Message aux jeunes libéraux

Par Noisette Sociale, 29 septembre 2009 11:39

C’est assez rare que je m’adresse à vous mais hier soir, en regardant Les grands reportages, à RDI, j’ai ressenti l’urgence de vous écrire.

Vous m’accuserez de tous les maux, de démagogue même, peut-être le pire d’entre tous… mais je n’en ai cure.

C’est qu’hier, le grand reportage en question parlait des enfants sorciers, en Afrique subsaharienne. Je ne connaissais pas le phénomène mais une partie de mon moi désabusé n’était pas surprise. C’est que là-bas, la sorcellerie a été remise au goût du jour. Sauf que maintenant, au lieu d’accuser les vieillards, on s’en prend aux enfants. (Remarquez que ce n’était pas vraiment plus intelligent de s’en prendre aux vieillards, comprenez-moi bien.)

Dans les familles qui sont touchées par la maladie ou par un malheur quelconque, on accuse maintenant un enfant d’être à l’origine de ce malheur. Il y a des cas où, dans l’espoir de guérir un aîné, on va maltraiter un jeune. Je n’ai pas envie de faire l’étalage de tous les sévices qui peuvent être faits à ces enfants, c’est que j’ai le coeur sensible et vous aussi, je n’en doute point. D’ailleurs, je n’ai pas eu le courage de visionner le reportage jusqu’à la fin, ma poitrine me faisait mal à force de se resserrer.

On a vu qu’en République Démocratique du Congo (vous ai-je déjà dit à quel point ça me faisait pleurer, ces pays qui osaient inscrire « démocratique » dans leur nom?), il y avait une sorte de village où plus de 40 000 enfants étaient laissés à eux-mêmes, tous accusés de sorcellerie. La rue était leur nouvelle maison.

On a vu aussi des espèces d’églises qui prétendaient administrer des cures miracles pour guérir ces enfants de la sorcellerie. On exigeait plus du double, parfois même du triple, du salaire mensuel d’une famille pour guérir un enfant de ce mal imaginaire. Je pense que vous pouvez deviner comme moi que ces traitements prennent souvent la forme de récits d’horreur, plus souvent qu’autrement.

Vous devez vous demander où je veux en venir avec mes histoires d’enfants sorciers.

Je vous le donne en mille : Les ravages du manque d’éducation à travers le monde.

C’est sûr que je pourrais vous parler de pauvreté, aussi. Mais vous ne trouvez pas que c’est toujours un peu inter-relié?

J’étais fâchée contre vous en fin de semaine. Je regardais tranquillement mon bulletin de nouvelles et j’ai appris que vous militiez farouchement au sein de votre parti pour imposer des nouveaux droits de scolarité au collégial.

Mais pourquoi? Pour rehausser les finances du Québec?

Si on laisse de côté à peu près tous les éléments relatifs à une hausse frais reliés à la scolarité, ça pourrait peut-être faire un peu de sens. Du moins temporairement.

Sauf que voyez-vous, pour moi l’éducation n’est pas quelque chose avec laquelle on peut jongler au gré du vent.

J’aimerais tellement ça pouvoir vous convaincre de l’importance de l’éducation pour une société. J’aimerais ça vous faire voir à quel point une population plus éduquée, ça peut être stimulant pour l’économie d’un État. (Puisque vous aimez beaucoup l’économie.) J’aimerais vous faire un discours sur les bienfaits d’une éducation accessible à tous, peu importe la grosseur du porte-feuille.

Peut-être même qu’on pourrait parler un peu des problèmes, par contre, avec notre système d’éducation. On pourrait peut-être parler du niveau de notre système, de notre peur de faire de la peine à ceux qui échouent. On pourrait aussi parler de notre manie de vouloir diplômer tout le monde. Ça, on pourrait, ça me ferait plaisir.

Sauf que pour l’accessibilité, je resterai intraitable. Je vois les ravages partout dans le monde de la non-accessibilité à une éducation de qualité. Je suis certaine que votre but n’est pas qu’on se retrouve comme en Afrique, avec les problèmes que l’on connaît. J’aurais de la difficulté moi-même à imaginer ça au Québec. N’empêche qu’il faut se rappeler que si on pousse une certaine logique à l’extrême, c’est ça qui pourrait peut-être se produire.

Je ne sais pas comment conclure tout ceci. J’en aurais tellement à dire encore. Mais j’ai envie de vous rappeler, pas juste à vous mais à tous mes concitoyens en général, que l’éducation et l’intellectualisme, ce n’est pas une maladie. C’est plutôt bénéfique pour une société.

Au plaisir.

32 commentaires “Message aux jeunes libéraux”

  1. Alex dit :

    Excellent texte ma chère Noisette, mais le problème c’est que pour plusieurs (la majorité des gens en fait) l’éducation sert juste à pouvoir travailler. Forcément, avec cette vision, difficile de convaincre que l’éducation post-secondaire n’est pas un luxe. Et disons que les libéraux préfèrent taxer le luxe d’une intelligentsia que les luxes de leurs amis entrepreneurs, par exemple…

  2. @ Alex : Mon cerveau enrhumé te dit merci :) Puis pour le reste, tu as tellement raison, on ne le dira jamais assez. On a un problème avec notre vison de l’éducation au Québec et c’est ça qu’il faut régler de tout urgence. Je ne sais juste pas comment m’y prendre, j’ai l’impression de parler dans le vide.

  3. De la grande Noisette Sociale. Merci!

    Il n’y a pas que l’intellectualisme et l’éducation qui sont vus comme une maladie. Une société qui veut montrer l’exemple est vue comme une société sclérosée.

    Il faudrait toujours se rabaisser au « niveau du marché ». Bref, faire « comme aux States ». Comme si les les États-Unis étaient un modèle…

  4. @ Le Détracteur Constructif : Merci :)

    Je ne sais pas pourquoi on a si peur de donner l’exemple. Ça doit venir d’un malaise profond… J’aimerais être capable de l’exprimer concrètement. Faudra bien que je parle de socianalyse un de ces 4…

  5. sm dit :

    Garder les gens dans l’ignorance pendant que papa paye pour tes études à Brébeuf, c’est assurer l’avenir du Parti Libéral.

  6. @ sm : Je trouve que tu résumes bien. ;)

  7. Super bon texte Noisette!

    Je me joins aux commentateurs précédents: ça fait du bien de te lire comme ça, dans cette journée froide et grise.

  8. @ Clépétar : Merci beaucoup, ça me fait chaud au coeur. :)

  9. Mouton Marron dit :

    De toute façon, ce projet est idéologique. Comme si une hausse dans les frais de scolarité était suffisante pour remplir les coffres…

  10. @ Mouton Marron : En effet!

  11. volage dit :

    Et c’est un plaisir de recommencer à te lire…

  12. volage dit :

    Ça doit tournoyer vite dans ta tête pour que tu en arrives à faire autant de liens. Tu peux bien avoir un blogue ;)

  13. @ Volage : Ah, quel bonheur que de te retrouver, ici comme chez toi! Pour le reste, en effet, ça me prend bien un blogue pour ventiler tout ça et mettre un peu d’ordre dans mes idées ;)

  14. « Garder les gens dans l’ignorance pendant que papa paye pour tes études à Brébeuf, c’est assurer l’avenir du Parti Libéral. »

    Ha ha ha!

  15. On avait beaucoup eu droit à Noisette, mais là ça fait du bien de retrouver Sociale!

    Qu’est-ce que je peux bien rajouter? L’éducation est la solution ultime à tous les maux du monde, rien de moins!

  16. @ Renart L’éveillé : Je pense aussi que l’éducation se rapproche de la solution ultime… Dommage qu’on semble être si peu à le penser!

  17. Dans un monde où le Cégep devient une norme et où beaucoup aspirent à l’Université, dans ce même monde où on constate le déclin des performances scolaires des jeunes du secondaire, on voudrait hausser les frais de scolarité? Ce sont probablement des gens qui ne paient pas pour leur appartement et qui ne travaillent pas pendant leurs études qui ont ces idées de génie, à l’instar de ce que semble avoir mentionné sm. Curieusement, on dirait que plus une personne est politique, moins elle est sociale, ce qui me dépasse complètement.

  18. En effet Noisette…

    L’éducation est une très bonne raison de s’endetter collectivement en plus.

  19. @ DarK Rémi oF DooM : « Ce sont probablement des gens qui ne paient pas pour leur appartement et qui ne travaillent pas pendant leurs études qui ont ces idées de génie, à l’instar de ce que semble avoir mentionné sm. » C’est ce que je pense aussi. Il faut payer pour participer à un congrès du PLQ et c’est bien plus que quelques dollars, à ce que j’ai déjà entendu. Je pense que ces jeunes-là sont assez déconnectés de la réalité et il faut les ramener un peu sur terre.

    Sinon, je ne dirais pas que plus une personne est politique, moins elle est sociale. Ça dépend toujours à quel endroit sur l’échiquier politique cette personne se situe. ;)

    @ Renart L’éveillé : Tout à fait!

  20. David Gendron dit :

    « On avait beaucoup eu droit à Noisette, mais là ça fait du bien de retrouver Sociale! »

    Entièrement d’accord avec ça Renart!

    @Noisette

    Tant que l’État maintiendra un quasi-monopole sur l’instruction (l’éducation est plus générale et ne se fait pas beaucoup à l’école) et que l’école sera obligatoire jusqu’à 16 ans, ce système sera de moins en moins accessible.

    Néanmoins, dans le contexte actuel, je suis en majeure partie d’accord avec toi, les jeunes charognards soi-disant libéraux se conduisent en bourgeois qui ne seront pas trop affectés par ces mesures. Aucune raison de tarifer à ce point, surtout quand on constate tout le gaspillage bourreaucratique qui s’y fait, et qui sera encore pire avec les hausses de tarifs! Comme Mouton Marron le dit si bien, c’est purement idéologique et ça ne renflouera même pas les coffres de l’État!

    De plus, les recruteurs militaro-terroristes exploitent déjà ce genre de décision et les fonds sont en partie détournés (comme la drouate étatiste sait si bien le faire) vers des fins militaro-terroristes. Dans Voix de Faits, Nicolas dit ceci:

    « Â«Ce qui est scandaleux, c’est que l’Armée canadienne profite de la situation précaire de certains étudiants pour atteindre leurs objectifs de recrutement», a déclaré Xavier Lefebvre-Boucher, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). En effet, une carrière militaire peut paraître particulièrement attirante pour les 6 000 à 13 000 étudiants qui n’auront plus accès à l’éducation universitaire à la fin du dégel des frais de scolarité. Il faut d’ailleurs rappeler, à cet effet, que l’Armée canadienne finance jusqu’à 50 % des frais de scolarité pour les réservistes, et 100 % pour les forces régulières.

    Les recruteurs tentent effectivement de profiter de l’augmentation des frais de scolarité pour offrir une éducation subventionnée aux étudiantes et étudiants qui croulent sous les dettes. Pour l’Association pour une solidarité étudiante (ASSÉ), s’opposer au recrutement militaire dans les établissements d’enseignement est un moyen de manifester l’opposition étudiante au déséquilibre des ressources entre les secteurs de l’éducation et de la guerre. «L’éducation doit être accessible à tous, et personne ne devrait avoir à s’enrôler dans l’armée pour pouvoir étudier. Nous revendiquons du financement pour l’éducation, pas pour les guerres d’occupation !», affirme Alex Desrochers , secrétaire aux relations internes de l’ASSÉ. »

    http://voixdefaits.blogspot.com/2009/09/campagne-contre-le-recrutement.html

  21. David Gendron dit :

    « Peut-être même qu’on pourrait parler un peu des problèmes, par contre, avec notre système d’éducation. On pourrait peut-être parler du niveau de notre système, de notre peur de faire de la peine à ceux qui échouent. On pourrait aussi parler de notre manie de vouloir diplômer tout le monde. Ça, on pourrait, ça me ferait plaisir. »

    Bien dit! Problème causé par la quasi-monopolisation étatique et l’école obligatoire.

  22. David Gendron dit :

    « J’aimerais ça vous faire voir à quel point une population plus éduquée, ça peut être stimulant pour l’économie d’un État. (Puisque vous aimez beaucoup l’économie.) »

    Ne pas confondre « compétence professionnelle » et « Ã©ducation ». Parfois, mieux vaut être pas trop éduqué pour être compétent professionnellement.

  23. David Gendron dit :

    « Il faudrait toujours se rabaisser au « niveau du marché ». Bref, faire « comme aux States ». Comme si les les États-Unis étaient un modèle… »

    Attention mon cher Détracteur, l’université est en train de devenir plus accessible aux États-Unis qu’ici.

    Les hausses tarifaires publiques n’ont rien à voir avec le modèle américain.

  24. @ David Gendron : Je persiste à ne pas être d’accord avec toi à propos de l’école obligatoire jusqu’à 16 ans… surtout que malgré ça, on a encore 50% d’analphabètes fonctionnels… imagine si ce n’était plus obligatoire. Non, en fait, je ne veux même pas l’imaginer… Et je ne vois pas en quoi ça rendrait l’école moins accessible? Parles-tu de moyens financiers?

    Personnellement, je ne verrai jamais l’éducation comme une dépense. Je suis peut-être pas assez pragmatique :-P

    Pour ce qui est du recrutement militaire dans les écoles, je trouve ça proprement scandaleux. Si on ose venir faire ça à mon CÉGEP une journée que j’y suis, je vais faire un de ces esclandres! C’est aussi dégueulasse à mon avis que ce qu’ils font aux États-Unis dans les parkings des Wal-Mart…

    Je pense aussi que les jeunes libéraux ne se rendent pas compte de l’illogisme de leur proposition, justement parce que pour la plupart, ils baignent dans la ouate et n’ont aucune idée de à quoi ça ressemble avoir à se serrer la ceinture chez eux au niveau financier. Y’a des jours où j’aurais envie de me dire qu’on gagnerait tous collectivement à en avoir arraché au moins une fois dans sa vie…

    Sinon, je ne confond pas compétences professionnelles et éducation. Je pense aussi que l’éducation ne doit pas se faire uniquement à l’école. Il faut apprendre aux gens à être un peu autodidactes également… mais après 16 ans, de grâce ;)

  25. Nelson dit :

    Le problème avec les finances du Québec c’est que cela fait longtemps que nous avons dépassé notre capacité de payer à eux seules la santé, l’éducation et la dette représente environ 65 % des dépenses de l’État donc les plus grosses coupes doivent se faire là. Si les gens pensent que cela va régler le problème, il ne sera aucunement régler, l’an prochain ou dans deux ans ce seront les soins de santé, regarde ça aller et le ticket modérateur est à nos portes. Le problème c’est que nous n’avons plus les moyens de nos ambitions mais que nous avons été habitué à tous cela pendant des années. Tu sais le vieux qui va à l’hopital lui il s’en fou des frais de scolarité, lui ce qu’il veut c’est se faire soigner gratos.

    Une société est une question de choix mais tant qu’à choisir je préfère l’éducation à la santé mais si j’étais malade peut-être que je préfèrerais la santé finalement.

  26. Vertige dit :

    Je connais plusieurs jeunes libéraux. Ils sont infiltré partout, comme des virus, et en général leur implication n’a rien à voir avec des valeurs profondes.

    Pour un, c’était maman qui voulait que fiston s’implique en politique, comme elle. Lui, les libéraux, il ne les aime pas mais il n’a pas trop le choix, hein? Pis c’est pas pour ça qu’il va plus s’informer parce que la politique, ça l’ennuie, mais au moins il sait que les immigrés arabes d’ici sont en train d’essayer de prendre le pays… (bordel, t’imagine pas comment j’ai pu perdre de la salive pour rien en travaillant avec lui)

    Pour plusieurs autres, petits étudiants de Droit, d’administration ou autre, c’est une bonne occasion de se faire voir et de se faire des contacts bien placés, alors que ce temps serait mieux investi à essayer d’aller voir et de comprendre ce qui se passe au delà des murs de leur petit monde. Insipide!

    Merci d’en parler Noisette! Je me sens moins toute seule, lol.

  27. @ Nelson : J’ai vu et j’ai tellement lu de spécialistes de toutes sortes dire que le problème principal avec la santé et l’éducation, ce n’était pas le coût mais bien la façon dont c’était géré qui était le principal problème… et je n’ai pas de difficulté à le croire! Il y a une réorganisation monstre à faire dans ces secteurs mais on dirait qu’on est trop frileux pour le faire!

    Sinon, je comprends très bien ta dualité. Il ne faudrait pas me demander de choisir entre la santé et l’éducation, ça serait trop déchirant. Je suis certaine qu’il y a un moyen de concilier les deux et de toujours être capable de se le payer collectivement. C’est un choix de société à faire.

    @ Vertige : Je savais que plusieurs étaient là pour les opportunités de contacts que ça pouvait offrir… Mais y en a-t-il vraiment qui sont là simplement à cause de papa ou maman? Ça serait franchement pathétique et ce, pour tous les partis confondus.

    Ont-ils le choix? J’espère bien! On pourrait embarquer dans un autre débat mais laisse-moi te dire que jamais je n’ai fait quoi que ce soit parce qu’on m’y a forcée. Encore moins une implication, imagine! Surtout chez les libéraux, au prix que ça coûte… HA HA HA

    Sinon, tu devines bien que je partage tes idées ;)

  28. [...] voisin sans oublier de violer les femmes » au style « parlons du fait que le manque d’éducation est une cause commune dans la plupart des problèmes sociaux sur la [...]

  29. QuebecParis dit :

    Bonjour Noisette,

    Quoique je sois souvent en désaccord avec tes propos, j’aime quand même te lire car tu écris d’une façon très intéressante ou un débat, ça fait toujours du bien ! Je voulais soulever quelques points. Premièrement, est-ce qu’on peut arrêter de traiter tous les PLQ de riches bourgeois ? Ce n’est tout simplement pas vrai. Et oui, on retrouve une panoplie de gens, même au PLQ. Je militais au sein d’une région éloignée et aucun riche parmi nous (hehe, afficher ses couleurs PLQ en région très souverainiste… pas toujours facile !). Je dirais que d’un point de vue sociodémographique, nous étions identiques à nos collègues des jeunes PQ. Mais bon, nous n’avons pas les mêmes valeurs sur tous les sujets. Et c’est pour ça que je me suis retrouvé au sein de PLQ. Plus de valeurs en lien avec les miennes et non parce que mon papa riche m’a introduit dans un club sélectif de richissimes ce qui n’est pas du tout le cas). Deuxièmement, je pense que le débat que le PLQ est contre l’intellectualisme ou les études est farfelu. Je pense que tous les partis veulent rehausser la valeur de l’éducation dans notre province. Selon moi, c’est seulement sur le moyen et non l’objectif final que les partis divergent. Ici, je ne suis pas d’accord avec l’idée que la poursuite du gèle des frais va rehausser les indicateurs de « performance » quant à l’éducation. Et je ne crois pas du tout convaincu qu’une hausse va impacter négativement les résultats. C’est avant tout une question de valeur personnelle. J’ai connu des gens en provenance de région éloignée. Certains avec très peu de moyens. Ils ont réussi à se rendre à l’université et même les études de 2e cycle. Ils ont bossé comme des fous et ce n’était pas toujours facile. Travailler tout l’été et pendant l’école en plus des prêts… Je l’ai fait aussi. J’en ai connu d’autres pour qui une éducation n’avait tout simplement pas assez d’importance pour faire ces sacrifices. Et pour moi, c’est surtout ça le véritable problème du Québec. L’éducation n’est pas une valeur fondamentale pour beaucoup trop de gens. On peut parler de financement, d’argent, de réorganisation administratif, etc. Mais si les gens ne comprennent pas l’avantage d’un tel outil, on pourrait pomper autant d’argent qu’on voudra et les résultats vont quand même stagner. Je suis prêt à faire un « deal » avec toi : Dégèle des frais de scolarité des études post secondaires pour réinvestir dans le primaire afin que étudiants soient mieux encadrés et qu’ils apprennent à aimer l’école. Je pense que le taux de décrochage et d’analphabétisme sont des enjeux plus inquiétants pour le Québec que celui de l’accessibilité à des études supérieurs. Et oui, il faut faire des choix car notre budget n’est pas illimité.

    Au plaisir de te relire prochainement !

    En passant, bon retour sur le net et bon retour aux études !

  30. @QuebecParis : Ah mais en voilà un! Je commençais à trouver ça étrange de faire tant l’unanimité! HA HA HA

    Je suis contente de savoir que tu apprécies me lire malgré la divergence d’opinion… Ça doit vouloir dire que j’ai un talent à quelque part ;) hé hé

    Non mais sans blague…

    Je veux bien arrêter de traiter les jeunes libéraux de bourgeois mais malheureusement, avec l’expérience que j’ai eu avec certains et avec ceux que l’on montre souvent dans les médias, c’est difficile de ne pas leur mettre cette étiquette. C’est peut-être différent en région, d’ailleurs, je me souviens qu’au PQ, c’était pareil… on voyait très peu les militants des régions et même qu’à l’interne, ceux de Montréal les fréquentaient très peu. Pas par snobisme… c’était juste comme ça.

    N’empêche que, et peut-être que je me trompe, j’ai de la difficulté à concevoir que des jeunes qui en arrachent financièrement puissent être aussi motivés que celui que j’ai vu au Téléjournal pour ce qui est de hausser les frais de scolarité.

    Là où on se rejoint toi et moi, c’est sur la problématique de la motivation scolaire. On s’entend que si je prends moi, par exemple, si les frais de scolarité augmentaient, bon, dans un premier temps, je protesterais. Mais dans l’éventualité où malgré les protestations, les hausses étaient maintenues… Je n’ose pas avancer de pourcentage mais jusqu’à un certain point, ça ne me freinerait possiblement pas parce que j’ai cette soif et cette volonté d’apprendre. Je veux dire, de façon pragmatique, si les frais de scolarité au niveau collégial doublaient, je serais capable de l’absorber. Mais au niveau du principe, je sais que ça pourrait en décourager plusieurs… ce qui n’est pas souhaitable en mon sens.

    Je me demande aussi, de façon pragmatique, si une hausse de ce genre serait au bout du compte si payante que ça pour l’État québécois. J’ai entendu dire que la hausse que les jeunes libéraux proposaient apporterait environ 15 millions de plus au gouvernement. Est-ce que 15 millions, c’est une somme qui est assez significative pour justifier une hausse? J’en doute.

    Sinon, j’aime ton idée d’investir plus au primaire et j’ajouterais au secondaire dans un plan qui favoriserait la motivation pour les études.

    Je sais que je suis un peu décousue mais c’est que je réfléchis en même temps et ma tête me dit que dans le fond, le cégep à 115$ la session, ce n’est pas dramatique… mais au niveau du principe, l’éducation pour moi n’est pas une marchandise…

    À suivre.

    Et merci :)

  31. Aimée V. dit :

    L’éducation est primordiale pour une société, mais ça met des bâtons dans les roues de ses dirigeants…

  32. @ Aimée V. : Oui, d’une certaine manière ;)

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