Ah, les Hautes-Laurentides…
Si c’était juste de moi, j’y serais à chaque congé, à chaque fin de semaine, en vacances, alouette!
J’ai un rapport très émotif avec les Hautes-Laurentides. Ça remonte à l’époque où nous profitions du chalet de mon grand-oncle décédé en attendant que la famille décide de ce qu’elle allait en faire. Le chalet était situé à quelques minutes de l’Annonciation, aux abords du lac Marsan. L’été au chalet regroupe probablement tous nos plus beaux souvenirs familiaux. Je me rappelle de mes parents qui riaient ensemble et qui faisaient de petites folies sans se le reprocher tout de suite après. C’était la belle vie.
Je suis retournée une fois pour voir le chalet, des années plus tard et j’en avais pleuré de rage. Nous avions un beau terrain peuplé de bouleaux avec un boisé en bordure. Les nouveaux propriétaires avaient décidé de tout raser les arbres. Le décor chaleureux et naturel de jadis avait fait place à un réel lieu de perdition. Je hais avec passion ces urbains qui vont en campagne pour détruire sa nature profonde.
C’est à l’Annonciation, il y a presque 5 ans, que le Détracteur m’a demandé d’être sa fiancée. Il savait que l’endroit, même s’il avait beaucoup changé, occupait une place spéciale dans mon coeur.
Pour le long congé, j’ai proposé de retourner dans les Hautes-Laurentides mais cette fois-ci, à Mont-Laurier. Mont-Laurier représentait un autre des trop rares souvenirs heureux de mon enfance où mes parents avaient décidé de faire une folie. Nous avions dormi à l’hôtel suite à une journée où nous avions refait notre garde-robe estivale dans les boutiques du coin et joué au parc comme si rien d’autre ne comptait.
Mont-Laurier était beaucoup plus magique dans mon enfance mais nous avons tout de même passé du bon temps. J’ai retrouvé le parc où j’avais tant ri et ça, c’était déjà quelque chose.
Nous avons goûté au fromage de la fromagerie du P’tit train du Nord. Nous nous sommes promenés en voiture jusqu’à Ferme-Neuve qu’on a trouvé bien sympathique. Nous nous sommes perdus jusqu’au village du Windigo qui était malheureusement fermé pour la saison. Nous avons goûté aux bières de la micro-brasserie du Lièvre.
Nous étions insouciants, nous étions libres.
Puis nous avons ri. Nous nous sommes demandé aussi comment les gens pouvaient se payer autant de voitures, de pick-up et de quatre roues alors qu’il ne semblait pas y avoir tant d’emplois dans la région. Ça a toujours été un mystère pour moi d’ailleurs.
Nous avons fait des vidéos de nous qui commentaient le paysage.
J’ai vu trop de jeunes hommes avec des shorts à carreaux blancs et bleu poudre. Trop de bleu poudre en fait. Trop de casquettes à l’envers. Je me suis dit avec un sourire en coin qu’adolescente, j’aurais eu de la difficulté à y trouver mon compte.
Et que dire du plaisir de se promener en robe d’été au début du mois d’avril! Et manger sur les terrasses!
Bref, nous nous sommes bien amusés. Nous avons pu décrocher et ça m’a tellement fait du bien…
C’est quand le prochain congé, déjà ?

Je vous l’avoue tout de go : En ce moment, je vous écris de façon purement égoïste. Ce n’est presque pas pour le plaisir de le faire, en fait, j’essaie de passer le temps comme je peux.
Eh oui!





