Catégorie : tranche de vie

Apprendre tranquillement la diplomatie

Par Noisette Sociale, 10 mars 2010 07:04

Avant, quand quelqu’un me racontait qu’une personne X lui tapait sur les nerfs, je lui demandais effrontément : « Ben pourquoi tu ne le lui dis pas? »

C’était l’époque où j’étais une championne pour dire à ceux qui me pourrissaient l’existence qu’ils me la pourrissaient et je trouvais que c’était la meilleure méthode pour avoir la paix.

Quand j’ai commencé à croiser ces gens-là dans d’autres contextes, je me suis mise à réfléchir et à me dire que le monde était tellement petit que ça ne serait pas impossible qu’un jour, ces personnes-là à qui j’aurais dit de façon très crue qu’ils étaient des parasites, je les recroise. Peut-être même qu’à un moment donné, y’en a un(e) qui va me passer en entrevue pour Ze job.

N’empêche qu’au moment où j’ai commencé à écrire ces lignes, j’avais juste envie de dire à ma voisine: « Tu sais, c’est à cause des personnes comme toi que je suis devenue asociale. »

Ou encore, plus simple : « Ne me parle plus jamais. »

Ou la version plus élaborée grim : Sacrer le feu dans son maudit chapeau de sorcière et me sauver à dos de carcajou en hurlant des incantations sataniques.

Heureusement qu’il me reste ce blogue pour me défouler.

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Question boni : Pour vous, assister à des cours d’université avec un chapeau de sorcière sur la tête en guettant les réactions, c’est quêter de l’attention ou une excentricité?

Ma réponse boni : Je vous laisse deviner… (Oui, je sais, la question était biaisée.)

Tic tic tac

Par Noisette Sociale, 9 mars 2010 06:00

Il y a de ces choses qui nous collent à la peau longtemps.

À l’école primaire, à chaque fin d’année, un gala Méritas était organisé. Les élèves qui le voulaient pouvaient faire un numéro et en première année, j’avais eu envie de participer et de faire un truc en solo.

Je ne me rappelle pas de l’émission en question mais j’écoutais une émission X à cet âge-là et une petite comptine était récitée. Je n’ai jamais su le titre mais grâce à moi, ça a été renommé « Tic tic tac » à la grandeur de l’école.

Je savais que je voulais faire un numéro au gala mais je n’avais pas d’idée. L’idée de la comptine était venue de ma mère, en toute bonne foi, je n’en doute point.

Ce gala Méritas a changé ma vie. Parce que c’est à partir de ce moment-là que ma vie scolaire est devenue un enfer. Littéralement.

On me battait, on me singeait, on m’écoeurait. Suffisait qu’un enfant dise « Tic tic tac » dans la cour d’école pour que tous se mettent à me pointer du doigt en riant méchamment.

Quand j’ai changé d’école en 6e année, on m’interpellait encore dans la rue avec « Tic tic tac ». Au secondaire, je recroisais des gens de l’école primaire parfois et on me disait avec un sourire en coin : « Ah ouais, c’était toi han, tic tic tac? »

Encore récemment, sur Facebook, une ancienne de mon primaire m’a contactée en me demandant si je me rappelais de « Tic tic tac. » Misère…

La semaine dernière, ma mère m’a remise une autre boîte de vieux cossins et là-dedans, il y avait l’enregistrement vidéo de ma performance au gala Méritas où je faisais « Tic tic tac ». Je me suis dit qu’il serait temps que je tourne la page et que je regarde ça pour en rire.

J’ai fait sacrer le Détracteur dimanche après-midi en lui demandant d’aller jouer dans le paquet de fils emmêlés derrière la télé pour brancher le VHS. J’ai inséré la cassette dans le lecteur et j’ai appuyé sur « Play ». Comble de bonheur, le ruban avait été mis juste avant que je ne monte sur la scène.

Je n’avais aucune appréhension (étrangement) avant de regarder le vidéo et je n’avais pas raconté au Détracteur à quel point cet épisode de ma vie avait constitué une épine dans le pied.

Quand je me suis vue, mon sang s’est glacé. L’accoutrement était horrible, mes lunettes me faisaient paraître pour une trisomique (je ne me moque pas, je constate) et la petite chorégraphie inventée par le directeur (ou la professeure, je ne me rappelle plus) me donnait un air vraiment débile. Ajoutez à cela que j’étais visiblement mal à l’aise. Tous les ingrédients nécessaires pour un désastre y étaient. Surtout que la comptine en question était ridicule.

Sur l’enregistrement, on entendait déjà les enfants se moquer de moi. Et même quelques parents. Ainsi que mon amoureux dans le salon qui ne pensait pas mal faire.

J’ai senti ma poitrine se serrer. Une chance que je voulais garder une contenance parce que je crois que j’aurais pleuré toutes les larmes de mon corps.

Putain, à quoi tout ce beau monde-là avait pensé? Le directeur, qui faisait les auditions, il ne se doutait pas que ce numéro-là signifierait ma mort dans la cour d’école?

On ne le saura jamais.

Et comme quoi il y a des souvenirs parfois qui sont mieux de rester dans des vieilles boîtes.

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N’empêche que parfois, quand je songe que j’ai mieux réussi que la grande majorité de ces p’tits !@#%?…

Je vais laisser les points de suspension, finalement.

Vrac

Par Noisette Sociale, 8 mars 2010 12:28

Le temps me manque tellement ces temps-ci que je sens que les entrées de type « vrac » vont se faire plus nombreuses. J’ai beau m’être guérie de la maladie typique de la « blogueuse qui sent le besoin de s’excuser lorsqu’elle n’écrit plus trop souvent » mais n’empêche qu’il ne faudrait pas trop vous négliger non plus.

Nouveau boulot

On m’avait annoncé récemment que je commencerais un nouveau boulot le 1er avril mais en arrivant ce matin, j’avais un courriel qui m’informait que finalement, je commencerais le nouveau boulot dès cet après-midi car une pauvre fille dans ma nouvelle équipe s’est cassé un membre ou une articulation en ski pendant la fin de semaine. Ça tombe bien parce que j’avais justement besoin de changement. J’espère que je vais aimer ça.

2/3

Jeudi dernier, j’avais 2 enveloppes de l’UQÀM qui patientaient dans ma boîte aux lettres. Je sais déjà que je suis admise au certificat en création littéraire ainsi qu’au certificat en études féministes. Je me croise les doigts pour recevoir une autre lettre qui confirmera mon admission au bacc. en communications. Dans le cas d’un refus, le certificat en création littéraire sera probablement ce que j’entamerai en automne même si les études féministes me font de l’oeil. C’est beau la vertu mais il faut aussi que je pense à mon CV.

Écriture

Je ne m’en sors pas si mal avec ma résolution de tenir un journal de bord en-dehors de mon blogue où je note des réflexions beaucoup plus personnelles. Je suis assez contente de moi à ce niveau-là… et je serai encore plus contente dans quelques années quand je me replongerai dans le cahier en question.

Aussi, j’ai fait un cauchemar en fin de semaine qui m’a donné une sale bonne idée de roman. Bon, l’idée est encore au stade embryonnaire mais le sujet est assez large pour que je pense pouvoir faire de quoi avec ça. Dans cette optique, les études en création littéraire ne seront pas un luxe.

Thèmes centraux

Dans mes réflexions de tous les jours, je me rends compte que mon enfance me marque toujours autant ainsi que la relation que mes parents avaient…

Je me demande du coup à partir de quel âge on tire les conclusions qu’on a à tirer et qu’on passe enfin à autre chose.

Questionnement

Je me demande comment je pourrais écrire sur la problématique de ma relation mère/fille sans que ça ne vire en mauvais mélodrame.

Autre questionnement

Je me demande si je pourrai un jour traiter de la façon dont mes parents m’ont marquée sans que ça ne vire non plus en mauvais mélodrame.

Autre questionnement

Est-ce possible de se vider les tripes sans créer un hécatombe sentimental autour de soi?

Journée de la Femme

J’aimerais saluer toutes les femmes qui passeront par ici aujourd’hui et leur rappeler que c’est aujourd’hui notre journée.

J’aurais aimé vous raconter aujourd’hui comment je me suis rendue compte que j’étais féministe mais je pense que ça ira à une autre fois. Je garde ça en tête par contre, je vous le promets.

Constat de fin de semaine

Je me sens trop vieille pour commencer à avoir un parent négligent et absent à mon endroit… mais j’imagine que ce n’est pas moi qui vais décider sur ce coup-là.

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En espérant que mon brouillon ne vous aura pas trop rebutés.

Mon cheval

Par Noisette Sociale, 1 mars 2010 19:51

Pour Noël 1988 – j’avais alors un peu moins de 3 années de vie à mon actif – mon grand-père paternel nous avait confectionné, à ma cousine et à moi, un beau jolly jumper. Il avait passé des mois et des mois dans son atelier pour ce faire et c’est un jouet qui a bercé mon enfance. Mon grand-père avait trouvé des vieux plans pour les fabriquer (car il en a fait un pour elle et un autre pour moi) et il disait que ce qu’il avait créé était 100 fois plus beau.

C’est l’objet qui a trôné le plus longtemps dans ma chambre. Je l’ai monté jusqu’à ce que je sois trop vieille pour le faire et il en fût ainsi également pour mon frère.

Un jour, le cheval est disparu et j’ai arrêté d’y penser.

Il y a quelques semaines, ma mère commençait à faire le ménage dans la maison familiale (qui est maintenant en vente, divorce oblige) et elle m’a demandé de venir après avoir terminé de vider le grenier.

En entrant dans la maison, elle me lance : « Tu te rappelles le cheval que tu avais quand tu étais petite? Ton grand-père pleurait tellement quand il te l’a donné, je m’en rappelle encore. Ce jour-là, il m’avait fait promettre que jamais je ne le jetterais ou le donnerais. Il avait tellement mis de coeur dans ce projet-là… Là, je n’aurai plus de place pour ça alors je te le donne pour qu’à ton tour, tu en prennes soin. »

Je suis allée au salon et j’ai découvert mon vieux cheval de bois. Je pleurais comme un bébé, probablement autant que mon grand-père lors de cette fameuse journée de 1988. Il manquait un peu de teinture noire sur son nez – mais c’est à force d’avoir tellement gratté! – mais il était parfait. Exactement comme dans mes souvenirs.

J’étais assise par terre, au milieu du salon et je murmurais, ébahie : « C’est mon cheval… c’est mon cheval… » On m’aura rarement vue aussi émue.

Il faut savoir aussi que mon grand-père paternel est un personnage mythique. Je vous en parlerai peut-être un jour, de cet homme qui était bien avant son temps…

Puis cette semaine, ma mère m’a remis mon album photo qui contient les souvenirs de mes premières années de vie.

Je vous quitte avec ma préférée… et vous comprendrez pourquoi. :)

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(Je suis à droite sur la photo. Vous pouvez cliquer pour agrandir, si vous voulez constater la mauvaise qualité de mon scanner. hé hé)

Et vous ? Vous avez conservé des jouets de votre enfance qui vous ont marqué ?

Le kin-ball, ce sport méconnu

Par Noisette Sociale, 26 février 2010 09:51

Quand je me suis pesée chez mes beaux-parents la semaine dernière, j’ai vu que mon corps s’était allégé de 30 livres au cours des deux ou trois derniers mois. C’est bien beau tout ça mais mon cardio, lui, est toujours aussi médiocre ou à peu près. Ma collègue de travail préférée ne cesse de me suggérer de faire comme elle et de prendre de longues marches le soir mais avec l’état des trottoirs à Montréal cet hiver et ma manie de me casser la gueule en croisant la première surface glissante, ça m’emballe plus ou moins.

C’est là que je me suis rappelé ce sport merveilleux qu’est le kin-ball. (Et ça devient du coup ma nouvelle lubie du moment.)

Vous ne connaissez pas le kin-ball? C’est ce que j’ai cru comprendre en début de semaine alors que je statuais désespérément sur Facebook et Twitter que je me cherchais quelqu’un pour venir y jouer avec moi 6 mardis soirs à partir du 9 mars prochain. Sur Facebook du moins, c’était un de mes rares statuts où personne n’avait commenté. (Bien sûr, je me doute qu’il est possible que ça ne tentait à personne non plus mais t’sais, juste au cas…)

omnikin_roseJ’aime le kin-ball parce que c’est pas mal le seul sport où je m’amuse vraiment, que je cours d’un bord à l’autre du gymnase sans trouver ça chiant, parce que c’est un sport simple à comprendre et à intégrer et parce que ça a été inventé au Québec.

Pour faire un court résumé, ça se joue avec un gros ballon Omnikin. (Celui qu’on avait au secondaire était rose fluo, c’était génial.) Il y a trois équipes de quatre personnes sur le terrain : les bleus, les gris et les noirs. Un membre de l’équipe en possession du ballon devra frapper ce dernier en hurlant « Omnikin + Couleur d’une des deux autres équipes sur le terrain ». Le but est d’identifier l’équipe qui sera moins en mesure d’attraper le ballon afin que celui-ci tombe par terre, ce qui donne des points. Évidemment, tout se passe très vite et le ballon ne cesse de se faire attraper pour se refaire frapper aussitôt. Pour plus de détails sur le déroulement d’une partie, cliquez ici.

J’aimerais tellement pouvoir vous convaincre d’aimer ça vous aussi mais la meilleure façon de l’adopter, c’est de l’essayer. Et ça vient d’une fille qui n’est pas du tout sportive à la base et qui était tellement poche malgré ses efforts en éducation physique qu’elle avait rarement bien bien plus haut que 60% dans son bulletin.

Tous les gens à qui j’ai fait découvrir ça ont adoré leur expérience mais malheureusement, ne peuvent pas m’accompagner cet hiver dans les cours car ils ont soit déjà des cours (justement) ou ils sont trop serrés au niveau du porte-feuille.

Personnellement, j’ai déjà suivi des cours et je voulais aller plus loin mais à l’époque, il y avait une fille dans mon équipe qui était follement amoureuse de moi et c’était rendu à la limite du harcèlement donc je m’étais tannée et j’avais fini par quitter. J’aurais certainement pu trouver une meilleure solution que ça mais comme mon mode de vie était semblable en tous points à celui d’une rockstar (à l’exception que je n’étais pas dans un band), je n’ai pas réfléchi bien longtemps.

Donc je réitère mon invitation : Le 9 mars prochain, les cours recommencent. J’aurai manqué la première partie de la saison mais les entraîneurs sont ouverts aux nouvelles inscriptions. Ça coûte 70$ et il reste 6 cours. Si ça vous tente, faites-moi signe. Ça me ferait plus que plaisir.

Sinon, j’irai toute seule comme une grande et j’essaierai de ne pas être trop farouche. ;)

Je vous laisse avec un vidéo qui peut vous donner une idée de ce à quoi ça ressemble :

Un vrac pour faire changement

Par Noisette Sociale, 25 février 2010 12:47

J’avais quelques petites réflexions/observations à faire alors je vous offre un vrac en ce beau jeudi sous le thème de la sloche montréalaise.

La vie de bohème

Hier, je lisais un article plutôt intéressant sur le nouveau RueMasson.com et je suis retombée dans une lubie.  L’article traite en effet des endroits où il fait bon travailler avec son ordinateur portable. Du coup, j’ai eu envie pendant une journée de renoncer à tout pour devenir travailleuse autonome, ne serait-ce que pour goûter les joies de passer des après-midis complets dans un sympathique café qui prendrait éventuellement la forme de mon bureau.

Évidemment, dans ma tête, les gens se battaient pour me donner des contrats et tout ça. Je suis revenue dans la réalité quand mon fiancé découragé m’a posé la question qui tue : « Ben, tu ferais des contrats de quoi? »

Je ne le sais pas mais en attendant, je peux bien être ouverte aux suggestions. ;)

Le combat qui ne me tentait pas

J’avais un cours le jeudi soir qui se voulait un cours d’introduction aux études littéraires. Le dernier auquel j’ai assisté était horriblement ennuyeux et un tantinet prétentieux. Si vous saviez à quel point les études littéraires semblent constituer une discipline qui se veut plus théorique que théorique… Personnellement, j’en suis venue à trouver ça ridicule.

J’ai aussi envie de mentionner qu’on a insisté beaucoup sur le fait que les auteurs proviennent généralement de la bourgeoisie ou de la petite bourgeoisie et que l’exception qui confirme la règle était très rare. Idem pour ceux qui sont en études littéraires d’ailleurs.

Je n’avais pas envie de mener le combat cet hiver de « la fille qui vient d’un milieu pauvre, qui leur prouve qu’il y a bel et bien une exception qui confirme la règle et qui triomphe à la fin en devenant la révélation de l’année ».  J’exagère peut-être un peu mais c’est quand même ça.  J’ai annulé.

La vie d’universitaire, prise deux

Je suis allée à l’UQÀM hier après-midi pour remettre ma demande d’admission au registrariat. Je n’ai pas pris de chance : je m’essaie pour trois programmes.

  1. Bacc. en communications, profil stratégies de production culturelle et médiatique
  2. Certificat en création littéraire
  3. Certificat en études féministes

Je trouve que mon choix de programmes représente bien ma personnalité. Évidemment, mon premier choix ultime est le bacc. qui est extrêmement contingenté. Comme je n’ai pas de DEC et un dossier scolaire entaché, je tente d’entrer sous la base expérience avec deux lettres d’attestation d’emploi (et de potentiel extraordinaire, hé hé)  étant donné que je travaille déjà en communications.  Je me croise tellement les doigts pour que ça marche que ça fait mal.

Le monde est trop petit

J’ai croisé l’ex-Amie lors de mon périple à l’UQÀM hier. Le coup que ça m’a fait dans la poitrine, je ne l’avais vraiment pas vu venir. J’imagine que c’était une étape de deuil supplémentaire à passer.

L’incohérence de Pauline Marois

Je sais que je suis très en retard et que vous devez être écoeurés d’en entendre parler alors je me limiterai à une opinion-éclair : Je ne comprends pas comment elle peut être contre les signes ostentatoires portés par des employés de l’État alors qu’elle refuse d’être  pour enlever le crucifix à l’Assemblée nationale. Le message que ça envoie, à mon avis, c’est que la religion des autres n’est pas bonne alors que la sienne l’est.

Puis vous connaissez déjà ma position sur la religion en général alors je ne m’étendrai pas là-dessus inutilement.

Ceci étant dit, je ne déteste pas le retour du discours identitaire au PQ mais ça en prendra plus que ça pour me ramener au bercail.

En terminant

Les mangoustes, c’est presque aussi grim que les carcajous.

La magie du Croissant de Lune

Par Noisette Sociale, 13 février 2010 15:39

À ma levée du corps ce matin, j’ai eu envie d’aller déjeuner/dîner au restaurant. J’ai suggéré quelques endroits à l’Amoureux qui ne semblaient pas l’emballer outre mesure. C’est alors qu’il m’a dit : « J’ai envie d’aller au Croissant de Lune. »

J’ai eu un bref moment d’hésitation et j’ai acquiescé à sa demande. Dans la douche, je me demandais d’où venait cette hésitation. J’ai pensé à la date d’aujourd’hui et j’ai trouvé.

Le 13 février, c’est la fête à l’ex-Amie. Celle qui m’accompagnait la plupart du temps dans mon café fétiche. Celle à qui je donnais rendez-vous au métro Berri-UQÀM en lui disant : « On décidera rendu là. » À chaque fois, on voulait faire un effort pour découvrir un autre endroit mais nos jambes nous amenaient instinctivement devant l’entrée du Croissant de Lune, où nous passions ensuite des heures à nous raconter nos vies, nos états d’âme, nos réflexions du moment… et à partager des bouchées de crêpe.

Je trouvais que c’était une drôle ironie du sort et après être sortie de ma torpeur, je me suis dit que c’était vraiment con que je n’y sois pas retournée depuis la rupture définitive et qu’il était temps que je me ré-approprie la place.

Quand on y entre, il y a des effluves de crêpes qui chatouillent immédiatement nos narines. L’ambiance est un peu bohème et le décor champêtre a quelque chose de franchement réconfortant.

Nous avons pris place à notre table habituelle et ça m’a pris quelques minutes avant de me sortir de mon état nostalgique un peu malsain qui me tenait éloignée de toute possibilité de conversation. (Oui je guéris, non je ne regrette pas, oui ça prend plus de temps que je ne le pensais pour m’en remettre.)

Puis je suis redevenue parlable. Et pour parler, on a parlé. Je ne sais pas ce qu’il y a avec l’endroit mais c’est extrêmement propice aux confidences, à l’introspection, à la mise en confiance, à la complicité, à tout. À un certain moment, nous étions tous deux au bord des larmes tellement nous étions allés en profondeur dans nos émotions.

L’endroit me manquait définitivement.

Puis j’ai eu une idée.

Le temps me manque pour exploiter ma créativité. J’ai besoin d’écrire des trucs en particulier mais je trouve rarement l’ambiance adéquate pour le faire. Tout à l’heure, si j’avais eu mon beau cahier, j’en aurais eu pour des pages et des pages à noircir. J’avais soudainement des idées plein la tête, des projets à mener à terme, ça n’arrêtait plus de bouillonner.

Ça va devenir mon bureau. Michelle Blanc a le Laïka. Moi j’aurai le Croissant de Lune. (Bon, ça ne se compare pas vraiment mais j’avais envie de faire le clin d’oeil.)

Lundi matin, je compte bien rencontrer ma supérieure immédiate pour lui demander, pour débuter, un après-midi de congé par semaine. J’en ai besoin. Un après-midi que je prendrais pour moi, pour créer. Pour travailler sur mes projets. Pour prendre le temps d’être, tout simplement.

Je pense que c’est une demande qui est raisonnable et je calcule que je peux bien me permettre d’avoir 3 ou 4h en moins par semaine sur mon chèque de paie.

À suivre…

«Toé man té chanceux paske j’t'aurais tué avec un gun»

Par Noisette Sociale, 9 février 2010 17:18

J’étais la seule debout au milieu du wagon de métro, la main sur le poteau de droite, iPod sur les oreilles quand je les ai vus entrer.

4 têtes vides. 4 individus âgés entre 14 et 16 ans peut-être… déguisés en Eminem ou quelque chose du genre.

Les têtes vides me font peur parce qu’elles sont imprévisibles. Surtout, j’ai un sixième sens aiguisé pour les reconnaître. Après tout, quand on a grandi dans l’est, on en a vue assez pour savoir les identifier rapidement.

4 têtes vides sont entrées donc, dans mon wagon tranquille. Ils se sont précipités vers les portes closes derrière moi.

Le train s’est mis en branle… et s’arrêta brusquement deux ou trois secondes après. Courte accalmie. Le train se met en branle, prise deux. Même chose. Arrêt brusque et désagréable. Je manquai pour une deuxième fois de me casser la gueule. (Car je n’ai pas d’équilibre, vous savez?)

Je me retourne vers mes 4 compagnons et je comprends vite qu’ils sont à la source du problème. Ils jouaient à ouvrir les portes. Ils s’apprêtaient à réessayer d’ouvrir la porte pour la troisième fois. J’ai entendu, malgré mes écouteurs : « HEILLE, ça va faire, là! »

La marde était pognée.

Véritable parade d’intimidation de mes 4 jeunes cons envers les passagers du wagon qui ont osé ouvrir la bouche. D’un côté, trois hommes dans la cinquantaine avec de bonnes intentions. De l’autre, 4 plaies qui savaient uniquement dire : « Fuck you tabarnak de fuck ».

Le manège a duré pendant deux ou trois stations. Quand ils sont finalement sortis, un des jeunes a lancé à un des hommes qui s’étaient interposés : « Toé man té chanceux paske j’t'aurais tué avec un gun. »

Rien de moins.

J’étais bouche-bée. Flabergastée. Sur le cul. [Insérez ici une autre expression connexe.]

Puis j’avais honte.

Je regardais le plancher exactement comme ceux qui sont assis dans l’autobus le matin et qui font semblant de ne pas avoir vu la femme enceinte qui vient d’entrer.

Pourquoi je n’avais rien dit? Rien fait?

Je me suis rappelée la fois… je devais avoir 17 ans. Une gang de yos dans l’autobus qui arrêtaient pas d’écoeurer un ami avec qui j’étais. Ils le traitaient de tapette et lui soufflaient dans les cheveux. Je m’étais levée sans rien dire, j’avais spotté le chef de la gang et je lui avais servi une sale claque en arrière de la tête. J’étais retournée m’asseoir, avec un visage de marbre. L’histoire s’était terminée aussi vite qu’elle avait commencé.

En vieillissant, on perd ce cran-là, cette espèce d’insouciance face au danger. Puis y’a la question de la légalité aussi…

Enfin, je m’en voulais de ne pas avoir réagi. De ne pas avoir dit moi aussi à quel point c’était con d’agir comme ils ont fait. Ce n’est pas dans mon habitude de ne rien faire, de ne rien dire.

Mais avec les têtes vides, on ne sait jamais.

Et je pense que la phrase que le petit bum a lancé en sortant, je vais l’avoir longtemps prise au fond de la gorge. C’était vraiment… traumatisant. C’est la première fois que j’entendais quelque chose de la sorte. Avoir envie de tuer quelqu’un pour un simple avertissement! La violence avec laquelle il l’a dite… Puis le monsieur auquel c’était adressé, il avait tellement été correct…

Le p’tit, ça ne m’étonnerait pas de le retrouver plus tard dans une colonne de faits divers avec une citation du genre : « Ben pourtant, c’était tellement un bon p’tit gars. Fin pis toute. »

J’espère quand même qu’il va se rendre compte à temps qu’il est sur une mauvaise lancée. Je l’espère vraiment.

Traces de Super Bowl

Par Noisette Sociale, 8 février 2010 21:29

En entrant dans l’appartement au retour de l’université, j’ai été accueillie par un restant d’aile de poulet qui gisait au milieu du couloir.

La poubelle et mes chats : une histoire d’amour.

De Mötley et de Super Bowl

Tu sais que tu t’en vas voir un show rock quand tu arrives sur place et que, pendant que tu attends plus ou moins patiemment en file à l’extérieur pour entrer (je me demande d’ailleurs si les fouilles corporelles sont aussi poussées et méthodiques quand il s’agit d’un concert pop), tu vois plusieurs personnes qui sirotent une grosse canette de bière camouflée dans un sac de papier.

Tu sais que tu t’en vas voir un show de Mötley Crüe quand tu croises dans le centre Bell:

  • trop de filles de tous les âges et de toutes les proportions qui portent des leggings à motif léopard
  • des manteaux en jeans à profusion avec une grosse patch dans le dos
  • un gars qui porte la grosse barbe, un chapeau de police et une perruque fuchsia pas mal intense (J’ai même vu des gens lui demander d’être pris en photo avec, ce qui était pas mal épique)

Vendredi soir, c’était un moment que j’attendais depuis des mois, billets achetés en pré-vente oblige. Je n’ai pas été déçue.

Airbourne a ouvert la soirée en force avec 30 minutes de riffs intenses. J’ai toujours critiqué la formation à l’effet qu’elle faisait plus que s’inspirer d’AC/DC pour leurs morceaux mais il faut croire qu’ils ont du talent parce que j’ai quand même acheté leur album il y a un an de ça et je n’ai pas pu m’empêcher de me tortiller comme une folle pendant leur performance. Pour citer une vieille connaissance : « Le chanteur, c’t'un malade mentaaaaaaaaaaaaaaaaal. » Effectivement. C’était définitivement un cas de « spring dans l’cul ».

deadofwintertourJe ne saurais trop vous parler du Joe Perry Project qui a suivi parce que ça ne m’intéressait pas outre mesure et c’est le moment que j’avais prévu pour aller m’acheter un t-shirt officiel de tournée, boire une bière diluée à 10$ et aller visiter les salles de bains du centre Bell. J’ai quand même entendu à partir du couloir quelques chansons et ce n’était rien pour m’impressionner. Ils ont terminé leur show avec une toune quelconque d’Aerosmith.

Ayant fait le plein de bière et d’énergie, j’étais prête pour mon groupe fétiche. Ils ont entamé leur prestation avec « Live Wire », une de mes favorites. Bah, ils ont joué toutes mes favorites en réalité. Dr Feelgood, Saints of Los Angeles, Looks that kill, Wild side, Shout at the devil, Don’t go away mad, Primal Scream, etc.

Ils ont fait aussi « Motherfucker of the year », tirée du dernier album. Le dude à côté de moi ne la connaissait visiblement pas et pendant un moment, j’ai été fâchée de constater que je n’étais pas à côté d’un vrai fan. Ce commentaire à part, je n’ai pas trouvé que c’était un choix très judicieux car il y a des pièces plus fortes que celle-là sur le dernier album.

Girls, girls, girls, je ne comprendrai jamais l’engouement… mais j’y ai pris tout de même plaisir.

Il y a eu un rappel de deux chansons. La première était « Home Sweet Home ». Je n’ai pas trop compris non plus mais j’imagine que ça devait être concept étant donné qu’ils terminaient la tournée à Montréal. À part pour le concept, je trouvais ça moyen comme choix de toune de rappel.

Autres observations en vrac :

- Tommy Lee qui sort de son drum pour aller parler à la foule, c’est toujours un succès instantané. Les cris de fillettes étaient au rendez-vous (et je passe par-dessus mon orgueil pour vous avouer que j’en étais aussi) et pendant son cabotinage, il a passé une bouteille de Jagermeister pour les gens au parterre. Classique. J’ai noté l’absence de la traditionnelle « titty cam ». C’était bien correct comme ça aussi.

- Nikki Sixx n’a vraiment pas besoin de faire grand chose pour nous faire crier comme des fillettes. Il n’avait qu’à lever les bras dans les airs pour que le public féminin soit conquis. J’étais d’ailleurs très heureuse de l’avoir pendant presque toute la durée du spectacle sur mon côté de la scène.

- Ça n’aurait pas été un show de Mötley s’il n’y avait pas eu toutes ces explosions et ce feu pendant les chansons. C’était complètement malade mental. Même si je sursautais à chaque souffle d’explosion. ;)

- Je ne peux pas parler pour l’ensemble des fans mais personnellement, j’ai un rapport très mitigé avec le chanteur Vince Neil. Je le trouve bon sur les albums mais je trouve qu’autrement, le personnage est pathétique. Il a fait chanter la foule trop souvent à mon goût, n’a plus de voix, n’est pas capable de faire les aigües, a un look ridicule… mais en même temps, ça ne serait tellement pas pareil si on le remplaçait. Sa performance n’a pourtant pas entaché le reste parce que j’ai toujours eu l’impression que sa fonction principale était qu’on se foute de sa gueule. (C’est pas très gentil mais c’est ça quand même.)

- Mick Mars a toujours un rôle aussi ingrat. Il a beau faire des solos de guitare de la mort, ce n’est pas lui que les gens viennent voir en majorité.

- Mention spéciale à la prière de Nikki Sixx pour souhaiter que les membres ne s’entretuent pas d’ici à la prochaine tournée parce que ça serait dont plaisant qu’ils puissent faire une tournée l’an prochain pour fêter les 30 ans du groupe.

En conclusion, j’ai passé une excellente soirée et je plane encore sur l’adrénaline de vendredi soir. Juste à raconter ça à mes collègues de travail, je me sens en feu. Il faudra par contre que j’apprenne à ne pas répéter dix fois d’affilée, droguée par l’enthousiasme : « C’était ben trop écoeurant… Je te jure, c’était é-coeu-rant. »

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Il y avait aussi le Super Bowl hier soir et je ne me suis pas permis de manquer ça, même si je ne connaissais aucune des équipes en compétition. J’ai décidé de prendre pour les Saints, me disant que le Médiateur Farceur avait probablement une bonne raison de prendre pour eux… et j’ai été bien contente de gagner. HA HA HA

Là, ce sont les vrais fans de football qui doivent me faire de gros yeux mais que voulez-vous, c’est comme ça.

Le Super Bowl, c’est quelque chose de sacré pour moi parce que ça réfère à mon enfance où j’en profitais pour passer toute une journée de complicité avec mon paternel, entourée de bols de chips, d’ailes de poulet, de sous-marins, de chocolat, de bonbons, de boissons gazeuses et de pop corn. (Oh non, mon père, même seul, ne prenait pas ça à la légère!)

Le football est d’ailleurs le seul sport qui ne m’emmerde pas (à l’exception du kin-ball mais ça, je préfère y jouer) et que je pourrais regarder religieusement si seulement je suivais le calendrier de la saison et les horaires des matches télévisés.

Mention spéciale à l’échappée spectaculaire du joueur des Saints (dont j’ignore le nom, évidemment) qui avait le champ libre pour traverser tout le terrain et faire un touché hier soir… J’en avais encore des frissons en prenant ma douche ce matin.

Thème Panorama par Themocracy