Osti’ch’mêlée, osti’ch’tannée
J’ai vécu énormément d’émotions fortes cette semaine, je suis partie en peur et j’ai possiblement pris une mauvaise décision sur une impulsion momentanée.
J’étais dans mon cours de systèmes d’exploitation et c’était exactement comme les 4 cours précédents… Il y avait un prof en avant qui parlait et c’est comme si j’étais dans un épisode de Charlie Brown, c’est-à -dire que tout ce qui sortait de la bouche du prof sonnait à mes oreilles comme des bruits de trompette mis un à la suite de l’autre… et idem d’ailleurs pour les questions qui fusaient de la bouche de certains étudiants.
Un sentiment de profond désespoir m’envahit soudain et une connexion dans mon cerveau fit en sorte que je décidai à l’instant même que je m’étais encore trompée, que je n’étais clairement pas au bon endroit et que j’allais plutôt aller en bureautique.
C’était mardi matin. Le lundi suivant était la date limite pour l’annulation des cours ou de la session sans pénalité.
J’ai remballé mes affaires et sac à dos à l’épaule, j’ai quitté la salle de classe, bien décidée à rencontrer la conseillère en orientation du Collège. Malheureusement pour moi, je ne pouvais pas avoir de rendez-vous avec elle avant le 28 septembre et à ce moment-là , il aurait été trop tard pour annuler quoi que ce soit.
C’est d’un pas décidé que je me suis rendue chez l’API qui elle, était disponible pour me voir. Le problème avec elle, c’est qu’elle gère un paquet de programmes d’études et qu’elle ne connaît rien, de son propre aveu, à l’informatique. La rencontre ne s’est pas étirée en longueur et en sortant de celle-ci, j’avais annulé le cours de systèmes d’exploitation ainsi que le cours de mathématiques et j’avais gardé les autres, question d’avoir douze heures de cours, soit le minimum pour rester à temps plein. J’avais également rempli le formulaire de demande de changement de programme et j’avais une promesse de rendez-vous avec l’API du programme de bureautique pour le mercredi suivant.
J’ai été convaincue que j’avais pris la bonne décision pendant… ouf… un bon 18 heures.
Le lendemain matin, j’avais mon cours de programmation que j’avais décidé de conserver. Le tout se déroule rondement, je comprends la théorie et la période d’exercices ne me cause aucune difficulté majeure.
Durant la période d’exercice en question, une autre prof du département circule dans les rangées pour nous donner un coup de main. Elle s’attarde souvent à mes côtés et vers la fin de la période, elle me glisse quelque chose comme : « Ma belle, tu sais que tu te démarques beaucoup? Tu es nettement au-dessus de la moyenne de la classe. » Et elle poursuivit son chemin, me laissant là avec ma pauvre gueule toute grande ouverte d’incrédulité. Pour faire une histoire courte, à entendre plusieurs se vanter en arrière, j’étais convaincue de traîner de la patte… Comme quoi ceux qui ont une grande gueule ne sont pas nécessairement aussi avancés que ce qu’ils veulent bien nous faire croire.
À la fin du cours, je vais voir le prof pour lui poser une question et la conversation fait en sorte que je lui annonce bêtement que j’avais décidé de laisser tomber le programme. Lui aussi, il me lance que je suis en haut de la mêlée et j’ai senti que ma décision le fâchait.
Mes convictions étaient ébranlées. Moi qui était certaine d’être nulle part rapport au reste du groupe! Puis j’ai toujours eu pour mon dire que si tu n’es pas bon dans quelque chose, c’est sûrement que tu n’es pas au bon endroit…
Misère.
Pour les deux cours annulés, il était déjà trop tard pour revenir en arrière.
J’ai commencé à me poser les questions suivantes :
Est-ce que j’ai voulu abandonner tout simplement parce qu’une difficulté s’est dressée devant moi?
Se pourrait-il que le fait que je n’ai pas eu de vacances dignes de ce nom depuis pratiquement un an ait eu une influence sur mon découragement? Se pourrait-il que le fait que je suis passée d’une période de rush débile au boulot à une rentrée scolaire intensive et épuisante ait ébranlé ma motivation?
Se pourrait-il que dans le fond, le fait que je hais pour mourir mon cours de système d’exploitation veuille simplement dire que le profil « informatique de gestion » me conviendrait mieux que celui de « gestion de réseaux » plutôt que de rejeter l’informatique au complet?
Mon cours de programmation se déroule comme un charme, je suis bonne là -dedans et j’aime ça. Mais comment savoir si j’aime ça parce que j’aime ça ou si j’aime ça simplement parce que j’ai une facilité là -dedans?
Et j’ai commencé à voir un pattern. J’ai fait de l’introspection ces deux derniers jours et le dernier point a particulièrement occupé mes réflexions.
- Je suis une fille curieuse. J’ai envie de connaître un paquet de trucs sur un éventail assez large de sujets. À chaque fois que je regarde les programmes des cégeps et des universités, j’ai le goût d’en suivre un nouveau. J’accumule mentalement tous les cours qu’il faudrait bien que je suive un jour.
- Ma grande curiosité a souvent le don de faire en sorte que je suis une éternelle mêlée. Ça me fait douter, ça me fait me remettre en question… Ça fait que j’ai souvent tendance à avoir l’impression que j’ai trouvé enfin LE chemin que je dois suivre, ce qui fait en sorte que je peux changer 10 fois d’idée dans une année sur mon plan de carrière.
- Aimer trop de trucs en même temps combiné à une paresse latente font en sorte que j’ai tendance à commencer beaucoup de trucs… et à ne jamais rien terminer.
- J’ai également un atout qui n’est pas donné à tout le monde mais qui est à double-tranchant… C’est que j’ai tendance à performer dans à peu près tout ce que j’entreprends, ce qui fait en sorte que je suis toujours à me demander si j’aime faire telle ou telle chose pour ce que c’est ou si c’est juste parce que ça ne me demande pas trop d’effort.
Je suis franchement tannée de cette roue qui tourne et qui me ramène toujours à la case départ. À l’éternel recommencement.
Je vais voir un API cette semaine et je pense que je vais annuler ma demande de changement de programme. Je vais prendre le temps d’avoir une vraie rencontre avec la conseillère en orientation pour voir où j’en suis.
J’aime l’informatique. J’aime les TI. Je ne sais juste pas ce que je veux faire avec ça.
Mais le présent texte a déjà contribué à m’y faire voir un peu plus clair. C’est au moins ça de pris.
Je tenterai de (vous) me tenir au courant…
Ahhhhh, le plaisir de faire une file interminable pour entrer à la COOP et me rendre compte que la moitié des livres nécessaires à mon bon fonctionnement sont évidemment en rupture de stock. C’est très pratique quand on a déjà un devoir à remettre mardi qui nécessite un des livres manquants qui ne sera pas arrivé avant la semaine prochaine ou peut-être même celle d’après. (Moi ça me sidère qu’après toutes ces années, ça reste encore un classique de la rentrée.)
J’ai eu une vision d’horreur quand mes yeux ont lu ça sur mon horaire. J’ai déjà eu des mathématiques par le passé au collégial et ça ne s’était pas très bien passé. Pourtant, à l’école secondaire, je pétais des 95% et plus dans cette matière, les doigts dans le nez. Et justement, l’école secondaire, ça fait plus de 6 ans que j’en suis sortie alors ça remonte à loin. Quoiqu’il en soit, les 2 premiers cours se sont bien déroulés. J’ai appris entre autres à convertir des nombres usuels (soit en base 10) en binaires. Je suppose que ça va servir plus tard… Sinon, on a revu des bases mathématiques, surtout ce qui touchait les règles des exposants. Je me croise les doigts pour que ça aille bien.





