Une histoire d’amitié
Tout a commencé alors que j’entamais mon premier boulot à vie. Ma première job d’été. On travaillait dans les kiosques à toutous dans un parc d’attractions bien de chez nous. On nous avait affecté à celui où un miracle était nécessaire pour gagner alors on se la coulait douce un peu.
Je trouvais que tu étais le plus drôle de toute l’équipe. Tu savais déjà jouer avec l’humour noir, l’absurde et le sarcasme. Je te trouvais aussi une petite touche de burlesque avec ta façon de te promener avec tes souliers qui avaient une petite roue cachée sur le dessous de la semelle.
On cabotinait intensément ensemble jusqu’à ce que la patronne juge qu’on ne rapportait pas assez d’argent avec notre insouciance. Elle avait décidé de nous mettre aux deux kiosques les plus opposés de la section et malgré tout, on formait encore un duo indéniable.
Je me rappelle de cette journée du mois de juillet où je t’ai aperçu en train d’attendre le train qui nous mènerait à la station de métro Jean-Drapeau. Sur le quai, je t’avais demandé candidement si tu voulais être mon ami. Tu m’avais fait une drôle de face et tu m’avais répondu : « Euh… ben… ouais! » J’avais 16 ans.
Nous étions devenus inséparables.
Ensuite il y a eu toutes ces soirées où j’allais te rejoindre chez toi après l’école. Tu habitais encore chez ta mère et on passait trop de temps dans ta chambre, sur ton lit, à regarder la télé en rafale. On alternait entre Musique Plus et Télétoon, entre les Jackass de ce monde et les Simpsons. Vers 23h, tu allais me reconduire à l’arrêt d’autobus et on recommençait le jour suivant.
Il y a eu la fois où on s’est avoué que ni l’un ni l’autre n’avait jamais été capable de terminer le jeu Adventure Island sur le vieux Nintendo. Le défi était lancé, il fallait terminer ce jeu. J’allais chez toi et on jouait à tour de rôle, tentant d’avancer toujours plus loin dans le jeu. Nous avons bloqué au niveau 8 et comme on ne pouvait pas sauvegarder, on avait laissé le Nintendo ouvert jour et nuit jusqu’à ce qu’on puisse finir le jeu. Après une semaine à plancher sur le niveau 8 à se rendre de mauvaise humeur, un de nous deux a décidé de fermer la console.
Ce jeu est encore, à ce jour, notre bête noire commune.
Puis un soir, on s’est engueulé sur MSN. Je trouve ça laid de dire ça aujourd’hui mais après tout, c’était typique de notre époque. La dispute était sérieuse car nous nous sommes boudés pendant un bon six mois. Je ne me souviens plus très bien de quelle façon que je l’ai su mais j’ai su que tu jouais dans une pièce de théâtre et j’avais décidé d’aller te voir.
J’étais assise dans la première rangée au centre et je me rappelle à quel point mon coeur était rempli de fierté et d’émotions en te voyant jouer. À ce moment-là , tu étais pour moi le plus grand comédien que la terre aie jamais connu… et à ce jour, je le pense encore. Je me sentais tellement privilégiée de te connaître et de vivre ce moment que j’en pleurais. Quand tu es sorti de scène, tu es tout de suite venu me voir et nous nous sommes serrés tellement fort.
La hache de guerre était enterrée et je compte encore ce moment comme l’un des plus beaux de ma vie.
Tu es depuis ce temps l’ami le plus loyal et le plus fidèle dont on puisse rêver.
Ce que j’aime avec toi, c’est la transparence. La franchise. J’ai toujours l’heure juste. Il est précieux d’avoir un ami qui nous indique quand on va se planter et qui prend le risque de dire des choses qu’on ne veut pas toujours entendre parce qu’il a à coeur notre bien-être.
C’est bon aussi de savoir que tu es toujours là et que lorsque ça ne va pas, je peux encore venir te voir et qu’il est encore possible de simplement s’asseoir en silence pour passer le temps. Être ensemble est encore, après toute ces années, une activité en soi.
Aujourd’hui, c’est ton anniversaire.
Bonne fête!
Je t’aime.
J’ai hâte de te voir.
Merci d’être toujours là .
Et en espérant pouvoir t’écrire un autre texte encore meilleur, dans le futur, pour souligner ton 50e, 60e, 70e, 80e, 90e, 100e anniversaire avec d’autres anecdotes qui se seront ajoutés d’ici là .


Je vous l’avoue tout de go : En ce moment, je vous écris de façon purement égoïste. Ce n’est presque pas pour le plaisir de le faire, en fait, j’essaie de passer le temps comme je peux.






