Van Dongen, mon nouvel amant imaginaire

Par Noisette Sociale, 27 mars 2009 11:40

Mon titre est un peu exagéré mais c’était pour vous dire à quel point j’ai été charmée par son oeuvre hier soir. Même que je trouve que « charmée », c’est faible. Émue serait plus juste.

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Oh que j’ai eu envie de faire un beau pied-de-nez à mon chum quand je suis revenue de l’exposition. C’est qu’il avait parié que je me tannerais après 10 minutes.

Bon, c’est que je dois vous faire une petite mise en contexte. Moi et le Détracteur avons été voir quelques expositions ensemble. À chaque fois, j’étais emballée par l’idée mais au bout du compte, je me tannais après quelques minutes. Nous avions vu l’exposition Sympathy for the devil au musée d’art contemporain et bien qu’elle était intéressante, je m’étais lassée vite. Il n’y avait pas assez de matériel à mon goût.

Nous avions vu aussi celle sur l’évolution de la mode féminine au musée McCord. Le concept m’avait attirée mais on faisait très rapidement, même trop, le tour des vêtements exposés. Il n’y avait pas assez de textes ou de documents non plus pour nous retenir bien longtemps. Ça avait été une grande déception.

Je ne vous parlerai pas non plus de notre périple à Trois-Rivières où nous avions arrêté au musée pour voir l’exposition sur Passe-Partout. Je dois quand même mentionner qu’il m’avait quasiment traînée de force parce que bien franchement, je n’avais aucunement envie d’y aller et nous en sommes ressortis déçus tous les deux.

On en a vu d’autres aussi dont je ne me souviens pas mais ce que je peux vous confirmer, c’est qu’il ne s’agissait jamais de peinture.

Or, moi j’adore les expositions de tableaux même si bien franchement, je n’y connais pas grand chose.

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van-dongen-kees-1877-1968le-chale-espagnol-le-mendiant-damour-tableau-ou-la-femme-aux-pigeonspompidouPour en revenir à mon sujet de départ, je suis allée voir l’exposition sur Van Dongen hier soir au musée des beaux-arts de Montréal. J’y suis restée presque deux heures tellement elle était garnie et fascinante.

On traverse l’exposition en suivant une ligne de temps, si l’on veut. À ses débuts, l’artiste faisait un peu plus dans ce que j’appellerais la simplicité. (Vous m’excuserez pour les termes, je n’ai malheureusement pas étudié en Histoire de l’art.) Beaucoup de tableaux faits au crayon gras, au crayon, souvent sur du carton. Quelques peintures à l’huile, quand même. D’ailleurs, je trouvais ça fascinant de voir l’évolution du matériel à travers les âges. Voir un petit bout de carton écorné… un petit bout de peinture à l’huile qui s’est décollé dans un coin…

Plus on avance dans le temps, plus le fauvisme de Van Dongen s’exprime. Les couleurs deviennent de plus en plus présentes, de plus en plus vives et illustrent des émotions fortes. Des émotions basées sur l’instinct. Il n’est donc pas étonnant de retrouver des portraits où les prostituées sont présentes.

Honnêtement, j’ai vécu des émotions hier que je n’avais jamais ressenties avant par le simple contact visuel avec une peinture. À un certain moment, j’avais les yeux embués devant tant de beauté. Conquise, j’étais. Moi et la copine qui m’accompagnait nous nous sommes dites à quelques reprises à quel point nous avions de la chance de pouvoir voir « en personne » une oeuvre d’une telle splendeur.

Plus nous avancions dans la salle, plus l’émotion ressentie était forte. Les tableaux étaient de plus en plus gros, de plus en plus colorés. Chaque nouvelle toile observée devenait ma préférée.

J’enrage de ne pas savoir vous décrire mieux que ça ce que j’ai eu la chance de voir hier. Mais pour vous dire à quel point l’artiste a su me toucher, j’avais des frissons d’angoisse dès que quelqu’un osait approcher un doigt ou un crayon de l’oeuvre. Heureusement que personne n’a fait le sacrilège d’en toucher une parce que je pense que j’aurais mordu.

L’exposition sera là jusqu’au 19 avril. Ne manquez pas ça parce que même sans savoir ce que vous manqueriez, je trouverai bien un moyen de vous le faire regretter.

Personnellement, je compte bien y retourner avant la fin. J’avais beau ouvrir les yeux très grands hier en espérant peut-être que ça m’aiderait mieux à tout emmagasiner les images dans mon esprit, ce n’était pas suffisant. J’ai encore soif de ces images. Et je pense bien que la prochaine fois, je vais faire une folie en me procurant le catalogue de l’exposition.

Après tout, on ne tombe pas en amour si souvent que ça dans une vie…




11 commentaires “Van Dongen, mon nouvel amant imaginaire”

  1. Magenta dit :

    Merci pour ce billet, je ne comptais pas aller voir cette exposition mais de la façon dont tu en parles, ça donne vraiment envie de s’y pointer…

  2. Garamond dit :

    Comme bien des hommes, les nus féminins m’attirent mais est-ce une raison suffisante pour faire 125 km pour aller voir ça ?

  3. La Fêlée dit :

    On voit la pub à la télé et on se dit que Montréal a cet avantage culturel sur Québec…

    J’aimerais, j’en suis certaine. Ferais-je l’effort de 250km pour y aller? J’en sais rien.

  4. MFL dit :

    Je te comprends!

  5. Accent Grave dit :

    Billet très apprécié. Pas besoin d’être un érudit pour partager son enchantement, vous avez très bien communiqué votre allégresse.

    Accent Grave

  6. @ Magenta : Mais de rien! Et je t’assure, ça vaut vraiment la peine :) Tu m’en donneras des nouvelles si tu y vas! :)

    @ Garamond : Le 125 km est quand même un facteur à considérer… Au pire, il reste la visite virtuelle sur le site du musée ;)

    @ La Fêlée : Et pourtant, tu viens souvent tout près… quelques kilomètres de plus pour ton bonheur… non? :)

    @ MFL : Je savais que tu comprendrais :)

    @ Accent Grave : Je n’en était pas certaine mais merci :)

  7. Guy dit :

    J’ai beau aimé le Québec du plus profond de mon être, il y a peu d’exposition dans nos musées qui en valent la peine. Trop petite, pas assez nombreuse, sans moyens, élitistes, il y a toujours un truc. Nous n’avons pas de culture de musée et nos musées ne sont pas adéquatement financer et se cherche souvent une mission.
    Le musée juste pour rire, c’est la plus grosse farce.
    Pour un évènement comme Rodin à Québec, Magritte à Montréal ( genre 1995-1999), il y a pas eu grand chose après. Gustave Klimt vers 2004.
    Alors, je suis content que tu es trouvé une belle exposition et un peu triste de ne pouvoir la voir.
    Le nombre de fois où j’ai été déçu comme toi, je ne les comptes plus.
    Comme lorsque Spencer Tunig (sic) est venu à Montréal. Ils ont exposé 3 photos dans le hall du musée des arts contemporains.

  8. Peu de gens savent appréciés l’art. Compte toi chanceuse, c’est là une grande richesse en ces jours un peu tristounets.

  9. Chuis full pas jaloux, même que j’ai envie de le rencontrer ton nouvel amoureux :P

  10. @ Guy : Je n’ai pas vu assez d’exposition et je n’ai pas assez de connaissances dans le domaine pour porter un jugement sur notre culture de musée en général mais je peux dire d’après ma petite expérience que j’ai été très souvent déçue. Il manque souvent un petit quelque chose et les pistes que tu apportes méritent réflexion.

    Le musée Juste pour rire, on n’en parle pas :-P

    @ Le Détracteur Constructif : Voilà qui me fait plaisir. On ira ensemble, pour un ménage à trois ;)

  11. @ Oops, we’re dead : Excuse-moi pour le délai, tu étais tombé dans les « indésirables ». Bienvenue ici! Et merci pour les bons mots :)

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