Catégorie : tranche de vie

Queen KA et son Délîrïüm

Par Noisette Sociale, 26 mai 2010 11:39

Quand la fée Valérie m’a lancé une invitation pour la première de Délîrïüm, j’ai tout de suite accepté. D’abord parce que je me sentais privilégiée, ensuite parce que ça m’intriguait et surtout parce que c’était aux Écuries.

J’avais demandé à l’Ami de m’accompagner et quand il m’a demandé c’était quel genre de truc, je lui ai répondu que je ne savais pas trop mais qu’il y aurait une fille à poil à la fin du spectacle. (On s’est rendu compte que je m’étais trompée de soirée.) [Et c'est à ce moment-ci que les gens qui me connaissent bien dans la vraie vie sont morts de rire.]

En réalité, on s’en allait voir du slam adapté pour le théâtre.

À notre arrivée, nous recevons un accueil chaleureux de la fée mentionnée plus haut et elle me lance :

« Le slam, tu connais ça? »

Et moi de répondre :

« Bah, de définition. »

Bref, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et j’étais contente parce que mes attentes ne pouvaient justement pas être déçues. Je pouvais à peu près juste être surprise et je suis entrée dans la salle avec l’esprit plus ouvert que jamais.

Nous avons choisi une table et il y avait des morceaux de sucre à la crème qui me faisaient de l’oeil. Ils n’auront pas survécu à mon regard.

[Intermède où je me flatte doucement la panse, les yeux au ciel, envoûtée par ce souvenir gastronomique.]

Puis ça commence.

Elle entre sur scène. Déjà, je la trouve sublime. (Oui, c’est très subjectif.)

Elle se lance dans une diatribe sur la maternité. C’était tellement bien fait que j’ai été conquise immédiatement.

Queen KA et son acolyte Blaise Borboën-Léonard forment un duo remarquable. Elle à l’avant-scène et lui derrière qui s’occupe de toute l’ambiance sonore et musicale. On sentait très bien la chimie et chaque changement d’ambiance et de ton coulaient parfaitement, malgré les transitions parfois radicales.

Délîrïüm, pour moi, c’est un pamphlet contre l’injustice sociale. Contre les yeux fermés en permanence. Contre les comportements irresponsables.

Chaque mot était judicieusement choisi et rendu avec ferveur. On mêlait poésie et manifeste.

Délîrïüm, ça bouge sans arrêt, ça jette par terre et ça bouscule.

Malgré le fait que je partageais de façon enthousiaste l’entièreté du discours social, je me suis sentie drôlement remuée à certains moments. Et ça faisait du bien!

L’interprétation était à mon avis sans faille mais j’avais peur que la formule ne s’étire trop. Puis finalement, la longueur était juste parfaite et la fin bien choisie.

Le seul bémol, c’est que l’artiste aurait gagné à être sur une scène plutôt qu’au  niveau du sol. Étant assise en arrière avec les gens devant moi, j’ai malheureusement perdu beaucoup de mouvements alors qu’elle performait couchée ou assise.

J’ai adoré mon expérience et je vous recommande chaudement d’aller voir cette artiste hors du commun avec un charisme fou qui vous incite à entrer dans son univers de fort agréable façon.

Queen Ka, un nom que je retiens.

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Délîrïüm sera présenté aux Écuries les 26, 30, 31 mai et 6, 7 juin 2010

Gestes impies à l’Espace libre

Par Noisette Sociale, 11 janvier 2010 12:45

gestes-afficheVendredi soir, j’avais été invitée par la fée Bianka à assister à la première de Gestes Impies, une création du théâtre de la Pire Espèce, à l‘Espace Libre.

Fabuleux, étonnant, extraordinaire, original, drôle, fantastique, imaginaire, prodigieux, magique, coloré, intense, superbe, génial, éclaté… et j’en passe. Je manque d’adjectifs et de superlatifs pour vous transmettre tout ce qu’a pu me procurer cette pièce d’une durée de 1h50 vendredi soir.

Vendredi soir, j’étais fatiguée… J’avais eu une semaine intense et bien franchement, ça ne me tentait plus vraiment de tenir mon engagement qui était d’assister à cette première. J’y suis allée parce que je suis une femme de parole et puis finalement… je n’ai pas du tout regretté! Je me suis pointée à l’Espace Libre en bâillant effrontément et quelques secondes après le début de la pièce, j’étais déjà bien réveillée pour ne rien manquer de l’univers qui m’était offert.

Il faut quand même le faire. J’avais l’impression d’être dans un rêve abstrait où les scènes se bousculaient sans trop faire de sens, du moins pour moi… et pourtant, j’étais scotchée à mon siège et j’en redemandais.

La performance des acteurs était tout simplement à couper le souffle. Et on parle vraiment de performance ici car les textes étaient aussi forts que les mouvements… parce qu’il faut dire que ça bouge beaucoup dans ce spectacle.

Les costumes étaient fabuleux… enfin, tout de cette pièce était divin.

Je pense que je peux dire sans exagérer que c’est la meilleure pièce à laquelle j’ai eu la chance d’assister depuis que je m’intéresse au théâtre. Ce que j’ai vu, ça ne se raconte pas, ça se vit.

Je vous recommande vivement de vous procurer des billets pour Gestes Impies. C’est carrément impossible que vous n’aimiez pas ça. Même le Détracteur ne tarit pas d’éloges à son endroit.

Je me ferai un devoir de suivre les projets de la troupe de la Pire Espèce. Ils ont du talent à revendre.

Gestes Impies, jusqu’au 23 janvier à l’Espace Libre.

P.S. : C’est vraiment à ne pas manquer!

Van Dongen, mon nouvel amant imaginaire

Par Noisette Sociale, 27 mars 2009 11:40

Mon titre est un peu exagéré mais c’était pour vous dire à quel point j’ai été charmée par son oeuvre hier soir. Même que je trouve que « charmée », c’est faible. Émue serait plus juste.

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Oh que j’ai eu envie de faire un beau pied-de-nez à mon chum quand je suis revenue de l’exposition. C’est qu’il avait parié que je me tannerais après 10 minutes.

Bon, c’est que je dois vous faire une petite mise en contexte. Moi et le Détracteur avons été voir quelques expositions ensemble. À chaque fois, j’étais emballée par l’idée mais au bout du compte, je me tannais après quelques minutes. Nous avions vu l’exposition Sympathy for the devil au musée d’art contemporain et bien qu’elle était intéressante, je m’étais lassée vite. Il n’y avait pas assez de matériel à mon goût.

Nous avions vu aussi celle sur l’évolution de la mode féminine au musée McCord. Le concept m’avait attirée mais on faisait très rapidement, même trop, le tour des vêtements exposés. Il n’y avait pas assez de textes ou de documents non plus pour nous retenir bien longtemps. Ça avait été une grande déception.

Je ne vous parlerai pas non plus de notre périple à Trois-Rivières où nous avions arrêté au musée pour voir l’exposition sur Passe-Partout. Je dois quand même mentionner qu’il m’avait quasiment traînée de force parce que bien franchement, je n’avais aucunement envie d’y aller et nous en sommes ressortis déçus tous les deux.

On en a vu d’autres aussi dont je ne me souviens pas mais ce que je peux vous confirmer, c’est qu’il ne s’agissait jamais de peinture.

Or, moi j’adore les expositions de tableaux même si bien franchement, je n’y connais pas grand chose.

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van-dongen-kees-1877-1968le-chale-espagnol-le-mendiant-damour-tableau-ou-la-femme-aux-pigeonspompidouPour en revenir à mon sujet de départ, je suis allée voir l’exposition sur Van Dongen hier soir au musée des beaux-arts de Montréal. J’y suis restée presque deux heures tellement elle était garnie et fascinante.

On traverse l’exposition en suivant une ligne de temps, si l’on veut. À ses débuts, l’artiste faisait un peu plus dans ce que j’appellerais la simplicité. (Vous m’excuserez pour les termes, je n’ai malheureusement pas étudié en Histoire de l’art.) Beaucoup de tableaux faits au crayon gras, au crayon, souvent sur du carton. Quelques peintures à l’huile, quand même. D’ailleurs, je trouvais ça fascinant de voir l’évolution du matériel à travers les âges. Voir un petit bout de carton écorné… un petit bout de peinture à l’huile qui s’est décollé dans un coin…

Plus on avance dans le temps, plus le fauvisme de Van Dongen s’exprime. Les couleurs deviennent de plus en plus présentes, de plus en plus vives et illustrent des émotions fortes. Des émotions basées sur l’instinct. Il n’est donc pas étonnant de retrouver des portraits où les prostituées sont présentes.

Honnêtement, j’ai vécu des émotions hier que je n’avais jamais ressenties avant par le simple contact visuel avec une peinture. À un certain moment, j’avais les yeux embués devant tant de beauté. Conquise, j’étais. Moi et la copine qui m’accompagnait nous nous sommes dites à quelques reprises à quel point nous avions de la chance de pouvoir voir « en personne » une oeuvre d’une telle splendeur.

Plus nous avancions dans la salle, plus l’émotion ressentie était forte. Les tableaux étaient de plus en plus gros, de plus en plus colorés. Chaque nouvelle toile observée devenait ma préférée.

J’enrage de ne pas savoir vous décrire mieux que ça ce que j’ai eu la chance de voir hier. Mais pour vous dire à quel point l’artiste a su me toucher, j’avais des frissons d’angoisse dès que quelqu’un osait approcher un doigt ou un crayon de l’oeuvre. Heureusement que personne n’a fait le sacrilège d’en toucher une parce que je pense que j’aurais mordu.

L’exposition sera là jusqu’au 19 avril. Ne manquez pas ça parce que même sans savoir ce que vous manqueriez, je trouverai bien un moyen de vous le faire regretter.

Personnellement, je compte bien y retourner avant la fin. J’avais beau ouvrir les yeux très grands hier en espérant peut-être que ça m’aiderait mieux à tout emmagasiner les images dans mon esprit, ce n’était pas suffisant. J’ai encore soif de ces images. Et je pense bien que la prochaine fois, je vais faire une folie en me procurant le catalogue de l’exposition.

Après tout, on ne tombe pas en amour si souvent que ça dans une vie…

Thme Panorama par Themocracy