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Gestes impies à l’Espace libre

Par Noisette Sociale, 11 janvier 2010 12:45

gestes-afficheVendredi soir, j’avais été invitée par la fée Bianka à assister à la première de Gestes Impies, une création du théâtre de la Pire Espèce, à l‘Espace Libre.

Fabuleux, étonnant, extraordinaire, original, drôle, fantastique, imaginaire, prodigieux, magique, coloré, intense, superbe, génial, éclaté… et j’en passe. Je manque d’adjectifs et de superlatifs pour vous transmettre tout ce qu’a pu me procurer cette pièce d’une durée de 1h50 vendredi soir.

Vendredi soir, j’étais fatiguée… J’avais eu une semaine intense et bien franchement, ça ne me tentait plus vraiment de tenir mon engagement qui était d’assister à cette première. J’y suis allée parce que je suis une femme de parole et puis finalement… je n’ai pas du tout regretté! Je me suis pointée à l’Espace Libre en bâillant effrontément et quelques secondes après le début de la pièce, j’étais déjà bien réveillée pour ne rien manquer de l’univers qui m’était offert.

Il faut quand même le faire. J’avais l’impression d’être dans un rêve abstrait où les scènes se bousculaient sans trop faire de sens, du moins pour moi… et pourtant, j’étais scotchée à mon siège et j’en redemandais.

La performance des acteurs était tout simplement à couper le souffle. Et on parle vraiment de performance ici car les textes étaient aussi forts que les mouvements… parce qu’il faut dire que ça bouge beaucoup dans ce spectacle.

Les costumes étaient fabuleux… enfin, tout de cette pièce était divin.

Je pense que je peux dire sans exagérer que c’est la meilleure pièce à laquelle j’ai eu la chance d’assister depuis que je m’intéresse au théâtre. Ce que j’ai vu, ça ne se raconte pas, ça se vit.

Je vous recommande vivement de vous procurer des billets pour Gestes Impies. C’est carrément impossible que vous n’aimiez pas ça. Même le Détracteur ne tarit pas d’éloges à son endroit.

Je me ferai un devoir de suivre les projets de la troupe de la Pire Espèce. Ils ont du talent à revendre.

Gestes Impies, jusqu’au 23 janvier à l’Espace Libre.

P.S. : C’est vraiment à ne pas manquer!

Je voudrais crever…

Par Noisette Sociale, 21 avril 2009 14:48

Je ne vous ai pas parlé encore de la pièce que j’ai eu la chance de voir samedi dernier, toujours grâce à cette chère Bianka.

Le titre de mon article, rassurez-vous, n’est que la retranscription du titre de la pièce en question.

En résumé…

« Cinq amis dans la vingtaine.
Solange, qui revient de voyage et qui n’attend que le prochain départ : ailleurs, l’air est différent.
Paul, qui pleure sa rupture amoureuse : sept ans avec la même, ça bouleverse.
Luce et Sylvain, qui viennent de s’acheter une maison : c’est beaucoup d’organisation.
Et Mateo, leur ami de toujours, qui se meurt.
Dans sa chambre d’hôpital, tout prend l’allure de la fin du monde… ou alors est-ce le début de l’âge adulte? »

Vite comme ça, ça a quasiment l’air déprimant. Mais en réalité, c’est une tout autre histoire!

J’étais un peu sceptique avant de me rendre à la pièce car j’avais lu quelque part que la mise-en-scène qui n’arrêtait pas de bouger, ça devenait un peu étourdissant à la longue. C’est drôle parce que sur place, c’est un des éléments que j’ai le plus aimé!

Une table au centre avec des chaises autour qui deviennent soudainement un lit d’hôpital et des chaises d’hôpital. Ça bouge sans cesse.

Les acteurs qui chantent magnifiquement également entre les scènes pour illustrer des émotions différentes, des bribes de vie.

Bianka m’avait dit que la pièce avait eu pour elle l’effet d’une claque en plein visage. Pour moi aussi.

Car autour de Mateo, l’ami qui va mourir bientôt, ses amis réfléchissent à voix haute et font des constats dérangeants.

Ce qui m’a le plus marquée dans tout ça, c’était les personnages du couple, Luce et Sylvain. Eux qui viennent de s’acheter une belle grosse maison probablement en banlieue. Qui prévoient déjà l’achat d’une piscine. Qui se plaignent de l’organisation que ça prend, une nouvelle maison. Les rénovations qu’il faut faire. Luce se plaint de ses petits tracas de nouvelle propriétaire de maison à côté d’un Mateo pour qui la vie va se terminer bientôt.

Oh, je sais, comme ça, ça semble un peu cliché. On se fait tellement souvent rabattre les oreilles comme quoi le matériel n’est pas important. Qu’il n’y a pas que la petite vie rangée de banlieue qui a de la valeur. Je sais tout ça. Sauf que je ne sais pas, ça vaut la peine de se le refaire mettre en face des yeux une fois de temps en temps. Juste pour s’en rappeler. Et ce, sans dénigrer nécessairement la vie de banlieue!

Non, plutôt l’idéal matérialiste. En tout cas, moi, ça m’a fait ça. Je regardais la pièce et en même temps, je pensais au ridicule de la chose quand je vous ai annoncé toute fière que j’avais acheté ma télé HD. Comme si c’était un accomplissement en soi!

Et puis, cet hommage à la vie.

Je me suis tellement attachée au personnage de Mateo. Ce doux Mateo. Lui qui demandait à son ami Sylvain ce que c’était que d’être en amour. Il voulait se le faire expliquer le plus clairement possible afin d’au moins le savoir un peu avant de mourir.

Je me suis imaginée à un certain moment que c’était l’Ami qui était à la place de Mateo. Et je me suis retenue grandement de pleurer. C’est de réfléchir au vide que va laisser la mort d’un ami cher qui m’a touchée au plus haut point.

Vraiment, ça vaut le détour.

La pièce est bien faite et j’ai adoré la disposition de la salle et de la scène. Puis pour une fois que les bancs n’étaient pas si inconfortables. ;)

À voir au théâtre Aux Z Écuries jusqu’au 2 mai.

D’autres points de vue ici, ici et .

La fête sauvage, quel beau moment d’hilarité!

Par Noisette Sociale, 1 avril 2009 11:51

Pas étonnant que La fête sauvage fût déjà finaliste pour le « Masque du texte original » lors de la 14e soirée des Masques. Pas étonnant non plus que Mathieu Gosselin, l’auteur de la pièce, fût également finaliste pour le « Masque de la révélation ». Quelle oeuvre rafraîchissante!

Encore une fois, je dois une soirée magique à cette chère Bianka. Aller voir du bon théâtre en échange d’un texte ici, je trouve que c’est une très bonne entente. D’ailleurs, après avoir vu une pièce comme celle que j’ai vue hier, il aurait été difficile de ne pas vous en parler!

Pour résumer grossièrement la chose, disons d’abord que j’ai ri. Je pense que c’est la fois où j’ai ri le plus fort à l’intérieur d’une salle de spectacle. Plus fort que les fois où j’ai assisté à des spectacles d’humoristes que j’appréciais. Franchement, pour la suite des choses, ça va être dur à battre.

J’imagine que vous voulez connaître l’histoire. Je trouve que ça serait dommage de réduire cette pièce uniquement à une histoire.

Je me rappelle du fiancé hier soir, quand il est venu nous cueillir, moi et ma mère qui l’attendions dans un café. À la question: « Et puis, ça raconte quoi? », il a eu droit à de grands éclats de rire.

Ça ne vous satisfait pas la curiosité, ça, hein? Bon, d’accord.

En fait, La fête Sauvage, c’est une histoire d’amitié.  Martine a choisi le dimanche de son anniversaire pour enterrer les cendres de son amoureux qui s’est donné la mort deux mois plus tôt. Ballons, guirlandes, chapeaux, enfants qui courent ; une vraie fête s’organise avec tout ce qu’elle contient de charge libératrice. C’est une histoire sur le deuil et la façon de le vivre. C’est une pièce sensible, avec un humour bien dosé.

C’est effectivement une belle histoire d’amitié avec selon moi, une bonne dose d’absurde. Il y a des moments très touchants… et juste après, on va rire aux larmes. La pièce est très bien rythmée.

lafetesauvage2J’ai personnellement été très impressionné par le talent des comédiens. Ils étaient tous excellents dans leur rôle, on y croyait vraiment. Je les admirais particulièrement dans tous leurs moments où ils devaient rester complètement immobiles, parfois dans des positions inconfortables. Sandrine Bisson, Sébastien Dodge, Rose-Maïté Erkokeka, Renaud Lacelle-Bourdon, Anne-Marie Levasseur, Lise Martin, Simon Rousseau, vous méritiez tous d’être nommés et je vous lève mon chapeau.

La pièce se découpe en trois « cliques » de personnages.

Il y a un couple, marié depuis sept ans. Tout le long, je me suis demandée ce qu’ils faisaient ensemble au départ et ils étaient tristes et drôles à observer à la fois. Un gars un peu (beaucoup) bêta d’un bord, qui s’exprime en monosyllabes. Le cliché du gars un peu con qui donne plus d’attention à sa 12 qu’à sa femme, la 12 pouvant être à la fois une carabine et une caisse de bières. Et puis sa femme, un peu naïve, qui se bat pour avoir un peu d’attention de la part de son mari, qui a envie de faire des projets de voyage…

Il y a la gang de filles. Une veuve, enceinte jusqu’aux yeux, dont le mari s’est pendu il y a deux mois dont les cendres reposent dans le frigo entre deux morceaux de viande. Une autre, un peu fofolle, enceinte également qui aime les drinks de fille et qui ne rate pas une occasion de parler de sexe. Et l’autre, celle qui m’a fait le plus rire. Autoritaire, quasiment insupportable, qui ne veut pas que la fête déroge du plan qu’elle s’était fait au départ. C’est particulièrement drôle quand elle s’adresse au 4e mur, toutes les choses qu’elle peut dire à ses enfants.

Et il y a les deux cabochons. Deux ivrognes et deux drogués qui n’ont pas peur des mélanges. Un qui aime la philosophie de bas étage et l’autre qui désespère de son cas. Le pendu, Frank, c’était leur inséparable. Ils vivent leur deuil d’une façon bien particulière…

La pièce sera présentée au théâtre de la Licorne du 31 mars au 25 avril 2009. Saisissez votre chance, ça vaut vraiment la peine! 1h30 de divertissement garanti qui vous fera oublier facilement l’inconfort de votre siège.

À voir absolument.

p.s. : Pour celles qui aiment les potins, j’ai croisé Macha Limonchik dans l’entrée et j’étais assise derrière Pierre Lebeau.

Thme Panorama par Themocracy