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Mon cheval

Par Noisette Sociale, 1 mars 2010 19:51

Pour Noël 1988 – j’avais alors un peu moins de 3 années de vie à mon actif – mon grand-père paternel nous avait confectionné, à ma cousine et à moi, un beau jolly jumper. Il avait passé des mois et des mois dans son atelier pour ce faire et c’est un jouet qui a bercé mon enfance. Mon grand-père avait trouvé des vieux plans pour les fabriquer (car il en a fait un pour elle et un autre pour moi) et il disait que ce qu’il avait créé était 100 fois plus beau.

C’est l’objet qui a trôné le plus longtemps dans ma chambre. Je l’ai monté jusqu’à ce que je sois trop vieille pour le faire et il en fût ainsi également pour mon frère.

Un jour, le cheval est disparu et j’ai arrêté d’y penser.

Il y a quelques semaines, ma mère commençait à faire le ménage dans la maison familiale (qui est maintenant en vente, divorce oblige) et elle m’a demandé de venir après avoir terminé de vider le grenier.

En entrant dans la maison, elle me lance : « Tu te rappelles le cheval que tu avais quand tu étais petite? Ton grand-père pleurait tellement quand il te l’a donné, je m’en rappelle encore. Ce jour-là, il m’avait fait promettre que jamais je ne le jetterais ou le donnerais. Il avait tellement mis de coeur dans ce projet-là… Là, je n’aurai plus de place pour ça alors je te le donne pour qu’à ton tour, tu en prennes soin. »

Je suis allée au salon et j’ai découvert mon vieux cheval de bois. Je pleurais comme un bébé, probablement autant que mon grand-père lors de cette fameuse journée de 1988. Il manquait un peu de teinture noire sur son nez – mais c’est à force d’avoir tellement gratté! – mais il était parfait. Exactement comme dans mes souvenirs.

J’étais assise par terre, au milieu du salon et je murmurais, ébahie : « C’est mon cheval… c’est mon cheval… » On m’aura rarement vue aussi émue.

Il faut savoir aussi que mon grand-père paternel est un personnage mythique. Je vous en parlerai peut-être un jour, de cet homme qui était bien avant son temps…

Puis cette semaine, ma mère m’a remis mon album photo qui contient les souvenirs de mes premières années de vie.

Je vous quitte avec ma préférée… et vous comprendrez pourquoi. :)

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(Je suis à droite sur la photo. Vous pouvez cliquer pour agrandir, si vous voulez constater la mauvaise qualité de mon scanner. hé hé)

Et vous ? Vous avez conservé des jouets de votre enfance qui vous ont marqué ?

Halloween

Par Noisette Sociale, 31 octobre 2009 16:02

halloween-citrouille4Je vous l’avoue tout de go : En ce moment, je vous écris de façon purement égoïste. Ce n’est presque pas pour le plaisir de le faire, en fait, j’essaie de passer le temps comme je peux.

J’aimerais vous raconter le caractère sacré de l’Halloween mais l’ami DarK Rémi oF DooM l’a déjà fait bien mieux que moi, il y a un an presque jour pour jour.

C’est joyeux l’Halloween cette année parce que premièrement, je me suis rendue compte cette semaine que je commençais à ré-entrer dans mon linge goth. Je n’ai jamais vraiment été goth au sens « philosophique » mais j’aimais beaucoup le style vestimentaire. Je ne me verrais plus porter ces vêtements-là au quotidien mais j’étais bien contente de voir cette semaine que je pourrais porter ma robe de Cruella pour l’Halloween.

Pas de party pour nous ce soir. On avait peut-être pensé aller faire un tour au SPASM mais il s’avère que l’Homme est plutôt enrhumé et j’ajouterais même un peu geignard alors on va passer notre tour.

Par contre, cette année, je me fais un devoir de donner des bonbons et c’est ce qui me rend impatiente comme une gamine à l’heure où j’écris ces lignes.

Quand j’écoutais les Parent cette semaine, – une émission que j’adore soit dit en passant – c’était évidemment un épisode qui avait la thématique de l’Halloween. Le père voulait se sauver de la corvée de donner des bonbons pour aller plutôt regarder le hockey chez son meilleur chum et sa femme lui a lancé comme ça : « Louis, tu sauras que c’est un devoir communautaire de donner des bonbons à l’Halloween. » Sur le coup, j’avais bien ri et j’ignore si le/la ou les auteurs de l’émission croient vraiment à cette réplique mais par la suite, ça m’a fait réfléchir.

J’ai regardé la rue sur laquelle je demeure cette semaine et j’ai été déçue de constater qu’aucune maison n’était décorée. Évidemment, je n’ai pas fait toute la rue mais la portion qui s’étend entre les deux coins de rue est complètement dénudée de décorations.

J’habite dans un immeuble à six logements et je ne suis pas au rez-de-chaussée alors je n’ai moi-même pas investi pour de belles décorations intérieures. On m’a offert hier deux belles citrouilles en terre cuite et je me ferai un devoir de les mettre à l’extérieur tout à l’heure avec de belles chandelles pour les éclairer.

Je vais donner des bonbons tout à l’heure et mon homme me regardera faire assis à quelques pas derrière moi, pour m’encourager et pour éviter de contaminer les enfants – s’il y en a – qui viendront faire la cueillette.

J’espère qu’on ne sera pas les seuls sur la rue à en donner et que malgré le manque de décorations, il y aura bien quelques portes ouvertes pour les enfants qui passeront.

À chaque année, j’ai l’impression qu’on donne de moins en moins de friandises aux enfants. En fait, j’ai l’impression que plus je vieillis et plus l’Halloween passe dans le beurre. J’avais d’ailleurs mis mon super costume de Cruella hier aussi pour aller travailler et j’étais à peu près la seule dans toute la tour à bureaux – à l’exception du personnel de cafétéria qui avait été, à ce qu’on m’a dit, très fortement encouragé à le faire – à être déguisée. Tout le monde me disait que ça n’avait pas toujours été comme ça mais qu’avec les années, tu vois…

C’est vraiment plate.

Je me rappelle de mon enfance où il y avait bien plus de gens qui embarquaient dans la fête. Ça m’a donné des souvenirs magiques. Je me rappelle encore de mes yeux émerveillés devant les décorations du voisinage… Mes oreilles entendent encore les musiques effrayantes qui sortaient d’un peu partout pour faire une joyeuse cacophonie. Je me rappelle surtout du monsieur qui faisait une véritable maison des horreurs dans son horrible (justement!) abri Tempo.

Nous avons tous reçu à l’Halloween. C’est maintenant le temps de donner. Je sais que vous avez tous une vie sociale palpitante et que vous avez tous des partys d’Halloween vraiment importants ce soir mais on sait tous que ça ne commencera pas avant 21h ou 22h.

Moi je dis qu’on devrait donner au moins autant de fois qu’on a reçu à l’Halloween. C’est tellement plaisant de donner.

Je m’en vais me préparer tranquillement. J’ai hâte de voir tous les petits déguisés. J’espère surtout voir un petit pit de 3 ou 4 ans trop mignon dans un costume d’ourson ou de lion. Ça me fait craquer à chaque fois.

Joyeux Halloween! :D

Une nouvelle vie dentaire

Par Noisette Sociale, 6 mai 2009 12:28

C’est le « titre » que j’avais donné à mon point 3 dans mes résolutions pour 2009.

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Je pense que j’avais 18 ans. Je sortais avec cet imbécile de wannabe-peintre. En plus, il était agressif et il puait des pieds. (Je vous rassure, la durée de notre relation s’est calculée en semaines plutôt qu’en mois. Quoique avec le recul, ça aurait dû se calculer en minutes…)

On vivait un petit moment romantique. On avait fumé un énième gros joint juste avant. Un de ces joints dégueulasses où il mélangeait son pot avec du tabac cheap de la réserve indienne. Enfin, c’est pas vraiment ça qui est important.

Tout ça pour dire qu’il me regardait, mon visage entre ses mains et il m’inondait de compliments les plus beaux les uns que les autres.

Et là, à un certain moment, il me lance : « Ouais, t’es vraiment magnifique. Sauf que tes dents, tes palettes en avant surtout, c’est vraiment un problème. Ça gâche un peu. »

*bruit d’un vinyle qu’on fait arrêter de tourner brusquement*

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J’avais toujours été un peu complexée par mes dents. Ou par mon sourire, plutôt. En fait, dans l’ensemble, c’était pas si pire que ça mais les deux palettes en avant qui se chevauchaient avec un peu trop d’entrain, ça me tapait sur les nerfs solidement.

J’ai toujours eu très confiance en moi mais depuis l’épisode ci-haut, au niveau de mes dents, ça avait chuté drastiquement.

Avec mon entourage proche, je ne le laissais pas trop paraître. Mais avec des gens que je voyais moins souvent, j’avais souvent tendance à rire avec une main devant ma bouche. Certains l’ont même remarqué.

C’était devenu un réflexe. Cacher mon bonheur de peur qu’il ne soit pas assez beau à voir.

Écrit comme ça, je trouve ça un peu triste.

Je m’étais promis qu’un jour, j’aurais des broches. Je ne savais pas quand, c’était « quand j’aurais les moyens ».

Finalement, cette année, je ne peux pas dire que je suis « en moyens » tant que ça mais j’ai décidé de le faire quand même. Mon emploi est quand même relativement précaire où je travaille mais comme je vous l’ai déjà dit, l’assurance collective offrait 2000$ de remboursement en frais orthodontiques. C’était donc maintenant ou jamais.

Eh bien ce fût aujourd’hui.

Depuis ce matin, j’ai des broches sur mes dents du haut. Les dents du bas, ça va aller à un peu plus tard, le temps que le haut se replace un peu.

Évidemment, j’ai pris des photos « Avant » ce matin, pour pouvoir bien comparer plus tard.

Autant j’étais déterminée, autant j’ai eu un petit pincement au coeur. Après tout, mes palettes, ça faisait 23 ans que je vivais avec. C’est con mais c’est comme ça.

Au moment où j’écris ces lignes, je vous dirais que ça élance un peu. Je déguste en même temps mon premier repas (une vulgaire poutine) avec mes broches et je peux déjà dire que c’est quelque peu désagréable. Le plaisir de manger est beaucoup moindre. En même temps, ça va peut-être devenir un avantage au niveau de mon poids. D’ailleurs, hier, je m’amusais à déconner avec mes amis en leur disant qu’avec des broches, ça serait sûrement beaucoup plus simple de manger du « mou » et que je pourrais en profiter pour commencer à boire les « shakes » pour les grosses qu’ils vendent à la pharmacie. (En tout cas, moi je me trouvais très drôle.)

Pour moi, c’est une nouvelle vie qui commence. Deux ans de traitement, c’est long mais je regardais des photos sur Internet de type « Avant-Après » et franchement, c’est toujours super concluant comme résultats.

En vous quittant, une photo de ma bouche ce matin avant de partir… Pour que ça reste dans ma mémoire…

vieilles dents

Mère Teresa – 1ère partie

Par Noisette Sociale, 26 janvier 2009 14:25

J’ai déjà parlé ici de mon statut de « rejet »Â  lorsque j’étais enfant.

J’ai toujours eu un côté très humaniste (que d’autres rebaptiseraient plutôt « candide ») envers les « rejets » de ce monde. Peut-être de par ce statut qui m’a moi-même suivie longtemps… et qui me suit encore jusqu’à un certain point.

Ma mère me taquine encore avec ça quand elle en a l’occasion. Quand elle parle de moi au passé, elle dit souvent quelque chose comme:

« Noisette, quand elle était petite, elle nous ramenait toujours les spécimens les plus bizarres de l’école ou du boutte. Ceux-là que personne voulait jamais se tenir avec, ben Noisette, elle, elle les ramenait toujours à la maison. »

Des exemples de ces spécimens, j’en ai plein.

…Il y a eu celui qui puait et qui faisait partie de la famille la plus pauvre du quartier. À chaque midi, il se contentait de manger un peu de confiture entre deux tranches de pain. Je me rappellerai toujours la fois où il avait vomi sur son chandail pendant la nuit et que ses parents l’avaient contraint de porter le même chandail pour aller à l’école. Ils avaient viré le chandail à l’envers et hop! Pour eux, c’était suffisant. Je ne vous raconte pas l’odeur…  J’ai le même raisonnement qu’aujourd’hui face à ce cas-là: C’était pas de sa faute à lui mais bien celle de ses parents s’il avait la vie dure à l’école et s’il avait l’air de ce qu’il avait l’air. Je trouvais ça injuste qu’on l’écoeure pour ça alors pendant un bout de temps, je me tenais avec lui. Il aimait ça venir manger chez moi parce que dans ce temps-là, mon père faisait des frites maison.

…Il y avait aussi celui qui se faisait visiblement battre par son père. J’étais si jeune et sans même qu’il ait eu à l’admettre, je le savais. Ce garçon-là, il avait vraiment un tempérament violent. Il se faisait souvent réprimander par les professeurs. Encore aujourd’hui, je me demande pourquoi aucun adulte n’a porté plainte à la DPJ au lieu de tout le temps lui crier après. J’ai vraiment essayé d’être son amie mais il était très renfermé sur lui-même. Il m’avait repoussé avec ses poings.

…De la maternelle à la troisième année, j’ai été amie avec celui qui avait les oreilles décollées. Ses oreilles étaient la principale source de son malheur. Les enfants ne le lâchaient pas. Bon, il faut dire aussi qu’il avait la mauvaise habitude de vider ses crayons de feutre par terre, surtout pendant les cours de mathématiques.

…Dans ma ruelle, il y avait une jeune fille handicapée. Je ne pourrais pas vous dire le nom de sa maladie mais elle était en chaise roulante, elle bavait et elle n’avait aucune autonomie mentale ou physique. Tous les enfants se moquaient d’elle dès que sa mère tournait le coin de rue avec la chaise roulante. Je trouvais ça tellement méchant! Pendant un bon bout de temps, j’ai pris sur moi d’aller lui rendre visite. C’est sûr que je trouvais ça plate parce que je ne pouvais pas vraiment interagir avec elle mais je voyais que ça lui faisait tellement plaisir de me voir… et à sa mère aussi. Évidemment, je me faisais écoeurer parce que j’étais vue parfois avec « l’handicapée. » Je pense qu’à la longue, c’est un peu ça qui a fait en sorte que j’ai arrêté d’aller la voir.

À un certain moment, ma mère m’a lancé que j’étais pas obligée de faire la mère Teresa. Je ne connaissais pas le personnage (et je vous dirais qu’encore aujourd’hui, j’en sais très peu) mais j’avais compris à quoi elle faisait allusion. Je lui répondais tout le temps que j’étais comme ça et que je ne pouvais rien y faire. Et que ce n’était pas parce que mes amis se faisaient écoeurer par tout le monde qu’ils n’étaient pas des bonnes personnes.

Mes parents me laissaient faire mais il y a eu une fois où ils ont tout fait pour essayer de me dissuader de me tenir avec une fille. Puis aujourd’hui, je les comprends un peu…

Cette fille-là, elle n’avait vraiment pas gagné à la loterie de la famille normale. Elle vivait avec sa mère et sa grand-mère et les deux femmes passaient plus de temps à voir des esprits qu’à s’occuper de la jeune fille. (Évidemment, c’est avec mon regard d’aujourd’hui que je peux vous raconter ça.) Elle vivait dans un appartement délabré et ça grouillait toujours d’alcooliques là-dedans. Sa mère avait un genre de « pattern » avec les hommes violents… Et elle en trouvait des bizarres parce que ces gars-là voulaient tous avoir la garde de la petite.

Les choses ont commencé à devenir moins drôles quand le père biologique de la fille est sorti de prison. (Ne me demandez pas quel était son délit, je ne saurais vous dire.) Comme tous les autres amants de la mère, c’était un gars extrêmement violent. Il avait d’ailleurs menacé sa mère qu’en sortant de prison, la première chose qu’il ferait serait de kidnapper sa fille. C’est pour ça qu’elle était la seule élève de l’école à entrer et à sortir de l’établissement par la porte du personnel. Elle était toujours accompagnée et si ma mémoire est bonne, sa tante venait faire son tour pendant les récréations pour la surveiller.

Ça devenait dangereux de la fréquenter. Mais la vie se chargea par elle-même de l’éloigner de moi. Pour une raison inconnue, la gang de « cool » a décidé de l’intégrer et du jour au lendemain, elle faisait partie de ceux qui me faisaient la vie dure.

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Durant mon enfance, les adultes de ma connaissance m’ont souvent incitée à me tenir avec les « normaux ».

« Ã‡a te tenterait pas de te tenir avec les enfants normaux? »

J’aurais bien voulu.

Mais eux, ils ne voulaient rien savoir de moi.

Thème Panorama par Themocracy