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Celui qui avait un ami qui rendait l’âme à chaque dimanche

Par Noisette Sociale, 30 juillet 2010 11:28

Le mensonge n’est pas quelque chose que je sais maîtriser et puis de toute manière, je ne comprends pas pourquoi quelqu’un voudrait se perfectionner dans cet art méprisable.

Il m’arrive toutefois de prétendre que je vais bien alors que je vais mal quand une connaissance me demande le fameux : « Ã‡a va? » en coup de vent dans un corridor… et même là, j’échoue toujours lamentablement.

Avec les années, je suis devenue beaucoup plus zen face au mensonge et quand on m’en sert un, je ne pète plus de crise existentielle parce que ça me demande beaucoup trop d’énergie et qu’après tout, ça n’en vaut vraiment pas la peine. Je me contenterai généralement de rayer mentalement cette personne de ma liste de connaissances ou d’amis en espérant qu’elle n’aura pas le culot d’insister en plus.

Tout ça pour dire que je pensais à un ancien ami ce matin, collègue retraité – il se reconnaîtra peut-être s’il passe encore par ici et alors il saura pourquoi j’ai arrêté de retourner ses appels – et j’étais en train de me dire que ceux qui ne savent pas mentir devraient vraiment essayer d’arrêter. Autant par respect pour les autres que pour eux-mêmes parce qu’un menteur démasqué a souvent l’air con.

Le cas auquel je pense est assez particulier car c’est lui qui me téléphonait et insistait pour établir une rencontre… pour toujours se défiler à la dernière minute.

Souvent, c’est le contraire qui se produit. Tu l’appelles ou tu lui écris pour proposer un rendez-vous et après de multiples excuses bidons pour annuler, tu finis par comprendre le message.

Au début, il était assez bon car ses excuses de dernière minute étaient assez variées et plausibles et comme je l’aimais beaucoup, je voulais bien croire que nous n’avions vraiment pas de bol quand il était question de nous rencontrer.

Je pense qu’il a fini par manquer d’inspiration car les quatre dernières fois, il avait un ami qui était décédé subitement le dimanche précédent et au moment où on devait se voir, il devait se rendre aux funérailles.

La première fois, j’étais sincèrement atterrée pour lui et je lui ai transmis mes plus sincères sympathies.

La deuxième fois, j’étais encore plus atterrée et j’ai pensé que c’était définitivement son année de merde.

La troisième fois, j’ai – enfin!!! – commencé à soupçonner quelque chose et je lui ai dit sur un ton neutre que c’était pas mal plate et que bien sûr, on pourrait remettre ça à la semaine prochaine.

La quatrième fois, je n’ai pratiquement pas eu de réaction et j’ai décidé de l’ignorer définitivement par la suite. Je pense aussi que je me suis dit en ricanant mentalement que si ça continuait comme ça, j’allais être la prochaine.

Il a rappelé une fois ou deux et comme je ne retournais pas ses appels, je pense qu’il a judicieusement décidé de laisser tomber.

Il y a des choses que je ne comprendrai jamais. Pourquoi tant insister pour me donner des rendez-vous si c’est toujours pour annuler ensuite la journée même?

Est-ce qu’à 58 ans, on peut encore jouer à des jeux comme ça?

Ou est-ce que c’est ça, être un menteur compulsif? Mais dans quel but?

Je ne fais que demander…

La misère de l’hypocrite

Par Noisette Sociale, 14 août 2009 12:29

Hier, un peu avant midi, dans l’ascenseur…

Poupoune 1 : (larmoyante) « Ahhhh, ça me tente tellement pas, là.

Poupoune 2 : – Han? De quoi?

Poupoune 1 : – C’est parce que là, une fille m’a demandé pour dîner avec aujourd’hui pis t’sais, tu sais comment que c’est… Si je lui avais dit non, ben elle se serait réessayée pour demain, ou pour lundi, ou pour à quelque part la semaine prochaine. Mais elle me tape tellement sur les nerfs, là!

Poupoune 2 :  – Ah ouin, ha ha.

Poupoune 1 : – Tk. (soupirs) Au moins ça va être fait. Après, je devrais avoir la paix pour au moins un mois. (sourire contrit)

Poupoune 2 : – Ha ha, ouin. »

ratPas facile d’être hypocrite, hein?

Moi, ça me fascine à quel point ces personnes-là trouvent toujours le moyen en plus de se justifier (en manquant généralement de crédibilité) pour leurs actions.

Je ne sais pas pourquoi mais moi, ça ne m’arrive jamais, des affaires comme ça.

Oh bien sûr, il arrive qu’il y ait des dîners de groupe qui sont organisés et souvent, ça ne me tente pas d’y aller parce que j’angoisse quand je suis en groupe ou parce que je ne suis pas trop en moyens… mais je finis toujours par y aller parce que j’apprécie ces personnes. Si je ne les aimais pas, je n’irais tout simplement pas.

Je ne dîne jamais (ou soupe ou déjeune) en tête-à-tête avec quelqu’un qui me tape sur les nerfs ou que je n’apprécie pas vraiment.

Par contre, à chaque fois que j’entends des bouts de conversation dans le genre de ce que j’ai mis un peu plus haut, je deviens insécure.

Systématiquement, je commence à repasser dans ma tête la liste des gens qui composent mon cercle social et à chaque nom, je m’arrête pour me demander si je ne serais pas une tache de marde pour la personne. Je finis toujours par conclure que je pense que je me tiens essentiellement avec des gens authentiques mais… comment en être certaine à 100% ?

Il me semble que ce n’est pas difficile d’être authentique. C’est bien moins de trouble en plus. Comment peut-on se mêler dans ses mensonges quand on n’en commet pas?

J’ai fait exprès aussi de mentionner que c’était des poupounes. Pas que toutes les poupounes soient comme ça mais souvent, les pires hypocrites sont des poupounes. (Jugement de valeur, ici et j’assume.) Ce n’est pas pour rien que je méfie des poupounes, j’ai toujours peur de me faire avoir.

Enfin, des exemples comme celui ci-haut, j’en suis témoin trop souvent et à chaque fois, je suis de plus en plus dégoûtée. Ça m’affecte à un niveau que vous ne pouvez même pas vous imaginer.

Pauvre fille inconnue qui ne se doutait de rien.

J’espère que je ne suis pas une de ces filles-là… qui ne se doutent de rien…

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