Je voudrais crever…
Je ne vous ai pas parlé encore de la pièce que j’ai eu la chance de voir samedi dernier, toujours grâce à cette chère Bianka.
Le titre de mon article, rassurez-vous, n’est que la retranscription du titre de la pièce en question.
En résumé…
« Cinq amis dans la vingtaine.
Solange, qui revient de voyage et qui n’attend que le prochain départ : ailleurs, l’air est différent.
Paul, qui pleure sa rupture amoureuse : sept ans avec la même, ça bouleverse.
Luce et Sylvain, qui viennent de s’acheter une maison : c’est beaucoup d’organisation.
Et Mateo, leur ami de toujours, qui se meurt.
Dans sa chambre d’hôpital, tout prend l’allure de la fin du monde… ou alors est-ce le début de l’âge adulte? »
Vite comme ça, ça a quasiment l’air déprimant. Mais en réalité, c’est une tout autre histoire!
J’étais un peu sceptique avant de me rendre à la pièce car j’avais lu quelque part que la mise-en-scène qui n’arrêtait pas de bouger, ça devenait un peu étourdissant à la longue. C’est drôle parce que sur place, c’est un des éléments que j’ai le plus aimé!
Une table au centre avec des chaises autour qui deviennent soudainement un lit d’hôpital et des chaises d’hôpital. Ça bouge sans cesse.
Les acteurs qui chantent magnifiquement également entre les scènes pour illustrer des émotions différentes, des bribes de vie.
Bianka m’avait dit que la pièce avait eu pour elle l’effet d’une claque en plein visage. Pour moi aussi.
Car autour de Mateo, l’ami qui va mourir bientôt, ses amis réfléchissent à voix haute et font des constats dérangeants.
Ce qui m’a le plus marquée dans tout ça, c’était les personnages du couple, Luce et Sylvain. Eux qui viennent de s’acheter une belle grosse maison probablement en banlieue. Qui prévoient déjà l’achat d’une piscine. Qui se plaignent de l’organisation que ça prend, une nouvelle maison. Les rénovations qu’il faut faire. Luce se plaint de ses petits tracas de nouvelle propriétaire de maison à côté d’un Mateo pour qui la vie va se terminer bientôt.
Oh, je sais, comme ça, ça semble un peu cliché. On se fait tellement souvent rabattre les oreilles comme quoi le matériel n’est pas important. Qu’il n’y a pas que la petite vie rangée de banlieue qui a de la valeur. Je sais tout ça. Sauf que je ne sais pas, ça vaut la peine de se le refaire mettre en face des yeux une fois de temps en temps. Juste pour s’en rappeler. Et ce, sans dénigrer nécessairement la vie de banlieue!
Non, plutôt l’idéal matérialiste. En tout cas, moi, ça m’a fait ça. Je regardais la pièce et en même temps, je pensais au ridicule de la chose quand je vous ai annoncé toute fière que j’avais acheté ma télé HD. Comme si c’était un accomplissement en soi!
Et puis, cet hommage à la vie.
Je me suis tellement attachée au personnage de Mateo. Ce doux Mateo. Lui qui demandait à son ami Sylvain ce que c’était que d’être en amour. Il voulait se le faire expliquer le plus clairement possible afin d’au moins le savoir un peu avant de mourir.
Je me suis imaginée à un certain moment que c’était l’Ami qui était à la place de Mateo. Et je me suis retenue grandement de pleurer. C’est de réfléchir au vide que va laisser la mort d’un ami cher qui m’a touchée au plus haut point.
Vraiment, ça vaut le détour.
La pièce est bien faite et j’ai adoré la disposition de la salle et de la scène. Puis pour une fois que les bancs n’étaient pas si inconfortables.
À voir au théâtre Aux Z Écuries jusqu’au 2 mai.
D’autres points de vue ici, ici et là.
Sur Twitter

Tiens tu es chanceuse d’y être allée, elle m’avait offert des billets mais j’en ai pas réentendu parler par la suite. Dommage, j’aurais bien aimé me changer des idées noires que j’avais.
@ Mazsellan : Ahhhh, pourtant… Bianka est assez fiable. Qui sait, t’en avais peut-être de réservés à ton nom au bout du compte… lol Mais dans mon cas, je devais y aller le mercredi en même temps que les autres mais ça n’allait vraiment pas bien pour moi cette journée-là alors elle m’a offert de remettre ça à samedi. Qui sait, si tu lui réécris, peut-être qu’elle te fera la même offre!
Voici quelques commentaires qui me sont venus à l’esprit Suite à la lecture de ta critique de Je voudrais crever.
Dans un monde ou le « achetez maintenant, payez plus tard même si vous n’en avez pas les moyens » est devenu une quasi religion, Il est tout à fait justifié de remettre la société de consommation à sa place…..
D’un autre coté, je suis un peu agacé de constater que, depuis « Les Voisins » au début des années 1980, on se plait à varger sur les banlieusards lorsqu’il est question d’imbéciles heureux pour qui le matériel est plus important que l’humain…
C’est à mon avis un cliché usé à la corde qui n’a plus sa raison d’être…
@ sylvaind : J’ai peut-être mal rendu l’idée mais je ne dirais pas qu’on vargeait sur les banlieusards. C’est qu’il y a quand même un cliché pour les couples qui s’en vont s’acheter une grosse cabane en banlieue pour épater la gallerie mais honnêtement, c’était pas la banlieue qui était en cause. C’était l’attitude du personnage qui voulait tout toujours plus gros, toujours plus beau, toujours plus cher parce que selon elle, c’est comme ça que les choses devaient être.
D’un autre côté, je peux très bien comprendre ton point de vue. J’imagine que je vais encore mieux comprendre quand moi-même, je vais migrer vers la banlieue dans quelques années d’ici
C’est la même chose que j’avais fait, lui demander samedi au lieu de mercredi… je n’ai pas eut de rponses. Ce n’est pas grave puisque c’était gratuit, je ne vais pas chialer là, je ne fais que dire. J’suis déjà content d’être allé à la fête sauvage.
@ Mazsellan : Oui, au moins t’a vu la Fête Sauvage que j’ai vraiment adoré!
La scène des deux gars en vélo m’a beaucoup touché aussi. J’étais complètement dedans et j’avais les yeux pleins d’eau.
@ Pierre-Yves : N’est-ce pas?
@Marzellan
Meeerdeeee ! J’ai vraiment oublié de te répondre ! C’est vraiment un gros manque de ma part. Si ça t’intéresse toujours, on peut s’arranger !
oh, la scène des vélos, moi aussi ça m’a touché.
ou celle où les personnages sont habillés en « hiver » et tirent un traîneau, magiiiique.
@ princesse anna : Oui, avec le traîneau aussi, c’était beau. En fait, c’était vraiment rempli de belles scènes