notion de respect devient de plus en plus floue.

Je me rappelle d’une époque pas si lointaine où quand je voyais un bonhomme en train d’arroser son asphalte avec des bas dans ses sandales, je me contentais de lever les yeux au ciel. Je ne le prenais pas en photo cachée derrière un arbre.

Je me rappelle d’une époque où quand je voyais des gens se battre en pleine rue, j’appelais les secours. Je ne les filmais pas pour aller mettre le vidéo sur YouTube.

Je me rappelle d’une époque où quand je voyais le changeur du métro somnoler un peu, j’esquissais un sourire et je me mêlais de mes affaires. Je n’envoyais pas sa photo à la STM.

Nous avons des outils absolument fantastiques à notre disposition. Il suffit simplement de réapprendre à les utiliser à bon escient.

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Il se pourrait que vous ayez trouvé un peu de mauvaise foi dans ce texte. ;)

Chômeuse

Par Noisette Sociale, 3 juin 2010 12:38

C’est officiel. Aujourd’hui, c’est ma première journée en tant que chômeuse ou femme sans emploi, c’est comme vous préférez.

En me levant ce matin, je me disais que la journée passerait vite parce qu’au moins, les chats allaient être là pour me tenir compagnie. 10 minutes plus tard, je me trouvais déjà naïve. ;)

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Hier, c’était une journée étrange. C’était ma dernière journée à un endroit où j’ai adoré travailler. Pendant trois ans, j’ai eu la chance d’oeuvrer dans un monde qui me passionne, soit la télévision, et pour bien faire, je travaillais dans ma station de télé préférée. Ça m’a fait bizarre de faire le tour des étages en prenant bien soin de visiter tous les secteurs dans lesquels j’avais laissé ma trace.

J’étais remplie de nostalgie et je trouvais quand même drôle de voir le contraste entre moi et le reste de mes collègues de travail pour qui c’était une journée parmi tant d’autres. Peut-être que mon absence va créer un vide palpable pendant quelques jours mais je sais à quel point on s’adapte vite à l’absence d’un collègue et que ce n’est pas long qu’on sombre dans l’oubli.

Travailler trois ans à un endroit, c’est beaucoup et c’est peu à la fois. Par contre, dans mon cas, ça pèse lourd dans la balance parce que j’ai tout de même 24 ans depuis peu alors on s’entend que ma vie professionnelle a vraiment démarré à cet endroit.

Si vous saviez tout ce que j’y ai appris! Je n’ai pas assez de mots pour le décrire.

Par contre, je sais à quel point il y a eu une évolution importante de mon côté depuis que j’ai franchi pour la première fois les portes de la grande tour.

J’ai eu la chance de travailler avec des gens extraordinaires. J’ai toujours eu le privilège de travailler au sein d’équipes vraiment intéressantes où la solidarité et l’entraide étaient au rendez-vous.

C’est grâce à eux et aussi à mes patronnes que j’ai appris à connaître mes forces et mes faiblesses et que je sais maintenant comment mieux m’orienter dans la vie. J’ai travaillé avec des gens qui croyaient en moi et c’était tellement précieux.

À tous les jours, j’ai côtoyé des artisans. Des gens passionnés qui travaillent souvent dans l’ombre mais qui font en sorte de nous offrir du contenu de qualité. Des gens qui n’ont pas peur d’innover et qui ont des idées plein la tête. C’est juste dommage que trop souvent, le budget ne puisse aller avec la hauteur de toutes ces ambitions. Parce que le talent, je me suis baignée dedans quotidiennement.

Aujourd’hui, je suis triste mais je ne suis pas amère. De se faire tasser par un employé permanent qui était flottant, ça faisait partie des possibilités. J’avais déjà survécu aux dernières coupures qui avaient été immenses alors je considère que j’étais privilégiée d’être encore là. D’ailleurs, je n’en veux pas à la personne qui a pris ma place et je sais qu’elle l’a fait parce qu’elle ne pouvait pas faire autrement.

Je ne vous cacherai pas que j’ai pleuré beaucoup hier et que de quitter la grande tour pour (peut-être) la dernière fois, ça m’a donné un choc.

En attendant, ça bouge quand même beaucoup de mon côté. J’avais une entrevue mardi, hier et j’en ai une autre vendredi matin. Puis si ça ne débouche pas, il y en aura d’autres. Tout ce que je souhaite, c’est de trouver quelque chose que j’aime et de le faire au sein d’un milieu tout aussi stimulant.

D’ici là, je prendrais bien un peu de soleil, par contre ;)

Souvenirs de maison (2)

Par Noisette Sociale, 21 mai 2010 11:46

Je voulais l’acheter malgré le fait qu’elle n’avait jamais connu le bonheur en son sein. Parce que je ne crois pas que des objets puissent être porteurs de malheur.

Je l’aurais achetée même si le paysage d’en face était laid et militariste. Je l’aurais peinturée avec tout un amalgame de couleurs joyeuses et éclatantes pour l’aider elle aussi à repartir à zéro.

Je voulais aller faire un dernier tour d’horizon et entrer dans la chambre de mon frère qui était jadis la mienne, chambre à laquelle je n’ai pas eu accès dans les cinq dernières années, par respect pour son intimité.

J’aurais eu envie d’y bâtir quelque chose de totalement différent. J’aurais aimé y voir un couple qui s’aime fort et qui se respecte mutuellement. Un couple où la violence n’aurait jamais été présente.

Dans cette maison, les paroles et les gestes auraient été en harmonie avec les grands discours de principes.

J’aurais aimé faire quelque chose de beau avec ce que mon grand-père avait construit de ses propres mains.

La dernière fois que j’y suis allée, les circonstances ont fait que je n’ai pas pu faire le tour des pièces. J’avais rendez-vous tard en soirée avec mon frère qui s’était offert d’être là pour m’ouvrir. Il n’y était pas.

Le lendemain, une nouvelle famille allait y emménager.

Le vieux divan du sous-sol était sur le trottoir, en face de la maison. Je m’y suis assise et j’ai attendu en vain, avec les larmes qui coulaient sur mes joues. Plusieurs automobilistes ont ralenti pour observer le spectacle pathétique que je leur offrais.

Je me suis demandé pourquoi je pleurais et pourquoi j’étais tant attachée à une cabane qui avait été témoin de tant de malheurs.

J’ai repensé à cet été que j’ai passé enfermée dans le sous-sol. Punie d’avoir été amoureuse. Cet été-là, j’ai appris à connaître chaque millimètre de chaque mur qui m’entourait.

J’ai repensé aussi à toutes les fois où j’avais pleuré parce qu’on bafouait mes droits. Les fois qu’on m’avait menacé de me « placer » alors que j’étais simplement une adolescente normale.

Les cris. Les pleurs omniprésents. Les guerres. Les mains qui s’abattent. Les menaces. La peur. La honte. Les humiliations.

Et c’est parce que plus jamais je ne laisserai la peur dicter mes actions que je me permets de boucler la boucle de cette façon-là.

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Je choisis de désactiver les commentaires pour des raisons bien personnelles.

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