La critique
Vous savez, il arrive qu’on m’invite à des spectacles en tant que blogueuse et il me fait toujours plaisir de faire un compte-rendu en échange de l’invitation.
Hier, j’assistais à la première d’un spectacle que je ne nommerai pas et pour vous donner une idée, j’ai quitté à l’entracte tellement j’en avais assez. Je trouvais que la personne derrière le spectacle (et non celle qui s’occupait du lieu) avait très mal vendu son idée. Il y avait de la fausse représentation. Je m’attendais à une chose X et j’ai eu quelque chose Y que j’ai trouvé bien ordinaire. Je me sentais dans un spectacle de cégep… et encore.
Par contre, la personne qui portait son spectacle à bout de bras me semblait sympathique. Dans un autre contexte, on aurait probablement un tas de choses en commun.
En sortant de la salle, je me suis dit que je serais incapable de faire un billet pour descendre ce qu’elle avait fait, même en essayant de mal référencer le billet. Je n’en avais pas le courage, ni la volonté. Je me disais qu’il valait mieux ne pas en parler plutôt que de faire de la mauvaise publicité inutile.
Je sais que je n’ai pas autant de poids qu’une grande critique du milieu mais ça ne m’empêche pas de me questionner sur l’impact que peuvent avoir des critiques incendiaires, à long terme, pour un artiste.
J’ai commencé à me dire qu’un premier spectacle mauvais n’est pas nécessairement garant de la suite.
Puis je me suis demandé candidement quel devrait être le premier rôle d’un critique. Pas que je prétende en être une moi-même mais juste en général.
Dans un monde idéal et utopique – soit là où j’aime souvent me retrouver dans ma tête – un critique porterait un autre nom. Le critique aurait comme rôle premier de faire découvrir ce qui se fait de bon dans le domaine culturel. Sa mission consisterait à couvrir des événements de la culture émergente et de partager ses coups de coeur.
Dans mon monde idéal, toujours, le critique ne serait plus complaisant envers les artistes déjà établis. Si le dernier album d’un chanteur X était mauvais, il n’en parlerait tout simplement pas. Dans le cas contraire, il partagerait le plaisir qu’il a eu à l’écouter.
À mon avis, la critique négative sert d’abord et avant tout à une chose : À faire sourire et parfois jubiler le lecteur lorsqu’il est d’accord avec la critique, particulièrement si elle est incendiaire. Je ne le dis pas sur un ton moralisateur ; j’énonce uniquement ce qui me semble être une réalité humaine.
J’ai envie de faire un parallèle avec un blogue qui est revenu à la vie récemment, soit « Les blogs québécois« . Pour ceux qui ne connaîtraient pas, il s’agit d’un blogue où l’auteur – Christian – se propose pour analyser des blogues qui ont une bonne visibilité sur la blogosphère québécoise. Il leur donne une note et indique à la fin s’il juge que le blogue est recommandable ou non. Quand un blogue lui plaît, c’est assez intéressant et ça donne le goût de le découvrir. Par contre, lorsque ça lui déplaît, la critique est souvent acerbe et l’auteur a tendance à sombrer gratuitement dans l’attaque personnelle.
Comme on peut s’y attendre, les commentaires sont plus nombreux sur les billets qui font des critiques plus acerbes. Ils sont faits le plus souvent aussi sous le couvert de l’anonymat et on pourrait supposer qu’il s’agit de blogueurs qui sont trop peureux pour s’afficher sous leur pseudonyme habituel. L’exercice pourrait être intéressant et noble sans ces aspects. Je prends Christian comme exemple car il a frappé assez fort récemment mais ce n’est pas le premier qui se lance dans la critique de blogues et ça ne sera probablement pas le dernier non plus. On ne changera pas la nature humaine.
—————————————–
Je ne sais pas trop comment conclure ce billet. Je voulais simplement dire que personnellement, je préfère offrir du contenu constructif. Certains pourront dire que je n’ai pas donné ma place à une certaine époque – et ils auront raison – mais les mentalités évoluent en même temps que les personnes et j’avais simplement envie de dire que dans un monde idéal, on passerait plus de temps à faire découvrir ce qui se fait de bien plutôt que de s’amuser à détruire des oeuvres ou des personnes.
Je me permettrai tout de même de mettre la politique dans une classe à part.
Sur Twitter
