Queen KA et son Délîrïüm
Quand la fée Valérie m’a lancé une invitation pour la première de Délîrïüm, j’ai tout de suite accepté. D’abord parce que je me sentais privilégiée, ensuite parce que ça m’intriguait et surtout parce que c’était aux Écuries.
J’avais demandé à l’Ami de m’accompagner et quand il m’a demandé c’était quel genre de truc, je lui ai répondu que je ne savais pas trop mais qu’il y aurait une fille à poil à la fin du spectacle. (On s’est rendu compte que je m’étais trompée de soirée.) [Et c'est à ce moment-ci que les gens qui me connaissent bien dans la vraie vie sont morts de rire.]
En réalité, on s’en allait voir du slam adapté pour le théâtre.
À notre arrivée, nous recevons un accueil chaleureux de la fée mentionnée plus haut et elle me lance :
« Le slam, tu connais ça? »
Et moi de répondre :
« Bah, de définition. »
Bref, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et j’étais contente parce que mes attentes ne pouvaient justement pas être déçues. Je pouvais à peu près juste être surprise et je suis entrée dans la salle avec l’esprit plus ouvert que jamais.
Nous avons choisi une table et il y avait des morceaux de sucre à la crème qui me faisaient de l’oeil. Ils n’auront pas survécu à mon regard.
[Intermède où je me flatte doucement la panse, les yeux au ciel, envoûtée par ce souvenir gastronomique.]
Puis ça commence.
Elle entre sur scène. Déjà, je la trouve sublime. (Oui, c’est très subjectif.)
Elle se lance dans une diatribe sur la maternité. C’était tellement bien fait que j’ai été conquise immédiatement.
Queen KA et son acolyte Blaise Borboën-Léonard forment un duo remarquable. Elle à l’avant-scène et lui derrière qui s’occupe de toute l’ambiance sonore et musicale. On sentait très bien la chimie et chaque changement d’ambiance et de ton coulaient parfaitement, malgré les transitions parfois radicales.
Délîrïüm, pour moi, c’est un pamphlet contre l’injustice sociale. Contre les yeux fermés en permanence. Contre les comportements irresponsables.
Chaque mot était judicieusement choisi et rendu avec ferveur. On mêlait poésie et manifeste.
Délîrïüm, ça bouge sans arrêt, ça jette par terre et ça bouscule.
Malgré le fait que je partageais de façon enthousiaste l’entièreté du discours social, je me suis sentie drôlement remuée à certains moments. Et ça faisait du bien!
L’interprétation était à mon avis sans faille mais j’avais peur que la formule ne s’étire trop. Puis finalement, la longueur était juste parfaite et la fin bien choisie.
Le seul bémol, c’est que l’artiste aurait gagné à être sur une scène plutôt qu’au niveau du sol. Étant assise en arrière avec les gens devant moi, j’ai malheureusement perdu beaucoup de mouvements alors qu’elle performait couchée ou assise.
J’ai adoré mon expérience et je vous recommande chaudement d’aller voir cette artiste hors du commun avec un charisme fou qui vous incite à entrer dans son univers de fort agréable façon.
Queen Ka, un nom que je retiens.
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Délîrïüm sera présenté aux Écuries les 26, 30, 31 mai et 6, 7 juin 2010

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