Août slow
Ce blogue est plus qu’en mode estival depuis le début du mois d’août et j’espère que je ne vous manque pas trop mais sachez que ça faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi bien… et à ma place.
Ça fait un mois également que je me retiens de vous dire la plus pure vérité parce que je craignais que ça ne soit pas « 2.0 wise » et je le crains encore mais peu importe : Le dernier poste que j’ai occupé a probablement été le moment le plus pénible à subir (et je pèse mes mots) de toute ma vie au niveau professionnel et même personnel. J’étais en train de devenir une personne exécrable et je prononçais plusieurs fois par jour la phrase suivante : « J’ai envie de me pendre. » et sa variante « Je vais me tirer une balle. » Ce poste pourrissait mon existence ainsi que celle de mes proches qui n’en pouvaient plus de me ramasser à la petite cuiller quotidiennement et ça, c’est sans compter que je vivais en même temps une pénible saga familiale qui n’en finissait plus de finir.
Je pense que le burn-out attendait patiemment derrière une grille dont le cadenas tombait en miettes, grugé par la rouille.
Ceci étant dit, j’ai retiré quelques trucs de positifs par rapport à ça.
Je vais vous faire une confidence : Je n’ai pas toujours eu conscience du potentiel que j’avais et je n’ai pas toujours eu d’ambition non plus. Je voyais mon père qui s’est détruit à travailler dans une usine toute sa vie et je m’étais dit que pour moi, la job idéale, ça serait de faire du travail de bureau en ayant de bonnes conditions de travail et en ne faisant rien de trop forçant. Vous pourrez noter qu’il n’y avait aucune notion de créativité, d’accomplissement, de dépassement ou rien de ça. Que de la stabilité dans le bon vieux 9 à 5.
Je ne vais pas commencer à chier sur le 9 à 5 parce que ça serait manquer de respect à un trop grand nombre de travailleurs mais disons simplement que j’ai compris cette année que ce n’était pas pour moi.
Encore une fois, je constate que je suis née à la bonne époque car la notion du travail semble devenir de plus en plus flexible.
Il y a à peine quelques semaines, j’étais tellement brûlée tout le temps que je n’avais pas d’énergie pour rien faire. Je me bourrais de cochonneries, je ne riais pratiquement plus, je ne sortais plus, je ne cuisinais plus, je ne me ramassais plus, je n’écrivais plus et je vivais dans un état d’épuisement perpétuel.
Depuis un mois, je n’ai pas un rond mais je profite de la vie d’une manière que je ne croyais plus possible. Ça fait peut-être encore un peu trop mélodramatique, dit de cette façon-là , mais c’est vraiment ça.
Prenons la journée d’hier : J’appelle en matinée mon meilleur ami pour lui proposer d’aller prendre une longue marche jusqu’à mon café fétiche situé à l’autre bout de mon quartier. On se rejoint à mi-chemin (parce qu’il habite tout près) et on marche, on rit, on se raconte les dernières nouvelles. On s’installe à une table et on y a passé plus de cinq heures à profiter du temps qui passait trop vite. À côté de nous, il y avait cet humoriste de la relève que je voyais pour la 3e fois à cet endroit, en train de travailler sur son prochain spectacle en compagnie de ce que je présumais être son auteur et metteur en scène. Je trouvais ça fascinant de les voir mettre sur pied un one-man show tout neuf et d’entendre leur brainstorm. Je regardais autour de moi et je me demandais qui étaient tous ces gens à l’allure décontract qui pouvaient se permettre d’être dans ce sympathique café un mardi après-midi. Je les imaginais tour à tour créatifs à la pige, profs de cégep, animateurs de radio communautaire, comédiens, artistes multidisciplinaires.
Je sais que ça ne sera pas éternellement pas comme ça et que je ne suis pas à l’abri des divers soucis du quotidien mais j’ai quand même l’impression qu’on m’a donné la chance de repartir en neuf sur des bonnes bases.
À 24 ans et des poussières, je me connais mieux, je sais mieux ce que j’attends de la vie et je sais mieux ce que j’aime et ce qui me rend malheureuse et ce temps d’arrêt qui m’est offert est un moment qui compte énormément et qui sera décisif, je pense, pour la suite des choses et pour l’avenir.
D’ici là , je profite du temps qui s’échappe pour être, tout simplement… en attendant d’être une étudiante universitaire dévouée qui sera probablement impliquée dans plus d’un projet.
La session commence dans deux semaines avec plein de belles promesses. J’ai hâte.
En attendant, j’espère que vous aussi, vous allez bien.










